JARRE D’UN ESTRAN 4


JARRE D’UN ESTRAN 4

A la trémie du désert la pointe de cette pyramide dépasse à peine la caravane d’un balancement des chameaux

On a monté à bord de la jonque funéraire la Beauté partagée des EPOQUES 18/19/20/21 de la traversée temporelle que le fleuve conduira à franchir son éternité

Musique semée au vent dans ses cendres .

Niala-Loisobleu – 19 Mars 2021

JARRE D’UN ESTRAN 3


JARRE D’UN ESTRAN 3

Le 5-03-2020

PAR DELÀ LE RIDEAU DE LA PLUIE

Des poussières du Prince Pluie n’efface rien
Sauf sur ses traces la suie qui dans l’air se meure –
Si dessous la pierre se rincent tous les liens
C’est avec la lumière en appui qu’ils demeurent

Cardinale nouveauté ! Cours là et t’évente !
Sourd à la beauté radicale et adventice
Le Prince ne peut danser avec cette actrice
Qui pense et pince tempête en grande savante…

Sourire de macadam au calme venu…
Belle Dame Elvire trame la rue qui brille –
Met à nu la ville et de veille la rhabille
D’où s’égayent mille et mille soleils ténus

A savoir ce souffle pour Misère cachée
Des émissaires souffrent de la voir altière
Mais ils perdent de vue qu’elle vient de trancher
Et qu’elle a déjà tout bu de la ville entière.

Alain Minod

Faisant fi d’une bouteille à la mer

j’habille la foret de sa séparation des eaux en l’actant

La main coupée range les instruments de sa Musique au fond de la jarre.

Niala-Loisobleu – 19 Mars 2021

JARRE D’UN ESTRAN 2


Sur l’horizon assoupli on aperçoit le profil d’évent en mouvement retenu par les ongles du chien

Et l’accord d’un menu, est

Dans lequel le champ marin bat des pieds

Un bon jour dépend plus de soie que du mêlé coton

Niala-Loisobleu – 19 Mars 202

DURE A PASSER – JACQUES BERTIN


DURE A PASSER – JACQUES BERTIN

Tu as traîné toute la nuit dans les bistrots du centre
Tu rentres chez toi, tu prends un papier, un crayon
Mais rien ne vient parce qu’il n’y a rien à dire au fond
Tu prends un bain puis tu prépares ton suicide

Quelquefois la nuit est bien plus courte qu’on imagine
La mort vient vite et c’est trop tard, le jour est là
Dans l’arbre, toujours le même, voilà déjà le rossignol
Le jour qui vient t’a poignardé, tu es livide

Je sens, je sens tous ceux qui cette nuit sont seuls
Qui vont passer la nuit tenant la main courante
À regarder le gouffre, à y sombrer
Je sens la mort qui jaillit du miroir éclaté

Il faut descendre dans la rue, il faut peupler la nuit
Il faut prendre la mort au licol et la mener boire
Ensemble dans une aurore lumineuse des gouttes de rosée
Que seront les mots innombrables par nous au sol déposés

Ô mon Anne quand je serai sur l’autre versant de la nuit
Je serai dans le sel de tes larmes à toi seule
Ce soir la mort pose son mufle chaud sur mon épaule
Comme une bonne compagne pas trop dérangeante pour le moment

ET CRAN DE VEILLE


« L’Accouchement »- Léonora Carrington

ET CRAN DE VEILLE

De garde au dernier amour les ifs retiennent les mors de l’absolu enfin trouvé, sans tourner le dos à la page

L’équin-roc armé pour la décharge est attelé reins bandés contre les oeillères d’une cécité dévorante

Les frères rient peau lin

Châssis tendu

au mou de la relâche des écoutes laissant s’égarer la toile au contre vent d’une rancune étrangère au courant

Récitation

La vertu ce cornet des fortunes

Auditivement les vocations l’estime l’ambition

Rase les têtes confrontées

Plutôt s’armer

Contre le sycomore feuilleté et le couteau.

Dans son armure insensibilisée

Dans son armure qui ne résonne sans fausse honte

Qu’à partir du dernier baiser

Le pirate celui qui n’a pas de plume au bonnet

Celui qui provoque l’aboiement des corbeaux

Le pirate l’ennui l’ennemi des attentes sous la pluie

Le réveille-matin à maintien de religieuse

A contenance d’huile

Le réveille-matin qui fait des copeaux du dormeur

Et ne lui laisse que le temps de ne pas s’habiller.

Des semaines et des mois et des années de semailles
Par des chemins qu’on ne touche même pas de la

canne
Une cervelle sabotée par les germes de mauvaise

volonté

On ne pleure pas et si l’on ne pleure pas c’est que le feu

Gâche le plâtre qui maintient
Je regard dans ses rives
Dessèche tout passe par la porte animale s’affole.

Au delà du feu il n’y a pas la cendre
Au delà de la cendre il y a
Je feu.

