LES CORNICHES DE L’HISTOIRE


LES CORNICHES DE L’HISTOIRE

A coeur de jungle

le train s’accroche

nous roulons ensemble

assis dans ce souvenir jaune qui garde Boudha

allongé dans une forme de sourire de pierre qui dépasse le vide

C’est long le Sulawesi à remonter la Plaine des Temples

du pays Toraja aux îles Toggian

des enfants morts nés suspendus dans des sacs au sommet des arbres

Pendant que tu m’attendais devant la maison-mortuaire en forme de bateau, du village

j’ai suivi la veuve à l’intérieur de son voyage, précoce initiation

Animaliste recueillement qui me conduit aujourd’hui, vers mes 91 ans avec toi, Jacqueline…

.

Niala-Loisobleu.

17 Novembre 2024

ROSALIA – alfonsina y el mar (mercedes sosa)


Alfonsina y el mar

Chanson de Mercedes Sosa

À travers le sable doux
Por la blanda arena

qui lèche la mer
Que lame el mar

Ta petite empreinte
Su pequeña huella

Ne revient plus
No vuelve más

Un chemin solitaire
Un sendero solo

Le chagrin et le silence sont venus
De pena y silencio llegó

à l’eau
Hasta el agua

profond
Profunda

Et un chemin seulement de chagrins silencieux est arrivé
Y un sendero solo de penas mudas llegó

à la mousse
Hasta la espuma

Dieu sait quelle angoisse t’a accompagné
Sabe Dios qué angustia te acompañó

Quelles vieilles douleurs ta voix a fait taire
Qué dolores viejos calló tu voz

S’allonger bercé par le chant du
Para recostarte arrullada en el canto de las

coquillages
Caracolas marinas

La chanson qui chante au fond sombre de la mer
La canción que canta en el fondo oscuro del mar

La conque
La caracola

Tu quittes Alfonsina avec ta solitude
Te vas Alfonsina con tu soledad

Quels nouveaux poèmes êtes-vous allé chercher ?
¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar?

Une ancienne voix de vent et de sel
Una voz antigua de viento y de sal

Cela brise ton âme et la prend
Te requiebra el alma y la está llevando

Et tu y vas comme dans les rêves
Y te vas hacia allá como en sueños

Endormie, Alfonsina, habillée comme la mer
Dormida, Alfonsina, vestida de mar

Cinq petites sirènes vous emmèneront
Cinco sirenitas te llevarán

Sur les sentiers d’algues et de coraux
Por caminos de algas y de coral

Et les hippocampes phosphorescents
Y fosforescentes caballos marinos harán

Une ronde à vos côtés
Una ronda a tu lado

Et les habitants de l’eau vont jouer
Y los habitantes del agua van a jugar

Bientôt à tes côtés
Pronto a tu lado

Baisse un peu plus la lampe pour moi
Bájame la lámpara un poco más

Laisse-moi dormir, infirmière, en paix
Déjame que duerma, nodriza, en paz

Et s’il appelle, ne lui dis pas que je suis là.
Y si llama él no le digas que estoy

Dis-lui qu’Alfonsina ne reviendra pas
Dile que Alfonsina no vuelve

Et s’il appelle, ne lui dis jamais que je suis là.
Y si llama él no le digas nunca que estoy

Dis que je suis parti
Di que me he ido

Tu quittes Alfonsina avec ta solitude
Te vas Alfonsina con tu soledad

Quels nouveaux poèmes êtes-vous allé chercher ?
¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar?

Une ancienne voix de vent et de sel
Una voz antigua de viento y de sal

Cela brise ton âme et la prend
Te requiebra el alma y la está llevando

Et tu y vas comme dans les rêves
Y te vas hacia allá como en sueños

Endormie, Alfonsina, habillée comme la mer
Dormida, Alfonsina, vestida de mar

HAPPE NEZ


HAPPE NEZ

Derrière l’odeur d’un café qui murmure au fond de la salle, à côté du drap qui garde du rêve cette étreinte à tremper en soi, la maison ne prononce pas un mot qui se contredise

Tes dessous ces merveilles gisent sur le tapis sous le chien qui ronfle en rêvant

Chaque chose doit trouver sa place, toi plus qu’une chose que tu n’es pas, offre-moi l’odeur que tu as quand tu lis dans mes mains la couleur qui tord tes hanches

En passant sous la coque j’ai rejoint l’endroit où repose le symbole de l’anémone pour me sentir porté au coeur de ce qui ne fera jamais naufrage.

.

Niala-Loisobleu.

16 Novembre 2024

Le Crépuscule Rose Caresse les Femmes et les Oiseaux – Constellation


par André Breton

NIALA

Le Crépuscule Rose

Caresse les Femmes et les Oiseaux – Constellation

par André Breton

Le sorbier entre dans la lyre ou bien la lyre dans le sorbier.
Vous pouvez fuir, les belles, la poursuite ne sera pas longue!
Le souffle des chevaux lacère d’un nuage les vestes des piqueurs et les disperse comme il ne peut advenir qu’à l’approche du
Grand
Veneur en personne.
Vous n’arriverez pas jusqu’à la grille…

C’était bien la peine, votre gorge est un flot de bouvreuils.
Saviez-vous qu’à la cathédrale de
Sens on montra des grelots de vermeil dont le rôle fut de tinter aux franges d’une étole et d’un manipule?

