UN BOUT DU TWOO


UN BOUT DU TWOO

Vent de bout dans le vague nimbé de grande lumière

ils disent voici Noël

je ne vois que l’arbre où nous sommes et cette branche sur laquelle nous nous sèvons

sans ôter les sabots au cheval

pour ne rien dételer de l’attelage

L »étoile tient ce jour accroché au pinceau vers du trait n’ô.

Niala-Loisobleu – 24 Décembre 2020

VOIX DE L’ÂME


VOIX DE L’ÂME

Le frisson de la pierre transperce de cette tessiture qui ne marche que dressée de toute sa flèche

et sans autre poussée que l’onde irréversible qui lui court l’intestin

Par la fenêtre des narines en double-façade les poumons tournés manche-à-air sur le pont suivent l’oiseau parti au-devant pour éclairer le manque de souffle

Comment se peut-il que l’on donne le sentiment d’avoir pris le chemin tordu dans un ciel aussi vaste ?

C’est sur lui que l’oreille se tend pour lancer l’ancre, pas sur le fond glissant d’un sable sans roche

L’épreuve du manque vide la vapeur jusqu’à l’impossible recours de la voile privée de ressort

L’oeuf est plein

Tout tavelé de soleil

On ne peut rien en séparer

Ecoute la voix de l’arbre transmettre la vie par l’organe du vent.

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020

VIVRE PAR DIANE DUFRESNE


VIVRE PAR DIANE DUFRESNE

Auteurs: Cyril Mokaiesh

Compositeur: Cyril Mokaiesh

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans
On n’est pas tellement plus heureux avec nos cheveux blancs
Nos miroirs pleins d’impact distribuent des claques
Encore trop tôt déjà trop tard pour vider son sac
Le cœur attend son heure d’incandescence

Mais vivre pour ce qu’il reste de jolies promesses
Vivre pour quelques perles en dedans
Mais vivre pour ceux qui restent nos tendres richesses
Vivre pour quelques êtres importants

20 ans ça dure un jour, 20 ans c’est pas lourd
Ça va pas que la marée qui monte nous couvre de honte
Des hommes et des déserts des rivières de larmes
Encore trop tôt déjà trop tard pour rendre les armes
Le cœur attend son heure de délivrance

Mais vivre pour ce qu’il reste de jolies promesses
Vivre pour quelques perles en dedans
Mais vivre pour ceux qui restent nos tendres richesses
Vivre pour quelques êtres importants
Mais vivre

La vie comme la grande voile on compte sur elle
S’envoler jusqu’aux étoiles pour se faire la belle
Le cœur attend son heure de caravell

Mais vivre pour ce qu’il reste de jolies promesses
Vivre pour quelques perles en dedans
Mais vivre pour ceux qui restent nos tendres richesses
Vivre pour quelques êtres importants
Mais vivre parce qu’il y a demain qui fait son malin
Avec sa réserve de printemps
Mais vivre et tendre la main à qui la veux bien
Vivre pour peut-être vivre enfin
Mais vivre

L’ENFANT DE LA LUMIÈRE PAR DIANE DUFRESNE


 

É

L’ENFANT DE LA LUMIÈRE PAR DIANE DUFRESNE

Un cri d’amour dans l’univers

Je mets les voiles sous d’autres voiles
J’y suis, je suis loin des étoiles

Voilà, j’existe face à moi-même
Je suis l’enfant de la lumière
Couché sur toi, entre tes mains
Fais-moi un jardin sur ton sein

On me bouscule, sans préambule
Dans le tourbillon où je ne suis qu’une bulle
Loin des étoiles si loin des étoiles
Je suis là depuis quelques heures
Et on veut m’insuffler la peur

Arrête les boniments
Arrête tu n’es qu’un enfant, tu n’as pas le choix
Tu apprendras nos lois, celles de te mettre au pas
Pas le choix
Tu n’es qu’un maillon de la chaîne
Rien qu’un de plus dans le système
Pas le choix
Tu feras ce qu’on te dit de faire
Ne dépasse jamais les barrières
N’oublie jamais que t’es de la poussière

Je suis moitié dieu et moitié terre
L’impossible n’est plus un critère
Tous vos joujoux vous font la guerre
La souffrance n’est pas nécessaire

