La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Cadaques se cire les moustaches entre les rochers de la Costa Brava
pendant qu’à Paris, Grindel combat sa douleur en trempant sa plume dans l’espoir d’un amour sauvé des eaux.
Un gamin s’est égaré du voyage scolaire
Jackie
ratisse les Ramblas sous l’oeil du mime blanc
Je suis là à regarder les dégâts tempête à la suite de l’autre en me demandant comment je peux peindre en pareil état
Être peintre ça ressemble à faire enseignant, on a passé une vie ensemble à courser des mômes à l’oignon sans qu’un brin de reconnaissance sorte d’une réunion de parents
Jackie comment c’est là où tu t’elèves au gré des vents ?
Je sais pas ce qui restera ici quand le cheval noir viendra me charger sur son dos
Tout déménage sans savoir où aller
On trouve maintenant plus de ses arbres chez les voisins que dans les forêts et de bateaux sur les routes que de tuiles sur les toits
Jackie
Ton jardin tourne la tête dans tous les sens, il demande partout si quelqu’un t’a vu, je pense que seuls les oiseaux profiteront du non-élagage, en sachant toujours où se trouve le cerisier dans cette foison végétale…
pour l’étaler au lin magistral de la Vie Universelle
en créant la
FONDATION NIALA
(Alain et Jacqueline)
.
Dans leur loge, les Epoques ne se maquillent pas
elles se préparent telles qu’elles
à entrer en scène en direct de leur provenance
attelées au même cheval
en une dernière représentation
DU 15 JANVIER AU 15 FEVRIER 2024
à CHATEAUBERNARD
et à une autre date à COGNAC
si la Ville en décide dans son Hotel-de-Ville
Autour de l’Atelier, des enfants jouent dans ma tête une longue histoire sans paroles, plus vide qu’un fruit sans noyau, qui refuse de mourir sans qu’on lui ait rendue-justice
Que serait une vie sans ses « hier à aujourd’hui » bien amarrée au remorqueur en son train de péniches qui va débarquer son contenu aux prochains demains ?
je m’assieds face à tout ce que mon moi-intime vît
et me retrouve dans l’image développée du vieux toro
J’entends la trompette qui ouvre l’arène
il pleut, mais le soleil de ma tête est brillant comme un costume de torero
J’ai fait pas mal de choses dans mon existence
mais au bord d’en sortir
de voir le programme qui m’attend
je pourrais halluciner
Carole a vidé la petite véranda ce matin pour tout me faire vivre de plain-pied
quelle présence pour moi m’apporte cette femme généreuse
puis mon peintre Anthony changera la grande véranda en chambre et salle-d’eau
c’est du rêve qu’on touche à pleines mains des êtres comme ça
Marylène elle
elle me réserve les 3 salles de Chateaubernard du 15 Janvier au 15 Février 2024 pour l’expo retraçante qui annoncera la création de la FONDATION NIALA (Jacqueline et Alain Denèfle)
Tu vois plus la mesquinerie apparaître
la sorcière décroche le pendu
on est tout entier dans l’humanité vraie
de penser que tu es seul n’est plus possible
Merci Cécile, merci Patrice
S’y ajoutent les deux autres
plus des petits-enfants
je marche alors avec mes jambes
ça fait si longtemps que j’ai perdu le granit rose que je revois le sentier des Douaniers promener ses têtes dans le grondement des vagues
Pablo ça t’explique pourquoi je me sens Mousquetaire avec la Femme
Les yeux séparés des jambes vu le manque de connaissances du temps qui reste, oser entreprendre pareil ouvrage, peut paraître considérablement inconscient. Tout ce monde à rassembler autour de LA DERNIERE PAGE pour la rendre en tous points conforme au souhait qui a présidé à l’idée de Fondation pour sauvegarder l’oeuvre est colossale
Entre les murs qui les portent, je regarde mes possibilités au contact de mes tableaux
Raccourcir tous les efforts en allongeant le temps , quelle drôle de métaphore, mais c’est bien la vraie à trouver
Carole dans son rôle ne cesse pas de participer au- delà de sa fonction d’aide-ménagère. Ce matin elle m’a proposé d’intégrer la petite véranda qui sert d’entrée en la débarrassant pour en faire l’atelier du présent
Ce fût mon premier atelier, et à l’idée de regrouper tout le rez-de-chaussée de la maison j’éprouve une jeunesse utile à l’oeuvre lancée
Dans cet espace où il faut intégrer la distance dans la proximité, l’aventure exalte ce qui sans elle deviendrait sinistre
Si cette Fondation se fait comme désiré, non seulement mon oeuvre sera sauvegardé, mais je partirai en ayant vaincu l’injustice en ayant réuni mes enfants après une séparation de 53 ans élaborée de toutes pièces
L’inspiration ne m’a jamais parue aussi constructive !
