QUAND BARBARA ECLUSE


QUAND BARBARA ECLUSE

L’ô remonte la musique foetus mise au ventre

les arceaux de la rue couverte en protégeant la voix du relâchement des cordes abritent le pouls du chien qui garde le cri du loup

Elle ne voulut pas de Pantin ficelé pour dire Sa plus belle histoire d’amour

Quand Barbara écluse

J’ai tout ce bleu de ma Dame-Brune qui renfloue la Scène

Niala-Loisobleu – 11 Mars 2021

LA ROUTE EST BELLE


LA ROUTE EST BELLE

Des virages sans que la tête nous tourne, nous gardâmes l’adhérence au sol de la gamme

Route de montagne difficile, grand parcours sur voie étroite

Entre l’amer des nids-de-poule, la vue du coq dans le coude du stationnement, la clarté vient donner le réconfort où l’espoir se précise dans l’anse du panier qui tient les chevaux-sauvages sur fond d’horizon

Aujourd’hui, sur l’EPOQUE 2021 nous franchirons la 7° borne.

Symboliquement très importante.

Niala-Loisobleu – 11 Mars 2021

L’ENFANT PARLE


Il ferme le poste pour tremper ses yeux dans les cartes-postales. Ce matin il a fait corps avec la piscine comme pour plonger dans l’intime de son vouvoiement. Un jardin a sa vie forte et belle sur les laves volcaniques d’une éruption native. Ce fut la naissance de L’EPOQUE

Des virages, la route de là corniche en dévoilant au chauffeur plus que l’enchantement. Tout au fond de la terre. La Racine. La Vie. L’Oeuvre.

Niala-Loisobleu – 10 Mars 2021

NIALA 2019 – BALEARES Île Majorque Serra Tramuntana

ROUTE REPRISE


ROUTE REPRISE

Carrefour de l’arbre

le masque au bord

de passage au parking

du marchand de frite

où la tête en stationnement

garde un regard au coq.

Niala-Loisobleu – 8 Février 2021

A SE DEMANDER, IL FAUT COMPRENDRE


A SE DEMANDER, IL FAUT COMPRENDRE

Si l’image aurait déçu l’attente qu’on s’en était fête ?

Si et puis en corps l’abstrait

le train qui reste à quai d’un embarquement annulé

la tige qui penche le tournesol en mi-graine

un seoir où porté on levait les herses et baissait les ponts la vie

Des questions à l’emporte-pièce

colmatées par le cri qui a devancé la question avant le choix conditionnel du trajet du train qui roule sans changer sa destination, simplement en suivant l’obligation de travaux en cours sur la voie

Niala-Loisobleu – 7 Février 2021

NUITS PARTAGÉES


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Paul Eluard

NUITS PARTAGÉES

Au terme d’un long voyage, je revois toujours ce corridor, cette taupe, cette ombre chaude à qui l’écume de mer prescrit des courants d’air purs comme de tout petits enfants, je
revois toujours la chambre où je venais rompre avec toi le pain de nos désirs, je revois toujours ta pâleur dévêtue qui, le matin, fait corps avec les étoiles qui
disparaissent. Je sais que je vais encore fermer les yeux pour retrouver les couleurs et les formes conventionnelles qui me permettent de t’aborder. Quand je les rouvrirai, ce sera pour
chercher dans un coin de la pièce l’ombrelle corruptible à manche de pioche qui me fait redouter le beau temps, le soleil, la vie, car je ne t’aime plus au grand jour, car je regrette
le temps où j’étais parti à ta découverte et le temps aussi où j’étais aveugle et muet devant l’univers incompréhensible et le système d’entente
incohérent que tu me proposais.

N’as-tu pas suffisamment porté la responsabilité de cette candeur qui m’obligeait à toujours retourner tes volontés contre toi?

Que ne m’as-tu donné à penser! Maintenant, je ne viens plus te voir que pour être plus sûr du grand mystère que constitue encore l’absurde durée de ma vie,
l’absurde durée d’une nuit.

Quand j’arrive, toutes les barques s’en vont, l’orage recule devant elles. Une ondée délivre les fleurs obscures, leur éclat recommence et frappe de nouveau les murs de laine. Je
sais, tu n’es jamais sûre de rien, mais l’idée du mensonge, mais l’idée d’une erreur sont tellement au-dessus de nos forces. Il y a si longtemps que la porte têtue n’avait
pas cédé, si longtemps que la monotonie de l’espoir nourrissait l’ennui, si longtemps que tes sourires étaient des larmes.