Des éventaires écornés d’athlète mugissent sous la pluie

Ils réclament aux coquettes des rires tous les pavés du rire

Et des gourmettes de courtoisie pour enchaîner le poncif

La poussière fouille plus avant dans les poches

Mais elle n’arrivera qu’après la troue

Pour célébrer cette vertu qui n’est pas de moi.

Au delà du feu il n’y a pas la cendre
Au delà de la cendre il y a le feu.

Paul Eluard

On est jamais éteint au coeur de ce qui a fait l’espoir durant ses batailles et affronter la vague au plus fort du rugissant. Laisser dépérir cette force est contraire à sa nature-propre, seulement toute plante abandonnée d’ô meurt en perdant toute résistance

Sur l’écran le vieux film passé ces derniers jours allume la morale véridique

Que la MUSIQUE appelle

à marcher sans mise en taire.

Niala-Loisobleu – 17 Mars 2021

Du Dire au Donné à Voir de Fait


Niala devant « LA LIAISON CONTINUE » qui est dans la Salle des Mariages de l’Hotel-de-Ville de Cognac, tout un symbole

Du Dire au Donné à Voir de Fait

La ville de Cognac en tant que lieu de création est pour moi de tout ce que j’ai pu dire, la source de l’acte qui s’est le plus donné à voir.

Tout a commencé en 1979 à partir de ma rencontre avec Francis Hardy, son Maire, décédé le 9 Mars 2021 à 97 ans.

Ce que nous avons construit ensemble, Salamandre, Récollets, Salon des Vendanges, Atelier du Duodénaire, pour ne parler que de certaines réalisations, m’attache à cet homme généreux, loyal et si compétent.

Demain je me mêlerai aux cognaçaises et cognaçais qui viendront lui rendre hommage en témoignage de remerciement pour la grandeur de son oeuvre en qualité de Maire, Député, et Conseiller-Général.

Une époque riche en tout.

Aujourd’hui la vie fait tout pour survivre.

L’exposition que je devais faire en Avril aux Récollets, vient d’être annulée par le Service Culturel, j’ai proposé de la renvoyer Juillet-Août (dernière et première semaine des mois concernés) de cette année.

Quelle Musique

j’ai l’âme qui me cherche les doigts, pour tenir l’espoir !

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2021

C’EST A VOIR


C’EST A VOIR

Les yeux sans voix

le regard aphone

la musique est mise en stand-by

comme masquée dans une crise généralisée où l’analyse en mêlées va d’un avis à son contraire

A part les moulinets du duel

hors-sujet

la mise à mort est rengainée

On peint comme on s’écrie

à l’abri dans l’attente de la bonne identité

Les accrocs faits dans le ciel font respirer la vérité en montrant son visage.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2021

IDENTITE


IDENTITE

à
André
Breton

Je suis je suis je suis ce que je ne sais pas

un ustensile de comparaisons

pour tamiser les vieux proverbes

à l’heure où l’aube blanche s’écroule en larmes

je suis un vieux péché de gloire morte

posé très délicatement

ainsi qu’une émeraude de naissance

sur la falaise des coïncidences

je suis un acrobate de fortune

qui termine son numéro

dans l’exacte nuance du dérisoire

une guitare qu’une vierge démantèle

dans une crise folle de chasteté

je suis ce qui n’a pas d’importance

qui se confond avec l’image en filigrane

d’une future vérité dès à présent défigurée

je suis un nœud de cette corde

qui traîne dans le champ

que demain vous pourriez découvrir

explorer sur les échasses de l’angoisse

je suis cet argument que l’on emploie

quand on veut se crucifier

la couverture que l’on cherche

pour se coucher frileusement

dans un ultime témoignage

le parfum d’un atome devenu vertueux

l’aile d’un caillou qui cherche son amant

je suis aval de votre damnation

et la source qui naît de l’âme d’un volcan.

