La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
L’état déroute à se demander vers quoi on glisse. La technique de l’abandon qui consiste à gueuler pour ne rien changer au problème, conduit hypocritement à préparer le quidam au 3 ème confinement comme la bonne solution. Je tire le gris de cette conduite pour un bleu de vert pâturage avec dans ma tête du grand air nettoyant l’école pour les mômes, le passage en Angleterre et pas d’english hors de chez lui avec en fin l’arrêt du bientôt vaccin pour un acte illico. Le roi gardant ses problèmes relationnels avec sa famille pour ordonner sans plus attendre un passage à l’acte-responsable.
Moon River (De Diamants sur Canapé) – Mélody Gardot
Rivière Moon, plus large qu’un mile Moon river, wider than a mile
Je te croise avec style un jour I’m crossing you in style some day
Oh, faiseur de rêves, toi qui brise le cœur Oh, dream maker, you heart breaker
Où que vous alliez, je vais à votre façon Wherever you’re goin’, I’m goin’ your wayDeux vagabonds partent voir le monde Two drifters, off to see the world
Il y a tellement de monde à voir There’s such a lot of world to see
Nous sommes après la fin du même arc-en-ciel We’re after the same rainbow’s end
Que de de raisons de pleurer cette merveille prémonitoire me donne
A Marguerite te voilà jointe à Jeanne
Quand j’y suis allé la première fois dans les années 50, Vienne était encore occupée par les Alliés, la grande-roue au Prater me tourna en zone russe alors interdite
Oui cette chanson est un des signes les plus anciens qui explique…
Aller à Vienne, plus possible. De Shanghai à Bangkok sur une coque de noix, encore moins. À Nantes oui, peut-être — et encore. Il y faut une raison impérieuse.
Quelque chose s’est abattu sur nous. C’est tout.
………
Barbara (1930-1997) • Vienne. Barbara, paroles ; Barbara & Roland Romanelli, musique. Barbara, chant, piano. Extrait de l’émission de télévision Le grand échiquier. Jacques Chancel, producteur ; André Flédérick, réalisateur. Première diffusion : mercredi 9 mai 1973. Production : France, ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), 1973.
Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse l’un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, — tenir dans ses bras une porte.
… Le bonheur d’empoigner au ventre par son nœud de porcelaine l’un de ces hauts obstacles d’une pièce; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l’œil s’ouvre et le corps tout entier s’accommode à son nouvel appartement.
D’une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et s’enclore, — ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l’assure.
Dans l’extension de sécheresse des rapports humains, les catastrophes naturelles tiennent en crue ce qui reste
Pourtant ce qui jaillit des mains donne à tendre l’arrosoir pour remplir le rêve de fleurs de ceux qui veulent vivre
L’indien épluche l’enfant jusqu’à la pulpe du chant
Pendant que le révolver accroché en porte-bonheur au rétroviseur traverse les cultures de pavots pour payer les frais des obsèques agricoles et le développement des guérilleros comme un tout nécessaire à son contraire
Dans l’ombre qui mord passe une musique trépidante que le pied tape d’un besoin d’amour érectile au possible
. Et la mer arrive à s’envoyer de l’espoir en bouteille jusqu’au milieu du désert
Tant qu’à être mis au monde je me range aux côtés des sourires qui avalent les grimaces en rentrant mon corps dans les secousse animales de ton désir de changer toi-même ce qui fait mal
La couleur que les peaux se chauffent crient vouloir du bleu sans les coups
Bon jour Ma et merci de m’avoir donner de chaudes pensées avec Tanita Tikaram…
Niala-Loisobleu – 5 Janvier 2021
Twist in My Sobriety
Conduisez vos problèmes d’ici Drive your problems from here
Toutes les bonnes personnes lisent de bons livres All good people read good books
Maintenant ta conscience est claire Now your conscience is clear
Je t’entends parler fille I hear you talk girl
Maintenant ta conscience est claire Now your conscience is clearLe matin quand j’essuie mon front In the morning when I wipe my brow
Essuyez les kilomètres Wipe the miles away
J’aime penser que je peux être si volontaire I like to think I can be so willed
Et ne fais jamais ce que tu dis And never do what you say
Je ne t’entendrai jamais I’ll never hear you
Et ne fais jamais ce que tu dis And never do what you sayRegarde mes yeux ne sont que des hologrammes Look my eyes are just holograms
Regarde ton amour a tiré du rouge de mes mains Look your love has drawn red from my hands
