La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Comment appeler ce voyage dans l’obscurité la plus complète, où tout pose plus de questions que de réponses ? Depuis des jours je regardais mon site comme un visiteur sans avoir le pouvoir d’y faire quoi que ce soit en qualité d’administrateur principal. Cette anomalie venue d’un nettoyage Cleaner, Loisobleu s’est vu retiré sa clef. L’incompétence informatique aidant, le pauvre s’est baladé jusqu’à l’épuisement pour tenter de réparer . …
Ma, a lancé un SOS pour obtenir de l’aide. Pas encore trouvée pour l’instant
Alors incapable, sauf de chercher dans la persévérance de l’espoir qu’on a rivé en soi, l’oiseau continue de soulever les feuilles pour trouver cette clef
Et bingo par un jeu de compte Google, voilà que la porte s’ouvre grâce à un lien de connexion obtenu sans me souvenir du chemin pris pour ça.La seule chose qui compte c’est d’avoir remis les pieds dans la maison, n’est-ce pas Ma !
Les meuhs l’avaient pressenties, elles sont sorties au matin pour voir l’entrain alaors que depuis quelques jours aucun train ne passait plus faute voie. C’est chronique les problèmes de voix sur la voie
Je me badigeonnerai de bleu d’outre-mère pour fêter ça, tellement heureux de ce qui renoue Entre Tien Emoi le fil d’Ariane et met la tête hors de l’eau.
Tu disposes d’une audience, d’un public, d’une écoute. Tu vis de ton art. Tu l’exerces dans une certaine liberté. Néanmoins, la reconnaissance de ton travail n’est pas à la hauteur attendue. Quelle est ta vision des choses autour de « la réussite », la médiatisation ?
Je crois que tout être,– artiste ou pas –, un jour ou l’autre, souffre d’un manque de reconnaissance. Qu’il soit dans une entreprise, une école, sur une scène ou dans un hôpital, il se sent blessé par l’indifférence ou le mépris. Chacun le prend sur soi avec plus ou moins de bonheur, mais on voit bien que c’est de plus en plus source de conflits, de violences. Il faut être efficace et rentable. Le profit déshumanise les rapports. Dire cela paraît évident. N’empêche que c’est bien là le cœur du malaise ! Aujourd’hui, le peuple n’a pas la place qu’il mérite dans la société. On l’a transformé en clientèle. C’est triste à dire mais les gens sont malheureux parce qu’ils ne peuvent pas dépenser l’argent qu’ils n’ont pas gagné. Quant au monde des Arts et Lettres, il est sous contrôle tacite de l’Université, de l’Édition et du Ministère de la Culture qui n’ont, quoiqu’ils s’en défendent, qu’un vague intérêt – quand ce n’est du mépris – pour la culture populaire, nous en avons déjà beaucoup parlé. Ils l’ont abandonnée aux puissances mercantiles au nom d’une liberté qu’ils appellent « libéralisme ». Aujourd’hui, c’est honteux d’être populaire ! Il y a des glissements sémantiques qui m’affligent. Quand je dis « chanson », par exemple, je ne dis pas « produit », ni « créneau », ni « tube », ni « marchandise » ! Se définir comme « poète » en France, c’est passer pour un pédant, un prétentieux. C’est un signe distinctif. Le conducteur conduit, le boulanger fait du pain, l’enseignant enseigne, mais celui qui écrit toute sa vie des poèmes et qui ne fait que ça, il a honte de se définir comme « poète ».
Tu parles de tous ces artistes non médiatisés, de ces chanteurs pleins de talents en manque de dates. Tu es pour une nouvelle poésie du catalogue ? Une liste de poètes chanteurs ?
