LE FEU – ARAGON/ MARC OGERET


LE FEU – ARAGON/ MARC OGERET

Mon Dieu, mon Dieu, cela ne s’éteint pas
Toute ma forêt, je suis là qui brûle
J’avais pris ce feu pour le crépuscule
Je croyais mon cœur à son dernier pas.
J’attendais toujours le jour d’être cendre
Je lisais vieillir où brise l’osier
Je guettais l’instant d’après le brasier
J’écoutais le chant des cendres, descendre.

J’étais du couteau, de l’âge égorgé
Je portais mes doigts où vivre me saigne
Mesurant ainsi la fin de mon règne
Le peu qu’il me reste et le rien que j’ai.
Mais puisqu’il faut bien que douleur s’achève
Parfois j’y prenais mon contentement
Pariant sur l’ombre et sur le moment
Où la porte ouvrant, déchire le rêve.

Mais j’ai beau vouloir en avoir fini
Chercher dans ce corps l’alarme et l’alerte
L’absence et la nuit, l’abîme et la perte
J’en porte dans moi le profond déni.
Il s’y lève un vent qui tient du prodige
L’approche de toi qui me fait printemps
Je n’ai jamais eu de ma vie autant
Même entre tes bras, aujourd’hui vertige.
Le souffrir d’aimer flamme perpétue
En moi l’incendie étend ses ravages
A rien n’a servi, ni le temps, ni l’âge
Mon âme, mon âme, où m’entraînes-tu ?
Où m’entraînes-tu ?

Louis Aragon

LE PONT ET LE PARFUM REVENU


LE PONT ET LE PARFUM REVENU

Au lotus penché le chien greffe l’air neuf de sa joie matinale

et l’onde, éther n’aile, frissonne sous la robe de ta chambre

fenêtre ouverte sur le bistre d’un rose ancien qui conduit la rosée aurorale à abreuver l’herbe

Au loin des monts se penchent à la suite du vol que l’oiseau ouvre dans ces odeurs de boutons qui s’ouvrent

Allongée sur les jeunes nessains du banc, l’écaille nielle son conte à la lueur de tes yeux qui racontent d’une voix forte

Estampe japonaise qui vient érotiser ta peau détendue dans les soies de cet arbre qui ne te lâche pas.

Niala-Loisobleu – 18 Juillet 2021

L’EAU TONNE, L’ABEILLE Y RESTERA


 L’EAU TONNE, L’ABEILLE Y RESTERA

Le temps plus fol que l’herbe

déraisonne

L’oiseau écope l’arbre renversé

Le cheval au bord du sillon tire des pierres du logement pour le grain

De mes reins la résistance bande l’arc-en-ciel

Cathédrale en flèche

Niala-Loisobleu – 17 Jjuillet 2021

L’automne Et Puis…

L’automne va bientôt venir
il commence à faire un peu froid…
On vit bizarrement ce temps;
le jeu de l’homme et de la femme
se fait subtil et plus caché.
Tes yeux sont tendresse un peu lasse;hier y brule comme un bon feu,
tu vois je m’enchante de peu…
L’arbre se défait sur la place.
Comme le temps passe !

L’automne est tout près de venir
avec ses soleils maladroits.
On se dévorait au printemps;
le feu de l’homme se désarme
et l’oubli se donne couché.
De l’artifice à la grimace
on descend le chemin des dieux;
quand je me penche sur tes yeux,
dans ce miroir où je m’efface,
je me dis que le temps passe.

L’automne n’a plus à venir
ni dans tes yeux, ni dans mes doigts.
L’automne, il est là pour longtemps.
Le peu de l’homme qui s’enflamme

Les copains reprennent leur place…
C’est comme ça que le temps passe…

Jean Max BRUA

LES COUPS DE PIED DE LA BEAUTE MISE EN SOMMEIL


LES COUPS DE PIED DE LA BEAUTE MISE EN SOMMEIL

L’irréfragable en retrait

de l’étalage laid soutenu

Intolérable manquement du mot qui manque à la sienne

Ce cul mou affaisse les bottes en creux son

Dites et montrez le silence bavard d’un sein sans l’insulte tatouée

et la vulve éveillée qui baille sans l’entrave d’un

corps-mort en ferraille

dans son herbu -marin.

