« LA FENÊTRE IMPATIENTE » – NIALA 2025 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« LA FENÊTRE IMPATIENTE »

NIALA 2025

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

A la croisée des petits-bois

flotte

d’inquiétantes montées des eaux

Les anémones

en alarme resserrent

la moindre venelle

persuadées que derrière l’effroyable

reste une partie du corps

de garde

qui pourrait être cette touffe de poils

que la peinture intemporelle

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Niala-Loisobleu.

29 Janvier 2025

PRATIQUE DE DÉSEMBUEMENT


PRATIQUE DE DÉSEMBUEMENT

Comme un chien à l’arrêt

la truffe sort prendre l’air sans rien dire

c’est vrai qu’on voit mieux en l’air, les yeux debouts

Tout cours d’eau commence au bout de la baguette du sourcier

voilà qui incite à penser que chaman ça mérite d’être mieux considéré

La première étoile qui s’est penchée vers le sol n’a rien caché de son dessein

ça n’a été qu’une grande feuille blanche dans laquelle l’enfant n’a pas voulu garder la nuit

et plus je vieillis, plus ce brouillon surgit au moment où je m’apprête à peindre

c’est comme assez de glèbe sous les rochers pour un brin d’herbe

Dans toute construction, l’intemporel apporte un soin particulier à réaliser sa charpente.

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Niala-Loisobleu.

28 Janvier 2025

DE PLAIN PIED C’EST JAUNE


DE PLAIN PIED C’EST JAUNE

Au denier étage

une chambre de bonne vide

vite, on dégage le couloir

les deux pieds dans le cambouis

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je me suis souvenu de la gare de l’Est

on m’y fit arriver du côté Départs

ainsi tout commence quand quelque chose fini

je comprends ce qui me grouille dans la main-gauche

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Du sein à la fenêtre

il n’y a qu’un pas

autant j’aurais mis de maisons

que je pourrais dire n’être pas venu pour rien

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Niala-Loisobleu.

27 Janvier 2025

SELON L’ETIAGE


SELON L’ÉTIAGE

 » Tu te lèves, l’eau se déplie

Tu te couches, l’eau s’épanouit « 

Paul Eluard

A son stade, mon long fleuve montre le gros de son dos de face

tous confluents parsemés en nuitées ici et là

Reggiani

chante le Temps qui reste en laissant les mouettes

aller et venir dans le sens du courant

depuis les arbrisseaux d’un verger

aux vieux chênes enracinés à Brocéliande

les maisons blanches n’ont pas cessé de s’étreindre

C’est toujours une fenêtre allumée dans la transhumance du vide

qui sert d’embarcadère pour exécuter l’échange de l’étiage de la bouteille

m’a instruit Grindel, à la porte de l’école communale de la rue des Saints-Pères

Grand-Mère Marthe faisait les cuivres de la rampe d’escalier de la rue de Verneuil, mon père les formait de ses marteaux en sculptures solides

Et me voilà, en bout de piste du Jeu de l’Oie Universel, plus de gain en boucles d’oreilles que de pertes en cours du chemin des Cerises, sans la moindre envie de volte-face.

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Niala-Loisobleu.

27 Janvier 2025

PARIS, en avant arches


PARIS, EN AVANT ARCHES !

D’une torsion, ma rive-gauche

remonte ses berges

plus haut que la cuisse

d’où ma jeunesse a lancé

ses années à tangoter

d’une impudique passion

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Niala-Loisobleu.

