UN TABLEAU DU PETIT-PEINTRE PAR CE CÔTÉ QUI VAUT MIEUX QUE L’AUTRE


UN TABLEAU DU PETIT-PEINTRE

PAR CE CÔTÉ QUI VAUT

MIEUX QUE L’AUTRE

Franchi le rouge, on imagine que la voie est devenue libre

c’est à voir

mais on avance dans le dédale qui en partie demeure

Il me reste tellement d’écume dans la bouche qu’un coup de langue trop hâtif peut renverser le contenu mis dans l’assiette

Mais c’est dans l’accompagnement des herbes, de l’ail, de l’oignon et d’une branche de fenouil que devrait se lier la reconnaissance des choses

derrière l’auxiliaire file un secours en cas de vague vacharde

Les broderies dont tu as ceint ton soutien-gorge n’ont quitté leurs bretelles que pour venir me serrer les mains quand tu as laissé ton torse s’enrouler dans le grand-écart d’un pas dense

J’ignore quel sera le final de la couleur

c’est sans importance, tu te reconnaîtras à la couleur de ton poil.

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Niala-Loisobleu.

27 Septembre 2024

ROUSSE EQUINOXE


ROUSSE EQUINOXE

Mis hors de l’entre deux-âges

hors de portée de Chronos

mon coeur bat la chamade

Alors que la lune jouait sur la balançoire de Janus

le soleil l’a remis à l’endroit de la chromatique des embruns

Les algues cernant le visage tiennent les cerfs-volants de la féminité des colonnes

Crique sauvage ignorée des mouillages des marinas

Que de sel, tu es vivante parmi les vents lâchés sous la protection des pierres levées

Cônes blancs épargnés des vases d’un remugle quotidien

parfum de ces purs matins

venus des sphères poétiques entre deux estrans

trouble perpétuel

tu brilles toute saline aux carreaux

d’une musique de viole de Marin Marais

Serais-tu la dissolution spectrale de l’ombre portée

renvoyée dans ses foyers par le blanc unique

cette marque bleue que la lumière garde en attachement muet des cris d’une nuit où tout c’est fondu en une seule entité

Sur les tamaris courbatus du front de mer

des roseurs de bruyère redressent l’amer en contrebande

Métaphysique  tu es devenue le canon d’un ordre étranger aux couvertures de papier glacé

Cette onde qui porte le silence avec la grâce de l’âme des échos

 Je m’en remets aux lèvres de la vague sans retirer ma langue du fond du récif que tu es devenue

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Niala-Loisobleu

26 Septembre 2024

TOUT A L’ÉCLUSE


TOUT A L’ÉCLUSE

Comme le jour au volet passe j’entrevois par une nouvelle rue un passage dans l’incompréhension

Je retrouve dans une chemise offerte par Jacqueline bien plus de partage que sa fille en doutait en colportant ses cravates

L’Eguille coud véritablement par la fleur de son sel

Tout ce qui manque à la sécheresse d’un jugement arbitraire désassorti de la jolie robe que tu portais

L’élégance d’un plaisir à s’habiller pourrait être plus extrême qu’un arrachage vestimentaire impatient

La cabane, le marais de Moeze-Oléron, Port-des-Barques, tous ses oiseaux blancs frères de nos allées venues à l’estuaire du Mékong proviennent d’un sentiment sans hasard

Là, présentement les trémières te ramènent où j’arrive les doigts sans vernis aux ongles

Les enfants qu’on élève peuvent avoir de bizarres attirances pour le bas

Marchons, voici l’estran qui arrive, on peut voir l’huître s’ouvrir sur Marennes.

Niala-Loisobleu.

25 Septembre 2024

DÉSORMAIS CHACUNE DE MES MINUTES VISIONNE L’INSTANT DANS UNE AUTRE ETERNITE


DÉSORMAIS

CHACUNE DE MES MINUTES

VISIONNE L’INSTANT

DANS UNE AUTRE ÉTERNITÉ

La métamorphose est totale

ma vision ne peut plus rester assise

elle marche comme pour rester au coeur du mouvement du nouveau concept

je suis différemment vivant dans un cycle sorti du système métrique conventionnel

C’est hors de l’inquiétude de mourir que le temps s’est affranchi des trémails plongés dans les aux sombres des abysses

Il nage

comme le plaisir ressenti quand on laisse son corps s’immerger

Etrange et puissante

sensation où l’âge devenu libre ne lutte pas présomptueusement dans le boulier pour se prouver des preuves puériles

Que deviens-je ?
Vis-je en corps en absence de projet ?

Ô oui !

Je peins et rien d’autre, advienne que pourra de mon oeuvre, je laisse les histoires de famille dénuées de couleur s’appauvrir dans le néant pour partager cette richesse de coeur sans peur d’un affligeant devenir

Aux femmes dont les seins vibrent, un chat et une rose attachés, voilà tout ce que je donne sans compter. dans une poésie libertaire que le plafond ne rapetisse pas

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Niala-Loisobleu.

25 Septembre 2024

ESQUISSE


ESQUISSE

L

La main en sortant de sous le drap dépasse la corniche

et dans l’à-pic du jour diffus trouve le point d’appui d’un ancrage

L’amour est soyeux comme un dessous vaporeux

ce n’est pas à la ficelle d’un string que la cordée vise le lobe de l’oreille

mais plutôt d’un shorty qui virevolte autour du galbe des cuisses

qu’est tracé le refuge où s’arrêter pour faire escale.

