TU ONDES


TU ONDES

Du centre au bord ton onde propage

Lune poussant l’autre

Génération spontanée de l’iris

Où ne passe que le ciel clair d’un éteint global

Et au sein d’un silence avaloir

Le battement de tes allées-et-venues passe étalant une couleur vive de tous ses poils

La vie est admirable

Le canard glisse comme de l’eau sur ses plumes en un jeu de miroirs.

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2020

TOUJOURS L’AMOUR


TOUJOURS L’AMOUR

Sous les lueurs des plantes rares

les joues roses des cerisiers

les diamants de la distance

Et les perles dont elle se pare

Sous les lustres des flaques tièdes

A travers la campagne hachée

A travers les sommeils tranchés

A travers l’eau et les ornières

les pelouses des cimetières

A travers toi

Au bout du monde

Le monde couru pas à pas

Ton amour sous la roue du soir

A peine la force de ce geste de désespoir

A peine l’eau ridée sur le cours de ton sein

Contre le parapet fragile du destin

J’aime ces flocons blancs de la pensée perdue

dans le vent de l’hiver et le printemps mordu

Mon esprit délivré de ces chaînes anciennes

Et que la rouille a dénouées

Pour me serrer plus fort aujourd’hui dans les tiennes.

Pierre Reverdy

DOUCEUR MISE DANS LE PANIER DE CRABE


DOUCEUR MISE DANS LE PANIER DE CRABE

J’en pince

raison suffisante pour pas me laisser prendre

par un dérangement n’ayant rien de commun avec mon ressenti

Le temps peut choisir le côté pourri et nous le contraire

rien qu’à voir l’arrondi de tes seins comment pourrai-je désirer la ligne brisée d’un désaccord

Faisons-nous tout courbe pour lover le bon côté du jour

Comme quoi un nuage peut offrir plus davantage qu’un équarrissage

C’est sourire que je te dis bon jour ma Barbara !

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2020

A CETTE CHAISE D’IMAGE EVOCATRICE


A CETTE CHAISE D’IMAGE EVOCATRICE

La pensée assise sur cette chaise

au gré du chat qui y saute

les yeux étirent un temps qui traîne

émoi sur les mots écrits je tourne ma couleur vive

où l’encre tient comme une mouette qui crie en va-et-vient…

les trous laissent passer une foule de gestes de vie partagée dans l’absence de fumée

Niala-Loisobleu – – 18 Décembre2020

J’AI TROQUE L’AVENUE POUR CE REMPART D’ARBRES


J’AI TROQUE L’AVENUE POUR CE REMPART D’ARBRES

Tu connais le chien pour son caractère semblable au mien

aussi quand je l’ai vu prendre la sortie de ville me suis-je mis la truffe à sa trace

Nous sommes arrivés à une hauteur sous-plafond dépassant la demeure seigneuriale, une seule fenêtre sans limite ne retenait pas une vue à l’oeil tournant, les deux arbres étant chacun la salle commune et la chambre au pied du jardin. Avec juste les légumes qu’on préfère. Déjà salés par la mer accolée

Le chien est sans égal pour construire

Il fait du beau à partir d’un simple je t’aime plein l’échafaudage

Alors j’ai roulé notre bonheur dans le tapis où ton corps s’exprime en toute nudité

Plein d’oiseaux tournent

L’enfant s’est reconnu dans sa simplicité pleine de connaissance et a promis de redormir rassuré

La trêve de garderie libère l’instinct de conservation autrement plus efficacement qu’avec des gestes barrières, c’est la vraie libération dans une passe tellement encombrée que du coup la pompe est repartie

T’as vu le chien il est tout bleu !

Il a même dévissé les fausses ailes de la mécanique infernale pour redonner autonomie au volant.

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2020

TONTE D’AMERS


TONTE D’AMERS

Ce fut tout l’aspect paisible qui émergea en impression lorsque le troupeau quittant l’étable prit le chemin du pâturage

A part la ligne des derniers lampadaires en sortie du village on entendait plus qu’on y voyait sans que rien au contraire n’alarme le balancement des vaches

Et moi devant la marée montante je ne voyais qu’oiseaux joyeux à l’idée de laisser la blouse au vestiaire pour un tant

D’ailleurs ta peau n’avait rien de résigné

Tu partais en étant déjà de retour laissant le masque sans regret

A l’entrée du pré sur une table le pâtre avait posé les colchiques dont il avait nettoyé tes yeux pour n’entendre qu’un soleil à marcher en chantant.

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2020

CARTE-POSTALE


CARTE-POSTALE

Saut de tes mots au titre qui m’embrasse

Tu as posé le palet au bon numéro

Tu me dis Vous

Pour mieux te faire sentir dans l’eau où je nage

Fleur animale te voilà contre

Plus serrée que l’écaille

Au gouvernail du grandir ensemble

Poussés m’aime herbe

L’un dans l’autre

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020

OVALE DE TON CHEMIN


OVALE DE TON CHEMIN

Foison de verticales à l’orée qui peigne pour le ruban

dans les je veux

Tombe le poids mammaire entre prenant

L’oiseau boutonne l’absence d’arête de ta hanche

A sa branche

Au repli du tunnel du cordon laissé marqué par la nage

Arrivée en archipel de l’anémone en bouquet coralien

Quel manteau de cheminées s’ensuit

Mousse d’écume à la plante des pieds d’un autre jour solaire

C’est Noël

Niala-Loisobleu – – 17 Décembre 2020

D’YEUX A LA BOUCHE


D’YEUX A LA BOUCHE

Rosi cet air gris gonfle à la veine

Taire les mots pour dire la vue

Comme d’une rigole de Chaume faire un verger en attente au rendez-vous

Il y a de fortes côtes qui montent en grinçant et des qui penchent en tobogan

Plutôt qu’un mot de vase en bouquet

Te fleuris d’une main qui cherche l’assurance que seul l’amour donne quand la mauvaise eau s’est infiltrée

A l’embarcadère de rivière où la barque est prête

Que cette impression capitale traverse par le milieu des seins pour la moelle épinière.

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020

VOIX DE L’ÂME


VOIX DE L’ÂME

Le frisson de la pierre transperce de cette tessiture qui ne marche que dressée de toute sa flèche

et sans autre poussée que l’onde irréversible qui lui court l’intestin

Par la fenêtre des narines en double-façade les poumons tournés manche-à-air sur le pont suivent l’oiseau parti au-devant pour éclairer le manque de souffle

Comment se peut-il que l’on donne le sentiment d’avoir pris le chemin tordu dans un ciel aussi vaste ?

C’est sur lui que l’oreille se tend pour lancer l’ancre, pas sur le fond glissant d’un sable sans roche

L’épreuve du manque vide la vapeur jusqu’à l’impossible recours de la voile privée de ressort

L’oeuf est plein

Tout tavelé de soleil

On ne peut rien en séparer

Ecoute la voix de l’arbre transmettre la vie par l’organe du vent.

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020