La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Dans quelques jours va s’ouvrir un double regard sur ce que tu m’as permis de faire par une double exposition de mon oeuvre à Cognac et Châteaubernard
j’ai voulu te rendre hommage au coeur de celle de Châteaubernard
au dernier moment, j’y ai ajouté ce tableau, comme symbole de ton oeuvre à toi, ton travail d’Enseignante à Crouin au Collège Claude Bouche
En ce temps qui nous échappe par tous les bords, tu n’as pas failli, comme ce qui ce passe à présent dans la société où tout s’associe à la dégradation climatique
Ton collège, je le connais
pour t’y avoir rejoint assez souvent, aussi il me semble que c’est la place pour donner sa cimaise à cette oeuvre qui amarre l’espoir que l’enseignement garde comme à défendre par tous les moyens.
certains n’hésitent pas à foutre le cul de certaines dames en vitrine
j’enguirlande pas ma réaction pour m’excuser d’avoir agi comme je l’ai fait
le temps que j’ai passé à chercher à retrouver tous mes enfants, m’a instruit sur la façon d’opérer
à présent que j’ai 90 ans, vouloir me faire croire que je dois prendre en compte leur sensibilité, me blesse car il me semble que la mienne mérite d’être prioritaire
J’ai maintenant l’âge où le soir quand je me couche je ne peux pas savoir si je me réveillerai le matin
je fais rien pour mourir
au contraire
seulement j’agis lucide
en fonction de mes critères
Depuis le décès de mon épouse, il se passe un retour extraordinaire, par la venue d’un évènement qui va tendre à m’immortaliser en quelque sorte
Et ceci grâce à un de mes fils et de son son épouse.Je souhaite rien d’autre depuis 54 ans de retrouver mes 3 enfants. En envoyant une dernière lettre aux deux absents, je n’oubliais absolument pas celui qui est présent
Il est là, lui et doublement par sa merveilleuse et prodigieuse femme
Alors Cécile, tu te trompes je n’ai pas oublié Patrice
L’incompréhension j’en ai par-dessus la casquette, il faut que je sorte de ce sytème
Dans mon histoire comme dans la leur, je suis plus qu’adulte et agis comme tel
Il me faut vider ce ressenti, à ma manière, pour penser avoir été au bout sans savoir quel en sera le résultat
Mon état physique exige que je quitte l’étage de ma maison pour vivre au rez-de-chaussée
Une Assistance-Sociale chargée de me suivre me fait déposer une demande d’aide en spécifiant que je ne dois pas engager de travaux avant d’avoir reçu la réponse
Les mois passent
l’escalier devient un peu plus dangereux chaque jour
Hier la réponse arrive
« VOTRE DEMANDE EST REJETEE EN RAISON DU LIEU OU VOUS HABITEZ
Dans l’extraction du temps passent ces moments où le monde s’engouffre en désordre
C’est Noël et je suis seul
le port lui, n’est allé nulle part ailleurs
il est là cernant de ses quais sa flotille amarrée
les oiseaux se sont tus, les portes se sont refermées sur ce qu’il ne faut pas perdre, les fêtards se sont rassemblés où bon leur a semblé, j’ai juste sorti ma première orange de circonstance de l’album du souvenir d’enfance
Pas de sapin
pas de cheminée et pas de sabots
le bruit est resté loin dehors