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Niala-Loisobleu.

25 Septembre 2024

NERVURES AUTOMNALES


NERVURES AUTOMNALES

Le soleil commence une ascension difficile, la pluie dans la partie Est déborde déjà d’une vendange qui voudrait rester tardive

Fougueusement je m’intéresse au frais des premières odeurs pas encore malmenées

dans le creux des plis de ce qui fut à l’origine d’un besoin partagé de l’aisselle

Pleine bouche

les pots d’artichauts décoratifs, la jarre ventrue à deux mains tenue par les poignées

Chercher dans le repli le secret dans lequel l’insecte vit

S’enfoncer par un trou 

sortir par un autre

l’aisselle du saule est riche 

je choisis

pour l’exemple le nombril d’hortensia où l’ardoise écrit bleu

la promesse de seins fleuris montre déjà où ses boules feront massif

Je ressors par un tubercule d’iris tellement noueux que j’en ai violacé le devenir

Un papillon me bouche-à-bouche en sapeur-pompier

Je suis sauvé, contenu dans mon rêve par ma foi

accrochant mon chapeau de paille au vestiaire suspendu, j’entre dans la cage qui conduit à la mine

Comme c’est profond

Voici le riche filon où remplir mon wagonnet

et remonter en haut du terril

Les arbrisseaux du futur poussent des cris de rut qui donne au chien une lueur dans la truffe à coller aux recherches

et quand, roulant dans la menthe pâmée je réalise que Proust m’agace, mais pas au bon endroit, quelques doutes m’assaillent au sujet de la poésie

j’enlève mon marcel

Les abeilles sont à la chaîne florale dans la pure tradition des ruches

En rase-motte je fais une manœuvre d’atterrissage dans l’escadrille des feuilles d’arbres

un chat aux genoux du vrai et du faux guette les mouvements avant de sauter

Seule une rose dépasse de l’imbroglio dans lequel la nature joue avant l’arrivée du premier gel

En remontant la courte-pointe des jeux de hasard, j’entraîne mes souhaits derrière l’église pour une montée en chair plus réaliste.

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Niala-Loisobleu.

24 Septembre 2024

« DE SES ROUSSEURS FÉLINES, L’AUTOMNE 2024 ME RACINE A L’ARBRE DE VIE » – NIALA 22 SEPT. 24 – ACRYLIQUE S/TOILE 116×89


« DE SES ROUSSEURS FÉLINES,

L’AUTOMNE 2024

ME RACINE A L’ARBRE DE VIE »

NIALA 22 SEPT. 24

ACRYLIQUE S/TOILE 116×89

Dans une géométrie parallèle à l’idéal

plus rien ne s’oppose à la couleur, lin avec l’autre, de la palette à la toile

Au velu des mousses du sol j’enfonce la quille vertu safran

le neuf issu de la moisissure bourgeonne à l’extrémité du gland

Quel équinoxe cet automne qui amène et ramène un estran exploré

La vieille charrette et son cheval moissonnent à la sortie des yourtes

goémon et varech dans la même cressonnière s’assaisonnent en l’absence de pendule

il est venu le temps des cathédrales

le Petit-Peintre peut se coller en rosace sur l’autel au bout de son transept.

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Niala-Loisobleu.

22 Septembre 2024

sr

À UN DÉTAIL PRES


À UN DÉTAIL PRES

Ce repos où les premières vagues placent l’équinoxe

lèche la plage

le temps est devenu multisexe et son bois flotté après avoir longtemps navigué, tête au sein de la mangrove en s’y étant raciné

Un poil chaud s’est blotti dans la poitrine de ce dimanche

chaton né d’une félinité de brousse

l’Homme a enfin accepté de laisser l’animal se confondre avec lui

les heures qui viennent vont entrer en symbiose avec le règne végétal en laissant sortir la tige du minéral.

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Niala-Loisobleu.

22 Septembre 2024

AU FRÔLEMENT DE L’INTERVALLE


AU FRÔLEMENT DE L’INTERVALLE

Il est 16 heures, la tête m’a tourné loin

j’arrive dans l’intervalle

Le menton au coude du chemin

je m’arrête

pour voir entrer la beauté qui se saisit du heurtoir

Je tremble des intestins

ce transit tient du magistral

demain n’est rien d’autre à dire que l’expression trouvée de mon émoi

ma vie

cette saison continue

le tableau dans son état actuel

se saisit de l’aveu…

Niala-Loisobleu.

21 Septembre 2024

LA PRESENCE RESSENTIE


LA PRESENCE RESSENTIE

Le temps qu’il peut faire, froid, pluie et n’être qu’en bras d chemise

dans sa citrouille à balayer la méchanceté de ses soeurs

Au vert du matin qui suit l’autre, l’aplat de bleu impose à la diagonale de se taire comme des ailes déployées entre les colonnes de l’estuaire

Grandes marées inscrites dans la marge d’almanachs frivoles où on va pêcher l’huître sauvage à pieds

Là où s’arrête l’acacia d’un mythe abusif, l’Atlantide tient son temple fondé sur la simplicité rénale du labour équin

monde idéal d’un surréalisme qui tressaille à mastiquer l’énergie de l’Arbre émergeant du ventre de la sève

Je laisse en plan les attentes d’une évolution contraire de ce qui n’est qu’une dissolution vertébrale de l’Être, les deux genres ayant le moyen d’aboutir en dehors d’hérétiques conquêtes.

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Niala-Loisobleu.

21 Septembre 2024