Je peux effectivement t’en citer quelques-uns, en vrac, dont j’apprécie le talent ou l’amitié, souvent les deux : Allain Leprest tout d’abord, à tout seigneur tout honneur, avec ses chansons magnifiques, – sans doute le plus brillant d’entre nous – un des êtres aussi les plus adorables qu’il m’ait été donné de rencontrer ; Michèle Bernard et son talent d’orfèvre tous azimuts, l’une des plus grandes chanteuses de notre génération ; Gilbert Laffaille, si grave sous le pastel, si profond sous la dentelle, pudique et drôle, énorme et retenu, chanteur de première classe ; Bernard Joyet, éblouissant de talent, mélangeant l’allégresse, le rire, l’impertinence, l’émotion, la gravité ; Louis Arti, prince de l’art brut, écorché imprévisible, fascinant parfois, que je ne peux m’empêcher d’aimer en bloc ; Michel Arbatz, le fin technicien du vers, dandy de la langue et du poème, jubilatoire ; Gérard Morel, comédien, chanteur, humoriste, un être exceptionnel, un délice, un ami, rien à jeter ; Luis Llach, le catalan inoubliable à qui je dois la plus grande des émotions qu’il m’ait été donné de vivre, à la Halle aux Grains de Toulouse, en juin 1986 avec l’orchestre de Lille sous la direction de Jean-Claude Casadessus ; Môrice Benin, foisonnant, fidèle, prolixe, généreux, présent, engagé, mon vieux frère ; Richard Desjardins, le plus considérable des chanteurs québécois vivants – avec le grand doyen Gilles Vignault que je salue au passage –, à la langue admirable, un interprète et accompagnateur hors norme ; Bernardo Sandoval, mon frère animal qui chante avec ma langue interdite, notre langue intérieure ; les Chansons Plus, le rire absolu, voix de haute précision, trio d’exception, modestes comme ceux qui ont tous les talents ; Ariane Dubillard, la belle de tous les risques qui enchante à chaque présence ; Christian Camerlynk, interprète majeur, d’une grande finesse, tant sur ses choix que dans ses prestations ; Alain Nitchaeff, ou la tendresse violente du comédien écorché ; Philippe Forcioli, archange sifflotant entre les oiseaux et les chansons ; Jehan, interprète géant et rare de l’ivresse amoureuse ; Jofroi, le belge du midi, bel humaniste, enchanteur aussi des enfants ; Martine Caplanne, voix grave et prenante, la servante, – au sens noble –, des poètes ; Jean-Michel Piton, à la puissance fragile qui m’émeut sur le fil ténu de sa vie ; Rémo Gary, ciseleur infatigable à la voix aussi juste que ses mots, pour le meilleur de la chanson majeure ; Al, le nonchalant blessé qui s’excuse presque de rire pour mieux cacher les ébréchures de sa vie ; Romain Didier, virtuose mélodiste à la tendresse élégante, aux chansons légères et séduisantes qui taisent avec pudeur ses abîmes ; France Léa, chroniqueuse drôle et impitoyable de toutes les femmes qui sont en nous ; Pascal Mathieu, grand bretteur d’une langue qui fait souvent mouche ; Serge Utgé-Royo, l’homme debout et précis, le tendre militant, mon camarade ibérique ; Xavier Lacouture, grand duduche aux fêlures sublimes sous son esprit potache ; Évasion, femmes aux voix qui m’émerveillent, m’éblouissent, interprètes fabuleuses, puissantes, chaleureuses, engagées, dansantes aussi ; Christian Paccoud, l’anar qui, de sa voix tragique me touche à chaque fois là où il faut ; l’ogre Juliette, reine du jambon, que j’aime et qui me donne faim, de tous les talents, même celui de devenir célèbre – mais a-t-elle encore sa place dans cette liste ? – ; Yannick Jaulin, chanteur et conteur d’une grâce et d’une inventivité qui m’éblouissent ; Yves Russet, chanteur lunaire et secret que je sais, que je veux, que je sens fidèle sur nos routes cahotantes et solitaires ; Laurent Berger, silhouette magique dessinant un univers séduisant et si particulier ; Sarclo, délicat et grossier, jamais vulgaire, classieux et fouteur de bordel dont j’envie en secret depuis des années la plume légère, vitriolée, impertinente ; Hervé Suhubiette, chanteur impeccable qui suit sa belle route, avec modestie, talent, musicalité ; Michel Bühler, l’une des plus grandes et des plus généreuses voix de l’Helvétie ; Bea Tristan, qui, de sa voix et de son écriture originale et envoûtante s’insinue en nous comme on entre en paysage ; Loïc