AU PIED DES JAMBES


AU PIED DES JAMBES

La pensée immergée dans le plissement du rire des larmes

Grand-Mère Marthe à l’ancre de vie

Aujourd’hui mon navire vient comme demain s’amarrer

Trois fils et leur descendance sortis du Quai des Brumes à l’entrée d’un chenal tout neuf, au départ de la pointe de Vallières franchissant le Pertuis d’Antioche pour rallier cette » « Femme au chapeau » sortie du tsunami par la grâce du Ras d’Eau, Kon Tiki

Nettoyée des requins, méduses, gloutonnes pieuvres et autres murènes, la plage se nettoie les sillons en 33 tours pour se refaire Côte Sauvage au départ de la Pointe Espagnole

Les seins tombés de grâce, l’amour recousu à l’aiguille des pinèdes du peint, grande rouquine à pieds joints de Terre à Ciel de la marelle, la marque du Tant est bien irréfragable

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Niala-Loisobleu.

21 Janvier 2024

LA RUE RETRAVERSEE


LA RUE RETRAVERSEE

De mon trottoir à l’autre, 53 ans séparent Alain Denèfle et sa Grand-Mère de Niala

Nous allions quitter Paris pour San Ambrogio, éplucher les légumes du nouveau jardin, avant de remonter gagner l’Atlantique, aux Pirates de Vallières pour ouvrir le Ras d’Eau…

Amours ô combien sincères, certainement folles, mais vraies après le coup dans l’dos de 69

Et coule l’eau, passent les ponts

l’amour demeure à travers le battement des portes

Le couloir rendu au butoir, 2024 perce l’entrée d’un nouveau jour, tout se déshabille des vitrines de la grande randonnée, sauf la pierre précieuse du coeur,

Expositions, rencontres du 3ème type, la Grande Rouquine, l’union réveille, poitrine contre poitrine à battements répétés, le martellement de la forge

Grand-Mère Marthe, on se retrouve embrassés, le peint chaud tendu de tes mains

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Niala-Loisobleu.

20 Janvier 2024 !

TON FILS TE SALUE


TON FILS TE SALUE

Je t’ai rejoint dans une rencontre du 3ème type, plus rien ne nous séparant désormais

L’exposition dévoile, débusque, soude chaque recoin sans besoin d’une mécanique inopportune

Rien que le coeur du m’aime sang, mon Père

Le lien est mythique, tout ce qui a présidé à m’amener ici, dans les deux Charentes, a été initié par toi. Les congés payés d’abord après ta bataille de 36, la guerre et l’exode qui me conduisirent à Marans, et mon départ définitif de la capitale pour St-Georges-de-Didonne, via La Rochelle et St-Jean-d’Angely, avant de m’ancrer à Boutiers-St-Trojan via Jarnouzeau puis Cognac…

L’eau dans tout cela a joué le rôle principal

Tantôt cruel mais bienveillant au final en s’alliant d’un bout à l’autre au liquide dans lequel l’enfant pousse

Les derniers évènements du présent ont été fortement marqués par la mort

Mais c’est l’impression que cette folle de Camarde ne laisse que dans la proximité de tout deuil

LA VIE EST AUSSI PUGNACE QUE TU M’AS FAIT, PAPA

cette exposition en apporte la preuve en tous points :

JE PEINS DONC JE VIS

Aussi cette fois t’ai-je emmené avec moi pour te dire « Merci Papa »

Et tes petits-fils et arrières seront là en la personne de mon fils Patrice et de Cécile, son épouse, pour dresser haut au fronton la suite des DENEFLE alias NIALA…

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Niala-Loisobleu.

17 Janvier 2024

L’APPORTE CLOSE


MARC CHAGALL

L’APPORTE CLOSE

Enserrée dans l’impossible

l’histoire dans son cadre en appelle au recours d’occis gêne

de la palette du peintre, un amour unijambiste traverse un couloir interminable

Espèce de correspondance entre deux gares non raccordées

au bord de voir son coeur rouler par taire

le peintre le retient d’une main

Salutaire sacrifice

la mariage sans cesse ajourné est dirigé au crématoire des sept branches du chandelier

Est-ce le coq qui a rallumé le jour ou bien le soleil qui a ramené le chant ?

Non, c’est le mouvement de l’apporte.

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Niala-Loisobleu.

14 Janvier 2024

PARALLELE ISTHME


JAN WIEGERS

PARALLELE ISTHME

Toute cette poussière et un chemin qui a perdu mes jambes

Voilà bien l’image d’un faux-bois

Que l’intacte beauté se refuse à reconnaître

Et moi

Vagabond couvert d’une naturelle pigmentation

Comme bien d’autres

J’ai sous l’écorce la même sève qui ne demande qu’à circuler librement

La lune est grosse

Il faut la laisser accoucher de son naturel

Sur ses draps froissés par le vent qui l’a roulé d’un flanc de la colline à l’autre

