LE COEUR DE LA PEINTURE


LE CŒUR DE LA PEINTURE

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Le
Cœur de la peinture c’est parfois le

cœur même de la terre

quelque chose qui bat quelque part

à
Gréolières

dans la campagne

dans la montagne

Max
Maurel travaille la terre et

il fait aussi son portrait

Le mur d’une maison à l’entrée d’un village, un paysan avec un fagot

un autre paysan à cheval sur un cheval blanc le ciel dans les branches d’un arbre
Des chèvres en fête heureuse se dressant vers les fleurs

Des
Moutons,

avec leur faim, leur soif, leur sommeil, leur soleil

et leur regard ingénu et loin

Un petit monde familier, saisonnier dans la lumière de l’automne ou de l’été.

Quelque chose qui bat quelque part avec une bouleversante une mystérieuse simplicité.

Jacques Prévert

Jacques si tu savais, comme je pense à toi

Je remets mon dernier tableau pour chauffer l’atelier, il y fait si froid

Si peu de lecture est accordée à la peinture

que l’artiste se demande pourquoi

Je me souviens de Prévert quand j’avais besoin d’apprendre

il m’a toujours dessiné la réponse

d’un arbre, du bassin des Tuileries, d’un bistro de St-Germain, d’un quai de Seine, un bouquiniste, ou encore du cheval qui allait emporter les boulets du bougnât chez quelqu’un qui avait froid

Voir le coeur des choses ça dit que ce monde vit…

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2021

OUD…QUE TU AILLES…


OUD…QUE TU AILLES…

Et sans te retenir, libère cette musique de vivre

qui exalte

Merveilleux instrument musical qu’un tapis-volant conduit frénétiquement entre les doigts virtuoses d’Omar Bashir, Maître du genre…

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2021

L’EPOQUE 2021/1 : Une île au ponant.


Voici le tout premier de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec BARBARA AUZOU : Une île au ponant . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2021/1″Une île au ponant »
Niala
Acrylique s/toile 60×60

 


Faudra t-il que le jour se résigne

sur ses lambeaux de clartés

ombilical l’air ose à peine trembler

sans nous laisser ses escales de loisir

la liberté louée pour les graines d’un champ

l’effort de l’oxygène dans le sang pour le plaisir

nous le savons il n’y a pas de clémence

le noir chafouin descend dans sa nuit

il faut faire naître en silence l’enfant qui le précède

conduis-moi loin du coeur mauve des gloires

loin du ventre des vasières qui soupire

que cède l’épreuve de la vie devant la preuve du poème

ses cris brefs et roses de nouveau-né

qui ouvre ses oreilles dans la fureur

avant de saisir inexprimé le bonheur

des choses et des lendemains de soleil

 

Barbara Auzou.

RICOCHETS


RICOCHETS

Au gué l’an neuf

t’attrape d’une branche au fruit

plaine de pulpe

en corps bel

Et au râle tiré de l’extême

jouis de vie

contre toute apparence de bois mort répandu

au reposoir de l’oiseau

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2021

ENTRE TIEN EMOI 130


ENTRE TIEN EMOI 130

Les rins moulus, celui-ci, le 130, force l’inertie d’une vaste embrouille

Arrivés au 9 de Janvier les oreilles rebattues des états de la covid en mutation – preuve de non-renoncement et loin d’avoir notre lassitude – la course au pognon sort les labos des terriers de la seule chose qui compte : le commerce

Entre un roi désormais muté en visite des cimetières que lui inspirerait une prochaine défaite, le peu d’intérêt suscité par le dernier à portée de crachat de chez moi, ne parvient pas à me faire home de joie

J’ai peint mon premier de L’EPOQUE 2021 SUR LES MOTS DE BARBARA AUZOU avec un désir de vivre plus loin que l’incertain tenu en magasin. Cette intensité du renard des neiges qui trouve mieux à courir quand tout meurt alentour et passe les glaces de l’indifférence haut-la-main

Pour le premier, inverser le sens de notre manière de faire, montre un symbole fort en peignant après et non avant les mots

A deux mains dit-il

Et non résignons-nous .

Quand nous mourrons Ma, on nous oubliera, mais nous à ce moment-là, NOUS on sera l’un dans l’autre à jamais

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2021

ERUPTIONS BLEUES


ERUPTIONS BLEUES

Faisant foin des pâles heurs des hésitations justifiées par l’incapacité

cette foi Odilon dresse l’érectile fleur bleue sans berne

Le rideau de fond repeint jaune sur la frigidité mise à la trappe

Le coq mis en scène en pique un phare et sonne le levé en dégainant sur la basse-cour la crète de l’aube hors du prépuce…

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2021

MEDITATION D’ODILON


MEDITATION D’ODILON

Je cours aux lins pour tendre la couleur

encore à la vague

Sur une lumière sortie de la corbeille des ombres chinoisent dans l’arrière-cour

Le geai s’étale à grande eau pour garder du soleil envers et contre tout

d’un clin d’oeil complice en lâchant les chevaux du manège pour que tourne le rire de l’enfant assis sur l’oiseau.

Niala-Loisobleu – 8 Janvier 2021

EXTRAIT PAR LA TORSION


EXTRAIT PAR LA TORSION

Calé au chevalet et en position de lancé

le peint

laisse venir le couteau à lui

au moment où le torse reçoit le faisceau du soleil.

Niala-Loisobleu – 8 Janvier 2021

BATAILLE


Pierre Reverdy

BATAILLE

Dans la poitrine, l’amour d’un drapeau décoloré par les pluies. Dans ma tête, les tambours battent. Mais d’où vient l’ennemi?

Si ta foi est morte que répondre à leur commandement ?

Un ami meurt d’enthousiasme derrière ses canons et sa fatigue est plus forte que tout.

Et, dans les champs bordés de routes, au coin des bois qui ont une autre forme parce qu’il y a des hommes cachés, il se promène, macabre comme la mort, malgré son
ventre.

Les ruines balancent leurs cadavres et des têtes sans képis.

Ce tableau, soldat, quand le finiras-tu? Ai-je rêvé que j’y étais encore? Je faisais, en tout cas, un drôle de métier.

Quand le soleil, que j’avais pris pour un éclair, darda son rayon sur mon oreille sourde, je me désaltérais, sous les saules vert et blanc, dans un ruisseau d’eau rose. J’avais
si soif!

Pierre Reverdy