Niala – Loisobleu – 17 Juillet 2021

L’ECHAPPEE BELLE


L’ECHAPPEE BELLE

D’un côté que le coq prend et le laitier suit, j’ai jeté mon journal à bord de ma journée

Un tracé sobre par les petits-chemins sans péage, passe-droit, abonnements, mais vote citoyen qui ouvre à toutes espèces de manifestation dans et pour le respect d’une liberté individuelle engagée

L’usage d’un seul profit enseigné par des années laxistes à l’exclusion d’obligation que la droite et la gauche ont fini par imposer est à la base d’une citoyenneté totalement répudiée

Les mythes errants percent le fil de l’haleine jusqu’à dévorer le rouet

Un peuple qui ne connaît que les avantages qu’on lui propose pour garder le pouvoir sur lui s’est gangréné lui-même et c’est amputé de ses jambes en fuyant sa responsabilité

La situation catastrophique que la pandémie conforte est au bord d’amplifier à cause du virus loin d’être mort

Prendre prétexte d’une absence de liberté pour se plaindre est d’une inconscience qui se fera payer au-dessus du tarif actuel

C’est fou de penser qu’un jeune ou un prétendu adulte puissent jouer à mourir pour un soir, un repas, un bain, un voyage sans masque ni égard aux autres

Vivre c’est construire, pas aller jusqu’à tout détruire du système de la nature

Je suis resté à cheval sur mon auto à pédales dans le souci de l’échappée-belle au coeur de ce vaste monde

de l’amour-enfant fait pour grandir

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2021

AU POIL PRES


AU POIL PRES

De quel dense autre mon coeur pourrait des coupées monter au pont ?

Elle l’a dit, l’a chanté

Henri et ses bleus au Je Nous reste salvator de l’ocre rose par la pointe de son sein dressée, le pré-salé de son herbe d’un gigot exceptionnel mettant le Jardin Divers d’une poésie amoureuse

Mort-subite créée par un dysfonctionnement d’appendice et des oreilles

A la fleur des paumes se penche alors du boccage, l’oiseau sur la branche d’un peint frais

l’appel du boulanger, si manuellement pétri que ça pointe autrement que ce qui casque uniquement.

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre (REPRISE EN COMPLETUDE)


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D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre (REPRISE EN COMPLETUDE)

En file sur douze rangs l’humeur incontrôlable comme une déraison climatique passant de l’habit de soirée aux guenilles les plus tues d’une décadence bâillonnée, combien fus-je les mois écoulés, malmené malgré moi par des ouragans soudainement glissés dans une mer d’huile ? Oh, je ne partîmes qu’Un, arrivant en somme plus à me poser la question de savoir où nous sommes réellement…Les vents tournent plus vite que jadis. A croire, un comble pour l’agnostique que je suis, que le dieu Eole est entré derviche aux coups d’vents. Je m’attrape par un bout les jours où ça dépasse, mais le temps de trouver à m’amarrer la rivière a déjà passè l’estuaire. Foutre, comment enfanter, toute la matière à concevoir se barre à côté de la matrice. Merde, t’as-t’y un rouleau des suis toow ? Des phases entières de son existence disparaissent sans avoir eu le temps d’entrer dans la table des matières. Emmuré dans des célébrations du bluff, ça va jusqu’à ne plus pouvoir lever le doigt. D’un coup d’oeil impitoyable ta maîtresse  t’a cramé. Par où je vais passer le premier…qui le dira aura une tapette.

