PENELOPE’S SONG


PENELOPE’S SONG

Un jour que l’écume sort des calendes et que le sablier abandonne la plage

Le seau est plus que périlleux sans la pelle

Pénélope au placard des confitures tire l’haleine

Pendant qu’Ulysse à fort à faire pour raisonner le foutu dieu plus têtu qu’une rancune

Le cheval de Troyes passe pas dans le sillon

Les Gorgones en bord de route tout le long font du stop

Jupe fendue et décolleté abyssal

A l’abri dans le coquillage me reste en corps de l’iode sans oursin

C’est bon pour faire entrer du bleu à chaque prise d’air dans le tuba de l’arc-en-ciel

Entre deux véroniques la muleta rentre ses cornes pour donner le sein à l’enfant qui reste.

Niala-Loisobleu – 17 Février 2021

FRAGMENTS POUR ACCOMPAGNER LE VIVANT


FRAGMENTS POUR ACCOMPAGNER LE VIVANT

La cascade des plantes se déversant sur les murailles
C’est l’unique eau libre qui gronde dans le silenc

Puis la terre aussi

tire à elle le ciel et s’en couvre

pour chasser la solitude

Je connais une seule main

capable de dessiner les arbres avec leur bruissement

Mais regardez-les donc

C’est un vent particulier

qui remue chaque arbre

Désignez les planches

Désignez-les en brandissant vos entraves

dans la lumière qui ne trahit pas

Un oiseau traversera devant vous

que les arbres seuls ont prévu

Plantes qui s’étendent et couvrent tout comme l’oubli s’abattant sur la mémoire

Je crois toujours le lierre

n’a d’autre souci que le labyrinthe

Ne t’appuie pas sur l’air

ni sur moi. ô nénuphar

mais sur ce qui fera de toi le feu de l’eau

L’eau n’est-elle pas ton trône ?

Main jouant le vide et la couleur
Main jouée par le vide et la couleur suivant le penchant des plantes
Main blessant et cicatrisant apportant la preuve du paradis

Ah la terre

l’astre menteur !

Elle nous amuse avec la prodigalité de l’ivrogne

alors qu’elle prémédite les volcans.

Idris Issa

L’EPOQUE 2021/4 – « APPAREILLAGE »



Voici le N°’4 de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec BARBARA AUZOU : « APPAREILLAGE » Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est IMG-5916-rotated.jpg.

L’EPOQUE 2021/4 – « Appareillage » – Niala – Acrylique s/toile 65×54

APPAREILLAGE

flottant

flottant 

la morphologie du quotidien

avec ses blessures que l’on observe

couchées crues sur un tapis roulant

on peine à y comprendre le pays

on tend un bec une aile

on se fait un troisième oeil sur les reins

attendant tête en bas la réponse d’en haut

qui viendrait avec la tulipe caressée du cerveau

ou le lys soyeux d’un sein

on veut habiter l’éclaircie

dont on ne voit que les épaules

derrière des portes peintes 

où l’on est admis que trop rarement

on accorde un piano ancien luisant

de marques fauves pour jouer

quelque chose comme une embellie

Barbara Auzou.

I’m Not Ashamed to Sing the Blues – Diane Shuur


I’m Not Ashamed to Sing the Blues – Diane Shuur

Certaines personnes disent que
Some people say that

La chanson que je chante n’est pas le blues
The song I sing aren’t the blues

Peut-être ce qu’ils disent
Maybe what they say

Ce qu’ils disent pourrait être vrai
What they say just might be trueOh laisse moi te dire
Oh let me tell you

C’est ce que je ressens vraiment
This is the way I really feel

Et tout ce que je fais
And everything I do

Ce n’est pas faux, c’est vraiment réel
It’s not fake, its really realEt je n’ai pas honte de chanter le blues
And I’m not ashamed to sing the blues

Je n’ai pas honte de chanter le blues
I’m not ashamed to sing the bluesCertaines personnes disent
Some people say