André Breton

LES YEUX A FOUILLE


LES YEUX A FOUILLE

Le bleu se voulant boule

la main cherche à s’y éclairer

que devenons-nous sous le titre de république ?

Ses trois mots sont réfractaires à leur symbolique

nous allons droit au mode goulag politique d’allure stalinienne

Gare à toi si tu fais peur d’être élu à la prochaine, Trump-toi pas de régime

Ce bruit de bottes me dit quelque chose

il me rappelle les Colonels D’Amérique du Sud

Costa-Gavras dis-moi, es-tu toujours disponible ?

.

Niala-Loisobleu.

15 Novembre 2024

« ESPAÑA » A ANA DE LACALLE – NIALA 14/11/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 65 X 54


« ESPAÑA »

A ANA DE LACALLE

NIALA 14/11/24

ACRYLIQUE S/TOILE 65 X 54

Couleurs

Federico Garcia Lorca

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.
Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.

Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

Federico Garcia Lorca, Chansons sous la lune

LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…(REPRISE)


LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…

(REPRISE)

Je parle d’un temps où dans la rue de Verneuil le cri du rémouleur aiguisait celui du vitrier

le pied poussant la meule

à prendre le bon fil

du savoir comprendre l’intention de l’ô de la pierre au couteau

as de carreau

oeil de perdrix à la vitre trouant le mur

D’une enfance sortie pour traverser les clous d’une guerre à l’autre

j’appris à ne pas savoir écrire la raison avancée pour justifier le pire

d’un Jaurès à Pétain, via Hitler petit papa de Staline

je traversais de Gaulle vers seins j’ai tort x

sans prendre les voies du don ré mit

J’aime pas la guerre au nom de la paix

Sans suffisance au certificat d’études primaires

nos humanités

étaient déjà supérieures à bac+5

de la vraie histoire d’homme

dans une géographie

qui s’remettait des désordres de la chimie des gazés

de la haine apprise à des enfants par du tourisme à Oradour s/ Glane

via les funestes camps de la mort

où le tri pour la « race pure » se faisait au four crématoire

J’ai cru que de c’t’école là on pouvait que sortir visionnaire

et j’ai aperçu un autre monde

Un monde où les jardins ouvriers légumaient l’olivier

« Des eclairs et des révolvers »

Au rythme où l’on éteint les roses

Où l’on assassine la mer

Où la jeunesse est sous hypnose

Et la Vieillesse en Alzheimer

Au rythme où le soleil invente

Sans espoir des millions d’enfants

Qui sont dans des files d’attente

Sur la piste des éléphants.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

On a plus le temps de prédire

Que le pire est devant nos yeux

On n’a presque plus rien à lire

Les vrais livres sont déjà vieux

A peine le temps d’être un homme

Qu’on a vécu plus qu’une vie

Adieu Venise et adieu Rome

On habite tous Pompéi.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Entends, entends le monde implose

ça fait même un sacré boucan

Les gens qu’on aime se nécrosent

Écoute vrombir les volcans

Je ne suis pas un moraliste

Ni un chaman ni un curé

Mais dans la foire aux égoïstes

J’ai vu trop de femmes pleurer.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Bien encastrés dans leur musique

Écoutez les maux demain

Des tsunamis sur l’Atlantique

Amour ne lâche pas ma main

Je te parlerai du Verlaine

Pour mieux accompagner ta peur

Pour mieux désamorcer ta peine

Je glisserai mon cœur dans ton cœur

Y’aura bientôt que des éclairs

Sortis tout chauds des revolvers

Serge Lama

Aujourd’hui on apprend quoi aux enfants ?

Ils font des études poussées à l’inculte

plus ignorants que leurs ancêtres analphabètes

mais imbattables peoplement parlant

au point que si elle en mettait une

ils pourraient acheter une p’tite culotte à Madonna sans s’gourer sur la taille

Ils boivent un désespoir sans fond

trinquant à ‘inaptitude de leurs parents-copains de démagogie

Le con que je suis et que je reste

ne geint pas

ne pleure pas

n’a pas le bobo de cette décadence

Il espère

dans un petit nombre

Il espère car la nature sait faire sa sélection

elle se passe des faux-semblants

tels ces dieux donnés

elle sait ce qu’aujourd’hui veut dire par rapport à hier

antisémitisme par exemple

ça n’a plus rien à voir avec shoah

ça vient que du conflit israélo-palestinien

mais voilà à ne dire que de mauvaises causes

on ne guérit jamais rien…

.

Loisobleu

12 Janvier 2014

À FOND LES BALLONS


EGON SCHIELE

À FOND LES BALLONS

Sur le terrain de l’âge, on ne botte pas en touche

sans attendre, on se sert de ses deux mains, heureux de la félicité du présent

Schielle tu m’es conté mon vieil Egon

c’est pas pour aller ramasser les châtaignes

mais pour ne pas te demander quoi tu peux en corps foutre ici

Chaud les marrons !

Si vous avez vieilli ensemble c’est pas pour changer de chambre

laisse l’hôtel des culs tournés essayer d’obtenir une étoile

et ne pense à rien d’autre qu’entretenir le feu en veillant qu’il reste hors des cendres

seules les plus riches demeures abandonnées s’abonnent au décrépi…

..

Niala-Loisobleu.

14 Novembre 2024