Lantoine, au verbe d’alcool, fils incontesté de Dimey et de la dive chanson parlée ; Véronique Pestel, belle de ses blessures, puissante et fragile, proche et inaccessible ; André Mainvielle, bidouilleur de génie qui occupe une place si particulière, si originale et si indispensable à la chanson d’aujourd’hui ; Claude Semal, le nouveau roi des Belges après Julos le Magnifique, noblesse du peuple, comédien et chanteur engagé qui me fait tant de bien d’exister ; Éric Lareine, fils du grand Tom Waits, la grâce au couteau, venu du rock expérimental pour fouler souvent avec bonheur et force les voies aventureuses et peu fréquentées de l’improvisation ; Yvan Cujious, nouveau prince toulousain de la chanson jazz et généreuse ; Michel Vivoux, sans doute le chanteur qui, sur scène et dans la vie, m’aura fait le plus rire ; Bacchus, militant des hommes à la fougue attachante, la blessure qui tâche ; Dick Annegarn, l’artisan solitaire et imprévisible, celui qui aura eu le courage de dire non, avec panache, au grand business ; L’immense Clémence Massard, à mon sens, la plus prodigieuse comédienne actuelle de la chanson ; le très regretté Bernard Haillant qui me manque tellement et dont j’envie la foi et cette discrète présence inoubliable ; Jean-Roger Caussimon et Boby Lapointe, pour leurs lampes maîtresses qui auront tenté d’éclairer mes premières chansons ; Jean Vasca, le vieil ami, le grand frère, dont je n’en finirai jamais de célébrer l’œuvre magistrale, admirable et qu’on n’a pas fini, croyez-moi, de découvrir ; Gilles Elbaz, l’oriental de Lorient au charme intense que je n’ai jamais oublié, que je n’oublierai jamais ; Ricet Barrié, l’artisan indispensable, incontournable, le plus beau sourire de la chanson franco-suisse ; Giani Esposito, parti trop tôt, à la présence incandescente, inimitable, inégalée, incarnation de l’élégance ; Jean-Max Brua, le cow-boy de Brive qui nous a laissé des trésors de chansons ; Christian Dente, parti lui aussi, qui nous enchante encore de ses petites histoires chantées ; Jacques Serizier, la cerise gourmande sur mon gâteau rieur, mon premier émerveillement de chanteur sur scène, à huit ans, avec celui de James Ollivier ; Anne Sylvestre, femme essentielle, référence de l’écriture rigoureuse, exacte ; Francesca Solleville, femme debout, belle, à la voix visitée, la simplicité hors norme, que j’aime d’une tendresse infinie ; Gérard Pierron, le cheminot du peuple magnifique qui chemine sur des chemins que je partage ; Claire, la si bien nommée lorsqu’elle chante, la trop rare aussi sur les scènes de France ; Jean Sommer, seigneur discret de Gennevilliers au bout du monde, bluesman des chiens et de Chez Henri ; Hélène Martin, la pionnière, l’éclaireuse, l’élégante, l’amie des grands poètes ; Colette Magny, ma mère symbolique en chant, sauvage et indispensable à mon salutaire déséquilibre et qui, pour moi, ne sera jamais tout à fait morte. Et puis encore et toujours, Jacques Bertin, le plus grand depuis Léo Ferré et Felix Leclerc, et puis toujours et encore Jacques Brel et Georges Brassens, mais là nous sommes sur des cimes. Sans oublier bien sûr l’un des derniers géants vivants de cette chanson qui a toujours accompagné ma vie, Jean Ferrat, maître absolu de la chanson populaire et engagée – à gauche –, sans qui, – je n’ai pas peur de le dire –, Louis Aragon ne serait sans doute pas totalement ce qu’il est dans notre mémoire collective. Et j’en passe et j’en oublie, évidemment, de ces jeunes et vieux chanteurs qui, tous ou presque, continuent de chanter parfois depuis de très nombreuses années, jamais ou presque sur les radios et télévisions nationales, jamais pour la plupart, signés par une major. Qu’ils me pardonnent enfin tous ceux que j’aime et que je ne cite pas ici, qui font un travail honnête et consciencieux, amateurs et professionnels, tous ceux qui se cherchent et qui méritent d’être entendus et aimés, tous ceux qu’il me restent encore à écouter, à voir, à découvrir. Tous ceux qui sont morts et dont on n’oubliera pas les chansons, souvenirs aussi de grands moments de spectacles. Tous ceux aussi qui se sont arrêtés un jour de chanter, par choix ou par nécessité, pour suivre d’autres chemins de création.