Que le blues est vraiment stupide
That the blues are really dumb

Ils ne savent tout simplement pas
They just don’t know

Ils ne savent pas d’où je viens
They don’t know where I’m coming from

Et je veux juste te dire
And I just wanna tell you

C’est la façon dont je me sens à l’intérieur
It’s the way I feel inside

Amour et bonheur
Love and happiness

Mettra les larmes aux yeux
Will put tears in your eyesEt je n’ai pas honte de chanter le blues
And I’m not ashamed to sing the blues

Je n’ai pas honte de chanter le blues
I’m not ashamed to sing the bluesCertaines personnes disent
Some people say

Que ma chanson est trop triste
That my song are just too sad

Je ne pense pas
I don’t think so

Quand je pense au plaisir que j’ai eu
When I think about the fun I had

Vivre et aimer
Living and loving

Détester et tricher
Hating and cheating

Le rire et pleurer
The laughing and cryin’

Même à l’avidité
Even at the grevingEt je n’ai pas honte de chanter le blues
And I’m not ashamed to sing the blues

Je veux le redire
I wanna say it again

Je n’ai pas honte de chanter le blues
I’m not ashamed to sing the blues

MES PAPILLONS PERSONNELS


MES PAPILLONS PERSONNELS

Sans pluie ni vent et bien évidemment sans soleil, le temps est planté. Des enfants font du vélo, cinq adultes de passage se promènent sur la Chaume. Dans ma tête mes papillons jouent tranquillement, sans que je sois gêner pour peindre. C’est rose d’ailleurs ce que je fais. Une femme nue promène ses seins , c’est pas atteint sauf d’une forme de bonheur. C’est pareil qu’un bouquet qu’on a envie d’offrir sans que ce soit un jour retenu par le commerce.

Niala-Loisobleu – 11 Février 2021

L’EAU-FORTE


L’EAU-FORTE

Du fond de la gorge comme le fleuve se tient le souffle qui veille à rouler matière à

Là c’est Lisbonne ou Porto

Comme j’ai souvenir de la présence des rails des anciens tramways ça pourrait-être aussi bien Paris

Par exemple la traversée du quai au bout du Pont-Royal, au pied du mur des Tuileries, endroit précis où mon père fut renversé par une voiture. La mémoire est ordonnée. Elle range par genre de catégorie. Là ce souvenir il est dans la salle des Pas Perdus de mon cerveau. En sortant, un grand aiguillage charrie ses wagons de marchandises.

Le jeu, le rire, l’aventure, la peur, le courage, les premiers signes du corps qu’une petite gueule de printemps roulait au dessus de son cerceau sous l’oeil d’une érotique dame de Maillol. Puis les signes de l’Art, à monter découvrir une manifestation de la Beauté par le grand escalier du Louvre. On aurait pas pu penser qu’une pyramide viendrait devant les Guichets, l’Egypte est tellement présente à l’intérieur. Un instant je me dis que les forts des Halles auraient pas loupé d’une réplique de titi en voyant ce tas de verre venu

trouer le sol. Mais c’est aussi et d’abord ça l’art. Faut que ça perce…

Un panaché de ciel fait qu’entre deux averses il fait plus clair sans qu’on puisse se lancer à dire que c’est soleil. Une seule manière pour l’avoir, se le foutre dans le caleçon pour l’avoir alimenté par le coeur. Moi c’est mon baladeur que Marthe m’a donné un jour, il y a longtemps. Elle avait été le ramasser dans les tranchées d’une haine juste après la musique du clairon d’armistice.

Ma petite fleur de ce matin j’ai commencé à la peindre, il était très tôt, personne l’aurait vu tellement la nuit tenait le terrain. Je me souviens qu’à son pied la terre palpitait comme le dessous intérieur des cuisses, à la naissance du monde, dans la longue touffe où se sont réfugiées les mille-et-une nuits. Mon pouls d’enfant est pris sur la palette. Le couteau broie et mélange, ça me grimpe au nez, je deviens autre, plus aérien, , ça monte, c’est bleu, rond et souple, plein de fruits, j’y cours…

