PARFUM SULFUREUX


PARFUM SULFUREUX

Languissante et désespérée ; aimante
Divine, elle semble poser ; superbes
Jambes fuselées, entrecroisées

Laissant deviner des trésors cachés
Tant d’émois chez le jeune homme
Timide et décontenancé, il agit:

La blancheur créée de nacre en brillance
Il osa une approche discrète, elle
Qui l’aimait sans pouvoir le montrer,

Ravie de cette fougue et sa jeunesse :
Elle le trouvait beau, mélange Italie
Et d’Autriche (ce qui était presque vrai)

De loin, en coups d’œil furtif, il la suivait
Et dans ce moment choisi, prés l’escalier
Elle l’attendît, se plaquant contre lui

Sensuelles secondes, voluptueuses
Ils oubliaient tout ce beau monde bcbg
Leurs lèvres se frôlaient en un jeu discret

Pour un plaisir raffiné, renouvelé sans cesse :
Deux amoureux au bout d’un monde en frénésie
Démarrent une histoire au doux parfum sulfureux

10.04.2018 © LaPlume YassineExtrait de:  tourbillons

Yassine LaPlume

VRAI CORPS


VRAI CORPS

Close la bouche et lavé le visage,
Purifié le corps, enseveli
Ce destin éclairant dans la terre du verbe,
Et le mariage le plus bas s’est accompli.

Tue cette voix qui criait à ma face
Que nous étions hagards et séparés,
Murés ces yeux : et je tiens
Douve morte
Dans l’âpreté de soi avec moi refermée.

Et si grand soit le froid qui monte de ton être.
Si brûlant soit le gel de notre intimité,
Douve, je parle en toi ; et je t’enserre
Dans l’acte de connaître et de nommer.

Yves Bonnefoy

DE PRINTEMPS ET DES NEIGES


DE PRINTEMPS ET DES NEIGES

Un soleil attrape l’averse au vol par les cordes-vocales

Ses seins déploient en rose-bistre l’onde sans tilt

Saisissant les hanches pour le mirliton je l’embouche par les yeux

Elle s’ouvre en façade de fenêtres à percer les congères

Trapèze pour l’oiseau qui vole débusquer l’églantine au bec

Du promontoire de l’aine au passage d’Annibal au col rien ne trompe

L’éléphant est porteur de rose tout comme le cerisier qu’Odilon sort à Noël en nativité admissible

Pour faire chanter L’Amoureuse de Grindel au choeur de la nef laïque et pleurer sans raison autre que l’aimer

La joie attachée au pétale de Marguerite.

Niala-Loisobleu – 29 Décembre 2020

IL Y A PROMESSE


IL Y A PROMESSE

Reprenant la taille en rangeant les brutalités de Bella dans les promos d’une bande sado-maso; j’enfile le velours côtelé de mon pantalon aux charpentes de tes marines à proximité des anglo-normandes.. La Chaume couvre l’étang d’un vol planant. Au torchis se mêle le procédé d’un colombage pérenne. Dans la venelle les chevaux tirent les Pink Floyd d’une réflexion symbolique relative à l’état des us et coutumes d’aujourd’hui. Au-dessus du village lacustre je t’invite à planter les herbes aux effets magiques n’ayant rien d’hallucinogène. Le shaman n’est pas un sorcier. Il m’a appris à greffer l’arbre pour une promesse. En trouvant l’endroit où les pierres à feu donneront aux vignes ce goût de fusil propre à allumer les sens. Car il me manque d’avoir le feu de tes lèvres pour satisfaire mon âme-amadou. Dans la rime du chemin pris, un soupçon de mélancolie tient en veille la tendresse au moment où le volcan se manifeste. On dit que sur le fleuve il peut toujours y avoir un envahisseur ayant une galère à lancer. Pendant que je compte les fleurs de ton pyjama, j’entends germer le haricot que nous avons gardé pour Ernesto. Il est dehors à distribuer des tracts pour la grève des écoles Le troisième confinement rigole dans son coin. Sous les voiles de protection antigel les fleurs sont plus vives qu’en été. La neige voudrait réorganiser la saison. Débarrasse la table qu’on fasse du s’qui rend la vie autrement qu’à bouffer que dans les assiettes .

