MA FOUGUE DE VIVRE, JE TE LA DOIS


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MA FOUGUE DE VIVRE, JE TE LA DOIS

Radieuse comme soleil, à donner frissons la chaleur de tes -je t-aime,
Qu’importe ce que tu m’ écriras mon bel ange à l’endroit ou à l’envers,
La grâce de tes yeux, jolies perles au si doux feu vaut mille poèmes
Tes douces lèvres, ton parfum suave m’ écriront les plus beaux vers.

Convaincue bella Graziella qu ‘il y a mille et une façons d’écrire,
Ma tendresse, autant de manières d’exprimer ses idées ou ses rêves.
La poétesse avec sa plume, toi le plus fou, le plus beau des sourires.
Souvenir de trésors exhibés, art inné d’amoureuse au corps d’Eve.

Graziella mon cœur ne vit que pour toi, le tien mon printemps éternel.
Je ne dors plus sans toi,nos étreintes chaudes,nos douces caresses
Ma fougue de vivre ce bel amour, de toutes les fleurs la plus belle,
Je te les dois .Dans mes bras bercée, tu revivras ta sublime ivresse.

Sadek Belhamissi

ENTRONS-NOUS


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ENTRONS-NOUS

 

L’endormi  en descendant du lit s’est appuyé de tout son poids à la rampe pour atteindre la cuisine. La nuit y est encore étendue de toute sa fraîcheur, le chien de fusil du lit rentre en pensée à la niche.

Pourtant il y a cette présence qui se passe d’allumer,

la lune est dans l’oeil de la porte du jardin.

Un instant laisser la main sur le dossier de la chaise, ça tape côté gauche de la poitrine, comme si il n’y avait qu’à se laisser aller contre.

Bonjour.

La route est ouverte

Tu vois à part les oiseaux qui nous suivent nous resterons sur la ligne d’horizon cherché…Entrons-nous.

 

Niala-Loisobleu – 17/09/18

LA BELLE AMOUR


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LA BELLE AMOUR

Dressée bout du chemin, descendant grand-vergue, plus claquante qu’un relevé de mini-compteur un jour de grand-vent

Les yeux ne pouvant se détacher l’image que la glace renvoie tiède-brûlante sur les thyms de garrigues

Un sein palpite

l’autre se met à l’amble

dans la chambre un enfant va naître

Les murs passent les lézardes du malheur des fissures et dire qu’on s’auraient pas connu on aurait rien su grandeur réelle de nos attentes d’enfants que des peurs cognent dans certains moments décevants  tous noirs de nuit froide

Où que tu soie, je mords des dents à la veine vertébrale de l’arbre sauvage, t’as la peau qui parle avec cette voie que les marins ont à la recherche du nouveau-continent, pays de lune, bas de dos, haut de front, mèches rousseur de vache, trempée d’encre en piqué de folie…ô la belle amour !

Niala-Loisobleu – 12/09/18

JUSTE AVANT POUR APRES


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JUSTE AVANT POUR APRES

Pendant que l’arôme du café regarde le début du jour qui traîne à lever, un répit s’installe entre avant et après. A cette heure-ci combien d’yeux encore collés de sommeil sont tournés vers le ciel qu’on distingue avec peine ? M’en fous du nombre, si j’ai dit ça c’est juste à cause des deux équipes qui s’opposent: les bleus et les blancs. Pas les fouteux, m’en bats l’oeil de ces faux-enfants qui jouent à taper dans un ballon pour gagner plus de fric en 90 minutes qu’un être normal n’en verra jamais. Non ça m’arrive tout le temps le matin d’avoir envie d’être heureux jusqu’au soir sachant que le seul moyen d’en approcher sera de me prendre par la main. Rien à espérer côté Messie. Je regarde l’eau qui coule, depuis le temps, c’est pas par hasard si elle  a pas tarie. T’as ri ? Tes rondeurs placées aux bons endroits ont suffi à me faire chaud aux demains….

Niala-Loisobleu – 08/09/18

COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE


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COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE

 

Le pavé froid tend sa joue

à travers les barreaux de sa cage le quotidien va choisir de s’évader.

