MURMURES DE L’ATELIER


MURMURES DE L’ATELIER

J’ai eu plusieurs ateliers durant ma carrière

tous ont eu la main sûre pour faire le portrait de leur Époque

Les peurs du premier ouvert durant la Seconde Guerre mondiale

ont défini l’orientation observatrice qui a caractérisé tous les autres

L’écran plat d’aujourd’hui succède à des périodes intensément fortes

ça glace le dos de voir comme la chute est vertigineuse

L’Homme a renié petit à petit, mais sûrement, ses valeurs humanistes

l’amour n’est plus un sentiment mais un moyen parmi d’autres pour parvenir à des fins égocentriques

Quelle décadence, tout est tourné en Divine Comédie

Je ne peux pas davantage compatir à cette déchéance qu’y souscrire

Il n’y a pas d’autre solution que gagner le plus haut sommet de la montagne

Salut Nietzsche

t’en sais quelque chose, on ne peut pas refaire le monde, mais on peut faire en sorte de garder son soleil dans son entière authenticité productrice

C’est ça que j’appelle mon

BLEU

et sans besoin de faire la guerre à tout propos en jurant n’être pas raciste

Mon envie présente, se tourne vers un nouveau fonctionnement internet

qui ignorerait l’usage hypocrite du like en le remplaçant par la transfusion du partage de ressenti à partir de la lecture réelle menant à l’échange sans flagornerie.

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Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2025

QUOI QU’IL SE PASSE, L’AMOUR SURVIVRA APRES SA MUE


QUOI QU’IL SE PASSE

L’AMOUR SURVIVRA APRES SA MUE

La salle à manger fait une sieste entre deux repas. La tête à l’envers, nuque calée aux creux des paumes, les yeux vont et viennent, derrière le rideau tiré des paupières. Dans un angle, la salamandre ronfle. Tous micas allumés. On allait chez le droguiste chercher des lunettes de rechange pour l’appareil de chauffage. Avec les ciseaux, on taillait les carreaux du minéral dont les couches superposées me faisaient toujours penser aux écailles qui brillent dans l’oeil des poissons, juste avant qu’ils décident de sauter hors eau pour une gorgée d’air. J’aime bien quand le poisson est au volant. Note que je suis aussi en extase quand il faufile son fuselage entre les courants.

Oui, ce moment où l’usage qui a été donné aux choses s’efface pour qu’un autre univers ouvert commence. Sans imposition particulière. Le moment naturel, voilà, c’est ça. Pas de désir orientant la pensée, un no man s’land à distance des octrois avec lesquels il faudra, d’une manière ou une autre, montrer ses papiers. Quelque chose est arrivé. Un événement est à la base de la présence hors de la nappe, des chaises, du bruit des fourchettes et des bouches, des exclamations que l’alcool toaste. Me voilà en fait en salle à me digérer moi.

Quelque chose qu’on a dans le fond d’un creux, en fait vide, est habité. La vie en se glissant à l’intérieur a fait un remue-ménage qui le fait tanguer. En marchant dans le désert, la nuit, le soleil au repos au lit des étoiles, tu peux voir loin. Les images se sont arrêtées de danser dans le falot trouble de la chaleur. Tu digères un vide que les mirages fantasment. Les dunes ondulant des hanches te conduisent aux portes des gynécées. Un endroit à naître.

Impossible de voir, il faut toucher la vibration unique du silence. La Beauté dans toute sa forme, s’ouvre à tes yeux. Et tu vois de mieux en mieux en les fermant. La matière s’est liquéfiée sans qu’on sache comment. Pas un néon à l’horizon, là pour racoler. Non t’es tout seul devant un Tout qui fait pas l’article. Pas de mise en scène qui t’emballe en trois coups les gros, bolduc échevelé, dans un mythe pair nono. Pas la moindre bouteille échouée d’une expédition lointaine, évangéliseuse, le truc genre génie au fond du ventre. Tapi, prêt à te jaillir la promesse sous condition. Non, merde j’t’l’ais déjà dit, rien qui s’cache derrière une élection

Au contraire tu vois c’que t’osais plus croire, atteint de découragement.

Mes tableaux sont partis avec la dernière marée, un bruit de nouvelle couleur frappe du pinceau. Comment s’appelle-t-elle ? Mais est-ce justement besoin de lui donner un nom. Quand un bruit se manifeste, il faut d’abord démêler les directions qu’il a suivi. Peut-être qu’alors, l’origine des bruissements qui t’assiègent seront identifiables

Je sens l’chameau fraîchement tondu, on voit les cicatrices qui font la bonne peau des yourtes. Puis un voile blanc sur les dents noires des cavaliers, emballe le galop fou des chevaux. Un passage coupe l’obstacle en deux. Les flancs de la montagne couverte de l’écume du jour, s’ouvriront-ils à deux mains?