26 Janvier 2025

DU FOND DE MES POCHES


DU FOND DE MES POCHES

Cette Seine serait capable à elle-seule, de remplir des pages entières de vie trépidante. A tel point je me trouve coi face à ces jours vides qui se font passer pour des évènements marquants sur les réseaux sociaux bredouilleurs. Obligé de me fouiller pour ne pas végéter dans le faux-semblant du n’importe quoi. Les gens ont perdu jusqu’au minimum de l’instruction avec des bâtonnets

J’ai mis en route un nouveau site pour donner à mon fils Patrice, une idée de ma peinture des années où, séparés par leur mère. il n’avait pas d’idée vraie de ce que je pouvais être.

https://www.galerie-com.com/artiste/a-niala/33747/

Je dois dire que cette ablation totale a été sans que je le sache en ces années-là , une formation magistrale pour apprendre à vivre beaucoup plus loin. Jusqu’au néant général qui sévit à présent.

Étant donné que je ne suis autorisé qu’à ajouter 3 oeuvres par jour, ça va demander un sacré temps vu ce que j’ai peint depuis cinquante ans passés…

Mais pour lui, c’est le seul moyen de trouver quoi faire de mes tableaux quand je serais parti rejoindre les oiseaux. Cela lui permettra de montrer à ses deux frères un endroit pour choisir. Sans exclure le grand nombre de petits-enfants qu’ils m’ont laissé

Le legs important que j’avais prévu de faire à la Ville de Cognac, ayant avorté contre mon gré

Entre le besoin de continuer à peindre et ce vide-poches, je me réjouis d’avoir du soleil en vue dans la glaciation du paysage qu’on nous impose et que je refuse.

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Niala-Loisobleu.

25 Janvier 2025

MON PETIT, FAUT QUE JE TE DISE


MON PETIT, FAUT QUE JE TE DISE

Tout dégoutte. Ces morceaux de ciels déchirés qui pendent. On dirait une paire de joyeuses sorties du slip par des espoirs contrariés. Le tant du salut des copains s’éloigne. Jojo à parler d’amour avec sa gueule qu’il a, c’est davantage noir-noir que mibraillette zip youp lala. Trop c’est toujours trop. Au fil du temps ça vieillit pas d’un poil. Voilà un effet du genre humain qui lui colle à l’appeau depuis que l’Hommea plus voulu marcher à quat’pattes.

Le vieux chien que je suis en a reçu trop d coups de pieds au cul, que pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes faut lui donner autre chose qu’une promesse. Oh bord d’ailes, l’oiso des marais, volatile sauf de convictions, nicheur de ce qui se passe au sein nourricier du soutien-gorge débretellé, prince de crabe à l’étrille, évent des globes, en a la nausée des bonimenteurs du bonneteau qui se promènent sur le marché avec leurs barons en partouze. On crève de tout. Et pas qu’un pneu mon colon. Pourtant, c’est lamentable, j’peux pas cacher mon insatisfaction tirée de ce marasme.

J’suis plus résident à mon Paname. Là où j’vis j’peux en corps rouler. Non bloqué par les auteurs du crime contre la nature qui, non seulement pas gênés de mentir, viennent festoyer à nos frais. Mon Amour, ma Vie, ô mon amour donne-moi mon peint quotidien, approche que je me libère à te boire comme un bébé qu’on aurait programmé volontairement pour maintenir la chaîne.

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Niala-Loisobleu.

25 Janvier 2025

FUITE DES ODEURS DU REGARD


FUITE DES ODEURS DU REGARD

Cette sensation qui dans mes chais s’installe

au brûlage des douelles me dévore le fond de l’oeil

comme de l’acide qui rampe goutte à goutte dans un serpentin entartré

J’ai lancé ma main pour me retenir à tes courbes, corps de ma vie

mais le vent plie la couleur sur la langue bien avant qu’elle sorte vers sa hauteur

Le poids des seins m’a toujours flotté jusqu’au franchissement des bouées, tête hors de l’eau

alors comment pourrais-je comprendre que ton bas du dos n’est plus le point de départ pour monter au jardin suspendu ?

Si je perds la vue, à quoi bon prendre rendez-vous au miroir pour réclamer le dû du combat pour continuer à rêver ?

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Niala-Loisobleu.

24 Janvier 2025