Dans les pages du jardin secret, l’insecte balade son encre sans relâche, est-il si petit qu’on arrive parfois à ne plus le voir ?

C’est vrai que sa vocation peu exhibitionniste l’oblige à cacher, pourtant croyez-moi, plus nu tu mourrais.

Je pense que l’âme est vaste au point d’avoir choisir d’habiter le corps afin de pouvoir rester dans l’étriqué visible. Modestie oblige.

Septembre est  bien dans sa peau, je veux dire la peau de l’âme car elle en a une et bien plus charnue qu’on l’imagine. Ce mois est humble, voilà pourquoi il lui sied. On voit les pampres sur le bord d’éclater, la treille déleste ses feuilles pour tenir le grain le plus longtemps possible afin que dans les jours à venir les pieds puissent le fouler. Jaillira le sang de la vigne, l’ivresse joyeuse venant à bout du vain.

Comme le bleu se fait intense

Ô ma Muse, je te trempe aux feuilles de mes toiles pour que tu peignes, seins offerts à ma soif de la troisième dimension du non-dit, ce mot qui crie retenu, lisible comme les gravures de pierre d’une obélisque jaillie du Nil, axe solaire s’il en est dans les bras du Sphinx, gardien imperturbable du fil des cataractes, grand maître de l’estuaire, pierre fendue de la Lumière…

Niala-Loisobleu – 07/09/18

CARNIVORE


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CARNIVORE

Broute, créature
Afin que ça dure

Encor
De voir s’enflammer
D’amour ton âme et

Ton corps.

Grignote tout cru
Le gazon bourru

Des landes,
Mais à belles dents
Mâche en frissonnant

Tes viandes.

Si l’eau des rivières
Contente les pierres,

Nos sœurs,
Quel fleuve d’histoire
Peut donner à boire

Au cœur ?

Le gai
Carnivore
Au dieu qu’il adore

Gloussant,
Réclame en naissant
La chair et le sang,

Le sang.

Toi et moi en aria ça fait une m’aime voix.


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Toi et moi en aria ça fait une m’aime voix.

 

On a du faire nuit à bord d’un bateau non fantôme, moment idéal où la forte chaleur s’écrase pour redonner respiration au corps. Les caprices de la lunaison ont peut-être joué mais comme on avait pas un seul pied dans  la merde….on est resté à l’abri.

-Halo, ici le grand chariot, détèle d’une voix mise en étoiles si filantes qu’on en percevait les mots en syncopé.

En fait si quelque malice s’ingénie à déguiser la nudité pur en ayant l’art machiavélique de la perversité accomplie, ce s’ra tant pis pour elle. C’est la vie reprenait le choeur des groupies stigmatisé par le prompteur. Toi et moi en aria ça fait une m’aime voix.

Au matin, je te réveille sans un maux, bon jour…

 

Niala-Loisobleu – 30 /06/18

 

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE


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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE

Passé le genou où la main se creuse

comme une semence qui germe

en soulevant un peu la terre,

je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire

que les jambes en sont nues pour tout le corps

et mon regard s’y use

comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir

et à colorer mon désir.

Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent

et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,

mes doigts vont se fermer

sur le seul point du monde

où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière que e remonte sans effort, parce que tes seins s y élèvent comme deux cailloux à fleur d’eau.

Dès que tu entres dans ma chambre tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher

il faut qu’elles se fraient un passage

à travers les blés dans lesquels tu te tiens,

avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité comme par une fenêtre au-delà de laquelle le monde n’est plus qu’une affiche qui se débat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins que ma caresse trace sous ta peau.

LE couple que nous formons ne naît bien que dans l’ombre et, nus, nous allons à la conquête des eaux dormantes d’où le désir surgit comme un continent toujours nouveau,
à celle des orages qui tombent en nous, lourds et chauds,

à celle de tous les végétaux dont il nous faut, lèvres à lèvres, briser l’écorce tendue, à celle des fenêtres dans lesquelles ta chair dérive
comme une jetée qui a rompu son point d’attache.

Parce qu’ils sont les yeux de la terre, les carreaux se tournent vers ta gorge qui brille comme un peu de foudre en regagnant les fonds marins de la ville.