Il y a l’idée de vouloir, et la volonté de le faire sans être entré dans le faux-chemin. Une même sonorité atteint différentes oreilles.

Je nous sortirais du mal ambiant qui nous plaque au silence de sa boule puante. Quoi qu’il se passe mon l’Amour survivra après sa mue.

Niala-Loisobleu.

12 Janvier 2025

TRAITS EN CORPS SOMNOLENTS


TRAITS ENCORE SOMNOLENTS

Un pied au fond du lit, l’autre sur la carpette

l’horizon se confond dans le déroulement de l’espace mort

J’ai rêvé plus que la vie pour sentir le plaisir de nager satisfait

Fleurir le cerisier en plein hiver

répond au besoin d’avoir des boucles d’oreilles autour du lobe, plutôt qu’un bouchon dans la trompe d’Eustache

me serai-je trompé d’étage en voyant tous ces cageots vides sur l’étal du fruitier ?

En amour, il y a ceux qui sautent sur tout ce qui passe et ceux qui s’arrêtent pour savourer

Tout l’égout est dans la nature humaine

Une maison sur la plage ça pourrait n’être que le château du jeu de l’enfance, mais habiter une cabane dans son arbre, ça traverse mieux de la rive à l’autre.

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Niala-Loisobleu.

12 Janvier 2025

BATEAUX À LOUER (REPRISE)


BATEAUX A LOUER !

Jeannot, Eric, Christian, où êtes-vous ? Nos maternelles se sont sevrées d’elle m’aime, c’est le plat du jour que la cantine met à la carte. Riboudingue à pieds entre le Louvre et Elysées-Montmartre.Nous y voilà au pavé, puty c’est que ça cogne dans la poitrine quand la java tourne au pugilat. « L’Année terrible »pour les enfants du même nom, un cocktail molotov que les guerres allument épisodiquement

– Le monde n’en finira donc jamais de devoir être refait, fait un quidam aux guichets Rivoli ?

– Pardon Monsieur mais tout entrepreneur qui gagne le marché s’y emploie. Sitôt adoré, sitôt brûlé pour non respect présumé des attentes.

Le gogo ne demande que ça. L’apparence.

Mon tailleur est riche, c’est faux de dire que le peuple va nu pieds, il se fait tailler des costards sur mesure. Du prêt-à-porter il en veut pas.Doit y avoir une différence entre le devoir et le droit. « Moi-je » le pseudo de Durand-Dupont, me le disait avant-hier, dans les années 80, travaillez plus pour gagner moins c’est absurde quand on peut s’inscrire au chômage et gagner plus.Nous vivons de la combine du loisir, alors vivement Dimanche. Vous referez bien un p’tit tour de manège ?

Ah les maudits tricheurs, Victor s’en est pris plein la tronche. Le Jersey il l’a tricoté à l’envers dans le désert. Mais c’est pas grave, après on l’a mis dans le programme des écoles. Il a été vengé par l’exemple, le manuel de la pensée, et tout le monde s’est lavé les mains du sens profond du combat.D’ailleurs il commencait à raser le vieux .La vraie victoire c’est de prendre une ficelle et d’y attacher la glèbe, t’ouvres le rideau et tu fais la pantomime, tout le monde n’y voit qu’un jeu. On a le responsable, il faut descendre Guignol.

Je vais partir en Iroise. P’tit-Frère m’a dit « Viens j’t’emmène respirer ailleurs, loin des grands rassemblements mensongers. Le jardin est plus petit que Les Tuileries, mais ce qui y pousse est sans pesticide.Et puis mon bateau c’est pas Bobard qu’il s’appelle.

Niala-Loisobleu.

16 Avril 2012

LES OISELEURS ET LES CAGES RENVOYÉS AU DIABLE


LES OISELEURS ET LES CAGES

RENVOYÉS AU DIABLE

Délaissant les moulins en donnant de quoi moudre aux meuniers, j’élargis assez la plaine pour y mettre au moins ma forêt

Que ferai-je d’un ordinateur de pompes funèbres, où je ne peux exprimer mon goût de vivre ?