Elle a maculé les rayures de cotonnade

Du ru de son ventre alpage

Ouvert à tous les passages de l’étoile de son berger

Laissant les brins de son gazon

En quête de myosotis se laisser faire des tresses

Pour tremper le rivage des muscs apportés par la marée montante

Et ne plus voir que la course du ciel

La nuque au coussin d’un nuage atterri

Tirer l’aiguille dans la dentelle des branches

Sous la jupe des feuilles

Pendant qu’à lever la voile au mas des oliviers

Cette double envolée de colombes

Dégrafe la cage du poitrail

D’une seule respiration

Sautant entre les cordes des talons frappant le sol

L’échine violoncelle

Âme grande ouverte aux râles de l’archet

Du m’aime ancestral cri

Qui fendit la gangue au triangle de la poésie

A porter au plus loin le fruit du noyau

Par l’intime poussée créatrice

rendant enfin mes pieds conformes à ma clef de sol

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Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2024

UN PONT MIS SUR LA RAVINE


UN PONT MIS SUR LA RAVINE

La musique de la rue passe à l’abordage du trottoir, laissant les vitrines en rade pour assoir l’accordéon sans sébile

Les rengaines bien gardées dans leurs étuis, la voix peut s’éclaicir sous le réverbère de l’aube interpellée

Une chanson d’amour pour te vêtir, Ma, et rien d’autre que ta nature, voilà de quoi t’attribuer le rôle de Muse sans attendre que tu approuves étant donné que se taire ne veux pas dire y être opposé

Quand les planches se mettent à trembler, je ne peux m’empêcher de ressentir que leur réaction est vivante par rapport à celles des bières sans houblon

Je disais hier à mon docteur, je vis sans que mon âge me freine, manquer des jambes et d’un oeil ne modifie pas plus la motivation du saut que l’évaluation des sentiments.

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Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2024

QUELQUE PART PLUS LOIN


QUELQUE PART PLUS LOIN

Du balcon au-dessus du sillage de soi

attraper la voie autre qui mène

au chant bleu de l’orgue des vents

La tranche de blanc fait clairière sur la crampe du noir en te dénudant

Ma

laissant pendre sur la rampe

ta robe pour épandre tes vers en liberté sur la langue coincée d’une tendance à la survivance

C’est un pas piqué sur la pointe d’une ballerine

un papillon aux mouvements circulaires déraidissant la lourdeur de langage

une éclosion de rose au départ d’un petit oiseau atterrissant sur ta dalle

avec tout au fond cette assurance d’avoir mis nos sentiments sous protection du boccage

dans les veines de cette inoubliable grange

J’ai l’ô tant dans ma boîte de couleur

Barbara

que j’y vois clair en ce seoir qui tombe…

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Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2024

FRANCHI LA NEIGE


LEON DE SMET

FRANCHI LA NEIGE

Au bout du chemin, franchi la neige

le bout du banc reconnaît qu’il n’y voyait plus

le manteau tombe

ce qui bat dessous est nu

pour s’offrir sans rien cacher

Tout est accroché dans l’Hôtel-de-Ville

on flaire clairement la proximité du passage.

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Niala-Loisobleu.

10 Janvier 2024

OUVERTURE D’UNE AUTRE JEUNESSE


LEON DE SMET

OUVERTURE D’UNE AUTRE JEUNESSE

Comme le jour se lève au cri du coq

la table se débarrasse de mes 90 ans

ça n’est plus le même menu

c’est l’odeur d’un autre jour qui commence

Le sang qu’on a tiré de ma veine ce matin ne portait plus la même analyse

L’arrivée des deux expos tire à ailes, hier en un nouvel aujourd’hui, en descendant ma chambre d’un étage dans une autre notion d’ascension

Des valises chaque étape tirera son souffle dans la chronologie rythmée par les calendes

devant c’est l’océan, une égale étendue d’eau où le sel se mesurera

puisque les distances changent de ton à la volonté des jambes

je vois partir la silhouette connue des gens

comme si la fonte de leur sculpture s’adaptait à la circonstance

avec leurs paroles mises à l’épreuve de la vérité

Que ferai-je de promesses à l’emporte-pièce dans un présent qui refuse d’attendre le Messie

Ce petit-déjeuner est chaud comme une viennoiserie tirée du four par la planche d’une boulange amenée à table auprès du jus de l’orange laissée à l’arbre

Les derniers prêcheurs sortis de la boîte de Pandor ont perdu ma confiance

gageons que quelque soit la durée du temps qui reste, la voie choisie sera en dehors des embouteillages des hypocrisies d’amour et des promesses de mariage corrompues.

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Niala-Loisobleu.

10 Janvier 2024

MON CACTUS ET SA BARBARIE


MON CACTUS ET SA BARBARIE

Au stade actuel où le monde joue pitoyablement

mon cactus redéploie ma jambe dans l’esprit contraire aux défaites

Comme la rose sans l’épine ne pourrait prétendre à cette incomparable douceur, mon cactus mijote sa figue par l’utérus de la fleur

Ah, Marguerite

comme l’hymne des Beaux-Arts

ronfle gaillard, sans héroîsme, le tuba sorti sur la voie publique

Je laisse les calicots aux fourberies de la politique et me promets , entouré d’un rempart d’amour, de faire de cette exposition la première de mon entrée à mon Panthéon !!!

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Niala-Loisobleu.

9 Janvier 2024