C’est tout ?
Non bien sûr. Comme le faisait remarquer Stendhal : « Plus on plaît généralement, moins on plaît profondément ». Tous ces artistes, de ce monde luxuriant, insolite, singulier, au parcours cahotant de trafiquants de mots chantés, scandés, proférés dans l’écrin de la chanson, art du peuple par excellence, ceux sont mes vrais compagnons de route. Dans une société qui abolirait la dictature commerciale, ils seraient autres. Il suffirait de donner plus de facilité à ceux qui veulent cultiver cette curiosité, arme absolue contre la bêtise. Voilà tout.
Bruno Ruiz, entretien avec François André extrait de Le miroir et la vitre, pages 217/223, Editions Ithaque, 2008
C’EST COMMENT QU’ON FREINE – ALAIN BASHUNG et LOISOBLEU
Las
devant mon journal éteint
pour ne pas quitter la certitude de ta main
j’écrase le poste de mon vaque sain
Oh non
pas être comme un pair Ok qui dit bon jour à chaque fosse nouvelle.
Niala-Loisobleu – 26 Janvier 2021
Pousse ton genou, j’passe la troisième Ça fait jamais qu’une borne que tu m’aimes Je sais pas si je veux te connaître plus loin
Arrête de me dire que je vais pas bien C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freineCascadeur sous Ponce-Pilate J’cherche un circuit pour que j’m’éclate L’allume-cigare je peux contrôler Les vitesses c’est déjà plus calé C’est comment qu’on freineTous ces cosaques me rayent le canon Je nage dans le goulag je rêve d’évasion Caractériel je sais pas dire oui Dans ma pauvre cervelle carton bouilli C’est comment qu’on freineJe m’acolyte trop avec moi-même Je me colle au pare-brise ça me gêne Ça sent le cramé sous les projos Regarde où j’en suis je tringle aux rideaux C’est qu’on freine Je voudrais descendre de là
L’arbre se mélange aux fruits venus de branches écartées du goût de la reconnaissance
confusion du poème avec l’avis de mobilisation générale probable mais pas éventuelle
quand je sentis sans le voir, le tétras disparaître une promotion de canard venus de la grippe aviaire tombait sur les médias
Je suis ici
Où sont les autres?
Echo de geste en geste
Chaîne électrisée ou inerte
Rupture du rythme solitaire
Quels sont ceux qui meurent et ceux qui naissent
Pendant que ma plume court sur le papier?
Vicente Huidobro
Alors de sous ta jupe j’ai tiré l’échelle meunière et suis monté au refuge du soleil
mon dernier oeil en besoin d’entendre la présence non artificielle des feuilles, des torrents, des sensations de rideaux qui se lèvent, du souffle quand l’herbe se prépare à faire rire un enfant
la chaleur de la ligne qui va d’un bout à l’autre de l’empan
sans le moindre regard aux fuseaux déserteurs des pendules.
A cinq heures du soir. Il était juste cinq heures du soir. Un enfant apporta le blanc linceul à cinq heures du soir. Le panier de chaux déjà prêt à cinq heures du soir. Et le reste n’était que mort, rien que mort à cinq heures du soir.
