CELESTE CONJUGAISON


CELESTE CONJUGAISON

Roseraie au bout des cordes je te reçois sur la planche à tracer

Marc déployant tout

La mésange met le soleil de son ventre à nu dans le choeur des passereaux constructeurs

martins-pêcheurs

colibris

tourterelles

du haut des seins à la source ventrale ouvrent le jet du rire des merles

L’espace d’une floraison reconduit

à rejoindre l’écaille du porte-plume aquatique aux rives d’un absolu

Que de musiciens en habits d’arlequins montent à bord des gondoles

fauves comme des lions jouent en formation de ramiers

Chagall amoureux crève le plafond de sa voie contre-alto

l’enfant outre-mère te peignant avec ses crayons de couleur comme une en vie surnaturelle…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2020

LA TRANSE-MIGRATION 1 EST VENUE ME VISITER CETTE NUIT


L’EPOQUE 2019/33 « Transe-Migration 1 » – Niala – Acrylique s/toile 116×81 – Prix Atelier: 2500,00 € (Encadré)

LA TRANSE-MIGRATION 1 EST VENUE ME VISITER CETTE NUIT

Pour l’ascèse

le sacre-laïque trace l’épreuve

en présence des éléments purificateurs

le voyage touche au Grand Air

Grindel il ne ne pouvait y avoir que toi pour y mener…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2020

GRAND AIR

La rive les mains tremblantes

Descendait sous la pluie

Un escalier de brumes

Tu sortais toute nue

Faux marbre palpitant

Teint de bon matin

Trésor gardé par des bêtes immenses

Qui gardaient elles du soleil sous leurs ailes

Pour toi

Des bêtes que nous connaissions sans les voir

Par-delà les murs de nos nuits
Par-delà l’horizon de nos baisers
Le rire contagieux des hyènes
Pouvait bien ronger les vieux os
Des êtres qui vivent un par un

Nous jouions au soleil à la pluie à la mer

A n’avoir qu’un regard qu’un ciel et qu’une mer

Les nôtres.

Paul Eluard

GARE AU BRUIT QUI RAMPE


GARE AU BRUIT QUI RAMPE

Celui qui mousse les pierres en déroulant

crécelle

comme au Moyen-Âge on signalait peste ou choléra

Et dans le « Cycle scoumoune à toi de choisir » manquait plus que la venue du Professeur Voyance Résolution

voilà qui effet

Pauvre de nous fuyons les naufrageurs

Niala-Loisobleu – 25 Novembre2020

LA LUMIERE ETEINTE


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LA LUMIERE ETEINTE

Un matin de sureau

Elle est restée dans ce champ

Qu’a-t-elle laissé d’elle en s’en allant

Tout ce que j’ai voulu

Et d’abord une armure choisie dans les décombres

De la plus ciselée des aubes

Une armure sous un arbre

Un bel arbre

Ses branches sont des ruisseaux

Sous les feuilles

Ils boivent aux sources du soleil

Leurs poissons chantent comme des perles

Un bel arbre les jours d’ennui

Est un appareil visionnaire

Comme un autre

Par cet arbre de tous les jours

Je suis le maître de mes quatre volontés

Puis une femme au col de roses rouges

De roses rouges qu’on ouvre comme des coquillages

Qu’on brise comme des œufs

Qu’on brûle comme de l’alcool

Toujours sous l’arbre

Comme un aimant irrésistible

Désespérant

La flamme traquée par la sève

Tantôt fragile tantôt puissante

Ma bienfaitrice de talent

Et son délire

Et son amour à mes pieds

Et les nacelles de ses yeux dont je ne tomberai pas

Ma bienfaitrice souriante

Belle limpide sous sa cuirasse

Ignorante du fer de l’arbre et des roses rouges

Moulant tous mes désirs

Elle rêve

De qui rêve-t-elle

De moi

Dans les draps de ses yeux qui rêve

Moi

Ses mains sont vives

De vraies mains de sarcleuse

Tissées d’épées

Rompues à force d’indiquer l’heure matinale sempiternelle atroce du travail

Des mains à tenir amoureusement un bouquet de roses rouges sans épines

Et ce galop de buffles

Mes quatre volontés

Cette femme au soleil

Cette forêt qui éclate

Ce front qui se déride

Cette apparition au corsage brodé d’épaves

De mille épaves sur des vagues de poussière

De mille oiseaux muets dans la nuit d’un arbre

Il ferait beau penser à d’autres fêtes

Même les parades déshabillées défigurées ensanglantées par des grimaces de masques atteignent malgré tout à une sérénité condamnable