je choisis la contrebande à cette nouvelle-frontière
pour passer ce que mes rêves n’ont dérobé à personne
En jarres pleines de son derme à ELLE sans perdre un pétale et rester fort dans le deuil en escale d’une montée à dos d’éléphant vers la Ville Bleue
un marché flottant
un arbre où dort l’enfant mort-né
un temple qui s’étale au soleil-couchant
des chats qui sautent sur le pont de l’île aux bonzes pour aboutir
à la fondation Niala où les enfants viendront NOUS dire en espagnol :
L’Enfant Stanton
de
federico garcia lorca
Niala-Loisobleu.
23 Septembre 2023
– Do you like me ? – Yes, and you ? – Yes, yes.
Quand je suis seul il me reste encore tes dix ans, les trois chevaux aveugles, tes quinze visages avec le visage du coup de caillou et les petites fièvres glacées sur les feuilles du maïs. Stanton, mon fils, Stanton. À minuit le cancer sortait dans les couloirs et parlait aux escargots vides des documents, le très vif cancer plein de nuées et de thermomètres avec son chaste désir de pomme pour que le piquent les rossignols.
Dans la maison où il n’y a pas de cancer les murs blancs se brisent dans le délire de l’astronomie et dans les étables les plus petites et sur les croix des forêts brille de longues années la lueur de la brûlure. Ma douleur saignait le long des après-midi quand tes yeux étaient deux murs, quand tes mains étaient deux pays et mon corps rumeur de l’herbe. Mon agonie cherchait son vêtement, poussiéreuse, mordue par les chiens, et tu l’accompagnas sans trembler jusqu’à la porte de l’eau sombre. O mon Stanton, idiot et beau parmi les animaux tout petits, avec ta mère fracturée par les forgerons du village, avec un frère sous les arcades, un autre mangé par les fourmilières, et le cancer sans barbelés, qui palpite dans les chambres ! Il y a des nourrices qui donnent aux enfants des rivières de mousse et une amertume debout, et quelques négresses montent aux étages pour distribuer un filtre de rat. Car il est vrai que les gens veulent jeter les colombes aux égouts et je sais ce qu’espèrent ceux qui dans la rue nous pressent soudain le bout des doigts.
Ton ignorance est une montagne de lions, Stanton. Le jour où le cancer t’a fouetté, t’a craché au dortoir où les hôtes moururent d’épidémie, a ouvert sa rose brisée de vitres sèches et de mains molles pour éclabousser de boue les pupilles de ceux qui naviguent, tu as cherché dans l’herbe mon agonie, mon agonie aux fleurs de terreur, tandis que l’aigre cancer muet qui veut coucher avec toi pulvérisait des paysages rouges sur les draps d’amertume, et mettait sur les cercueils des arbrisseaux d’acide borique. Stanton, va-t’en à la forêt avec ses harpes juives, va-t’en apprendre des paroles célestes qui dorment aux troncs des arbres, dans les nuages, les tortues, les iris sans sommeil et les eaux sans reflet, afin d’apprendre, mon fils, ce que ton peuple oublie. Quand commencera le tumulte de la guerre je laisserai au bureau un morceau de fromage pour ton chien. Tes dix seront les feuilles sur l’épaule de mon petit jour. Et moi, Stanton, moi seul, oublié, tes visages fanés sur ma bouche, je pénétrerai à grands cris les vertes statues de la Malaria.
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