Je suis à la rigueur aussi le visage voilé

un tout petit lambeau de
Christ

bien maladroit d’outre-mémoire

ainsi que vous voyez parfois

le cadavre d’un bel insecte

dans une toile d’araignée

dans l’aube violette

en la chapelle des quatre vents

tout au pied de la colline de votre enfance

Je suis un grand seigneur du domaine maudit

le magicien parfait de l’innocence noire

l’enfant déshérité qui n’aurait pas dû naître

l’homme vieux qui lutine une sévère mort

le magistrat secret des hautes hérésies

pour celte époque où
Dieu lissait ses plumes d

le souteneur désabusé qui se suicide

dans son bouge de vérité

la chaîne du forçat dans le mythe d’Antcc

la créance d’un saint sur le sein d’une fée

l’agenda d’un oiseau nourrissant ses petits

la perte blanche et pure d’un grand iconoclaste

l’indésirable perle en la neige perdue

je suis un grand seigneur du domaine des nues

Je suis le grand seigneur d’un orage latent

l’indicible souhait d’une orange d’amour

frappée de par l’éclair éblouissant

je suis le piétinement gris

d’une colonne de fourmis qui s’expatrient

l’argument de
Zenon dans les ruines d’Êlée

le linceul étoile des réincarnations

le souterrain secret fouillant le
Golgotha

le fabricant menu de sarcophages bleus

le croisé du silence en la gnose de feu

le pont-lcvis baissé sur la terre sans maître

le sténographe pur du murmure océan

je suis un grand seigneur au domaine du temps

Je suis un grand seigneur au domaine du rêve le beau cercle vicieux qui devient un cerceau pour l’enfant dépouillé au cartable d’azur le bagnard endormi qui charme les oiseaux
l’anachorète nu aiguisant des idées pour coudre le manteau de la femme damnée le critère parfait de l’indéterminé comme la plume au vent égratignant
l’été le coucher du soleil sur les seins de
Ninive le corsage échancré de la psychanalyse la côte du
Gabon par un torride été la chandelle de cire près du litre de lait le serment arraché aux lèvres de la fièvre je suis un grand seigneur au domaine du
rêve

Je suis un grand seigneur de l’osmose totale l’incombustible don de la source enchantée la fibre du bambou qui découvre le ciel la robe de silex abreuvé de patience le cil
purifié d’une pauvre
Marie le calligramme d’or de l’aveugle trahi l’échansin du futur pour la gourde du temps je suis le grand seigneur de l’ivresse d’antan

Je suis le grand seigneur d’une légende nue un gémeau allaité par la reine d’amour le truand de l’adieu sans esprit de retour

la clepsydre épuisée de mesurer

le temps la coupe de cristal et de hiérarchie par mon souci sur

le marbre brisée

la colonne d’Hercule en habit de clochard

la sentence d’un nain dans

le temple du soir

le crachat d’un apôtre en terre de
Judée

le testament d’un roi qui a donné ses terres

je suis un grand seigneur du sang de l’éphémère

20 janvier 1963

Achille Chavée

TES DENTS


TES DENTS

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Tes dents d’ivoire
Instrument de plaisirs ou de torture ?
Simple parure ou ultime promesse ?
Offrande ou souffrance ?
Gyrophare de tous les sourires ?
Bouclier de tous les assauts ?

Tes dents gourmandes
Qui croquent tout dans l’assiette
Du filet de flétan à la darne de saumon
Du T-Bone de bison à la bavette d’orignal
Du coq au vin au civet de lièvre
Du chateaubriand aux cuisses de grenouille

Tes dents acérées
De louve, de tigresse, de lionne
Prêtes pour l’attaque ou la défense
De tes terres sacrées
De ton territoire de chasse
De ta progéniture et de ton intimité

Tes dents voraces
Mordillent mes chairs nues
Mes fesses dodues
Mes cuisses velues
Mes orteils menus
Mon engin et mon obus

Tes dents cachées
Derrière des lèvres pulpeuses
Derrière la barrière de baisers
Derrière une bouche vermeille
Derrière un visage songeur
Derrière un masque de grand bal

Tes dents polies
Si souvent avec moult dentifrices
Pepsodent ou Crest ?
Colgate ou Close-Up ?
Aquafresh ou Fluocaril ?
Elmex ou Sensodyne ?

Tes dents éclatantes
Menace et paravent à mes coups de gueule
Portail et auvent à mes baisers fouisseurs
Étendard et fleuron de ton visage d’ange
En quête de conquête et de séduction
En quête de capture et de trophée

Tes dents blanches
Torturent mon esprit
Troublent ma paix intérieure
Trahissent mes faiblesses
Narguent mes hésitations
Se moquent de ma timidité

Tes dents ouvertes
Dans un éclat de rire démoniaque
Me lancent à la figure
Cette phrase troublante
Choquante
Dévastatrice :
« Mon cher, avez-vous une dent contre moi ? »
Devant pareil affront
Telles bravade et insulte
Pas étonnant que j’aie pris
Le mors aux dents !

Guy Rancourt

DU JOUR QUE JE METS DANS LE SAL’HASARD POUR CONNAÎTRE


DU JOUR QUE JE METS DANS LE SAL’HASARD POUR CONNAÎTRE

Fa d’Ô rêve au luminaire

les mots de caresses qui se dévêtent dans l’encrier, un oiseau noir qui fausse la signature d’un Van Gogh, c’est pas le bleuet des blés qui copule avec le coquelicot

sentir le battement de pieds du lapin en tenant le nez du chien au dessus du terrier

sans aller tirer la chasse

c’est ça ma folie mon truc à dire avec ma plume à poils

Quand je s’rais mort veut pas savoir oublier d’être aller chercher

le silence de la connaissance est l’allumeuse du savoir qui passe à laisser croire sans te faire bander de l’apprendre

Jour de merde à déborder

le soleil monte à chevalet

l’atelier-plumard de mes maternités qui me ramène sans cesse à Port-Royal sans la fumée des moyens de m’envoyer en l’air

Du sel et du peint près du soufre de mon test amant.

Niala-Loisobleu – 13 Mars 2021