LA LEÇON DE CHOSES


LA LEÇON DE CHOSES

Des années durant, à chercher les disparitions non résolues, ramènent toujours sur les lieux de la dernière trace laissée

je me souviens de cette chanson qui passait par le Triangle des Bermudes sans qu’on la voit ressortir

et creusant les abysses, on écope le fond de l’épave à la recherche de vestiges propres à expliquer le naufrage

La voix haute je lis et relis

puis notifie l’impression ressentie d’un commentaire avant de passer à table

Seuls les glaciers fondent, car en enfonçant le piolet, je ne trouve rien de mon écrit, les mots ont fondu de neige au soleil imaginé

Les remontées de plongée pour renflouer l’Époque boivent tant de tasses que les Ponts-et-Chaussées suppriment le pont comme le Mont-St-Michel coupe l’accès quand la marée haute arrive aussi vite qu’un cheval emballé

L’homme revient en pèlerinage sur la jetée, non comme on vient mettre des fleurs à la Toussaint, pour calmer ses remords

Juste pour réchauffer son coeur, tel un ex-voto suspendu aux poutres de la Chapelle des disparus en mer

Il repart à cheval vers l’énergie qui tient sans mourir, non-coupable d’avoir cru à l’impossible étoile…

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Niala-Loisobleu.

3 Décembre 2024

PERDRE LES ZOOS


PERDRE LES ZOOS

La banane de l’épi est rebelle aux prétendus-ponts, fussent-ils de singes

du saut des lianes aucune Jane ne sourit a Tarzan

J’ai vécu la discorde sous les pires facettes du venin

Nous voici acculés dans la voie sans issue ouverte par les Mitterand, Hollande et Macron, alors que je sors de mon impasse autrement jeune à la fin qu’au début

Cela tient d’une part au dédain que j’ai toujours eu pour l’égocentrisme et d’autre part pour avoir choisi ma main gauche comme pilote

Aussi je ne crois pas à la disparition des races, mais à la sélection naturelle sauvage

C’est en pensant à toi, Ma , que j’écris ça étant donné ce que nous partageons de Beau dans cette laideur

Le soleil c’est accepter la troisième dimension à la place du meilleur endroit pour bronzer…

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Niala-Loisobleu.

25 Novembre 2024

CASSER LA GLACE ET FRANCHIR LES NEIGES


CASSER LA GLACE

ET

FRANCHIR LES NEIGES

La vie et ses transhumances intestinales s’expriment en flatulences tueuses selon le choix du tireur et de sa cible

Trop d’années m’ont imposé un choix contraire sans pouvoir inverser la musicalité du pet

Les boyaux tordus, il faut repartir à l’assaut, comme me disait mon grand-père en me disant l’horreur de son expérience des tranchées

D’un père qui me donna de quoi passer les allégations mensongères de la main gauche, j’ai pris un pinceau pour épée, et ai monté la tour sans souci du sens de l’escalier

Avoir appris de mon fils Patrice, cette malédiction chrétienne, le jour de mes 91 ans, a éclairé le bien-fondé de la résistance d’une enfance qui ainsi s’est ouvert sa sortie de secours du monde du pouvoir du plus fort

Je suis attaché au symbole, cette découverte aura été mon plus beau cadeau d’anniversaire

Au point que ce matin je vois au-delà des caprices du vent d’une mère abusive, complètement désinhibé du jugement accroché au cul d’un ténia qui se nourrit de vous

je lève donc la main-gauche sans jurer

simplement pour me rendre à l’atelier sans modération pour faire ma toilette avec ce Savon Bleu,

ce Juste qui sait ce dont ma peau a besoin, qui elle aime en dehors des griefs de la distance, fidèle au gabarit de ses seins et à la riche verdeur de son herbe.

.Niala-Loisobleu.

25 Novembre 2024

AL’TTITUDE OU LA ROSEUR PASSANTE



AL’TTITUDE OU LA ROSEUR PASSANTE


A ce bout de sieste, un regard s’élève à l’altitude supérieure où la clarté à son siège,

du point de départ à l’arrivée

Pourtant en matière d’amour (de mari comme de père ou beau-père) ce qu’on en a dit a plus terni sa mémoire que glorifier l’étoile

À la butée, qu’en est île ?

La proche rencontre des cendres s’annonce incontournable

en dépit des attentes

enfer trop ou pas assez

Ce que j’en pense ?

La vie, c’est comme la peinture, quelque soit ton style, ça demeure plus incompris que compris

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Niala-Loisobleu.

20 Novembre 2024

LE CHEVAL ET LES CURIES


LE CHEVAL ET LES CURIES

Le vent fouette au point qu’un avis de tempête est à l’ordre du jour sur les sentiers de Haute-Corse clament les G.R.