Je deviens beau si je grandis
Au jour le jour à l’infini
L’éternité aura tout son temps
Il y’a du vent dans les voiles
Pour de la poussière mais poussière d’étoile

Arrête tes raisonnements
Arrête t’es qu’un adolescent tu n’as pas le choix
Tu connais bien nos lois, celles de te mettre au pas
Pas le choix
Tout est en place faut que tu t’y fasses
Tu changeras rien face à la masse
Pas le choix
Tu n’es qu’un chiffre sur une liste
Rien qu’un zombie qui vit sa vie
Pour devenir de la poussière

Je ne suis pas une de plus dans le système
Maillon de la chaîne
Un de plus dans le système

Vous m’enfermez à double tour
Je ferai tout avec amour
Passionnément jusqu’au néant
Je suis l’enfant de la lumière
Une poussière, poussière d’étoile

Pourquoi chercher la lune
Quand on a les étoiles
A qui de droit

Je plaide non coupable
Je suis pas responsable de tous vos ennuis
Je n’étais pas à table quand tu t’es servi
J’en connais assez pour me protéger
D’un détournement majeur

ENTRE TIEN EMOI 130


ENTRE TIEN EMOI 130

C’est un arbre ventriloque connu de tous au village et pas plus loin que les panneaux Michelin., qui en marquent l’entrée et la sortie. Dire comme ce qu’il disait restait entre nous. A vrai dire cette intime restriction était née du peu d’intérêt marqué par l’alentour et de la totale incompréhension des audacieux qui likaient (une mode qui avant le virus annonçait l’imminence de la Covid 19, qui finirait par couper tout rapport entre les gens). Le bois cache les fourmis sous ses cheveux, pourtant elles sont là, confinement ou pas une fourmi ça sort et ça change rien au travail. C’est encore l’homme qui va les priver de ses miettes dans l’évolution du virus. Je regarde la table de ferme qui s’allonge de tout son long, au-dessus de sa tête les immortelles pendent aux poutres entre les saucisses et les jambons, les oignons et le panier à salade. A part une cage tout y est. on a rien ajouter et surtout rien enlevé de ce qui fait qu’on vit. Sûr que le chien aimerait pas. J’ose pas imaginer sa réaction si on privait les chaises de tes culottes, il aime qu’on garde sa nourriture comme un enfant qui a besoin d’un vieux vêtement percé pour se réconforter. Justement l’arbre c’est ça qu’il raconte, la charpente de la vie. Ce qui l’osse, la vertèbre. Séparer les individus c’est installer le néant dans l’oubli que chaque histoire débute à nager dans un ventre. Naît cette relation qui échappe aux hommes d’Etat: l’Amour Majuscule. Et ça va loin parce que tenir la main d’un vieux tout fripé ça lui repasse son film, les bons passages puisqu’on oublie à tort où à raison les mauvais. C’est pour mieux mourir je pense. Jusqu’à la dernière des fripouilles que la famille accompagne. Enfin je dis bien la famille au sens étymologique du vrai sentiment. Intérêts mis à parts. Donc je continue, l’arbre vient s’asseoir en bout de table. L’enfant dernier sur ses genoux. Le chien entre ses jambes, queue fouettant. Les femmes l’entourent en premier rang. La Mère versant à boire des embruns aux hommes à la manoeuvre. L’odeur qui ramasse les choses comme y faut sur soi chauffe toute la pièce jusqu’à la terrasse qu’elle remplit d’oiseaux. Et sans bruit les essences se rapprochent pour la canopée. Ah ce fût comme avant. Veillé le mort, on chanta et festoya toute la nuit. En m’éveillant j’ai senti ta chaleur comme seule savent faire les vies qui veulent continuer. Alors je m’ai dit faut que j’aille chez le coiffeur pour l’honorer ce beau matin. Tu sais la suite comment ça a fini de se poursuivre.

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2020

CONTREFORTS DE L’ENFANCE


Chaïm Soutine – Deux enfants

CONTREFORTS DE L’ENFANCE

L’un contre l’autre en renfort de maçonnerie sur la face extérieure des cages thoraciques à contenir les charges de poussées mécaniques du brin de voûte

Maudit Chaïm

Au matin à Vaugirard on vient boire la saignée au point d’Ars avant de monter les mioches au cheval de bois par l’allée des perspectives

Enfant de troupe « Allons Z’Enfants » d’une page non-écrite du couché au levé au lavabo-collectif d’eau glacée que le rêve récupère dans les trois couleurs

Maudit Chaïm

La Ruche quartier de l’Observatoire inspire l’Auguste Boucher, sculpteur créatif plein d’élan. Ah, sortis du visionnaire on serait bon qu’à aller dans le mur ?

