AU DO D’UNE PEINTURE


AU DO D’UNE PEINTURE

Les nouvelles flottent dans le débord

le ciel est percé comme une paume d’arrosoir

le journal est mieux dans la flaque

Je cherche un pont pour en face

côté vertèbres

et côté seins Christophe

Défais le dessous des fleurs que j’ai du bleu dans la racine

comme un soleil qu’aurait pas enfilé de culotte

et aurait laisser pendre ses cheveux sans s’tress m’aime à ruban

Que le marchand de couleurs m’ouvre tous les tiroirs

1 quintal d’outremer

2 livres de vermillon bestseller de la nouvelle bibliothèque rose

du vers les Cyclades sirtaki pope music

titane maisons-blanches au dessus des arènes toro-machine

quand le feu s’allume au bain de minuit pour égaliser les bronzages avant d’ouvrir le nuancier des coquillages

vin blanc sec

jure en son

que je laisse glisser la neige à ceux qui sortent couverts

moi c’est palette intégrale que je te préfère

quand tu me tends ton suc sans me dire de faire le beau.

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2021

PROMENADE A LA RECHERCHE DE


PROMENADE A LA RECHERCHE DE

Sur les patères du vestiaire je ne trouve plus les habits des chemins librement choisis

surtout ceux qui, quoi qu’il se passe, qui étaient naturellement d’office prioritaires

le mode de vie se soumet à la nouvelle règle du virus

où l’ignorance majoritairement présente fait dire n’importe quoi

On attend par réflexe

SANS SAVOIR QUOI

Nous voilà POSITIFS sans l’avoir médicalement parlant

Alors comme tout le monde je promène sans sortir de la maison, un ensemble de choses cousues les unes aux autres comme un petit enfant a besoin de son ninnin pour chasser la peur

Corrélation et causalité s’emparent de tout, faisant des collages avec des situations vécues, faute de pouvoir en faire avec celle dans laquelle on est totalement inhibé

Moralité le bébé n’est pas dans le landau

Ce sont des souvenirs hybrides qu’on promène pour se nourrir avant que les psys soient exigés dans la nourriture en condiment universel

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2021

Don’t Explain – Chantal Chamberland


Don’t Explain – Chantal Chamberland

Chut maintenant, n’explique pas
Hush now, don’t explain

Dis juste que tu resteras
Just say you’ll remain

Je suis content de ton dos, n’explique pas
I’m glad your back, don’t explainCalme, n’explique pas
Quiet, don’t explain

Qu’y a-t-il à gagner
What is there to gain

Passer ce rouge à lèvres
Skip that lipstick

N’explique pas
Don’t explainTu sais que je t’aime
You know that I love you

Et ce qui dure
And what endures

Toutes mes pensées sur toi
All my thoughts of you

Car je suis si complètement à toi
For I’m so completely yoursPleurer pour entendre les gens bavarder
Cry to hear folks chatter

Et je sais que tu triches
And I know you cheat

Vrai ou faux, peu importe
Right or wrong, don’t matter

Quand tu es avec moi, douce
When you’re with me, sweetChut maintenant, n’explique pas
Hush now, don’t explain

Tu es ma joie et ma douleur
You’re my joy and pain

Ma vie est ton amour
My life’s yours love

N’explique pas
Don’t explain

NUIT ET JOUR


NUIT ET JOUR

Ami ou ennemi

marchent sur le fil

Le nard raconte au nez

ombellifère

ciguë m’était contée

la parole cirque cul quand le cheval de Troyes sort de l’armoire .

Niala-Loisobleu – 29 Janvier 2021

MARVÄO


MARVÄO

Fortifié l’air grimpe sur la cape de la plaine

un oeil perché sur la proche andalouse

Des chevux martèlent les cordes

le coeur n’a pas à rougir de sans

Quand la peine-lune tombera sur le rempart

je gage qu’on y verra Miro

dans sa métaphore sphérique .

Niala-Loisobleu – 29 Janvier 2021

LA CHUTE


LA CHUTE

Cette nuit dans laquelle nus tombons

pareils à de longues larmes disparates

ne sera-t-elle jamais assez épaisse pour ralentir cette descente

glu noire marne sanglante que parfois liquéfient des volcans

d’intensité multipliée par les grondements les battements d’ailes

hors de la bouche livide dont les ruisseaux de pierre mesurent l’effort

fait pour contenir ce cataclysme dans des limites à peu près souriantes

semblables aux jambages passionnés qu’inscrit l’index humide et doux d’un vampire ou d’une reine

sur les cartouches

les papyrus de poudre noire sèche dure

de la mort?

Ici

ce ne sont plus des yeux de filles

des doigts énamourés mais l’air

qui comme une bière lourde se prolonge

en mousse opaque malgré les rues mangées de lueurs
Grande lépreuse de lumière tu te promènes accompagnée du cliquetis de tes ongles et tes colliers s’agitent comme les fruits de phosphore de l’arbre qu’à grands coups
les
Fils du
Vent font trembler puis se déraciner

L’Univers est un orgue aux tuyaux qui s’éraillent dans cette église monstrueuse bâtie par les truelles de

la folie sans même une franc-maçonnerie pour unir les visages par des signes inconnus mais qui pourraient transparaître parfois comme les couches souterraines que
révèle la coupure des ravins

Ses tubes d’acier sont ravinés et s’amollissent

détestables entrailles

canaux sordides entrelaçant leur labyrinthe

aux trajectoires des fusées à peine incandescentes

que lâchent des prêtres à soutanes déchirées au fond de caveaux pleins de boue

Les viscères sont moins noirs perdus au ventre d’un cheval

que ce bouquet de tiges funestes plus creuses que le sureau

Us sont moins sales et forment un moins ignoble carnaval

mais ô ma douce lèpre que ne cueilles-tu leurs rameaux ?

