La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
les circonstances peuvent être tellement mal disposées que la clarté n’est plus
il est devenu impossible de jurer sans se tourner en son âme et conscience pour qu’une vérité en éclate
La difficulté que cette oeuvre a renconté montre le côté majeur du passage
les feuilles tombent
la nature s’enflamme
sous l’aspect de mort, une naissance se cache
Du sang neuf veut irriguer les veines de l’Arbre pour quitter la stase d’un chemin n’aboutissant à rien
Je suis malade, mais mieux d’avoir réussi à l’amener au bout ce tableau, comme s’il devait être le dernier, il laisse dire que l’espoir ne m’aura jamais quitté
Automne porte cet enfant à terme
la nuit est devenue moins rêveuse mais sans que la médiocrité mette la Beauté en danger
les hirondelles sont parties, la grue en se posant dans la clairière donne une couleur de brame à la végétation.
Voilà bien longtemps que ces oiseaux blancs avaient quitté ma rive
au bout de son parcours pas toujours tranquille, le fleuve approche de son estuaire
solitaire contre son gré
lunatique le climat est mouvant au point d’être devenu cyclotymique
Tournant le regard vers le cocotier, le petit-peintre aspire a rejoindre le passage du col, une pensée émue pour Annibal
ce n’est pas parce que les légions marchent sur la tête qu’il faut se préparer à se jeter par une fenêtre de l’Acropole
depuis celles qui donnent sur la terrasse du jardin suspendu, le panorama démontre que les gagnants qui s’en vantent ont bien plus du battu au point d’horizon
L’émergence bleue est bien là en attente
Je me suis glissé par ta robe déboutonnée pour toucher la preuve du doigt
mordu, mais pas par une sale bête
j’ai pu de la main-gauche signer le premier né en voyant mon âme sortir au coin vers l’étoile-danseuse, l’écuyère du cheval.
A part la tournée du plus grand chapiteau s’installant au gré du paysage parfois changeant, avecses personnages de clowns blancs et Augustes,
Ernesto jamais en reste dans la ménagerie humaine
Au bout du conte passe les trains de nuit qui s’arrêtent sans hasard dans certaines gares où un bagage est sur un banc de la salle d’attente
Il est étonnant de sentir cette parenté de résidence avec la Seine et ce Quai aux Fleurs comme un havre qui protège. Les oiseaux, Prévert a pris garde d’en ouvrir toutes leurs cages et les Beaux-Arts en bons voisins ont redessiné leurs perchoirs à travers le monde
Au départ, dès l’adolescence, la Muse a établi ses quartiers au centre de ma philosophie
dans la Rive Gauche en compagnie de libres-penseurs, autoroute vers l’humanisme qui n’a que l’amour pour concept.
Absolu qui s’est corrigé depuis que Jacqueline est allée jouer avec les anges en se concentrant sur le fond des choses
Le bout se montre 30 ans après la première Immatérialité Bleue
Et mon avenir se détache sans regrets de cette société qui ne se cherche plus, perdue qu’elle est dans sa propre érision
l’idéal étant chose morte
je place le mien à l’abri dans mes villages aux petites maisons blanches, rasséréné par le chemin suivi
Une Muse postée au coeur du bois m’attend
ma Gardienne
source de la fontaine au centre de la grande clairière.
Sorti de la pression présente, deux instruments – mon coeur et mon ventre – jouent en moi, de haut en bas, de gauche à droite, unanimement. La scène se plante comme sortie du sol. Minéral gisement végétal. Pigment indien, crottin de cheval, ossements débarrassés de la table d’un grand fauve. Les serpents ont été rendus à Noé. Il reste tout des temples dans les ruines du temps, sauf les dieux. Ne mettre de confluents qu’en mer. Arrosoir, un homme et une femme restent les fruits originels. Tant d’oiseaux pour des villages blancs nichent leurs couleurs. Sans marchand, des fleurs à la bordure des trottoirs. Pas de vitrines, mais des tréteaux pour des comédiens releveurs d’injustice…
C’est mon rêve
ça n’existe pas dans les propositions de n’importe quel marchand de sommeil
Les seins de Jacqueline sont pas raplatis, ils passent au-dessus des tailles
Quand ça me tire dans le dos de cette façon là, pareil format, je sens une force surhumaine connectée aux fibres de l’amour, m’envahir. Je suis accroché à l’onirisme de mes Maîtres et forgé à un ésotérisme libertaire qui me propulse au sommet de jardins suspendus.
Du dernier atelier collé à la maison (entrée à l’origine) on voit ce 22 Juin 2024 s’apprêter à allumer son feu de St-Jean. Bien qu’il pleuve suivant le pli pris des dernières habitudes, me voici pris d’un soleil à la signification ésotérique
Je vois les 30 dernières années passées à aimer peindre et écrire dans cette maison sur La Chaume de Boutiers-Saint-Trojan – moins bientôt une en moins avec Jacqueline – elle a rejoint l’éternelle cosmogonie universelle le 13 Juillet 23
Inspiration fulgurante, pour laquelle je commande à mon fournisseur la plus grande toile du marché, un 120 F 195X130. Pas touché à ce format depuis 1988 pour l’oeuvre « IMMATERIALITE BLEUE »
Chateaubernard 2024 – « Immatérialité bleue » (le grand le plus bas)
Le gros sel que la mer m’a transfusé il y aura 91 ans en Novembre, cône au marais comme une meuh couchée le long de la voie. L’histoire déborde. Le dernier tableau a l’âge pour venir au monde. Mais je peins sans intention de cesser. Juste animé par une mémoire qui a envie d’ajouter sans que se perdent les mots-peints, le chien qui flaire la trace, les seins dodus, aréoles débordantes aux bouches-ouvertes
Les écluses transcendantes à quai. avec des toits sans fumées où les oiseaux souchent. Le zinc parisien est un lieu de rencontres que la tige de botte romaine des Charentes a complété haut-la-main.
Le bac à sable illimité, des sacs de billes affranchis des déportations racistes, des cerfs-volants au bout de la ligne de vie, roule ma Poule. Devance le chambardement qui s’annonce, peins-le ce tableau-là en te faisant un des auteurs visionnaires du changement !..
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