Maudit Chaïm on a cru que tu ne serais plus ignoré

Tes gosses quand je les regarde je vois des vitraux à la place des peurs dans leurs yeux. C’est vrai que le hasard n’existe pas, la Reine on lui doit Chagall dans le miel qu’elle a fait là. Il a même fait chanter le plafond. Trop beau. Nous voilà conteur à zéro

Et imagines ce que ça peut me faire mal à la côte

Pas possible d’en arriver à plus se faire comprendre et de se retrouver con sans rire

C’est pas un Soulages qui se supprimerait en chant de blé dans un choeur de corbeaux, il est riche que ça m’en fait gerber outre-noir

Il faudrait pas que que les contreforts d’Auvers-sur-Oise soient du faux gothique Compagnon

Des fois que la foi nous trahirait

A perdre la tête

Léo j’ai besoin de toi pour pas gueuler tout seul

Maudit Chaîm les enfants faut pas que ça finisse Amédéo par défenestrer les Jeanne enceintes.

Niala-Loisobleu – 2 Décembre 2020

AU BOUT QUE J’ESPERE


AU BOUT QUE J’ESPERE

Du beau naît

du bon naît

tu Nesles trop poli teint pour être honnête

je me souviens comment entre deux stations on apprenait à lire

DU BEAU DU BON DUBONNET

mais jusqu’à l’école qui se spécialise dans la fumisterie ça peut difficilement déboucher

Du pays que je suis, ailleurs depuis le départ, je continue la rame comme toujours on l’a fait ensemble Anne, bien que visionnaires ça change pas le lambda de sortir de l’embuscade. A croire que ça le fouette vu comme il y fonce. Ton côté féministe, le bon, celui que je défends sang pour sang, regarde jusqu’où ça dérape avec le génie lesbien. Alice ô merveille, le bébé dans le Coffin. Moi j’ai l’air de quoi avec mon côté Androgyne- In Temporalibus 1983 ?

Bof allez tire-moi la langue je te ferai mon pied de né faune, rires…

Ce que nous aurons vécu au départ de vraies souffrances aura valu autrement que ce qui attend la livraison des prochaines cigognes

Le Beau ça commence majuscule et ça décramponne pas

Les seins de marbre qui tombent sont de chair grouillante, ils se cavalent pas comme la gélatine du pâté de lapin d’élevage et puis l’épopée qu’il y a dans les rides a du pur-sang dans les curies

Restons jusqu’à la fin visionnaires

Tant pis pour eux…

Bon voyage Anne.

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2020

BALANCES


BALANCES

On promet amour et voyages
Mille nuits de rêve mille sortilèges
Mais c’est à l’oreille des sourds
Au cœur mort des mortels.

Les femmes défendues

Qui font les enfants

Et la chaîne

De la joue aux champs

De la main aux branches

De l’eau à l’azur des sauterelles.

Une herbe pauvre

Sauvage

Apparut dans la neige

C’était la santé

Ma bouche fut émerveillée

Du goût d’air pur qu’elle avait

Elle était fanée.

Être dix mille entre cent mille
Et jamais un entre dix
La foule dort dans l’ombre
A deux pas d’elle-même
Qui se mêle et se sépare.

Il n’y a plus de porte

Part à deux si j’entre où tu es

Si tu sors tu viens avec moi

Le désert au profit de /a sève
Et autres lieux
Pour se croire ici.

Paul Eluard

INVENTE AIR


INVENTE AIR

Le froid s’est intensifié

j’ouvre grand les fenêtres pour renouveler l’air

Nabi

le mouvement postimpressionniste aspire a plus de clarté

Paul a quitté la France pour les Marquises

Sérusier verdit la ceinture de Paris

Edouard Vuillard pénètre à l’intérieur

et Bonnard chrome solaire d’un jaune la souricière des ténèbres

tout change

je précurse avec art

la Pleine-Lune de ce jour est déménageuse

laisse la mue aux vieilles-peaux et marche

la route est ouverte…

Niala-Loisobleu – 30 Novembre 2020