Niala-Loisobleu – 11 Février 2021

Mon refuge – Julien Clerc


Mon refuge – Julien Clerc

Emmène-moi
Loin de cette ville que je connais par cœur
Emmène-moi
En plein hiver dans le port de Honfleur
Et tu seras
Mon refuge où que nous allionsEmmène-moi
Voir le Japon, ses cerisiers en fleurs
Emmène-moi
Écouter les sirènes envoûter les pêcheurs
Et tu seras
Mon refuge où que nous allionsEmmène-moi
Embrasse-moi à l’ombre des pommiers
Ce sera dimanche tous les jours de l’année
Hey, hey, heyEmmène-moi
Dans des forêts sombres où nous nous perdrons
Emmène-moi
Voir les pyramides, saluer les pharaons
Et tu seras
Mon refuge où que nous allionsEmmène-moi
Embrasse-moi à l’ombre des pommiers
Ce sera dimanche tous les jours de l’année
Hey, hey, heyEt tu seras
Mon refuge où que nous allions
Faut dire qu’avant toi (avant toi)
Jamais je n’ai eu de maisonOui, et tu seras
Mon refuge où que nous allions
Allez, emmène-moi
Emmène-moi
Emmène-moi

CONCILIABULE AVEC L’ARBRE


CONCILIABULE AVEC L’ARBRE

A l’aide de sa croix du bûcheron, l’oeil honnête ne triche pas avec la taille de l’arbre. Il en mesure tout jusqu’à la racine

L’intérieur se montre, révélant pièce par pièce, avant de laisser la saveur du fruit, l’élégance des fleurs en boutons, le feuillu couvrant le double-sexe, l’écorce et ses initiales au coeur de couteau, dire dans leur propre-langage la portée de la nidification de l’oiseau

Les humeurs de lointains passages brusques

La tronçonneuse de brigands oiseleurs ravaudeurs de glu

La nuit de noces fusillée contre le tronc dans la guerre froide des culs-tournés

Cette incongrue élaboration de fausse compréhension mettant au monde ses parasites nuisibles qui minent l’écorce protectrice pendant que le papillon soyeux est à terme dans sa chrysalide au rempart de la branche

Viennent aux lèvres du touché en contrition déclarée pour faire place aux poussées neuves de ramure.

Niala-Loisobleu – 8 Février 2021

Proximite du murmure – Poéme


Proximite du murmure – Poéme

Comme il est appelé au soir en un lieu tel que les portes battant sans fin facilitent ou dénouent le tête-à-tête

hors de la crypte forestière il la traîne au grand jour, ou plutôt il lui parle

il la dénude parmi les rafales de vent

ou plutôt il commence à se taire

avec une telle fureur dans les rayons

ae la lumière verticale

une lelle émission de silence comme un jet de sang

qu’elle se montre nue dans sa parole même et c’est un corps de femme qui se fend

Par une allée d’iris et de boue écarlate descendant à la fontaine la tarir…

mais toute l’humidité antérieure

revêtait la roche comme si

nos lèvres s’étaient connues

jadis

sans le feu de la rosée qui monte,

sa dot, l’innombrable et l’évanouie..

transparence têtue elle flambe

elle environne de ses tresses

un pays qui reprend souffle et feu



N’être plus avec toi dès que tu balbuties

la sécheresse nous déborde

le cercle de tes bras ne s’entrouvre que pour mieux

ne rien dire

selon l’heure et le parfum

et quel parfum se déchire

vers le nord, l’issue dérobée…

peut-être ton visage contre le mien,

quand bien même tu me mènerais,

encapuchonné, sur ton poing,

comme aux premières chasses de l’enfer



Au-delà du crissement d’une sandale dans l’allée

soustraite au silence elle a glissé elle aussi à cet oubli de soi qui culmine

et s’inverse en un massif de roses calcinées

aveuglante énumération de ses haltes et de ses périls

réciprocité de dentelles entre son visage et la nuit

j’extrais demain

l’oubli persistant d’une rose

de la muraille éboulée et du cœur sans gisement



Plus lourde d’être nue

ses vocalises meurtrières son rire au fond de mes os

notre buisson quotidien les balafres de la lumière



A se tendre à se détendre sur les traces secourues

omis se dégager femme tout à fait du bestiaire indistinct qui la presse

parmi tant de pieux incantatoires fichés dans le matin roule et grossit le soliloque

de la noue

fade usurpatrice elle dort et me hait j’ai négligé son dénuement elle se tient un peu plus haut