Flanc contre flanc, nous descendons tous deux dans les souterrains où l’on perd corps et où les baisers que tu me donnes, que je te donne sont autant de pas que nous faisons l’un dans
l’autre.

Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair pour prendre le monde dans un baiser, il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures pour que le plaisir puisse te couper en
deux.

C’est alors que l’air est dans ma bouche la racine même de l’espace et des fruits que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie, tu te fais arche des épaules aux pieds.

Partout sur les murs, sur les visages

la lumière se dévêt de sa lingerie

et montre son beau ventre de femme

d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre, mais il faut avoir la force des arbres pour pouvoir repousser le ciel bas que la mort fait peser sur les paupières.

L’espace est pris entre nos regards et nous n’avons que quelques gestes à ébaucher pour qu’il tombe à nos pieds sans faire plus de bruit que la dernière goutte d’eau d’un
orage sur la forêt.

Tu es plus nue sous mes mains que la pluie sur les tuiles, qu’un feuillage dans le matin, que les dents ensoleillant la bouche.

Des insectes s’écrasent en plein vol sous notre peau, mes doigts ne cherchent pas à se protéger de la lumière qui s’élève du fond de tes yeux pour faire se lever
dans les miens un jour insoutenable.

Le reste de notre vie se fige autour de nous en hautes statues qui ne peuvent entrer dans le cercle de silence et de joie qui nous serre aux reins.

Enlacés par l’herbe que l’air fait monter jusqu’à nos lèvres,

nous oublions dans notre chambre les paysages

qui venaient vers nous au pas de la terre,

les beaux paysages qui nous prenaient pour des statues.

Vagues s’en allant à la rencontre l’une de l’autre, nos corps n’ont que la flaque des draps pour apprendre que l’amour est une montagne qui s’élève à chaque coup de
reins.

Nous n’avons que nos bras et nos jambes pour serrer un instant les forêts qu’un éclat de soleil enfonce dans notre chair et fait flamber jusqu’au dernier arbre.

Nos dernières paroles se sont arrêtées loin de nous, enfin coupées de leur tronc de sang.

Nous entrons seuls dans un monde ouvert sur nos visages comme sur son propre noyau.

J e cherche dans ta bouche la source du fleuve souterrain qui te parcourt en rejetant en haut des cuisses son écume de plante fraîchement coupée.

Quand tu écrases ton ventre contre moi,

quand mes doigts aiguisent ta gorge,

tu as des mots doux comme la salive,

des mots qui auraient poussé après un orage.

De ton corps je fais un pont

qui me conduit dans un monde

où nos dents se cognent contre le même verre d’air,

où nos regards à force d’être proches font la nuit entre eux.

Je ne vis plus au jour le jour puisque tes baisers font partie de mon avenir et nous allons jusqu’au bout de la lueur que la foudre trace en remontant nos veines.

Il me suffit de quelques gestes pour retrouver, enfouie sous ta peau, la plante nue que tu es et, vacillant de tout le soleil conquis par les ruisseaux, tu entres dans la nuit avec le jour
devant toi.

Je n’ai qu’à toucher la pointe de tes seins

pour que soient soudain rompues les mille écluses

qui retiennent entre nous un poids d’eau égal à celui de la mer,

pour que toutes les lumières s’allument en nous.

Et quand dans la clarté du drap,

tu n’es plus qu’un éventail de chair,

j’ai hâte de le faire se refermer sur mon corps

par une caresse que je jette en toi comme une pierre.

En te renversant sur le
Ut,

tu donnes à la clarté la forme même de tes seins

et le jour use toute sa lumière

à vouloir ouvrir tes genoux.

Tu prends ta source dans le miroir qui coule du mur, tu as du soleil jusqu’au fond de la gorge, tu es neuve comme une goutte de rosée que personne n’a vue, que personne n’a bue.

Tu as le cou fragile de ces oiseaux

qu’on voit rarement se poser sur la terre

et quand tu es dans la rue le regard des hommes

monte autour de toi comme une marée.

Derrière tes dents, ta chair commence avec ses aubépines de fièvre et de sang.
Tu sais qu’elle est une prison dont mon désir te délivre.