…Attendre, pour voir…(coi, ça m’étonnerait)

Attendre

par Blanchemain Dominique 

Se dresser dormeur en forme de feuille jetée
Lorsque s’effeuillent nos coeurs jaunis

Attendre

Se lever débiteur borgne du temps abîmé
Dans l’écueil des peurs difformes
Où séjournent les restes d’espoirs

Attendre

Attendre que les fleurs s’envolassent
Du sombre lit de pierre maudit
Où s’enlacent les moires désirs

Attendre

Voilà à quoi l’humanité est réduite. Surtout ceux d’entre elle qui dorment sur les trottoirs. Leur cadeau de ce soir ? Ben la chance de ne pas avoir d’émetteur-récepteur de voeux présidentiels.

Niala-Loisobleu – 31 Décembre 2017

SUITE, ATTENTE CONSOMMEE

Dressées debout les pierres sont là, à la main posée de gauche adroite, reste à savoir ce qui reste qui bat en corps

Un, peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?

Ah ! Marguerite pleures-tu avec ou sans raisons ?

à rouler en excès de sensibilité les lignes droites se transforment en dangereux virages que la corde pend au gibet de la méprise totale

Il suffit d’un rien

une rafale

peut étendre le chêne connu pour être un roc

Seule la mer tient l’Atlantide accessible par le pouvoir de son sel

Le trottoir lui demeure l’inconditionnel chantier d’épaves

A la racine ombilicale reste toujours la partie qui remonte au point de départ

Les faux létales ne sont pas des récoltes, le fléau sait lui extraire assez de grain pour tenir les semailles quand les meules font chambres d’hôtes au manche à demains…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

MAREE D’HERBES FOLLES


MAREE D’HERBES FOLLES

Tirant son tombereau vide le cheval répète inlassablement go aimons, il reste pas qu’algues à rade, ce lisier qui tue jusqu’à la bernique et sa suite est maudit

Autour des vases du canal ostréicole le fanal lentille de sa cloche de passage qe le large reste ouvert

Un signal lointain laisse en tendre que Flipper le dauphin nage en corps

Au matin l’homme à la jambe de bois a lâché les bébés-tortues au regain de l’île de la flibuste en proue à l’estuaire

Les premières crevettes ont donné signe de vie à la criée dans la charrette tirée par le Vl’Ô de Madame C…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

LES DERNIERS LACETS PAR JACQUES CEAUX


LES DERNIERS LACETS PAR JACQUES CEAUX

Les derniers lacets
montrent en creux des vallons moins verts
les forêts rabougries ou calcinées
et annoncent bien naturellement
des rideaux qui tombent.

Les chansons sont là, elles tournent
et leurs couplets de fin
où tous les instruments brillent
racontent le vrai paysage
où parfois les fleurs ont manqué…

Reste encore et vivra jusqu’au bout
ce qui offre au sans sa chaleur vive
ce qui, dilué dans l’air des rues
est bien la sensation dernière

Le vent en fera ce qu’il voudra !

Jacques Ceaux

Extrait de:  3ème recueil en devenir.

TESTAMENT – Texte de René Guy Cadou (1920-1951)  /  Musique de Marc Robine


TESTAMENT

Texte de René Guy Cadou (1920-1951)  Musique de Marc Robine

Dans le temps de ma vie
Je vous ai tout donné.
Sur mes mains, sur mon sang,
Je vous ai promené.

Pour vous plaire, j’ai dû
Me soulever du monde,
Eloigner mes poumons
Des cryptes enfumées,

Reprendre au jour nouveau
Son butin de solfège,
Et ses vitraux couverts
De graffiti, de neige

Peu d’années ont suffi
Pour voiler mon regard.
J’ai pâli, j’ai vieilli,
Mon coeur a fait sa part.

Dans la mansarde bleue
Qui me gardait des branches
J’ai vu mon front s’ouvrir
Sous une étoile blanche.

Que voulez-vous de moi,
Maintenant que je n’ai
Pas même, pour saluer,
La grâce des poneys?

Dans le cirque des mots
J’ai trop fait de voltige,
Trop d’oiseaux sont venus
S’appuyer à ma tige.

Je ne puis rien pour vous,
Pas même vous soumettre
A la lumière, au vent,
Au dernier kilomètre.