Nous avons refusé de laisser entrer les spectateurs, car il n’y a pas de spectacle. Souviens-toi, pour la solitude, la scène vide, sans décors, sans acteurs, sans musiciens. L’on
dit : le théâtre du monde, la scène mondiale et, nous deux, nous ne savons plus ce que c’est. Nous deux, j’insiste sur ces mots, car aux étapes de ces longs voyages que nous
faisions séparément, je le sais maintenant, nous étions vraiment ensemble, nous étions vraiment, nous étions, nous. Ni toi, ni moi ne savions ajouter le temps qui nous
avait séparés à ce temps pendant lequel nous étions réunis, ni toi, ni moi ne savions l’en soustraire.

Une ombre chacun, mais dans l’ombre nous l’oublions.

La lumière m’a pourtant donné de belles images des négatifs de nos rencontres. Je t’ai identifiée à des êtres dont seule la variété justifiait le nom,
toujours le même, le tien, dont je voulais les nommer, des êtres que je transformais comme je te transformais, en pleine lumière, comme on transforme l’eau d’une source en la
prenant dans un verre, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre. La neige même, qui fut derrière nous l’écran douloureux sur lequel les cristaux des serments
fondaient, la neige même était masquée. Dans les cavernes terrestres, des plantes cristallisées cherchaient les décolletés de la sortie.

Ténèbres abyssales toutes tendues vers une confusion éblouissante, je ne m’apercevais pas que ton nom devenait illusoire, qu’il n’était plus que sur ma bouche et que, peu
à peu, le visage des tentations apparaissait réel, entier, seul.

C’est alors que je me retournais vers toi.

Réunis, chaque fois à jamais réunis, ta voix comble tes yeux comme l’écho comble le ciel du soir. Je descends vers les rivages de ton apparence. Que dis-tu? Que tu n’as
jamais cru être seule, que tu n’as pas rêvé depuis que je t’ai vue, que tu es comme une pierre que Ton casse pour avoir deux pierres plus belles que leur mère morte, que tu
étais la femme d’hier et que tu es la femme d’aujourd’hui, qu’il n’y a pas à te consoler puisque tu t’es divisée pour être intacte à l’heure qu’il est.

Toute nue, toute nue, tes seins sont plus fragiles que le parfum de l’herbe gelée et ils supportent tes épaules. Toute nue. Tu enlèves ta robe avec la plus grande
simplicité. Et tu fermes les yeux et c’est la chute d’une ombre sur un corps, la chute de l’ombre tout entière sur les dernières flammes.

Les gerbes des saisons s’écroulent, tu montres le fond de ton cœur. C’est la lumière de la vie qui profite des flammes qui s’abaissent, c’est une oasis qui profite du
désert, que le désert féconde, que la désolation nourrit. La fraîcheur délicate et creuse se substitue aux foyers tournoyants qui te mettaient en tête de me
désirer. Au-dessus de toi, ta chevelure glisse dans l’abîme qui justifie notre éloignaient.

Que ne puis-je encore, comme au temps de ma jeunesse, me déclarer ton disciple, que ne puis-je encore convenir avec toi que le couteau et ce qu’il coupe sont bien accordés. Le piano
et le silence, l’horizon et l’étendue.

Par ta force et par ta faiblesse, tu croyais pouvoir concilier les désaccords de la présence et les harmonies de l’absence, une union maladroite, naïve, et la science des
privations. Mais, plus bas que tout, il y avait l’ennui. Que veux-tu que cet aigle aux yeux crevés, retienne de nos nostalgies?

Dans les rues, dans les campagnes, cent femmes sont dispersées par toi, tu déchires la ressemblance qui les lie, cent femmes sont réunies par toi et tu ne peux leur donner de
nouveaux traits communs et elles ont cent visages, cent visages qui tiennent ta beauté en échec.

Et dans l’unité d’un temps partagé, il y eut soudain tel jour de telle année que je ne pus accepter. Tous les autres jours, toutes les autres nuits, mais ce jour-là j’ai
trop souffert. La vie, l’amour avaient perdu leur point de fixation. Rassure-toi, ce n’est pas au profit de quoi que ce soit de durable que j’ai désespéré de notre entente. Je
n’ai pas imaginé une autre vie, devant d’autres bras, dans d’autres bras. Je n’ai pas pensé que je cesserais un jour de t’être fidèle, puisqu’à tout jamais j’avais
compris ta pensée et la pensée que tu existes, que tu ne cesses d’exister qu’avec moi.