Dedans les images éparses de Noëls ayant eu lieu, avec des petits-enfants dedans sont passés en courant, je suis resté tout le temps seul avec Jacqueline
curieusement réunis dans notre dernier voyage plein de cette légende bretonne qui est ancrée à la pierre
A travers les grandes forêts, ce qui est sorti des fontaines ne tirait pas à lui de machines singulières faites pour la guerre
les côtes appuyaient à leur rivage les vieilles coques des chalutiers usés au bord de la Chapelle où s’accroche la mémoire des péris en mer
A travers les monts
nous avons regardé le temps dans ses pierres plantées à même le sol, puis plus loin dans les enclos paroissiaux, sans nous étonner de l’impression ressentie, pris tout entier dans la force du mystère ésotérique que la foi rassemble au bon endroit sans s’inquiéter de croire à la religion qui n’a pu nous convaincre
La vie n’a pas besoin du dogme pour s’établir
il lui faut juste de l’amour à la base
Et là, ma solitude m’a servi ce qui ne pouvait pas me faire douter, dans l’aigreur des plats qui sont passés, le miel des abeilles m’a sauvé de la méprise
De loin d’ici, ou plus près deux messages m’ont assurés qu’il y avait bien du bleu dans ma toile
Je terminerai donc ce jour sans répondre, je vais peindre en merci pour leur dire « Je vous aime… »
Tu sais combien je déteste Noël depuis qu’en me volant mes enfants, leur mère m’a insurgé contre l’usage qui est fait de la vérité. J’ai du mal à supporter ce temps sans toi, ma peine à tenir debout m’afflige, aujourd’hui Michèle en déjeunant avec moi m’a dit ce que représente l’oeuvre que je m’apprête à exposer à Châteaubernard. Cet hommage que je t’ai rendu durant 39 années, pour t’être incarnée en dehors des normes qui nous gouvernent. A l’approche du vernissage, je me sens plongé dans le dérapage du monde, pour avoir fui la gloire et pas transiger sur ce choix
Je ne sais pas où part le monde. Je vois juste qu’il se joue la comédie, jamais de face, toujours selon la loi du nombre. J’ai mis mon art au milieu, jamais en dehors, comme un devoir naturel
Que cela éclaire sans tricher
Et je ne fais qu’en voir qui suivent aveuglément ce parcours délétère en se détruisant après s’être adulés au-delà du bien-fondé
La vie n’est pas un vedettariat à gagner mais un rôle à jouer.
L’estuaire bat de yeux dans la nuit où la source raccroche sa clef au portail
Les pavés n’ont pas barricadé le prochain passage, la cloche du départ s’agite à la potence du quai
Dans les couleurs de ce pavois que le vent brasse à l’entrée du port, la silhouette qui encadre le seuil de sa présence est revêtue des signes distinctifs de son genre
Le chant d’un accordéon passe par la porte du restaurant qui, en dehors de la ville, est amarré au fleuve au milieu du bois. Le roi qui y goûtait sa tranquillité réputée, reste historiquement lié à la Renaissance
Tout un symbole
Des voix portent les plats loin de la table
Ce soir on garde du passé ce qu’il a eu de meilleur pour passer le pont, le rite y tient en tous points, pas de place au hasard, c’est écrit sur l’invitation
Que du silence qui parle chacun son tour à la fin d’une fine écoute.
