BRIBES (XIV)- reprise


BRIBES (XIV)- REPRISE

Poitrine d’une flamme qui tremble au moment où gonfle le jabot je défais le premier bouton

enfle la pensée

prête à l’envol

juste un éclat de tes dents mordra mon attente

tirant des ailes à se sentir serrés

Rassurée ?

La rougeur de ta gorge tient les battants de l’espace à ouvrir, renvoie la jalousie quérir l’ombre saine…

Niala-Loisobleu.

30 Novembre 2018

HAPPE NEZ


HAPPE NEZ

Derrière l’odeur d’un café qui murmure au fond de la salle, à côté du drap qui garde du rêve cette étreinte à tremper en soi, la maison ne prononce pas un mot qui se contredise

Tes dessous ces merveilles gisent sur le tapis sous le chien qui ronfle en rêvant

Chaque chose doit trouver sa place, toi plus qu’une chose que tu n’es pas, offre-moi l’odeur que tu as quand tu lis dans mes mains la couleur qui tord tes hanches

En passant sous la coque j’ai rejoint l’endroit où repose le symbole de l’anémone pour me sentir porté au coeur de ce qui ne fera jamais naufrage.

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Niala-Loisobleu.

16 Novembre 2024

« ESPAÑA » A ANA DE LACALLE – NIALA 14/11/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 65 X 54


« ESPAÑA »

A ANA DE LACALLE

NIALA 14/11/24

ACRYLIQUE S/TOILE 65 X 54

Couleurs

Federico Garcia Lorca

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.
Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.

Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

Federico Garcia Lorca, Chansons sous la lune

LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…(REPRISE)


LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…

(REPRISE)

Je parle d’un temps où dans la rue de Verneuil le cri du rémouleur aiguisait celui du vitrier

le pied poussant la meule

à prendre le bon fil

du savoir comprendre l’intention de l’ô de la pierre au couteau

as de carreau

oeil de perdrix à la vitre trouant le mur

D’une enfance sortie pour traverser les clous d’une guerre à l’autre

j’appris à ne pas savoir écrire la raison avancée pour justifier le pire

d’un Jaurès à Pétain, via Hitler petit papa de Staline

je traversais de Gaulle vers seins j’ai tort x

sans prendre les voies du don ré mit

J’aime pas la guerre au nom de la paix

Sans suffisance au certificat d’études primaires

nos humanités

étaient déjà supérieures à bac+5

de la vraie histoire d’homme

dans une géographie

qui s’remettait des désordres de la chimie des gazés

de la haine apprise à des enfants par du tourisme à Oradour s/ Glane

via les funestes camps de la mort

où le tri pour la « race pure » se faisait au four crématoire

J’ai cru que de c’t’école là on pouvait que sortir visionnaire

et j’ai aperçu un autre monde

Un monde où les jardins ouvriers légumaient l’olivier

« Des eclairs et des révolvers »

Au rythme où l’on éteint les roses

Où l’on assassine la mer

Où la jeunesse est sous hypnose

Et la Vieillesse en Alzheimer

Au rythme où le soleil invente

Sans espoir des millions d’enfants

Qui sont dans des files d’attente

Sur la piste des éléphants.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

On a plus le temps de prédire

Que le pire est devant nos yeux

On n’a presque plus rien à lire

Les vrais livres sont déjà vieux

A peine le temps d’être un homme

Qu’on a vécu plus qu’une vie

Adieu Venise et adieu Rome

On habite tous Pompéi.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Entends, entends le monde implose

ça fait même un sacré boucan

Les gens qu’on aime se nécrosent

Écoute vrombir les volcans

Je ne suis pas un moraliste

Ni un chaman ni un curé

Mais dans la foire aux égoïstes

J’ai vu trop de femmes pleurer.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Bien encastrés dans leur musique

Écoutez les maux demain

Des tsunamis sur l’Atlantique

Amour ne lâche pas ma main

Je te parlerai du Verlaine

Pour mieux accompagner ta peur

Pour mieux désamorcer ta peine

Je glisserai mon cœur dans ton cœur

Y’aura bientôt que des éclairs

Sortis tout chauds des revolvers

Serge Lama

Aujourd’hui on apprend quoi aux enfants ?

Ils font des études poussées à l’inculte

plus ignorants que leurs ancêtres analphabètes

mais imbattables peoplement parlant

au point que si elle en mettait une

ils pourraient acheter une p’tite culotte à Madonna sans s’gourer sur la taille

Ils boivent un désespoir sans fond

trinquant à ‘inaptitude de leurs parents-copains de démagogie

Le con que je suis et que je reste

ne geint pas

ne pleure pas

n’a pas le bobo de cette décadence

Il espère

dans un petit nombre

Il espère car la nature sait faire sa sélection

elle se passe des faux-semblants

tels ces dieux donnés

elle sait ce qu’aujourd’hui veut dire par rapport à hier

antisémitisme par exemple

ça n’a plus rien à voir avec shoah

ça vient que du conflit israélo-palestinien

mais voilà à ne dire que de mauvaises causes

on ne guérit jamais rien…

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Loisobleu

12 Janvier 2014

À FOND LES BALLONS


EGON SCHIELE

À FOND LES BALLONS

Sur le terrain de l’âge, on ne botte pas en touche

sans attendre, on se sert de ses deux mains, heureux de la félicité du présent

Schielle tu m’es conté mon vieil Egon

c’est pas pour aller ramasser les châtaignes

mais pour ne pas te demander quoi tu peux en corps foutre ici

Chaud les marrons !

