La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les rudérales sont des plantes qui poussent en toute liberté sur les terrains en friche, sur les bords des chemins ou dans la proximité de l’habitat humain. Et telle apparaît la parole poétique de Harry Szpilmann, singulière autant que remarquable par la lucidité dont elle fait preuve et la liberté d’expression qu’elle s’autorise. Le monde des Rudérales se construit en réponse à une attente toujours fragile et indécidable, à l’étonnement face à ce qui se montre, la rencontre du réel, sa morsure. C’est toute la présence de l’expérience sensible qui se trouve mobilisée, cependant que cette profusion du regard se double d’une réflexion sur le livre en train de se faire et les possibilités de l’écriture poétique, sa puissance et sa précarité. Pour autant, aussi attentive soit-elle aux ressorts de la parole et à leur soubassement de silence, la poésie d’Harry Szpilmann n’a rien d’un simple jeu formel. Elle se maintient coûte que coûte sur le fil d’une interrogation inquiète, pointant les désastres approchés par l’image, par l’imaginaire, afin de ramener à soi la matière improbable qui insuffle au poème sa chair et son tracé.
Ce poète ébranle ma sensibilité à tel point qu’aujourd’hui j’ai mis une nouvelle toile en chantier en laissant ma main-gauche le suivre, certain, de trouver de qui vivre dans ce genre de friche
A parcourir les années plates en espérant voir monter les niveaux
il apparaît qu’être le phare pour certains ne guide qu’eux et n’éclaire rien de soi
Aimer son prochain ne devrait avoir de sens qu’en le rendant bien, mais ce n’est pas ainsi que les hommes vivent
Mon idée de la pierre à bâtir en montant à la flèche à partir des fonds-baptismaux en étant absolue s’est cognée la tête au plafond sans sortir toucher les sphères
Avec en plus un foutage de gueule qui a fait rire la foule des fervents de la messe
Ce grand tableau n’a pas eu d’autre but que celui de sortir de l’impasse qu’un rebus désignait pour résidence, mais plutôt de sortir du marécage de cette société pouilleuse qui en créant le mariage pour tous n’a fait que renforcer le divorce entre chacun
Savoir ce que l’on veut sans aucune influence aujourd’hui est has been, l’église est devenue comme les usines, un musée sans patrimoine
Le mécréant que je suis s’en trouve que plus renforcé, ma foi étant à la base sans sectarisme, le pouvoir n’a aucune chance de battre mon idéal
Oui je suis un homme à femme mais d’une seule et sans succursales genre chaînes multinationales
Vu mon âge le parcours raisonné domine Kho Lanta de plusieurs enjambées, sans parler du grand cirque olympique qui va détrousser Paris dans quelques jours. Orgueil dans sa vraie démesure. L’avantage du coeur sur les jambes n’ouvre que la bonne porte de la cathédrale
Adieux courtisans des plaisirs égoïstes , je peins désormais au détail prêt le thême général de mon intime conviction.
A part la tournée du plus grand chapiteau s’installant au gré du paysage parfois changeant, avecses personnages de clowns blancs et Augustes,
Ernesto jamais en reste dans la ménagerie humaine
Au bout du conte passe les trains de nuit qui s’arrêtent sans hasard dans certaines gares où un bagage est sur un banc de la salle d’attente
Il est étonnant de sentir cette parenté de résidence avec la Seine et ce Quai aux Fleurs comme un havre qui protège. Les oiseaux, Prévert a pris garde d’en ouvrir toutes leurs cages et les Beaux-Arts en bons voisins ont redessiné leurs perchoirs à travers le monde
Au départ, dès l’adolescence, la Muse a établi ses quartiers au centre de ma philosophie
dans la Rive Gauche en compagnie de libres-penseurs, autoroute vers l’humanisme qui n’a que l’amour pour concept.
Absolu qui s’est corrigé depuis que Jacqueline est allée jouer avec les anges en se concentrant sur le fond des choses
Le bout se montre 30 ans après la première Immatérialité Bleue
Et mon avenir se détache sans regrets de cette société qui ne se cherche plus, perdue qu’elle est dans sa propre érision
l’idéal étant chose morte
je place le mien à l’abri dans mes villages aux petites maisons blanches, rasséréné par le chemin suivi
Une Muse postée au coeur du bois m’attend
ma Gardienne
source de la fontaine au centre de la grande clairière.
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