Du clocher de La Bastide d’Armagnac, ma place se retrouve dans suffisamment de lumière pour que j’y vois clair

Exit les déclarations d’amour infidèles

Je repeins avec mes mots fidèles sans que mon âge me contraigne

Quand on a vu comme moi l’infidélité humaine, arpenter les trottoirs sans rougir, la blancheur de l’âme ne peut donner que des zèles aux oiseaux

A deux mains tout se corrige, me voici rendu dans mon territoire grâce au clone du vieux cheval que je fais subir à mon nouvel ordinateur

Carpe diem, quam minimum credula postero…

Niala-Loisobleu.

6 Janvier 2025

L’ATELIER DU PEINTRE


L’ATELIER DU PEINTRE

Ma montgolfière Paris-Bastille sort de geôle pour un retour au Jardin des Plantes, où se mettre un oeillet à la boutonnière

Trenet chante La Mer sur un disque en cire et dans un coin de soupente l’araignée tisse une Epopée dans laquelle aucune mouche ne s’est fait prendre

Les jupes courtes laissent les majorettes tourner du bâton en même temps que leur petite culotte montre un désir naissant de racoler

Nous sommes passés de l’Epoque Coloniale à Antoine sans que Les Elucubrations empêchent la mode de l’épilation saccager nos déjeuners sur l’herbe

Commence une conception minimale de l’éducation physique et spirituelle

On a fermé les lupanars, mais je voudrais bien savoir où se loge une part de progrès et quelle libération morale le porno a créé sans parler des ni putes ni soumises interdites de chasteté

Sifredi m’était conté

Le pire a commencé avec le père de Mazarine en réformant le concept des Bergeries

La Place des Vosges m’a du coup rebondi dans les tripes, quand mon fils m’a fait découvrir dans le Gers à Noël, le modèle qui inspiré Henri IV pour la mettre à Paris

Quelles merveilles avons-nous su faire de nos mains, l’Intelligence Artificielle me désespère de voir des Macron et Consors prendre la succession. Les guerres ont déplacé la croyance des églises, Notre-Dame à mon sens ne peut devenir un jeu de dés de société

J’ai peint dès le 1er Janvier, mais demain je retournerai à l’Atelier pour défier la connerie sans ambition de changer le monde, juste de péréniser ce qui compte pour la poésie peinte

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Niala-Loisobleu.

3 Janvier 2025

CAPSELLA BURSA-PASTORIS


CAPSELLA BURSA-PASTORIS

Collé à la pluie le chemin pousse les battants de l’enclos

la maison abandonnée n’est pas à vendre, elle se parle à elle-même

l’âme qui l’habite vole du rez-de-chaussée à l’étage avant de venir s’asseoir au patio

on peut voir les cernes laissés sous les fenêtres s’agenouiller sous les volets, comme ex-voto aux atteintes à la vie

et sur le pas de la porte, mêlées aux premières herbes de l’année

la Bourse-du-Pasteur

fleurit pour donner son obole au printemps gardé au fronton de l’entrée principale

Rudérale, tu couronnes le jardin que tu as intronisé un jour dans la toile pour que le lieu ne devienne jamais nécrophile.

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Niala-Loisobleu.

2 Janvier 2025

A LA RENVERSE DU DERNIER TANGO


A LA RENVERSE DU DERNIER TANGO

Me voici en haut du mur

le cadran solaire pousse loin son bras

mais ma mémoire ne trouve pas de Noël au bain d’innocence avec mes enfants

L’abattage des arbres est passé en trains de bois

dans les rapides du fleuve sorti de son lit par l’intranquillité

jusque dans la chute

Aujourd’hui l’heur indiqué

va forer plus loin pour rattacher le seau à la corde

Je vais quitter ma boîte à musique, cette maison que tu n’occupes plus qu’en ex-voto, Jacqueline

pour découvrir dans les fouilles, ce que la beauté n’a pas enterré

Émoi, émoi

pas un seul chinois pour filtrer le bon du mauvais, je pars les yeux fermés sur les méfaits commis, les bras-ouverts

laissant le renne assurer la navette avec le Père Noël

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Niala-Loisobleu.

23 Décembre 2024

IMPERTINENCE ?


IMPERTINENCE ?

Et si du haut du nombril rebattu par les bonimenteurs, ces deux-là détenaient le pouvoir de nous en sortir

Voilà de quoi tirer un coup de chapeau , me dis-je

Ils tombent à pic en écartant le mou quand on les touche

de surcroît nourrisseurs, là où nous demeurons mammifères, dans la production du laid

Je lâche tout à dessein pour haler y voir de plus près

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Niala-Loisobleu.

22 Décembre 2024