J’ai dit à des femmes que je n’aimais pas que leur existence dépendait de la tienne.

Et la vie, pourtant, s’en prenait à notre amour. La vie sans cesse à la recherche d’un nouvel amour, pour effacer l’amour ancien, l’amour dangereux, la vie voulait changer
d’amour.

Principes de la fidélité… Car les principes ne dépendent pas toujours de règles sèchement inscrites sur le bois blanc des ancêtres, mais de charmes bien vivants,
de regards, d’attitudes, de paroles et des signes de la jeunesse, de la pureté, de la passion. Rien de tout cela ne s’efface.

Je m’obstine à mêler des fictions aux redoutables réalités. Maisons inhabitées, je vous ai peuplées de femmes exceptionnelles, ni grasses, ni maigres, ni blondes,
ni brunes, ni folles, ni sages, peu importe, de femmes plus séduisantes que possibles, par un détail. Objets inutiles, même la sottise qui procéda à votre fabrication
me fut une source d’enchantements. Etres indifférents, je vous ai souvent écoutés, comme on écoute le bruit des vagues et le bruit des machines d’un bateau, en attendant
délicieusement le mal de mer. J’ai pris l’habitude des images les plus inhabituelles. Je les ai vues où elles n’étaient pas. Je les ai mécanisées comme mes levers et
mes couchers. Les places, comme des bulles de savon, ont été soumises au gonflement de mes joues, les rues à mes pieds l’un devant l’autre et l’autre passe devant l’un, devant
deux et fait le total, les femmes ne se déplaçaient plus que couchées, leur corsage ouvert représentant le soleil. La raison, la tête haute, son carcan
d’indifférence, lanterne à tête de fourmi, la raison, pauvre mât de fortune pour un homme affolé, le mât de fortune du bateau… voir plus haut.

Pour me trouver des raisons de vivre, j’ai tenté de détruire mes raisons de t’aimer. Pour me trouver des raisons de t’aimer, j’ai mal vécu.

Au terme d’un long voyage, peut-être n’irai-je plus vers cette porte que nous connaissons tous deux si bien, je n’entrerai peut-être plus dans cette chambre où le désespoir
et le désir d’en finir avec le désespoir m’ont tant de fois attiré. A force d’être un homme incapable de surmonter son ignorance de lui-même et du destin, je prendrai
peut-être parti pour des êtres différents de celui que j’avais inventé.

A quoi leur servirai-je?

Paul Eluard

TROU D’ORGUES


TROU D’ORGUES

Dans la compagnie des petits-animaux emmenés en sortie du coffre-à-jouets

et derrière les palmiers d’un échappement-libre qui traverse le vil

l’enfant paraît

Le temps d’un frisson tombe à la couronne des je nous

Un turban de ris

rouge et qui m’ose

j’attrape le Mickey par l’aqueux

sang manège aux Tuileries

Bête aux veines , rut de poésie, sourd aux non-dits.

Niala-Loisobleu – 6 Février 2021

L’HOMME QUOTIDIEN


L’HOMME QUOTIDIEN

A
Jea
Paulban

I

Le vent se lève soudain d’une flaque où par places se heurtent et se traquent les meurtrissures de la nuit et celles plus profondes du soleil.

La terre est froide et grande à son réveil comme une chambre sans feu.
Je suis seul au bord de ma bouche lasse, une cigarette respire à ma place.

Je me hâte vers un couloir sans fin où les portes font des taches de tunnel, où les ombres se cognent sans souffrance et où les murs sont sales et éternels.

La lumière semble lourde et voûtée sur un monde sans miracle, ni gaieté.

Dans la nudité du sang qui tourne en moi, je respire le même caillou froid.

D’autres vivront ma vie à leur tour, solitaires entres les hauts murs du cœur.
Seule la tête change de regard, du cœur part la même plante de douleur.

II

Au fond du couloir où rien ne luit, la porte s’ouvre sur la nuit, claque contre les murs de chaux.
Je me retourne, d’elle encore chaud,

vers la vie qui regagne et cerne sa plus belle clairière où la terre parle aux hommes par la voix facile des femmes

où les fleuves courbent le monde de leurs mains si fraîches et si pleines, où le cœur captif des forêts oscille sur son socle d’ombre

où les chemins rejoignent le ciel à l’horizon marqués du pas de tous les paysans dont la tête dépasse les maisons comme l’épi le plus haut, le plus pesant.