Le vent chassa la charpie à cinq heures du soir. Et l’oxyde sema cristal et nickel à cinq heures du soir. Déjà luttent la colombe et le léopard à cinq heures du soir. Et la cuisse avec la corne désolée à cinq heures du soir. Le glas commença à sonner à cinq heures du soir. Les cloches d’arsenic et la fumée à cinq heures du soir. Dans les recoins, des groupes de silence à cinq heures du soir. Et le taureau seul, le coeur offert! A cinq heures du soir. Quand vint la sueur de neige à cinq heures du soir, quand l’arène se couvrit d’iode à cinq heures du soir, la mort déposa ses oeufs dans la blessure à cinq heures du soir. A cinq heures du soir. Juste à cinq heures du soir.
Un cercueil à roues pour couche à cinq heures du soir. Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles à cinq heures du soir. Déjà le taureau mugissait contre son front à cinq heures du soir. La chambre s’irisait d’agonie à cinq heures du soir. Déjà au loin s’approche la gangrène à cinq heures du soir. Trompe d’iris sur l’aine qui verdit à cinq heures du soir. Les plaies brûlaient comme des soleils à cinq heures du soir, et la foule brisait les fenêtres à cinq heures du soir. A cinq heures du soir. Aïe, quelles terribles cinq heures du soir ! Il était cinq heures à toutes les horloges. Il était cinq heures à l’ombre du soir !
Cette image m’amène une réponse à la question que je me pose et que je retiendrais sur cette absence de commentaires où le like prend la place de ressenti exprimé
Neutralité où l’approuvé est au coude à coude du refusé
ON NE PEUT SAVOIR
L’illustration montre le taureau à demi-sauvage qui fait face au chat félin domestiqué (toréador ?)
Une expression graphique dans l’esprit du grand Tàpies porte-voix de l’informalisme de l’art espagnol actuel mis bord à bord au poète dramaturge Lorca, l’andalou et le catalan dans l’arène, séparés des hurlements d’une BB ignorante du symbole de la corrida
La peur et l’envie que font les expressions fortes me paraît plus exacte que la peur du sang. Il suffit pour cela de retenir l’effusion hémorragique journalière de la télévision pour savoir que le public en raffole
Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2021
La cogida y la muerte A mi querida amiga Encarnación López Júlvez
A las cinco de la tarde. Eran las cinco en punto de la tarde. Un niño trajo la blanca sábana a las cinco de la tarde. Una espuerta de cal ya prevenida a las cinco de la tarde. Lo demás era muerte y sólo muerte a las cinco de la tarde.
El viento se llevó los algodones a las cinco de la tarde. Y el óxido sembró cristal y níquel a las cinco de la tarde. Ya luchan la paloma y el leopardo a las cinco de la tarde. Y un muslo con un asta desolada a las cinco de la tarde. Comenzaron los sones del bordón a las cinco de la tarde. Las campanas de arsénico y el humo a las cinco de la tarde. En las esquinas grupos de silencio a las cinco de la tarde. ¡Y el toro solo corazón arriba! a las cinco de la tarde. Cuando el sudor de nieve fué llegando a las cinco de la tarde, cuando la plaza se cubrió de yodo a las cinco de la tarde, la muerte puso huevos en la herida a las cinco de la tarde. A las cinco de la tarde. A las cinco en punto de la tarde.
Un ataúd con ruedas es la cama a las cinco de la tarde. Huesos y flautas suenan en su oído a las cinco de la tarde. El toro ya mugía por su frente a las cinco de la tarde. El cuarto se irisaba de agonía a las cinco de la tarde. A lo lejos ya viene la gangrena a las cinco de la tarde. Trompa de lirio por las verdes ingles a las cinco de la tarde. Las heridas quemaban como soles a la cinco de la tarde, y el gentío rompía las ventanas a la cinco de la tarde. A las cinco de la tarde. ¡ Ay qué terribles cinco de la tarde ! ¡ Eran las cinco en todos los relojes! ¡ Eran las cinco en sombra de la tarde !
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