AU LONG DES RUES, LES ARBRES RACINERONT MON ETAT D’ESPRIT SANS L’OMBRE D’UN DOUTE
S’il était une foi qui fit beaucoup d’enfants et s’en trouva très heureuse
ce fut bien la mienne, dit le Peintre
en tenant son cheval par la bride cet après-midi du 21 Novembre 2023
La photo qu’avait prise son ami Alberto Muro dans l’Atelier du Duodénaire venait de rejoindre les services municipaux de communication, pour la confection de l’affiche destinée aux sucettes et abri-bus de la double exposition Niala en 2024 à Cognac et Châteaubernard
Le temps tenu à pleines-mains vibre éternellement
les feuilles mortes ça n’existe pas sur le persistant
la forêt humaine s’est étendue sans ravages
elle vient là passer le relais
une idée de poursuite, un besoin d’assurer, le développement du tronc
le train têtant aux traverses du rail, mis en gare avec ses voyageurs de plaisir
d’une longue traversée
Le long fleuve qui boit la mer la bouche ouverte prépare à l’étiage régulé, la boîte de peinture et le chevalet sur le pont de la prochaine aube …
Nom d’artiste d’Alain DENEFLE, ce pseudonyme relia de façon indélébile Jacqueline Bonnin épouse Denèfle au peintre durant leur épisode primordial charentais qui dura 39 années
En se rencontrant en 1979, ils ne savaient pas combien leurs exixtences allaient se souder autour de celle de Francisco de Goya, génie et énigme, précurseur de la peinture moderne espagnol, tant au plan professionnel que privé
Jacqueline est professeur d’espagnol, elle habite à Jarnouzeau, près de Cognac, avec ses deux toutes petites- filles
lui, Alain a quitté Paris en 70, après une sombre rupture où il laisse trois fils soustraits par son ex femme. De Royan, La Rochelle et St-Jean d’Angely, il finira par s’installer à Jarnouzeau
Commence alors une association amoureuse entre Alain et Jacqueline sur Francisco de Goya
Expositions, conférences, interventions scolaires au Collège où professe Jacqueline, et avec Inaki, peintre-sculpteur de Saragosse, le tout sous l’égide de La Casa de Goya de Bordeaux donneront lieu durant quelques années à renforcer de solides échanges culturels
I982 et sa crue du siècle anéantit maison et oeuvres
Le travail de reconstruction du peintre pour sortir de ce drame est considérable. Jacqueline décide alors d’assumer seule l’entretien matériel du ménage et ouvre le statut professionnel à Alain
Cette preuve d’amour, l’artiste que je suis est seul à pouvoir en connaître l’étendue de gratitude
Ils se marieront en 1984
Jamais durant les 39 années de mariage qui suivront , je ne connus de changement à cette totale fusion artistique
La vie a ses erreurs de jugement sans qu’il n’y ait que de fausses interprétations qu’un manque réel de connaissance de ce qu’est l’amour, entraîne. La sottise pour sa part est le ciment d’effondrements de conduite
Jacqueline, entre nous le fond n’a jamais été changé, les apparences restent des apparences
Ses enfants ont suivi de fausses routes qui les ont mené là où nous n’étions pas. Comme mon ex a fait fourbement
Aujourd’hui mon fils Patrice et sa femme Cécile, oeuvrent pour la création d’une Fondation Niala pour sauvegarder notre oeuvre
Je ne sais si le temps me sera donné pour la voir célébrée, sachez seulement que je leur ai donné mon aval à la seule condition que Jacqueline et mes fils y soient associés
le grand-hall n’arrête pas de modifier l’inconnue limite
J’ai du mal à m’extraire du chant des oiseaux
un labyrinthe avale le nom des essences
jusqu’à la porte de la chambre
J’entre
sens ma gorge se serrer
l’appareil photographique de mes yeux part en rafales
chercher ce qui transpire d’une vie qui reste encore
Elle a accès en partie à ce que nous ignorions jusqu’à il n’y a pas une heure
l’air me manque, je sens une opposition qui m’est faite par désir de m’évincer, ce calme qui laisse dissimuler sa peur est visible par la douleur du mal, quelle petitesse cette volonté d’amour de dernière minute d’êtres qui ignoraient qu’elle leur avait donné jour, alors que 39 ans de partage n’avaient rien écorné entre nous par les refus, les enguelades, bien trop axés sur l’accord de l’art de faire vivre
Pour la première fois on nous sépare
Voila le temps qui avance
aujourd’hui ce que j’ai peint est moins que jamais pour plaire
j’ai donné corps à la dernière image
ce cri qu’elle a poussé en descendant l’allée du jardin, serrant ma main, pour être mise dans l’ambulance l’emmenant mourir
Elle est mon jardin, fertile, dans ce monde où tout est faux, à commencer par la façon d’aimer des Hommes, mon soleil persistant , vrai sans esbroufe, ma peinture majuscule, qui ne se cache pas pour dire Infiniment…
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