La caresse fait son bruit de poumon en cherchant dans tes cuisses le papillon qui s’y est posé, presque fermé en toi de ses ailes.

Avec l’aveuglement d’une taupe, tu creuses l’air de tes seins.
Autour d’eux mes mains s’élèvent comme une montagne coupée en deux.

Tu m’accueilles dans un pays au centre duquel ton corps se dresse comme un feu de joie, simplement posé sur la fraîcheur de tes lèvres au point où l’espace se jette en
toi.

Tu es l’impasse vers laquelle j’accours

avec la force des marées,

avec la liberté des moissons

qu’un coup de faux sépare du soleil.

Nous ne parlons pas de l’amour qui nous lie

parce qu’il est entre nous comme une bouteille sur une table

et qu’il court de mes doigts à tes doigts

avec la vitesse de l’éclair.

Si je veux t’aimer sans rien perdre de ta clarté,

je suis contraint de m’enfermer avec toi dans les pierres.

Le jour écarte de temps en temps les rideaux,

tache ton épaule et retombe dans la rue.

Le silence même est fait de minéral et prend la forme des chambres qui le contiennent.
Pour qu’il n’y entre point, c’est mille armoires qu’il aurait fallu pousser contre les portes.

Notre nuit est imperméable et nos corps, se suffisant de l’air contenu dans un baiser, descendent jusqu’aux racines de l’arbre qui a nos têtes pour sommet.

En plein front, en plein flanc,

j’entends les pas que mon sang fait

pour s’avancer de sommet en sommet

jusqu’à celui dont il me faut dominer ton corps.

Je lui en veux de me tenir enfermé dans un visage avec lequel je reste si seul lorsque mes épaules n’ont plus le tien à porter et que je te cherche en vain dans les
miroirs.

C’est pourtant par lui que je t’ai reconnue dans la rue

dans un moment qui reste comme une source en pleine mémoire.

C’est lui qui me permet à chaque instant

de reconnaître ma vérité dans tes yeux.

Tu ouvres la nuit la plus pleine

de la pointe de tes seins.

Tu viens vers moi dans le tournoiement d’une ville

qui ne s’éclaire plus qu’à la clarté du désir.

Je ne saurai jamais la distance à parcourir entre la lampe sourde de ton ventre et mon corps.
Je sais que je te rejoins dans un baiser qui ne laisse point passer le jour.

Sous ma main ensablée dans les caresses, il reste les hauteurs de ta gorge, vers lesquelles j’avance, la bouche pleine de soleil.

A force d’avoir mon visage contre ton visage, j’oublie que le monde commence au-delà de ton regard.
A jeter l’un dans l’autre nos plus sûrs filets, nous ramenons tous les poissons de la joie.

.Le soleil se couche dans les flaques pour rester plus longtemps sur la terre.
Tu ne peux plus t’en aller de ma chambre parce que je suis debout sur tes derniers pas.

J’essaie de conquérir

l’insecte que tu respires.

Mais il s’échappe de mes lèvres

pour aller se poser sur mon sang.

Tu ne peux plus sortir du filet que mes mains tendent sur toi, tu es au centre de l’étoile de mes pas, tu es l’unique réponse de ma vie.

A nos regards pris dans la même pierre de présence,

le monde arrive par une fenêtre

où nous nous penchons parfois

de nos corps, hauts comme des promontoires.

La ville est au pied de la chambre où tu te tiens

avec pour horizon celui de tes épaules

et nous touchons jusqu’en son fond

le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

Tu te refermes sans cesse sur moi

comme deux vagues sur un rocher

et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la

qui s’étend très loin autour de nos visages.

Perdus dans un pays de chair et de caresses, nous vivons les quelques miniers d’années dont notre amour a besoin pour que naisse une étreinte de chaque goutte de notre sang.

Je suis prisonnier de ton visage

à la façon dont un mur l’est du miroir.

Pesé par ton regard,

le monde perd son poids de pierres.

Le chant de ton sang sous la peau est aussi doux à entendre que celui des graminées poursuivies par le vent.