Tu te ferais ainsi un beau diadème sonore une couronne perlée de mots

Il est vrai que tu n’as pas besoin de cette tiare animale
Tu es trop souterraine pour cela et trop hallucinée par les seuls vrais émaux

ceux de tes pas ma jolie lèpre

plus sûrs que toutes les paroles et les incantations magique.

Michel Leiris

MONTER PLUS HAUT


MONTER PLUS HAUT

Par ce temps de limace l’animal parvient à grimper la scarole

Redresse-toi sur tes jambes , homme vertical

le brouillard allié aux décisions remises à chaque instant

ne doit pas étouffer l’attente du loup qui brille dans l’obscurité

Tu trépignes de voyage en attente, si les Seychelles sont au bain, garde dans ton vouloir partir, le grimper à l’intérieur d’une effigie du Sulawesi pour découvrir pourquoi les indigènes des Célèbes cohabitent avec leurs morts. C’est un voyage autorisé par tout confinement

qui élève l’esprit au-delà d’une serviette au touche à touche sur une plage polluée

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2021

Gare du Nord – We Still Grow

Gare du NordDans des moments volés à l’océan du temps
In moments stolen from the ocean of time

Au-delà de l’équilibre éternel de l’esprit


Beyond the everlasting balance of mind

Dans le flux et le domaine de la musique et de la rime
In the flow and field of music and rhyme

Comme effet secondaire de défier la passion
As a side effect of passion defyingOn grandit, oooh on grandit encore
We grow, oooh we still grow

Ouais, on grandit, oooh on grandit encore
Yeah, we grow, oooh we still grow

Comme le goût sucré d’un vin de Bourgogne
Like the sweet taste of a burgundy wine

Comme l’ancre de ton cœur à la limite
Like the anchor of your heart borderlineOn grandit, oooh on grandit encore
We grow, oooh we still grow

Ouais, on grandit, oooh on grandit encore
Yeah, we grow, oooh we still grow

L’AURORE HÉSITE


L’AURORE HÉSITE

Les arbres penchés dans le brouillard immobile

Écoutent le cri de l’oiseau sans patrie.

On passe avec effroi par le chemin de terre :

La haute plaine au-delà n’existe plus,

Les buissons et les pierres sont en exode.

Au milieu du jardin tombé en déshérence,

La source rentre sous l’argile et pas un brin

D’herbe ne bouge.
Mais on parle à mots couverts

Derrière la clôture où s’attarde l’odeur

D’un feu mouillé qui rôde.
Est-ce vraiment l’aurore ?

Dans le brouillard qui s’épaissit luit le tranchant

Des faux laissées sur la pelouse obscure.
Cependant,

Je marche d’un bon pas sous le cri mat de l’oiseau

Et les arbres enchaînés m’accompagnent.

Jacques Réda

Gare Du Nord – I’m Not A Woman, I’m Not A Man


Gare Du Nord – I’m Not A Woman, I’m Not A Man 

Une fois que…
Once…

Vivre la vie n’était qu’une bouche affamée à nourrir
Living Life Was Just A Hungry Mouth To Feed

L’Ouest était l’Ouest et l’Est était juste une rue sans issue
West Was West And East Was Just A Dead End Street

Berlin Beat … une fois
Berlin Beat… OnceUne fois que…
Once…

Les uniformes ont été envoyés par le ciel grâce à la gloire
Uniforms Were Heaven Sent Glory Bound

Préférez-vous l’avant ou devrais-je me retourner
Do You Prefer The Front Or Should I Turn Around

Terrain instable, tout ce qui compte
Shaky Ground, All That Counts

Est ce que tu vois en moi
Is What You See In MeJe ne suis pas une femme
I’m not a woman

Je ne suis pas un homme
I’m not a man

Vous n’êtes pas censé comprendre
You’re Not Supposed To Understand

Viens et prends-moi, prends-moi comme je suis
Come On And Take Me, Take Me As I Am

Et pense à moi
And Think Of Me

Pense à moi…
Think Of Me…Une fois que…
Once…

Pris entre les ombres dansant du jour
Caught Between The Shadows Dancing Of The Day

Et le charme abrité du cabaret de minuit
And The Sheltering Charm Of Midnight Cabaret

Hétéro ou gay, quoi qu’il arrive
Straight Or Gay, Come What May

Vous découvrez qui je suis
You Find Out Who I AmJe ne suis pas une femme
I’m not a woman

Je ne suis pas un homme
I’m not a man

Vous n’êtes pas censé comprendre
You’re Not Supposed To Understand

Viens et prends-moi, prends-moi tel que je suis
Come On And Take Me, Take Me As I Am

Et pense à moi
And Think Of Me

Pense à moi…
Think Of Me…Vous connaissez…
You Know…

Peu importe le nombre de murs qui tomberont
It Doesn’t Matter Just How Many Walls Will Fall

La chute des briques ne peut jamais apporter de changement
Falling Bricks Can Never Bring A Change At All

Des âmes séparées … sommes-nous
Devided Souls… Are We

Alors mets ta confiance en moi
So Put Your Trust In MeJe ne suis pas une femme
I’m not a woman

Je ne suis pas un homme
I’m not a man

Vous n’êtes pas censé comprendre
You’re Not Supposed To Understand

Viens et prends-moi, prends-moi tel que je suis
Come On And Take Me, Take Me As I Am

Et pense à moi
And Think Of Me

Pense à moi…
Think Of Me…