Et quel passant hors jeu juste au carrefour d’un sourire de politesse ne s’arrêterait pas pour saluer d’un éclair de la main le ventre impoli du printemps

Un panier de linge à la volée se calme tendrement
Sa blanche corolle s’incline vers ses genoux brisés
Aucune roture de couleur n’a barre sur lui

Et par la déchirure d’une dentelle

Il disparaît

Sur une route de chair

Boire

Un grand bol de sommeil noir

Jusqu’à la dernière goutte.

Paul Eluard

MA LUMIERE ETEINTE

Tombé de cintres inattendus

le grand voile fait rideau

La parade est assassinée

le cheval doit rentrer à la ménagerie

et l’oiseau à la cage

Fermeture pour confinement

je ne peins pas pour le lucre

mais meurs d’absence de moyens

Pour le souffle j’ai chargé l’Atelier du meilleur à sa fenêtre

« AUTAN-OCCITAN »

mon feu cathare

la maison qui voulait que tout commence.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2020

AUTAN OCCITAN 1

La raison du chemin

Est une main de terre

Tendue sans réserve

Sur le théâtre pourpre

D’une maison en territoire choisi.

Elle abrite ce qu’on ne retient pas

Aux draps du quotidien blême

Et la narration de l’autre

Epouse la venteuse géographie

De silencieux et lointains jardins

Où poussent des images de chair

A s’endormir dans le repli de son bras.

Le genou se balance à l’anse de la pierre et de la peine

Et convoque obstinément la mer

Comme une clarté salutaire

Que l’on remue en se parlant tout bas.

Barbara Auzou

P1050680

Autan Occitan 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

Prix-Atelier : 450,00 € (Encadré)

L’EPOQUE 2020 /49: LE LATENT-LEVÉ


L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

 

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

 

Barbara Auzou.

SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR


SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR

A priori tout pousse à rien

la pandémie a trouvé de quoi se nourrir dans l’évolution de la décadence

les jours amoindrissent et pompent la personnalité en s’attaquant au caractère de chacun dans leurs combinaisons d’arrangements particuliers.

Le vrai geste barrière tient dans la résistance individuelle qu’on fait remonter de l’enfouissement où on est plongé sans le vouloir. L’imposition bricolée (plus en fonction d’une politique non pourvue de couilles) accomplit son travail de sape

J’ai peur de ne même plus me reconnaître et d’avoir une tête à tout le monde, masque oblige.

La difficulté matérielle accélère la chute. Pourquoi produire si on écoule pas ?

Le temps des Maudits renaît

L’Art est laminé

Je peins concomitamment pour et contre moi-même. Mais la vie doit être maintenue c’est la mort-fourbe qu’il faut tuer

Rester chien.

Niala-Loisobleu – 16 Novembre 2020

FLORELLE : « A LA BELLE ETOILE »




Florelle éternelle
Les Sables-d’Olonne Vendée. La Chaume: FLORELLE éternelle

FLORELE : « A LA BELLE ETOILE »

À la belle étoile (1935) est la première d’une longue série de chansons délicieuses, parmi lesquelles plusieurs chefs d’œuvre (Les feuilles mortesLes enfants qui s’aiment,…), composées par Joseph Kosma sur des poèmes de Jacques Prévert.

Joseph Kosma (1905-1969) – Kozma József de son nom de naissance –, compositeur juif hongrois, né à Budapest, s’installe à Paris en 1933 après un séjour de plusieurs années à Berlin dont l’atmosphère est devenue irrespirable. D’abord contraint d’accepter des petits boulots, il fréquente les studios de cinéma pour tenter de s’y faire engager. C’est là que, début 1935, il rencontre Jacques Prévert (1900-1977) qui est, quant à lui, bien introduit dans ce milieu. Prévert lui propose deux poèmes, dont À la belle étoile, qu’il met en musique. Aucun chanteur n’en veut, mais Prévert montre la chanson à Jean Renoir, qui, en octobre et novembre de cette même année, tourne Le crime de Monsieur LangeÀ la belle étoile plaît à Renoir, à qui il manque précisément pour son film une chanson destinée au personnage de Valentine Cardès, joué par Florelle (1898-1974), chanteuse et actrice de théâtre et de cinéma très active entre les deux guerres.

