La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Mon Dieu jusqu’au dernier moment Avec ce cœur débile et blême Quand on est l’ombre de soi-même Comment se pourrait-il comment Comment se pourrait-il qu’on aime Ou comment nommer ce tourment
Suffit-il donc que tu paraisses De l’air que te fait rattachant Tes cheveux ce geste touchant Que je renaisse et reconnaisse Un monde habité par le chant Eisa mon amour ma jeunesse
O forte et douce comme un vin Pareille au soleil des fenêtres Tu me rends la caresse d’être Tu me rends la soif et la faim De vivre encore et de connaître Notre histoire jusqu’à la fin
C’est miracle que d’être ensemble Que la lumière sur ta joue Qu’autour de toi le vent se joue Toujours si je te vois je tremble Comme à son premier rendez-vous Un jeune homme qui me ressemble
M’habituer m’habituer
Si je ne le puis qu’on m’en blâme
Peut-on s’habituer aux flammes
Elles vous ont avant tué
Ah crevez-moi les yeux de l’âme
S’ils s’habituaient aux nuées
Pour la première fois ta bouche Pour la première fois ta voix D’une aile à la cime des bois L’arbre frémit jusqu’à la souche C’est toujours la première fois Quand ta robe en passant me touche
Prends ce fruit lourd et palpitant Jette-z-en la moitié véreuse Tu peux mordre la part heureuse Trente ans perdus et puis trente ans Au moins que ta morsure creuse C’est ma vie et je te la tends
Ma vie en vérité commence Le jour que je t’ai rencontrée Toi dont les bras ont su barrer Sa route atroce à ma démence
Et qui m’as montré la contrée Que la bonté seule ensemence
Tu vins au cœur du désarroi Pour chasser les mauvaises fièvres Et j’ai flambé comme un genièvre À la Noël entre tes doigts Je suis né vraiment de ta lèvre Ma vie est à partir de toi.
Plus élevée vient la senteur d’herbe au recul de l’ombre. Les feuilles se remplissent sans que cette pluie envahissante n’entraîne l’odeur de l’encre sanguine extraite du fruit à grains qui s’est écrasé quand j’ai serré le creux de ton coude. Ton genou a sursauté comme si la corde avait été dénouée. Odilon Redon a toujours de la vie dans le désespoir par nature. S’il octroie la parole au végétal c’est pour donner de quoi frémir à la tige qui tient raide contre le néant. Il se peut que l’on se demande où tout ceci mène. C’est vrai qu’en restant dans l’étroit de sa croix en signature on ne peut prendre un départ métaphysique. Poésie en mouvement, la mine trace le langage naturel de l’enfant. Alors de l’autre côté de la fenêtre j’ai lâché l’embrasse pour que le rideau quitte la pièce. Le motif commercial qui s’attache à chaque seconde de Noël a disparu quand je me suis souvenu de ma joie d’enfant en trouvant des oranges en me levant ce matin-là. Alors j’ai poussé ta présence au coeur des choses, La première feuille a tapé des pieds dans le ventre de sa branche-mère
Démonté et mis au sol je regarde le cheval sans penser lui en vouloir. L’injustice s’adresse toujours aux innocents, s’en étonner serait d’un manque de lucidité total. Il y des forces zodiacales contre lesquelles aucune résistance n’est possible. Les conjugaisons contraires vont s’entendre pour vous tendre la plus belle embuscade qui soit. Pour qui ne cesse de brandir l’espoir et l’amour comme les seules vertus à reconnaître dans un monde de brutes qui piétine et enlaidit le beau sans aucun scrupules, c’est plus honorable que tout. Ne pas succomber à la colère et s’égarer avec les oeillères qui viennent fausser l’entendement
MARCHE FORCÉE
Sur son pied droit brille une très ancienne boucle et sur l’autre, en l’air, la menace. N’approche pas de son domaine où dort tout le passé désagréable. Qui es-tu? Sans prévoir ce qui devait être, un grand changement s’est produit!
Pour tout le reste, la morale d’autrefois serait un crime, et ne pas y penser une injustice. Jamais désirable, cette âme t’a conduit où tu es mieux, où tu es, mal, ce que tu seras toujours avec les mêmes fatigues de toi-même, en arrière. C’est ton avance, ce qui te pousse et garde-toi de t’arrêter jamais.
Cependant, chaque jour qui te désespère te soutient. Mais va, le mouvement, le mouvement et pour le repos ta fatigue.
Pierre Reverdy
Remonte en selle et saute la haie, derrière les épines tu n’as pas changé, tu te montres depuis toujours tel que tu es. Aime et vas sans t’arrêter, tu es honnête et sans tromper. La colonne vertébrale est saine de moelle et d’esprit comme le corps.
la bêtise tire le vocabulaire comme on gâche l’eau en laissant les caniveaux ouverts
Je risque gros si je dis le nom de celui qui écrit pour le compte d’un autre
tout comme si je déclare qu’untel est d’un pays méditerranéen sans faire attention à ne pas devenir raciste
et puis là j’allais sur ma bille de bois descendant mon fleuve en état de joie, me déplaçant à la gaule quand on me dit non, pas d’atteinte à la pudeur
alors je suis descendu de bidet avant qu’on me dise de laisser la porte de la salle de bain femée quand je me baigne
C’est triste d’en arriver là dans un monde qui se roule dans la fange et se fait juge….
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