
TAMBOUILLE



FOND DE TEINT
Sur les cernes d’une abstinence
les valises s’empilent dans la soute
Matisse
le grand fauve bredouille en écho
me rappelant l’odeur d’avant-hier de tes yeux
où j’ai vu dans une période de chasse
la savane se démaquiller…
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Niala-Loisobleu.
8 Janvier 2025

JETÉ DE FLEURS
Du toboggan des tempêtes
le jardin roule dans n’importe quel sens
puti, ça débarge à faire sortir le mouchoir
Prenant l’ordi par l’anse du saut, y a pas d’autre solution
que renverser cette situation
Marre de ce dernier Windows
me voici revenu à la case départ
le clone a réussi, hardi Petit-Peintre
lâche tes oiseaux !
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Niala-Loisobleu.
7 Janvier 2025

CES FLEURS HORS SAISON
Du plantoir que la brouette mène à bon port
je trouverai la fleur qui ramène au parfum bleu
des grandes lavandes à ensacher dans la lingère de ton étage
Au contact de tes pores quand l’estran montant appareille au large
Garriguons
corps aromatiques
frottés l’un contre l’autre
Tant pis s’il pleut et vente à foison comme d’habitude
arrachons les sources de non floraison
il restera du bouton pour emporter la grisaille au loin…
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Niala-Loisobleu.
7 Janvier 2025

LES OISELEURS ET LES CAGES
RENVOYÉS AU DIABLE
Délaissant les moulins en donnant de quoi moudre aux meuniers, j’élargis assez la plaine pour y mettre au moins ma forêt
Que ferai-je d’un ordinateur de pompes funèbres, où je ne peux exprimer mon goût de vivre ?
Du clocher de La Bastide d’Armagnac, ma place se retrouve dans suffisamment de lumière pour que j’y vois clair
Exit les déclarations d’amour infidèles
Je repeins avec mes mots fidèles sans que mon âge me contraigne
Quand on a vu comme moi l’infidélité humaine, arpenter les trottoirs sans rougir, la blancheur de l’âme ne peut donner que des zèles aux oiseaux
A deux mains tout se corrige, me voici rendu dans mon territoire grâce au clone du vieux cheval que je fais subir à mon nouvel ordinateur
Carpe diem, quam minimum credula postero…
Niala-Loisobleu.
6 Janvier 2025

JE ME SOUVIENS QU’IL Y AVAIT UN GUE
Jusqu’aux bords la rivière a laissé la décharge s’installer dans le terrain vague du nouvel ordi
plus un canard
pas de nénuphar
quant aux roseaux ils ont plié leur gaule
En ratissant chaque recoin du passé, je fouille
dans le but de traverser ce déboussolant champ de mines…
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Niala-Loisobleu.
6 Janvier 2025

EMPRISE DU CHAMBRANLE
L’environnement sombre s’est coupé d’une ouverture interne, un cheval a du passer par là, l’odeur équine rassure au point qu’on arrête de tirer la courte-paille pour connaître le prochain qui satisfera l’addiction cannibale galopante
Quelle est donc cette côte qui aligne ses hanches sur la ligne de flottaison d’un ancien ô céant ?
Approchons à coups de rames pour débarquer, peut-être que nous trouverons cette pulpe qui nous remettrait d’aplomb, on dirait qu’un collier de fleurs danse entre deux seins balanciers de pirogue
Et ce bruit qui sort du fond de colline, plus on approche plus il rappelle celui d’une cascade ancienne, là où les femmes venaient se baigner sans rien qu’une couleur hibicus dans la coulure des cheveux
Plus j’avance et plus j’ai le coeur qui penche, jusqu’à la montée d’un grand perron onirique où un jardin suspendu joue à saule-pleureur. A ce moment là Paul Gauguin sort de sa case en disant: Cette fois je crois que nous y sommes
Des oiseaux blancs s’envolent pour franchir ce qui pourrait retenir l’envie d’écrire les mots d’une peinture de franchissement…
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Niala-Loisobleu.
4 Janvier 2025

L’ATELIER DU PEINTRE
Ma montgolfière Paris-Bastille sort de geôle pour un retour au Jardin des Plantes, où se mettre un oeillet à la boutonnière
Trenet chante La Mer sur un disque en cire et dans un coin de soupente l’araignée tisse une Epopée dans laquelle aucune mouche ne s’est fait prendre
Les jupes courtes laissent les majorettes tourner du bâton en même temps que leur petite culotte montre un désir naissant de racoler
Nous sommes passés de l’Epoque Coloniale à Antoine sans que Les Elucubrations empêchent la mode de l’épilation saccager nos déjeuners sur l’herbe
Commence une conception minimale de l’éducation physique et spirituelle
On a fermé les lupanars, mais je voudrais bien savoir où se loge une part de progrès et quelle libération morale le porno a créé sans parler des ni putes ni soumises interdites de chasteté
Sifredi m’était conté
Le pire a commencé avec le père de Mazarine en réformant le concept des Bergeries
La Place des Vosges m’a du coup rebondi dans les tripes, quand mon fils m’a fait découvrir dans le Gers à Noël, le modèle qui inspiré Henri IV pour la mettre à Paris
Quelles merveilles avons-nous su faire de nos mains, l’Intelligence Artificielle me désespère de voir des Macron et Consors prendre la succession. Les guerres ont déplacé la croyance des églises, Notre-Dame à mon sens ne peut devenir un jeu de dés de société
J’ai peint dès le 1er Janvier, mais demain je retournerai à l’Atelier pour défier la connerie sans ambition de changer le monde, juste de péréniser ce qui compte pour la poésie peinte
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Niala-Loisobleu.
3 Janvier 2025

CLEMENCE
La neige s’est poussée au bas de son ventre
on a dit que beaucoup de chevaux y étaient passés
mais à la trace des roulottes on devine que des chiens ont aboyé
La mer se tenait jamais plus loin que la ligne d’écume
et aux génoises on mesurait l’espace entre deux villages
Maintenant que les alouettes ont migré de l’autre côté des miroirs, à part un cargo chargé de containers asiatiques, il ne reste que des jours qui se demandent quoi transporter
Clémence, trotte d’un soir où le feu n’a pas foutu le camp à un matin glacé qui se fait les lignes de la main pendant qu’on ne parle que de paix sans jamais la faire
ses seins sortent toujours de l’eau pour une goulée d’air
je me rappelle l’étrange et prenante douceur du regard qu’elle avait sur les gens sans histoire qu’elle fréquentait au Café de la Gare
Toujours un mot gentil
une caresse à pas perdus
menant à l’Ô RIANT EXPRESS
En passant derrière le poste d’aiguillage, j’ai vu un signal devant l’inconnu
quand la fumée est retombée, j’ai sorti ma boîte de couleurs pour faire une photo.
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Niala-Loisobleu.
3 Janvier 2025

CAPSELLA BURSA-PASTORIS
Collé à la pluie le chemin pousse les battants de l’enclos
la maison abandonnée n’est pas à vendre, elle se parle à elle-même
l’âme qui l’habite vole du rez-de-chaussée à l’étage avant de venir s’asseoir au patio
on peut voir les cernes laissés sous les fenêtres s’agenouiller sous les volets, comme ex-voto aux atteintes à la vie
et sur le pas de la porte, mêlées aux premières herbes de l’année
la Bourse-du-Pasteur
fleurit pour donner son obole au printemps gardé au fronton de l’entrée principale
Rudérale, tu couronnes le jardin que tu as intronisé un jour dans la toile pour que le lieu ne devienne jamais nécrophile.
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Niala-Loisobleu.
2 Janvier 2025
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