Sous ton panama


Sous ton panama

j’ai bu têtue ta joie simple

toute occupée à me murmurer

à l’échelle des mots peu communs

que le temps immobile faisait monter

à mes yeux mordus de cils lourds

Sous ton panama

j’ai croqué les songes à vif

que tu me pelais pour maintenir

disais-tu à flot égal ce qui fuyait

et m’altérait le visage

Douce-amère disais-tu encore

la beauté survit au carnage

Et sur le plan des possibles

à carreaux blancs et rouges

tu étalais les fruits fraîchement

cueillis d’une saison revenue

et quelques branchages secoués

d’or et de rires

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


Voici ma contribution à ce numéro 13 de l’Epoque 2020: EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI

L’EPOQUE 2020/1’EX-VOTO : JE T’AIME; TAIS-TOI
Niala
Acrylique s/toile 81×65




Tais-toi
Je t’aime voici
L’ex-voto de la glace
Et du feu Vois
Comme tout s’attire
Et tout se repousse
Comme tout tremble
Malgré les innombrables
Manières d’exister
Comme tout tient ensemble
Voici mon improbable scène
La lune rousse étire son corps valeureux
Dans la vanité bue soupire
L’allégorie de tes seins
Tais-toi dans la forme même de l’écrire
Et dans le lien
Sur les sentiers de contre hallage
Passe la caravane de la beauté
Qui fleurit
Bleue l’utopie
De ceux qui se vouent
Au silence du langage
A la sereine violence de la vie

Barbara Auzou.

ANNEAU


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ANNEAU

Le châssis monte au chevalet, nu d’isolement
Cueillant du lin au jardin
J’entends la couleur de bleu
Les yeux de

Sally
Sont toujours présents
Inaltérable pierre de lune
Niala-Loisobleu – 21 Avril 2020

SEL D’EAU DOUCE


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SEL D’EAU DOUCE

Dans le noir où se montrent seuls les pas connus, le peu de jour qui lève est balancé au bout de la potence du cadran

Vent violent et tiède d’un orage venant de loin, mais encore décidé.

Le café chaud en frissonne dans la tasse. Quand il s’en est pris à tes cheveux j’ai senti ta peau nouer son bonnet à poil.

Quand je vais tondre le jardin de derrière je garderai la plus haute herbe dans son odeur intégrale. Les oiseaux dépêchés te la donneront à tremper comme du peint. Elle sentait fort la Charente quand je suis rentré, la moiteur de ce moment, la sort du lit. J’ai du rêver un départ en gabarre, quand j’ai ouvert l’oeil j’ai vu que j’étais amarré au coeur de l’estuaire.

Un bon Dimanche au bord de l’eau, Ma, ça dense joyeux comme un macareux déjà debout sur la pointe du rocher. Il se sent bien d’avoir posté son vol.

Niala-Loisobleu – 13/10/19