EQUINOXE -JACQUES REDA


EQUINOXE – JACQUES REDA

Je cherchais comment l’eau, les rochers, les oiseaux, les

arbres
Font pour tenir ensemble, et les nuages qui figurent
Le monde vagabond, rythmique, engendré, s’engendrant
Comme le même songe instable au fond d’yeux jamais

clos.
Je savais qu’à beaucoup se refuse la gloire d’une herbe
Au sommet d’un talus, pesant le dos large du ciel
Qui nous supporte, et que le vent chasse dans la lumière
Les signes des cristaux de neige pour la boue.

— Ô tête
Ici de tout soutien privée, où est le mur? (Un mur À défaut d’une mère, et dormir dans les ruines de son

flanc.)

Et je voyais le vide entrer dans l’apparence avec
Les bourgeons qui toujours pour la première fois reviennent.
Poussés par la force d’oubli qui de sa couche arrache
Et féconde ce vaste corps tumultueux d’étoiles
Puis l’abandonne à notre porte ouverte, comme un dieu

Encore enfant mais bien trop haut pour nous, hôtes déjà
Qui hébergeons et nourrissons le dieu de notre mort.

Du seuil, je relevais d’oiseaux et d’arbres quelques traces
Au fond de la combe où le soir tout à coup se rappelle —
Et c’était l’heure où, des enfants, brillent à contre-jour
Les bicyclettes, quand

Le plus petit au carrefour tombe dans un remous
De lueurs qui vont l’engloutir en larmes dans la mémoire ;
Et touchant de la nuit la bouche dépravée j’ai dit :
Quel long désastre en bouquets éclatant qui saluent
L’éveil jamais surgi dont nous sommes le souvenir
Les messagers perdus dans les distances inhabitables.

IL NE FAUT PAS QUE LA RONDE NUISE


IL NE FAUT PAS QUE LA RONDE NUISE

Inutile de le cacher

je sais que je suis à l’heure

où la camarde fait ses courses

mais que le temps fasse les choses dans l’ordre

sans oublier de faire respecter la liste de mes dernières volontés

en corrigeant l’erreur commise en début d’année sans que j’y sois pour quelque chose

avant que soit dispersé ce qui revient de droit à Cognac.

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Niala-Loisobleu.

2 Octobre 2024

« UN MATIN MORGAN » – NIALA 01/10/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« UN MATIN MORGAN »

NIALA 01/10/24

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Jour de pluie

mes chevaux sortent en plein soleil

c’est l’anniversaire de Morgan

le matin chasse le creux de l’ombre

Mes chevaux. Ils traversent les coteaux d’une vigne à l’autre porter un baiser à l’estuaire

pour que j’alambique mon état cognaçais afin de laisser un peu de cuvée du Petit-Peintre

heureux d’avoir trouvé là le motif qui m’a fait partir de Paris

Le vent disperse, le coeur rassemble

Morgan je te le donne

que le caillou qui édifie ramène les Tours à l’échafaudage.

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Niala-Loisobleu.

1er Octobre 2024

EN DÉPIT DES GOUTTES


EN DÉPIT DES GOUTTES

Bordant la plage déserte, la partie de moi qui reste ancrée au décor romantique d’un théâtre d’ombres ne sombre pas

Depuis l’écume, les marées ont séparé le refuge du port, Antioche a noyé le lieu d’embarcadère. pourtant je m’y rends les yeux fermés

Chaque caillou gardant l’envolée des bons jours, le corps, de retour à la criée, pose entre les planches des cabanes un claquement de mains de la guitare

Est-ce un tort de croire que l’amour ne peut vieillir ?

Liés à ce poteau de vigie, des matins modifient la ligne de vie au creux de la main qui pourtant reste autour du sein

il y a dans cet équinoxe un traducteur de langage qui joue à cache-cache au nom de conventions impossibles

le mal de dos lui n’arrête rien de l’envol des mouettes pour rester au sillage de chaque appareillage.

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Niala-Loisobleu.

1er Octobre 2024

DEBOUCHER LE FLACON


ON

DEBOUCHER LE FLACON

Dans la nuit qui se lève

le matin au bord

il ne peut y avoir d’ombre

Une main dans la crinière

je prends le cheval à l’encolure par la montagne

jusqu’au passage dégagé d’un autre poste frontière.

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Niala-Loisobleu.

30 Septembre 2024

CHAQUE IMPRESSION EST À SAISIR


CHAQUE IMPRESSION EST À SAISIR

A l’approche de ma révolution solaire

un oiseau calé sur l’épaule

il me semble que je traverse les miroirs

Je n’ai plus que peindre à mon âge

et le dessin dans son message pourrait venir occuper la toile

Représentation vivante qui partit de la table d’orientation du rivage

il y aura bientôt 91 ans

et garde sa lunette sur la jonction de l’Homme et de la Femme

comme un village blanc à flanc de montagne

avec un cheval saluant à l’entrée en piste pour ma parade

Je crois davantage au trait

celui du burin bleu

dans le flou fumeux qui cerne jusqu’à la ligne d’horizon.

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Niala-Loisobleu.

29 Septembre 2024

GRATITUDE


GRATITUDE

Au milieu de la forêt

je reconnais l’Arbre où venir m’asseoir

il est percé de tant de fenêtres qu’il a un regard rotatif

Sautant les barricades comme la clef des champs, au pentu de La Chaume, un chèvrefeuille abonde de fleurs en avalant le mur

l’Atelier ouvert

La musique qui monte de la fosse de ce matin

caresse le tronc des bouleaux, un cheval sauvage au bord du lac

Je reste assis aux racines de la Seine, tel un carrousel à trois arches

en poussant le cerceau de mon haleine d’enfant qui rejette l’injustice

ému à n’en pouvoir dire

comme quand j’ai vu la première femme se dévêtir pour que je la peigne.

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Niala-Loisobleu.

28 Septembre 2024

« HALTE LÀ ! » – NIALA 27/09/24- ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« HALTE LÀ ! »

NIALA 27/09/24

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Au pied du murmure des vagues

là où l’herbe parfume le ventre

le Petit-Peintre a réunit de quoi faire Halte

quelques chardonnerets diserts en couleurs

cet estuaire et ses huîtres

l’Île

assez de pilotis sur le marais pour joindre une cabane

Résolu la question de la couleur

il est prêt l’artiste quand viendra l’heure

à mettre ses cendres aux courses buissonnières

au rendez-vous de la sérénité éternelle

en rejoignant celles qui sont parties devant.

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Niala-Loisobleu.

27 Septembre 2024