Je sais que la mort ne peut rien me faire tant que tu restes entre elle et moi, tant que s’allume dans ta chair le ver luisant du plaisir.

Le couchant tournoie sur chacun de tes ongles

avant d’aller grossir la terre d’une dernière montagne de clarté

….

et je peux voir a ton poignet les pas

que ta vie fait pour venir jusqu’à moi.

Au -delà de mes mains refermées sur toi, au-delà de ce baiser qui nous dénude, au-delà du dernier mot que tu viens de dire, il y a le désir que nous tenons vivant
contre nous.

Il y a la vie des autres qui remonte de la ville sans pouvoir aller plus loin que la porte derrière laquelle les murs écoutent à notre place le bruit que le cœur des hommes
fait dans la rue.

Tu dépasses les herbes

de quelques hauteurs de soleil.

Je te sens à peine bien que je sois sur toi

comme sur la pointe la plus aiguë d’une montagne.

Tu es entière contre chacune de mes mains, tu es entière sous mes paupières,

tu es entière de mes pieds à ma tête, tu es seule entre le monde et moi.

Le soleil reste sur ta bouche à la place où miroite encore un baiser.
Ton visage lui appartient mais il me le rend pour des nuits plus longues que ma vie.

Ton corps pour lequel je m’éveille s’éclaire plus vite que le jour parce que le soleil surgit à toutes les places où il y a des cailloux à pétrir.

Les forêts se dénudent pour lui dans le secret de leurs clairières mais c’est sur ta gorge qu’il fait pousser ses plus beaux fruits.

La terre lui présente une à une

ses vallées les plus riches,

mais c’est sur ton ventre qu’il s’arrête,

simple bouquet de flammes.

Le toit des villages est posé sur la terre et les prés fuient de toutes parts autour des murs blancs qui avancent d’une maison par siècle.

Je pense à l’étonnement de ton ventre qui regarde toujours mon désir pour la première
Je pense aux forêts que nous faisons tomber quand ma chair mûrit dans la tienne.

Je pense à la hauteur de l’été

sur la poussière des routes,

au ruisseau qui s’arrête un instant de couler

pour mieux s’éblouir de la nudité de la lumière.

A rester debout dans ce pays démesuré de clarté, je sens que je n’ai pas asse de poumons pour retenir la vie qui vient vers moi à la façon dont ton corps vient vers le
mien.

Lucien Becker

 

Illustration:  Egon Schiele

MA BELLE OUVERTE


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MA BELLE OUVERTE

En lisière d’une stase obligée

je me tourne vers l’esplanade de ton corps

un murmure de colonne en enfilade

la fraise de tes seins

dressée pour perspective

au sommet de mon désir

Niala-Loisobleu – 14/04/18

 

MA BELLE OUVERTE

Ma belle ouverte en majuscule
Je sens
La nuit courir sous mes doigts
Ils crient devant toi gesticulent
Et ciel
Je veux mourir dans tes bras

Toi ni jalouse ni méchante
Je peux
Presque tout dire sur toi
Je te fais l’amour je te vante
Oui mais
Je parle d’autres parfois

J’ai au creux des mains les images
Qui font
Que mes accords sont brisés
Merci pour chacun des orages
Que je
Fais sur ton dos de damnée

Je dis ce que je ne dis pas
Le jour
En toi se tue la censure
Je suis l’amour j’ai tous les droits
Ma vieille
Je l’aime oh oui je le jure

Ma belle ouverte aux amertumes
Comme aux
Sentiers de sang sentiers d’or
Je crache un peu sur ton écume
Enfin
Je vois ce que voient les morts

Je te trahis tu m’abandonnes
Et femme
Je me noie dans tes brouillards
C’est grâce à toi que je me donne
A tous
A la fin de toute histoire

Et tant qu’aux néons de tes anges
Tout seul
J’irai me crever les yeux
De toutes les morts qui dérangent
Je ne
Craindrai que la mort des feux

A ce feu qui met en lumière
Les cœurs
Les cris les vœux défendus
Je voudrais faire une prière
Et dire
Merci de m’avoir tenu

L.L.P Louis Lucien Pascal

 