III

Mêlé à tant de soirs, tant de nuits

qui n’avaient même pas de l’air le poids,

je n’existe plus que par quelques pas que je fais toujours dans le même circuit.

Chaque matin, je secoue ma terre

mais il m’en reste assez sous les pieds

pour que croisse la douleur

jusqu’au point où les yeux sont des tiges cassées.

Le vent passe entre mes mains et peine sans pouvoir les délier de mes veines.
Bientôt, il ne reste plus qu’un regard mal éclairé par le soir

et l’or qui remonte du cœur comme un feu déjà gris.
Et je ressens mieux la coupure que mon corps fait avec le monde.

IV

Veines comme des rides sous la peau, j’élève mes tourments et mes maux à vos étages les plus hauts.
Vous faites le tour de ma vie

sans savoir le doute qu’en moi mûrit

et mène votre attelage docile.

Vous plongez dans ma chair et dans mon cœur

vos doigts pleins de sang, pleins de sueur.

Vous ne voyez pas les chemins de la terre où les regards se renversent d’un trait sans s’ouvrir au passage d’un regret.
Vous n’aimez pas ma voix qui va se taire

vous êtes si loin dans vos mains qui fuient

dans les grottes où je n’ai pas accès

et haletantes vous dites au cœur

que le monde est plus clair, plus grand que lui.

V

Tu as des yeux qui font le tour de la tête comme si tu sortais du plus beau des bals.
Paupières lourdes comme des céréales, ma bouche apaise vos craintes, vos fêtes

et fond avec les racines qui puisent au plus obscur de mon tourment la force de m’entourer de ma nuit.
C’était un grand regard pesant

que j’obtins pour mes noces nocturnes

comme une aube battante d’insomnie.

Il est ma défense contre la mort, il est

la détresse quotidienne qui souffle de mon cœur.

Trop de sentiers tournent avec aisance venant de moissons serrées comme la pluie.
Trop de bois vivent dans le silence où parfois il n’y a de bruit que celui

fait par une feuille se posant sur le vent,

avant cette mort où toutes mers éteintes,

tous passages fermés, toutes tempes inertes,

nous serons quelques aveux intercalés dans le temps.

VI

Je monte des restes fumants du sang, dans les vitres reculent des regards.
Les trains ralentissent à peine dans les gares et ma voix s’étonne d’être sans accents.

Des pas béants marquent la douleur.
Des ponts attendent la fin du monde au fond de leurs grands yeux sans chaleur et le cœur inlassable fait sa ronde.

Je ne suis qu’une tache de terre encerclée par la mort et la nuit.
Je m’ouvre en regards que l’ennui dans sa fixité désespère.

Ma vie tient en quelques pas égarés qui n’ont trouvé aucun chemin vers les fenêtres d’où l’on revient couvert de soleil et désemparé.

Trop de couchants s’arrêtent à l’aise au haut de murs à jamais tranquilles.
Des flaques tranchées par le ciel brillent dans l’herbe comme des blessures fraîches.

VII

Le vent n’a pas voulu mon haleine, l’oreiller s’est vidé de sommeil.
Le monde regarde dans les fenêtres, inachevé, sans couleurs, ni fêtes.

Les colchiques se renversent, las, et le matin les broie de son pas mouillé de tant de paupières pleines.
Les sources sont grises comme le ciel.

Un vent fumeux, un vent décapité déborde sans cesse des trottoirs s’enfuit avec les milliers de voix que la solitude attendait.

Au-dessus des toits, tout est vide, la lumière ne peut pas remonter retenue dans les lampes livides et dans les bouteilles bues.

VIII

Mon cœur bat dans sa toile de sang oubliant de mon corps le mal le plus récent et s’attarde à la plaie trop tendre et mal fermée que font les tempes.

Que sait-il de moi, de ce regard, de cette tête dont la douleur se détache, dure, cernée comme une vitre, de cette peau qu’il éclaire de tous ses éclats captifs ?

Veilleur de mon sommeil, veilleur de la nuit il ne retient aucun de mes rêves mais se rappelle que des étoiles naissent de lui à la place où les veines font des
clairières.