Niala-Loisobleu – 29 Décembre 2020

TRESSAGE D’ATTENTES


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TRESSAGE D’ATTENTES

C’est un provençal qui rêvait de pluies normandes

A l’ombre de vieux imprudents sublimes

Dans les pérégrinations des solitaires en convoi

Entre la précipitation et le délai

A l’écoute du sensible aux aguets du balbutié

Dans les investigations des laboratoires en détresse

Entre la lenteur et l’explosion

Astronome chroniqueur enlumineur éclairagiste

Dans les révolutions des pays en exil

Entre le paraphe et le commentaire

Calligraphe parodiste portraitiste météorologue

Trouvant le germe où d’autres n’avaient fouillé que des tombes

Entre l’aspersion et la bibliographie

glossateur artisan jardinier constructeur

Trouvant le dialogue où d’autres n’avaient prévu que la joute

C’est un écrivain qui transcrit les peintures pour la rumeur

Patient fouineur aventurier organisateur

Trouvant le passage où d’autres n’avaient bâti que des chicanes

C’est un peintre qui interroge les écrivains sur les peintres

Au fil du foyer au coeur de la marge

Trouvant l’oeil ou d’autres n’avaient cherché que des échos

C’est un parisien se baignant dans des pépites d’Italie

Au soleil de jeunes mémoires imperturbables

Dans les multiplications des imaginations de l’amou

Michel Butor

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What a Difference a Day Make – Eddie Higgins Trio


What a Difference a Day Make – Eddie Higgins Trio

Quelle différence une journée fait
What a difference a day makes

Vingt-quatre petites heures
Twenty-four little hours

J’ai apporté le soleil et les fleurs
Brought the sun and the flowers

Là où il y avait de la pluie
Where there used to be rainMon hier était bleu, cher
My yesterday was blue, dear

Aujourd’hui je fais partie de toi, chérie
Today I’m a part of you, dear

Mes nuits solitaires sont terminées, chérie
My lonely nights are through, dear

Depuis que tu as dit que tu étais à moi
Since you said you were mineQuelle différence une journée fait
What a difference a day makes

Il y a un arc-en-ciel devant moi
There’s a rainbow before me

Le ciel au-dessus ne peut pas être orageux
Skies above can’t be stormy

Depuis ce moment de bonheur, ce baiser passionnant
Since that moment of bliss, that thrilling kissC’est le paradis quand tu trouves la romance dans ton menu
It’s heaven when you find romance on your menu

Quelle différence une journée a fait
What a difference a day made

Et la différence c’est toi
And the difference is youQuelle différence une journée fait
What a difference a day makes

Il y a un arc-en-ciel devant moi
There’s a rainbow before me

Le ciel au-dessus ne peut pas être orageux
Skies above can’t be stormy

Depuis ce moment de bonheur, ce baiser passionnant
Since that moment of bliss, that thrilling kissC’est le paradis quand tu trouves la romance dans ton menu
It’s heaven when you find romance on your menu

Quelle différence une journée a fait
What a difference a day made

Et la différence c’est toi
And the difference is youSource : MusixmatchParoliers : Adams Stanley

TRAVERSEES


TRAVERSEES

La dalle relaie les passages

j’étais aux volets dans la gifle du vent

quand la peau de l’air s’est remplie de tes mots

Le feu en équilibre sur les gouttes c’est à ne pas croire

pourtant au grand écart le ballet des flammes crépite au foyer

En posant sa mine à ma joue le crayon trace ton interview au centre de la poésie

ce qui dénude le mauvais temps en peau aime soulignant au nombril sa marque intentionnelle

Niala–Loisobleu – 28 Décembre 2020

LE COU DU PARAPLUIE


LE COU DU PARAPLUIE

Je remonte, marre du temps de merde en haut des grincements de l’apporte des outils mis en cabane, la brouette rigole comme une galipette et la bêche plante-là tout simplement la question sans réponse. Au fil à coudre le cahier à anneaux à grands carreaux donne sur la mer, en large baie

Naviguer sur tes pôles à la saignée du cou

C’est pas l’Amérique et son rêve prétendu

juste une relation vraie entre la réalité et le désir de courir avec le chien dans la partie montante du monde

La dernière me laisse tout allumé

PAPILLON

C’est curieux

Depuis deux jours que nous sommes en vue des terres

aucun oiseau n’est venu à notre rencontre ou se mettre

dans notre sillage
Par contre
Aujourd’hui
A l’aube

Comme nous pénétrions dans la baie de
Rio
Un papillon grand comme la main est venu virevolter

tout autour du paquebot
D était noir et jaune avec de grandes stries d’un bleu

déteint

Blaise Cendrars

Aux rides de ton âge je me suis mis à courir comme cheval sauvage d’un bout à l’autre de la steppe de ton dos.

Nala-Loisobleu – 28 Décembre 2020

LA CORNE VIVANTE


LA CORNE VIVANTE

J’ai tenu ton âge à mon rivage remplir sa cale

Et il y eut une chair habillée de l’arbre vivant

qui prit le large

Plus intérieure que la chair comme le blé fait le pain

Il y eut une source sortie des sueurs de l’herbe

prête pour le pouvoir-spirituel

ouvrant son verger pour que le fils assume sa lumière.

Niala-Loisobleu – 28 Décembre 2020