Illustration: Peinture d’Egon Schiele

 

« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »


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« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »

1er septembre 1911

Tout ce qui est sorti de ma main ces deux ou trois dernières années, qu’il s’agisse de peinture, de dessin ou d’écriture, est censé « engager l’avenir ». Jusqu’à présent, je n’ai rien fait d’autre que de donner, et m’en trouve si enrichi que je suis obligé de continuer à faire don de moi-même. Si l’artiste aime son art par-dessus tout, il doit être capable de laisser choir son meilleur ami lui-même. Pourquoi suis-je resté loin de vous ? Certains, je le sais, donnent une réponse injuste à cette question, et vous devez croire que je fais la mauvaise tête. En réalité, je tâche de résister à toutes les agressions de la vie. J’aspire à tout connaître par expérience ; pour y parvenir, il faut que je sois seul, je n’ai pas le droit de me laisser amollir, mais je dois être dur, en me laissant guider par la seule pensée. — D’ores et déjà, je suis arrivé à différentes choses ; entre autres, certaines de mes peintures se trouvent à Hagen, en Westphalie, au musée Folkwang, ou chez Cassirer [un propriétaire de galerie] à Berlin, etc., ce qui me laisse froid, du reste. — Je sais que j’ai fait d’énormes progrès sur le plan artistique, je me suis enrichi de mille expériences, ai lutté sans trêve contre l’art « commercial ». […] Le peu que j’ai appris de psychologie au contact des « réalités » me permet d’affirmer ceci : les petits sont vaniteux, et trop petits pour pouvoir connaître la fierté, et les grands sont trop grands pour pouvoir être vaniteux. […] La chose la plus précieuse à mes yeux, c’est ma propre grandeur. — Suivent quelques aphorismes de mon cru :

Aussi longtemps qu’existent les éléments, la mort absolue sera impossible.

Qui n’est pas affamé d’art est proche de la décrépitude.

Seuls les esprits bornés rient de l’effet produit par une œuvre d’art.

Portez votre regard à l’intérieur de l’œuvre d’art, si vous en êtes capable.

Une œuvre d’art n’a pas de prix ; pourtant, elle peut être acquise.

Il est certain qu’au fond, les Grands étaient des hommes bons.

J’ai plaisir à le constater, ils sont rares, ceux-là qui ont le sens de l’art. — Signe constat de la présence du divin dans l’art.

Les artistes vivront éternellement.

Je sais qu’il n’existe pas d’art moderne, mais seulement un art, — qui est éternel.

Si quelqu’un demande qu’on lui explique une œuvre d’art, ce n’est pas la peine de répondre à son vœu : il est trop borné pour comprendre.

Je peins la lumière qui émane de tous les corps.

L’œuvre d’art érotique, elle aussi, a un caractère sacré !

J’irai si loin qu’on sera saisi d’effroi devant chacune de mes œuvres d’art « vivant ».

Le véritable amateur d’art doit avoir l’ambition de pouvoir détenir en sa possession aussi bien l’œuvre d’art la plus ancienne, que la plus moderne.

Une unique œuvre d’art « vivant » suffit à assurer l’immortalité à un artiste.

Les artistes sont si riches, qu’ils doivent se donner sans trêve ni relâche.

L’art ne saurait être utilitaire.

Mes tableaux devront être placés dans des édifices semblables à des temples.

 

 Egon Schiele

 

Aussi longtemps que l’ignorance de l’amour me crucifiera dans son arène, tête basse et cape d’épais coeur, j’irai nu, tel, authentique, lance en érection à la Femme, portant tête hôte, mes couleurs sans non d’emprunt – pantomimes allumeuses – que le lapin se doigte l’amor dans l’âme à l’ombre chinoise d’un théâtre scatophage…

Sans abdiquer

juvénile maturité, élan spontané, flair sauvage planté dans le boisé odoriférant de la yourte que l’homme moitié cheval que je suis chevauche à cru…

Egon se le dise…

 

Niala-Loisobleu – 1er Février 2018

 

Egon-Schiele-Sitzende-Frau-in-violetten-Strümpfen-1917-©Courtesy-Richard-Nagy-Ltd.-London