ombre démesurée d’une roue de charrette sur le mur lourdement vivant



Nulle écorce pour fixer le tremblement

de la lumière

dont la nudité nous blesse, nous affame, imminente

et toujours différée, selon la ligne

presque droite d’un labour,

l’humide éclat de la terre ouverte…

étouffant dans ses serres l’angoisse du survol le vieux busard le renégat incrimine la transparence vire

et s’écrase à tes pieds

et la svelte fumée d’un feu de pêcheurs brise un horizon absolu

Sinon l’enveloppe déjà déchirée avec son précieux chargement

le heurt sous un angle stérile de la hanche qui luit

comme si l’étrave en était lisse sous la ligne de flottaison

mais
Je mouvement de la barque rendit

plus assurés l’écriture l’amour

tels un signe tracé par les oscillations du mât

au lieu des étoiles qui sombrent entre le rideau bruyant

et l’odeur de ses mains sur la mer



Sous le couvert la nuit venue mon territoire ta pâleur

de grands arbres se mouvant comme-un feu plus noir

et le dernier serpent qui veille en travers du dernier chemin

fraîcheur pourtant de la parole et de l’herbe comme un souille la vie durant



Ce qu’une autre m’écrivait

comme avec une herbe longue et suppliciante

toi, toute, en mon absence, là, dans le pur égarement d’un geste hostile au gerbier du sang, tu t’en délivres

tel un amour qui vire sur son ancre, chargé

de l’ombre nécessaire,

ici, mais plus bas, et criant

d’allégresse comme au premier jour

et toute la douleur de la terre

se contracte et se voûte

et surgit en une chaîne imprévisible

crêtée de foudre

et ruisselante de vigueur



Musique éclatée ciel sifflant dans un verre fraîcheur du soleil sous la brûlure de la peau

le même sifflement mais modulé jusqu’au silence qui sourd de tes plissements de granit, scintillante écriture le même sifflement

lance le tablier du pont sur ses piles de feu

où tombera-t-il noir le fruit méridien si je franchis le bras de mer

une pierre l’étreint et s’efface

le livre ouvert sur tes reins se consume avant d’être lu



Agrafes de l’idylle déjà exténuée pour que ce qui fut immergé respire à sa place, dans l’herbe, à nouveau,

et de la terre, toute, presque anéantie

ou comblée bord à bord

par l’enracinement de la foudre

sauf la respiration de cette pierre nocturne, le théâtre tel que je me vois, l’anticipation d’un brasier

sans son cadavre retourné

un autre traversera la passe

dans la mémoire de grandes étendues de neige

brillent

entre chaque massacre



Sorbes de la nuit d’été

étoiles enfantines

syllabes muettes du futur amour

quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits

exiguë

la définition du ciel

Nous dégageant, nous, de l’ancienne terreur

ou de cet enrouement par quoi les racines mêmes

s’expriment,- s’allégeant…

que ce soit le silence ce qui était présent, là, trop exposé depuis l’aube, sur le sol fraîchement retourné, l’ingratitude ou la légèreté des hommes, avec le vent,

je me dresse dans l’étendue, seul, contre cette lumière qui décline, le bâillon rejeté

… que ce soit le silence lentement déployé qui règne déjà nécessaire, déjà opprimant



Par la déclivité du soir le secret mal gardé

je la blesse au défaut de sa lecture le vent répare les accrocs

enclume ou catafalque d’étincelles

avec ce qui naît et meurt au bord

de sa lèvre acide

ciel pourpre et montagne nue

elle se penche et je vois au-delà de la ligne de son épaule

mon enfance troglodyte

dans la paroi violette où le soleil couchant se brise comme un pain.

elle se penche je vois…

Jacques Dupin

RUE DES PAS PILLONS


RUE DES PAS PILLONS

En promenant mon sourire pour le faire pisser

j’éclate de rire en le voyant lever la jambe au gros arbre à la sortie de perte de mémoire

Les papillons ramènent clairement ton visage

parmi nous

Je suis de nouveau

donc t’haie du bocage

laisse le vent emporter la grimace d’une croûte de rapin

nous ne perdrons rien à nous élever au Tertre

Niala-Loisobleu – 4 Février 2021