Si vous avez vieilli ensemble c’est pas pour changer de chambre

laisse l’hôtel des culs tournés essayer d’obtenir une étoile

et ne pense à rien d’autre qu’entretenir le feu en veillant qu’il reste hors des cendres

seules les plus riches demeures abandonnées s’abonnent au décrépi…

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Niala-Loisobleu.

14 Novembre 2024

POINT A LA LIGNE


POINT A LA LIGNE

Dans l’intervalle où la lagune pose un espace pour combler le manque, une barque glisse, juste des cris d’oiseaux pour la tracter. Impression en tâches de couleurs pointillées. Le poussin a grandi. Le renard transporte sa faim. Sur la voie initiale demeurée pure, l’oeuf va éclore prématurément. Il faut un certain temps pour sortir la Merveille de son plan. La buée des étoiles l’aide à constituer sa nappe.

En se penchant sur l’actualité on voit que la commémoration d’armistice n’est pas à jour, tanpis dit un poilu zombie: ils sont tous morts même ceux qui en sont sortis vivants, alors ça aide à préparer d’autres guerres en cours

Passant devant la glace, je m’arrête un instant pour remonter mes chaussettes et découvre la pilosité de ton sexe en lieu et place des mollets chauves du temps, ça me booste comme si j’apprenais que toi et moi, on a l’âge de ne plus vieillir. On partira sans qu’on s’aperçoive que tu avais mis tes seins au creux de mes mains, afin de ne pas dire de mots devenus obsolètes. La mémoire ce n’est pas ce qui reste dans un Livre d’Histoire, c’est ce qui ne tourne jamais la page de notre herbier…

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Niala-Loisobleu.

12 Novembre 2024

DANS LA RUE QUI MONTE A ST-TROJAN


DANS LA RUE QUI MONTE A ST-TROJAN

Son atelier réouvert, NIALA regagne la Chaume, en se confondant à l’herbe verte étonnamment présente pour le mois de Novembre

Trente ans qu’il a fait de ce lieu un urbain peuplé d’oiseaux, de cabanes à huîtres, un marais à sel ne manquant en rien aux devoirs de l’artiste en dénudant le corps de la vie, fesses et ventre rond avec des seins à l’appui, touffe à l’erre

Du soleil vagabond où l’on voit l’espoir de céder ce qui donne raison de vivre à la jeunesse d’aujourd’hui perdue dans le dysfonctionnement des prétendus adultes, sentir que l’envie amoureuse est omniprésente rassure

Je laisse tous les sous-marins se balader entre les cuisses de la mer, avoir le plus gros porte-avion pour martyriser la paix est contraire à la plongée naturelle dans les abysses, avec une pensée vibrante pour le massacre militaire de toutes les guerres

Quand elle aura fini le nettoyage, la terre retrouvera plus d’années à tourner qu’elle en a déjà fait…

.Niala-Loisobleu.

11 Novembre 2024

EDOUARD MUNCH – LE BAISER A LA FENÊTRE


EDOUARD MUNCH

LE BAISER A LA FENÊTRE


Baiser à la fenêtre
 (1892), représentation antérieure du motif du baiser

Edvard Munch (1863-1944) a dû faire face à la maladie physique, à la maladie mentale, à un décès dans la famille, ainsi qu’à un père strict et très religieux. Il a connu la déception en amour et une faible santé, ce qui lui a causé des crises de mélancolie. Il est aussi devenu alcoolique5. Il ne s’est jamais marié6. Cette situation a influencé sa production artistique et les états émotionnels peints. « La plupart des personnages de Munch ne sont pas fous, mais paralysés par des sentiments immenses de chagrin, de jalousie, de désir ou de désespoir que bien des gens ont trouvés choquants en raison de leur érotisme, de leur style cru ou des signes d’instabilité mentale »5.

Munch a traité le thème du baiser d’un couple, tant en peinture qu’en gravure sur bois, dès 1888-1889. Dans ses nombreux traitements de ce thème, il y a un contraste entre l’intérieur et l’extérieur de la salle où se trouve le couple. Le monde extérieur paraît animé, alors que la salle est intemporelle, le couple figé dans son étreinte. Dans la présente peinture, la forme abstraite du couple, dont les visages paraissent avoir fusionné, indique son sentiment d’appartenance et d’intimité1 Dans les versions postérieures du thème, non seulement les visages sont fusionnés, mais aussi les corps7. Ce thème fait partie du cycle de Munch appelé La Frise de la vie, à laquelle il consacra plus de trente ans de carrière. Ce cycle représente les stades d’une relation entre un homme et une femme et fait partie de ce que Munch appelait « la bataille entre l’homme et la femme que l’on appelle l’amour »8 ; il comprend la représentation d’attractions, de réalisations et de déceptions.

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Sur le milieu des nuits, je me réveille les deux mains sur la poignée des portes de ton corps

le mollet aussi raide que mon bas de ventre

Je pense aux roseaux de l’étang qui borde mon rivage, ils ne plient pas dans les vents d’orage, alors que l’eau en rage dévale en emportant tout sur son passage

et accroché au radeau de tes seins-papyrus j’écris en mot- peints que l’histoire est autrement plus réelle que la venue prochaine du Messie

Ton aisne dénouée de ces hernies du quotidien me livre alors les secousses du grand 8 de tes reins dans la lumière jaillissante de ton refus de mourir par abstinence

L’orgasme d’un certain silence confond l’harangue du bonimenteur en le châtrant d’un coup de dents.

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Niala-Loisobleu.

9 Novembre 2024