Agrippées aux rochers de Roccapina, les cigales martèlent leurs crampons pour parer à toutes formes de glissades

Tourné vers ma glace, je vois bien que cela fait plusieurs jours que je n’ai pas peint

Novembre, lui, sait qu’il y est pour quelque chose. Un temps de respiration est toujours nécessaire pour aider à franchir

Franchir quoi, ironise le quotidien, incapable de se sortir de ses attitudes narcissiques

Voilà bien ce qui fait l’occupation principale d’une vie nulle à chier, dit un vieil enseignant ayant aujourd’hui cessé de faire Gardien de Troupeau, les paysans en savent quelque chose

Demain tient tout entier dans aujourd’hui, si je n’ai pas rentré le cheval à l’écurie, c’est en voyant les pendules faire descendre le jour avant l’heur

Plus que quatre jours et je raccouche comme si de rien n’était

Au milieu de tout ce qui s’est passé, la valise est prête à repartir, sans établir de durée du séjour

Et sans changer la réservation de la chambre dans laquelle nous n’avons pas fait que dormir

La vie ne dure que l’espace de son option, ça n’est pas de faire centenaire qui motive, mais d’être toujours l’enfant qui fait du bleu sa seule raison d’être, les cimetières ont toujours eu la porte ouverte

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Niala-Loisobleu.

20 Novembre 2024

L’ONGLE AUX CORDES


L’ONGLE AUX CORDES

A l’écaille de mes nages, la nageoire appuie sur l’aviron sans disperser les anémones des cheminées. La lime redonne à la coquille un goût relevé qui détartre à décoller les genoux pour gagner la fontaine qui, dans la clairière d’un mercredi prolongé toute la semaine, offre sa tournée. Sous la banne d’un chapiteau, j’aperçois le tant sans culotte. Ma révolution. Et l’instrument accorde au tempo des pieds, un claquement de mains sur le fessier qui tarde à rejoindre la chaise musicale. Les seins se penchent à la fenêtre d’un décolleté sous l’oeil d’un glissement de bretelle. Ne pensez pas que je n’ai plus l’âge de monter les meules. Quand il pleut, ma Bergère plonge du haut du tremplin dans l’ovation des marguerites. Sans compter, alors les nuits s’éclairent. Le train siffle, plus les serpents. Du sable qui dune, on voit aussi loin qu’en haut du phare, partir la caravane de la pointe de l’Espérance. Du menton aux pattes d’oreilles, je ne laisse plus la barbe n’en faire qu’à sa tête et enlève la noirceur des ongles, pour élargir les lunules au parcours de ton derme. La dernière fois que tu as dit mon nom, fut le palliatif à ton décès. Ne sois pas inquiète, je vais retourner à peindre. J’ai comme ça besoin d’un temps d’arrêt pour avaler.

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Niala-Loisobleu.

19 Novembre 2024

FIL DU COURANT


FIL DU COURANT

S’ajoutant à la signification des reflets, les feuilles qui glissent à dos de rivière portent le lien invisible

Ce cheval qui ne sort qu’avec l’oiseau pour guide, porte sous sa selle l’ensemble des pas équins à cru

L’acharnement du vent sur les étocs n’est en fait que le kaléidoscope qui adapte aussi bien le rapprochement des distances que la nuance des reliefs

A l’échelle, l’accès inaccessible répartit ses postes de relais de chevaux, d’aucuns l’appellent le Chemin de St-Jacques, d’autres le Passe-Montagne, mais tous font les mêmes gestes pour tenir bon la corde en rappel

La nudité qui règne en intégralité, empêche toutes formes de déception des mains. Leur dessein monte comme une tige pour remplir le vide

Les jarres, ces seins qu’Ulysse a conduit sans s’arrêter aux Gorgones, écrasent la douleur par l’assurance de Pénélope au Centre du Voyage, l’a en quelqu sorte, rendu androgyne.

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Niala-Loisobleu.

19 Novembre 2024

LA NUIT TOMBE SUR LE JOUR


LA NUIT TOMBE SUR LE JOUR

Butant au trottoir de la journée pas finie

on ira au bout à l’électricité

sans voir dans les recoins

et sans serrer la main du présent autrement que dans un tiroir

  • Comment vont tes jambes ?
  • Je saute d’un tabouret au nuage sans choisir
  • C’est mieux que d’attendre d’être présenté à l’Arlésienne, comme me disait pas plus tard qu’hier un agriculteur croisé dans le désert

Je ne sortirai de ma maison que pour y faire rentrer une belle histoire pour m’endormiravec toi

reste dans mon lit et parle, j’ai déjà enfourché ce cheval de bois qui ne manège aucun éclat de rire

maintenant que le Festival rentre dans les mémoires avec succès, je pense que je laisserai ma main ramasser un bout de charbon de bois pour écrire sur un mur de ma caverne

comme quand tu te tais et que je peux commencer à cueillir les fleurs de ta nuisette.

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Niala-Loisobleu.

18 Novembre 2024