De mes mains tu sais que tu ne seras jamais From my hands you know you’ll never be
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobrietyNous venons de fourrer une petite tarte vide We’ve just poked a little empty pie
Pour le plaisir que les gens avaient la nuit For the fun that people had at night
Tard dans la nuit n’a pas besoin d’hostilité Late at night don’t need hostility
Le sourire timide et pause pour libérer The timid smile and pause to freeJe me fiche de leurs différentes pensées I don’t care about their different thoughts
Différentes pensées sont bonnes pour moi Different thoughts are good for me
Debout dans les bras et chaste et entier Up in arms and chaste and whole
Tous les enfants de Dieu ont fait des ravages All God’s children took their tollRegarde mes yeux ne sont que des hologrammes Look my eyes are just holograms
Regarde ton amour a tiré du rouge de mes mains Look your love has drawn red from my hands
De mes mains tu sais que tu ne seras jamais From my hands you know you’ll never be
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobrietyTasse de thé, prend du temps pour réfléchir, ouais Cup of tea, takes time to think, yeah
Il est temps de risquer une vie, une vie, une vie Time to risk a life, a life, a life
Doux et beau Sweet and handsome
Doux et porcin Soft and porky
Tu te retires jusqu’à ce que tu as vu la lumière You pig out ’til you’ve seen the light
Pig out jusqu’à ce que tu as vu la lumière Pig out ’til you’ve seen the lightLa moitié des gens lisent les journaux Half the people read the papers
Lisez-les bien et bien Read them good and well
Des gens jolis, des gens nerveux Pretty people, nervous people
Les gens doivent vendre People have got to sell
Des nouvelles que vous devez vendre News you have to sellRegarde mes yeux ne sont que des hologrammes Look my eyes are just holograms
Regarde ton amour a tiré du rouge de mes mains Look your love has drawn red from my hands
De mes mains tu sais que tu ne seras jamais From my hands you know you’ll never be
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Regarde mes yeux ne sont que des hologrammes Look my eyes are just hologramsRegarde ton amour a tiré du rouge de mes mains Look your love has drawn red from my hands
De mes mains tu sais que tu ne seras jamais From my hands you know you’ll never be
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriety
Plus que tordre dans ma sobriété More than twist in my sobriet
Un cortège de gens plus ou moins honorables. Quelques-uns sourient dans le vide avec sérénité. Ils sont nus. Une auréole à la tête des premiers qui ont su prendre la place. Les plus petits en queue.
On passe entre les arbres qui s’inclinent. Les esprits qui se sont réfugiés derrière les étoiles regardent. La curiosité vient de partout. La route s’illumine.
Dans le silence digne, si quelqu’un chante c’est une douce voix qui monte et personne ne rit. La chanson est connue de tous.
On passe devant la maison d’un poète qui n’est pas là. La pluie qui tombait sur son piano, à travers le toit, l’a chassé.
Bientôt, c’est un boulevard bordé de cafés où la foule s’ennuie. Tout le monde se lève. Le cortège a grossi.
Enfin par l’avenue qui monte la file des gens s’éloigne, les derniers paraissent les plus grands. Les premiers ont déjà disparu.
Derrière un monument d’une époque oubliée le soleil se lève en rayons séparés et l’ombre des passants lentement s’efface. Les rideaux sont tirés.
Amants, ô tard venus parmi les marbres et les bronzes, dans l’allongement des premiers feux du soir,Amants qui vous taisiez au sein des foules étrangères,Vous témoignerez aussi ce soir en l’honneur de la Mer :
I… Etroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empireAux chambres closes du désir. Entre l’Eté, qui vient de mer. A la mer seule, nous dironsQuels étrangers nous fûmes aux fêtes de la Ville, et quel astre montant des fêtes sous-marinesS’en vint un soir, sur notre couche, flairer la couche du divin. En vain la terre proche nous trace sa frontière. Une même vague par le monde, une même vague depuis TroieRoule sa hanche jusqu’à nous. Au très grand large loin de nous fut imprimé jadis ce souffle…Et la rumeur un soir fut grande dans les chambres : la mort elle-même, à son de conques, ne s’y ferait point entendre !Aimez, ô couples, les vaisseaux ; et la mer haute dans les chambres !La terre un soir pleure ses dieux, et l’homme chasse aux bêtes rousses ; les villes s’usent, les femmes songent…Qu’il y ait toujours à notre porteCette aube immense appelée mer – élite d’ailes et levée d’armes, amour et mer de même lit, amour et mer