L’EAU QUI SURNAGE


L’EAU QUI SURNAGE

Au cran de ce soir qui pointe

pris dans les redans du sable

assez d’eau pour tendre mon ventre à l’aplomb de sa position missionnaire

Les oyats unis aux palisses de ma libido chauffent cette partie de sable qui descend par conviction

la digue du carreau cône mes derniers jours dans l’axe solaire

à la verticale du levier de son corps nu que les premiers oiseaux mettent en exergue

Ma dernière volonté…

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Niala-Loisobleu.

18 Août 2023

PAR LA FENÊTRE


PAR LA FENÊTRE

Dans une nuit qui s’est emparée

où j’erre

au creux de la main qui fait visière à l’obscurité

le fond à ras de la surface

des milliers de raisons d’avancer dans le recul sous l’envie de l’inconsommable réfraction de feu faite

L’oeil qui avait gagné les allées des fosses à la hune de ces voyages qu’on ne vit qu’en char-à-bancs promenant un soleil bavard dans un monde muet

Et ses seins faméliques à la bordée

mouvements pendulaires de l’orbe qui monte en secousses d’un trait

rejoint par la martre joueuse de l’outil

loutre dans l’humide univers buvable d’un système de transport naturel ne jouant pas à la roulette russe

je ne me compte plus de temps

j’ignore tout tant il serait possible d’encore savoir que pouvoir peindre

Rien à part rien de page blanche

et puis rejoindre le tout de ceux qui ont eu la voix pour faire au lieu de dire…

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Niala-Loisobleu.

17 Août 2023

15 AOÛT


15 AOÛT

Les bateaux qui rentrent des Amériques prennent la file de droite à la sortie

j’irai à l’Atelier me recentrer l’image sans besoin d’aller à Epinal

Autour de ma campagne les petits chemins font le tour de l’horloge pour remplir les heures d’une pensée uniquement pour elle

le pont lui se couchera entre la rive et le large pour faire traverser les peines et rappeler ce que qu’on garde comme parapet

Mets tes quais à l’alignement des racines ça ne pourra que mettre des fruits dans le goût du sirop et dis-toi que tout est trop court quand l’amour allume les réverbères…

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Niala-Loisosobleu.

15 Août 2023

SAUDADE RESSENTIE


SAUDADE RESSENTIE

Sans plus savoir où le sable commence la mer

le coquillage l’album de l’origine

le coq monte d’un geste poursuivre les levées

sans venir répéter les heures d’un mouvement perpétuel qui n’a pas terminer de faire écho…

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Niala-Loisobleu.

14 Août 2023

SUR SES LEVRES PERCHE TELLE L’UNIQUE FENÊTRE


SUR SES LEVRES PERCHE

TELLE L’UNIQUE FENÊTRE

Ramenée en l’atelier, la circonférence de ce soleil à elle-seule dépasse la vitesse de la lumière au brossage de son cuivre

La rondeur du coq gratte

la paresse du levé le plus indisposé pour tenir à jamais le rêve à l’assaut des vagues

Côte-Sauvage, La Pointe-Espagnole avance dans La Coubre ses aiguilles à tricoter la permanence d’une présence tenue vive

où s’élimine chaque type de mauvaise intention du ménage

A la veille du premier mois, je vois ses bras m’appelant de ne pas la laisser partir seule dans le désordre des vents

et d’un seul bleu, je l’amarre…

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Niala-Loisobleu.

12 Août 2023

LA VALSE DU TANT


PABLO AULADELL

LA VALSE DU TANT

Au pied de la colline s’ouvre la piste d’un bal étrange qu’un orchestre fantôme transporte

le cheval qu’on ne voit pas tourne ses mouvements en noria

les lanternes en suivent chaque étreinte de peur d’en perdre le goût entre deux marées

les amériques dis-moi où sont-elles ?

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Niala-Loisobleu.

9 Août 2023

L’OBSCUR VERTIGE DES VIVANTS PAR MICHEL BAGLIN


L’OBSCUR VERTIGE DES VIVANTS

PAR MICHEL BAGLIN

« La science n’étouffe pas le chant de l’océan dans les coquillages.

Savoir qu’on y entend les vibrations de sa propre oreille

ne réfute pas les vagues qui roulent en nous leur nostalgie.

Les chiffres forent des puits comme les mots écoutent le monde :

dans la fascination de sa beauté.

Ainsi, révélée ronde, la Terre enfanta encore des aventuriers au coeur plus vaste,

à qui le vertige continua de fouetter le sang.

Le réel ne condamne pas la poésie.

Il l’appelle, comme le vent la voile lui donnant force,

le savant la formule qui creuse l’infini,

notre mémoire des coquillages pour désirer le mer vivante. »

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MICHEL BAGLIN

AU PIVOT DES ROTATIONS


AU PIVOT DES ROTATIONS

Elle a rejoint la 3ème dimension, tantôt à l’angle du carré d’hypothénuse, l’instant d’après dans la file d’attente de la prochaine représentation de Paramount, sur le dos, debout ou bien à genoux, retenant l’orque abordant le vent des globes et ne s’inquiétant plus des guerres

De face à l’éternité

Reculant la fin du monde

Arrangeant la chaudière d’El Niño sans passer mettre des fleurs sur la concession et toujours un coin du visage dans la vitrine en flamme olympique

Tout ça n’est qu’un jeu…

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Niala-Loisobleu.

6 Août 2023