GARE-CENTRALE


GARE-CENTRALE

Du triage l’aiguilleur assemble le départ du voyage

tampons en traverses

boogie-woogie en transes le long des hanches

Pas de marchandises que des wagons-couchettes à couloir de l’amor

Sur le porte-bagage les fesses aux pédales traversent les pas perdus

et frauduleuses consignes

pour redonner aux meuhs le mouvement du passage librement amoureux

pis allées et venues

Sur la locomotive l’oiseau siffle comme un merle perché aux cerises

du wagon-bar on amène le rafraîchissement d’un changement profilé malgré l’abstention marquée

Sur la plage désabusés les lâches du civisme jouent à qui perd gagne la claque méritée sur le pif

Nous debout, le cheval sort le petit corbillard de la condamnation royale

La France ne marchera jamais au pas du con finement en embuscade.

Niala-Loisobleu – 21 Juin 2021

L’ACCORD MATINAL


L’ACCORD MATINAL

De l’enfance ou bien de la vieillesse, je ne saurais affirmer de qui le matin tient cette vision défaite de la plus petite intention malveillante. A moins que le machinal bonjour comme le « ça va » de la poignée de main mécanique se remontent avec le coucher de lune ? Durant la minute qui précède, ce temps court est l’unique no man’s land avant que les canons se lèvent

Douceur si angélique que c’est peut-être à cause d’elle que ça vire à l’aigre

L’ange est un composé hybride d’amour et de haine, une aile à droite, une autre à gauche et l’aqueux aux extrêmes

Comme en politique

Rien qui vaille d’être pris pour argent comptant

Pourtant on y repique chaque matin comme on entre sa main dans le gant de toilette pour se faire propre

On ne réglera ce dysfonctionnement que le jour où le coq aura traversé la terre sous les roues d’une guère d’étoiles

Me voici en haut des tours, un signe symbolique majeur

Telle Anne, sur mon rempart (il faut dire que je n’y étais jamais autant monté que depuis la semaine qui s’écoule) je scrute et voit la ligne de flottaison de l’horizon onduler

Un changement qui pourrait s’avérer majeur s’opère

Il montre un vent favorable du côté qui me permet de m’exprimer, signe de renaissance ?

Comme il n’y a jamais de hasard, François 1er m’aurait invité à partager un vers à la Toison d’Or ce petit bouchon installé dans une rue sympa de l’Histoire

Mon cheval et sa guitare y sautent le mosaïque pavé…

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2021

DOS A DO


DOS A DO

Les marches étirent la perspective ouverte des escaliers sur l’illimité du large

Calme est la mer au bord de sa volée principale

L’ombre dans sa diagonale montre le doigt qui ne précède pas

J’ai laissé mon mauvais côté pétrifié au sein du chant des mines désagréables pour le diapason

Quand je suis allé ouvrir l’atelier La Chaume en sortant du lit me tendait ses seins avec son ventre herbu tout découvert pour que je sache quelle Femme je devais peindre tout à l’heure. La vertu qui ne se met pas en devanture comme un produit. La fondation du puits

Le cintre porté par les colonnes en mettant la rue en arcades tient la plume à l’abri des coulures d’ancre.

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2021

ROUES A AUBE


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ROUES A AUBE

La fatigue installe la vanne motrice du courant

elle psalmodie le ton rabattu de la voie morne

et ouvre l’écluse du large en étranglant le psaume à la manivelle

Dans les corps appesantis les battements de pieds du fil déplacent l’inerte marigot

le lion mordu par la lionne

éléphante in la défense non passive felouque

L’arc retend la corde de sa mémoire refusant la rancune suicidaire, lâche sa flèche trop longtemps retenue

du passé meurtri par le piétinement sur-place qui foule et jaunit, l’herbe hisse la tête en alpage montant le son des clochettes en feuillets serrés.

Niala-Loisobleu – 8 Mars 2021

TROU D’ORGUES


TROU D’ORGUES

Dans la compagnie des petits-animaux emmenés en sortie du coffre-à-jouets

et derrière les palmiers d’un échappement-libre qui traverse le vil

l’enfant paraît

Le temps d’un frisson tombe à la couronne des je nous

Un turban de ris

rouge et qui m’ose

j’attrape le Mickey par l’aqueux

sang manège aux Tuileries

Bête aux veines , rut de poésie, sourd aux non-dits.

Niala-Loisobleu – 6 Février 2021

EN BOUCLE D’ASCENSEUR


EN BOUCLE D’ASCENSEUR

La noria de la pensée monte et descend

sauts dans le vide, tout autant poussés que plongeant d’eux-mêmes

Glissements répétés de la cage retenue par l’araignée à bouts de fils

à travers les corps à à corps de l’accordéon-musette l’archet tzigane verse les sanglots longs des violons

7ème ciel du Bonheur des Dame à bout des doigts de l’home

soies vaporeuses oeil retenu au trou de dentelle

shorty de secours sur un vertige balconnet

pour l’alcôve le permis de construire est en attente d’obtention

les soldes sont au rayon bricolage dernier sous-sol au-dessus des bretelles.

Niala-Loisobleu – 28 Février 2021

CHAN CHAN


Scène De Rue Dans La Vieille Havane Banque D'Images Et Photos ...

CHAN CHAN

Du haut des palmes sans médailles

là où la vague lèche la peau du rivage

je suis milliardaire de toi

embrasse-moi mojito

fais-toi rhum citron-vert

et menthe à lô

s’ils tuent le monde

je déclare avoir ta vie blanche comme les dents d’un enfant

et jure  être comblé au-delà d’une utopie politique…

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2020