au même lit –et ce dialogue encore dans les chambres : II1 –… Amour, amour, qui tiens si haut le cri de ma naissance, qu’il est de mer en marche vers l’Amante ! Vigne foulée sur toutes grèves, bienfait d’écume en toute chair, et chant de bulles sur les sables… Hommage, hommage à la Vivacité divine !Toi, l’homme avide, me dévêts : maître plus calme qu’à son bord le maître du navire. Et tant de toile se défait, il n’est plus femme qu’agréée. S’ouvre l’Eté, qui vit de mer. Et mon cœur t’ouvre femme plus fraîche que l’eau verte : semence et sève de douceur, l’acide avec le lait mêlé, le sel avec le sang très vif, et l’or et l’iode, et la saveur aussi du cuivre et son principe d’amertume – toute la mer en moi portée comme dans l’urne maternelle…Et sur la grève de mon corps l’homme né de mer s’est allongé. Qu’il rafraîchisse son visage à même la source sous les sables ; et se réjouisse sur mon aire, comme le dieu tatoué de fougère mâle… Mon amour, as-tu soif ? Je suis femme à tes lèvres plus neuve que la soif. Et mon visage entre tes mains comme aux mains fraîches du naufrage, ah ! qu’il te soit dans la nuit chaude fraîcheur d’amande et saveur d’aube, et connaissance première du fruit sur la rive étrangère.J’ai rêvé, l’autre soir, d’îles plus vertes que le songe… Et les navigateurs descendent au rivage en quête d’une eau bleue ; ils voient – c’est le reflux – le lit refait des sables ruisselants : la mer arborescente y laisse, s’enlisant, ces pures empreintes capillaires, comme de grandes palmes suppliciées, de grandes filles extasiées qu’elle couche en larmes dans leurs pagnes et dans leurs tresses dénouées.Et ce sont là figuration du songe. Mais toi l’homme au front droit, couché dans la réalité du songe, tu bois à même la bouche ronde, et sais son revêtement punique : chair de grenade, et cœur d’oponce, figue d’Afrique et fruit d’Asie… Fruits de la femme, ô mon amour, sont plus que fruits de mer : de moi non peinte ni parée, reçois les arrhes de l’Eté de mer…
2 –… Au cœur de l’homme, solitude. Etrange l’homme, sans rivage, près de la femme, riveraine. Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d’or mêlé, que j’aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d’argile – femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre…Et toi plus chaste d’être plus nue, de tes seules mains vêtue, tu n’es point Vierge des grands fonds, Victoire de bronze ou de pierre blanche que l’on ramène, avec l’amphore, dans les grands mailles chargées d’algues des tâcherons de mer ; mais chair de femme à mon visage, chaleur de femme sous mon flair, et femme qu’éclaire son arôme comme la flamme de feu rose entre les doigts mi-joints.Et comme le sel est dans le blé, la mer en toi dans son principe, la chose en toi qui fut de mer, t’a fait ce goût de femme heureuse et qu’on approche… Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer salace et souple, ornée de bulles, jusqu’en ses mares, ses maremmes, et la mer haute dans l’herbage fait son bruit de noria, la nuit est pleine d’éclosions…Ô mon amour au goût de mer, que d’autres paissent loin de mer l’églogue au fond des vallons clos – menthes, mélisse et mélilot, tiédeurs d’alysse et d’origan – et l’un y parle d’abeillage et l’autre y traite d’agnelage, et la brebis feutrée baise la terre au bas des murs de pollen noir. Dans le temps où les pêches se nouent, et les liens sont triés pour la vigne, moi j’ai tranché le nœud de chanvre qui tient la coque sur son ber, à son berceau de bois. Et mon amour est sur les mers ! et ma brûlure est sur les mers !…Etroits sont les vaisseaux, étroite l’alliance ; et plus étroite ta mesure, ô corps fidèle de l’Amante… Et qu’est ce corps lui-même, qu’image et forme du navire ? nacelle et nave, et nef votive, jusqu’en son ouverture médiane ; instruit en forme de carène, et sur ses courbes façonné, ployant le double arceau d’ivoire au vœu des courbes nées de mer… Les assembleurs de coques, en tout temps, ont eut cette façon de lier la quille au jeu des couples et varangues.Vaisseau, mon beau vaisseau, qui cède sur ses couples et porte la charge d’une nuit d’homme, tu m’es vaisseau qui porte roses. Tu romps sur l’eau chaîne d’offrandes. Et nous voici, contre la mort, sur les chemins d’acanthes noires de la mer écarlate… Immense l’aube appelée mer, immense l’étendue des eaux, et sur la terre faite songe à nos confins violets, toute la houle au loin qui lève et se couronne d’hyacinthes comme un peuple d’amants !Il n’est d’usurpation plus haute qu’au vaisseau de l’amour.
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