………

Le Crime de monsieur Lange (1936). Extrait. Jean Renoir, réalisation ; Jacques Prévert & Jean Renoir, scénario ; Jacques Prévert, dialogues ; René Lefèvre (Amédée Lange) ; Jules Berry (Paul Batala) ; Florelle (Valentine Cardès) ; Nadia Sibirskaïa (Estelle)…, acteurs ; Jean Wiener & Joseph Kosma, musique. Production : France, Films Obéron, 1936. Sortie : France, 1936.
Chanson :
Florelle (1898-1974) • À la belle étoile. Jacques Prévert, paroles ; Joseph Kosma, musique.
Florelle, chant ; accompagnement d’orchestre ; Roger Désormière, direction.
France, ℗ 1936.

………

Boulevard de la Chapelle où passe le métro aérien
Il y a des filles très belles et beaucoup de vauriens
Des clochards affamés s’endorment sur les bancs
Et de vieilles poupées font encore le tapin à soixante-cinq ans.

Au jour le jour
À la nuit la nuit
À la belle étoile
C’est comme ça que je vis
Où est-elle l’étoile
Moi je n’l’ai jamais vue
Pourtant la nuit je traîne
Dans les quartiers perdus
Au jour le jour
À la nuit la nuit
À la belle étoile
C’est comme ça que je vis
C’est une drôle d’étoile,
C’est une triste vie.
Jacques Prévert (1900-1977). À la belle étoile (1935). Version chantée dans le film Le crime de monsieur Lange (1936), de Jean Renoir.

………

Florelle, dans Le crime de Monsieur Lange, ne chante qu’un seul des couplets du poème de Prévert. En 1951 Juliette Gréco publie une version plus longue de À la belle étoile, à laquelle manque toutefois le dernier couplet du poème – et aussi, je trouve, le charme de l’interprétation de Florelle.

1933 …Label étoile

c’est le moins que je puisse dire

de ma chapelle

Jacques et Joseph la constellation

de mon année !

Merci « Je pleure sans raison que je pourrais vous dire »…

N-L – 15 Novembre 2020

ALGO CONTIGO (QUELQUE CHOSE AVEC TOI) – RITA PAYES & ELISABETH ROMA


ALGO CONTIGO (QUELQUE CHOSE AVEC TOI) – RITA PAYES & ELISABETH ROMA

Je ne dois pas te dire
que je rêve d’avoir quelque chose avec toi
et tu ne t’es pas rendu compte
de ce que ca me coûte d’être ton amie
Je ne peux pas m’approcher de ta bouche
sans la désirer d’une folle manière
J’ai besoin de contrôler ta vie
D’être celui qui t’embrasse, et celui qui te couve.

Je ne dois pas te dire
que je rêve d’avoir quelque chose avec toi
et tu ne t’es pas rendu compte
de ce que ca me coûte d’être ton amie
Je ne peux pas continuer en épiant
Nuit et jour ta venue, en cherchant
je ne sais pas avec quelle excuse
Pour passer par chez toi
Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi

Je ne peux pas continuer en épiant
Nuit et jour ta venue, en cherchant
je ne sais pas avec quelle excuse pour passer par chez toi
Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi

Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi
Quelque chose avec toi
Quelque chose avec toi

L’EPOQUE 2020 /48 : LE MARIN-JARDINIER


Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOY : LE MARIN-JARDINIER  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/48 « LE MARIN-JARDINIER » Niala Acrylique s/toile 61×50

 

Il n’y aura plus de temps

Je ceins les hanches de la plus haute clairvoyance

Et les printemps tournent leurs rires autour des salières

Celui qui nage tient l’étendue toute entière

Embrassée et va passeur de pollens et de lumières

Dans les blés mûrissants lever des aigrettes de clarté

Toi qui toujours me demandais si nous étions encore loin de la mer

Tu vas vers ton secret entre la force et le flot

Tu n’as pour seule pensée que le bruit de l’eau

Ton audace est une fleur insoumise et sans calcul

Qui manie sa pale jusqu’à l’élégance empennée du corail

 

Barbara Auzou.


LE BONHEUR ET L’ABSURDE

Albert Camus

LE BONHEUR ET L’ABSURDE

Le bonheur et l’absurde sont deux fls de la même terre.
Ils sont inséparables.
L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde.
Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur.

Albert Camus