Dans les flaques où je souffre, où j’attends et où je ne suis entouré que de moi-même,

il conduit le regard aveugle du sang

pour mourir un jour comme un oiseau abattu.

IX

Derrière la fenêtre, le jour est superficiel, le miroir est encore profond de toute la nuit et la route est très loin dans le mur.
Ma tête dépasse, coupée par le drap.

Une mouche en fait le tour.

Je me rappelle ou je rêve

que ton front est comme ces belles journées

où il n’y a pas un signe de mort

et où la lumière se rassemble sur les sources.

Le pont se lève de l’herbe

et s’ouvre au-dessus de l’eau

comme une blessure où la terre accourt.

Le dormeur est toujours couvert de son front fisse et de ses paupières.
Des ombres sortent et laissent longtemps leurs tempes contre les murs.

LE plafond trop bas écoute s’il monte quelqu’un dans l’escalier.
La même ombre s’approche avec le même tintement de cœur.

Dans la chambre sans lampe que celle qui vient de la rue,

le feu fond dans ses cendres et ne réchauffe pas la nuit

mes mains atteignent les choses qui m’aiment en silence comme des chiens trop doux.
Plus proche de moi que la douleur

la fenêtre m’éclaire de sa blessure.
J’ai vu, la nuit, des vitres béantes qui suivent les gens comme des rails et ne les quittent qu’à la mort.

Lucien Becker

CHANT POUR LA BELLE SAISON


CHANT POUR LA BELLE SAISON

Rien ne ressemble plus à l’inspiration
Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
Que le désir d’une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l’air qu’on respire.

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.

Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec des camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.

Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.

Le loisir.

La liberté de changer de ciel.

Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses

Dont on ose refuser la possession aux hommes.

J’aime et je chante le printemps fleuri.

J’aime et je chante l’été avec ses fruits.

J’aime et je chante la joie de vivre.

J’aime et je chante le printemps.

J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

Robert Desnos

Dans l’atelier la lumière ne rencontre pas de point d’ombre. Bras nus le chevalet frissonne d’être sans toile et l’heure ne se trouve pas arrêtée dans son parcours solaire. Le chat blanc traîne le long de la baie vitrée, fluet et insignifiant. La motte de brune, ocre, elle, bien gonflée de soleil, tapisse la peau de La Chaume , je marche en haute-laine, les pieds lavés par la rosée. Le tilleul regarde la parade des prunus qui explose en blanc et rose de vigueur présente. Il m’a semblé voir un frisson dans la température, comme si un regret d’hiver voulait obtenir. Mais le manche du pinceau réagit. Il reste sous le sabot du cheval assez de faire pour que la corne muse. J’écrirai sur le carreau du marais la fleur du sel puis reviendrai par le pore au moment où l’aisselle exhale la pensée qui lui tient compagnie. Pendu et plongeant le sein arrondit l’ô en pêchant

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2021

On va, on vient , on rêve – Julien Clerc


On va, on vient , on rêve – Julien Clerc

On va, on vient pour toute la beauté qu’on délaisse
Pour les soleils qu’on a pas vus
Les passions qu’on a pas vécues
Pour l’ignorance et la paresse

On va, on vient, on rêve, on parle
On va, on vient, on rêve, on parle
On rit
On ritJe suis venu tendre et stupide
Hanter la maison du bonheur
J’y suis entré comme un voleur
Et j’ai trouvé la maison vide

On va, on vient, on rêve, on parle
On va, on vient, on rêve, on parle
On rit
On ritTu m’as dit « Regarde la lune »
Mes yeux n’ont pas quitté ta main
Reste un regret sur mon chemin
Reste un reflet sur la laguneOn va, on vient, on rêve, on parle
On va, on vient, on rêve, on parle
On rit
On ritOn rit jusqu’à rêver
Qu’on peut changer de rôle
On rit pour oublier
Que tout ça n’est pas drôleJ’ai voulu voir la vie en rose
Mais les couleurs sont ce qu’elles sont
On aime à perdre la raison
En désespoir de toutes les causes

On va, on vient, on rêve, on parle
On va, on vient, on rêve, on parle
On rit
On ritOn rit jusqu’à rêver
Qu’on peut changer de rôle
On rit pour oublier
Que tout ça n’est pas drôle

On va, on vient, on rêve, on parle
On va, on vient, on rêve, on parle
On rit
On rit