La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
A la trémie du désert la pointe de cette pyramide dépasse à peine la caravane d’un balancement des chameaux
On a monté à bord de la jonque funéraire la Beauté partagée des EPOQUES 18/19/20/21 de la traversée temporelle que le fleuve conduira à franchir son éternité
Des poussières du Prince Pluie n’efface rien Sauf sur ses traces la suie qui dans l’air se meure – Si dessous la pierre se rincent tous les liens C’est avec la lumière en appui qu’ils demeurent
Cardinale nouveauté ! Cours là et t’évente ! Sourd à la beauté radicale et adventice Le Prince ne peut danser avec cette actrice Qui pense et pince tempête en grande savante…
Sourire de macadam au calme venu… Belle Dame Elvire trame la rue qui brille – Met à nu la ville et de veille la rhabille D’où s’égayent mille et mille soleils ténus
A savoir ce souffle pour Misère cachée Des émissaires souffrent de la voir altière Mais ils perdent de vue qu’elle vient de trancher Et qu’elle a déjà tout bu de la ville entière.
Alain Minod
Faisant fi d’une bouteille à la mer
j’habille la foret de sa séparation des eaux en l’actant
La main coupée range les instruments de sa Musique au fond de la jarre.
Tu as traîné toute la nuit dans les bistrots du centre Tu rentres chez toi, tu prends un papier, un crayon Mais rien ne vient parce qu’il n’y a rien à dire au fond Tu prends un bain puis tu prépares ton suicide
Quelquefois la nuit est bien plus courte qu’on imagine La mort vient vite et c’est trop tard, le jour est là Dans l’arbre, toujours le même, voilà déjà le rossignol Le jour qui vient t’a poignardé, tu es livide
Je sens, je sens tous ceux qui cette nuit sont seuls Qui vont passer la nuit tenant la main courante À regarder le gouffre, à y sombrer Je sens la mort qui jaillit du miroir éclaté
Il faut descendre dans la rue, il faut peupler la nuit Il faut prendre la mort au licol et la mener boire Ensemble dans une aurore lumineuse des gouttes de rosée Que seront les mots innombrables par nous au sol déposés
Ô mon Anne quand je serai sur l’autre versant de la nuit Je serai dans le sel de tes larmes à toi seule Ce soir la mort pose son mufle chaud sur mon épaule Comme une bonne compagne pas trop dérangeante pour le moment
De garde au dernier amour les ifs retiennent les mors de l’absolu enfin trouvé, sans tourner le dos à la page
L’équin-roc armé pour la décharge est attelé reins bandés contre les oeillères d’une cécité dévorante
Les frères rient peau lin
Châssis tendu
au mou de la relâche des écoutes laissant s’égarer la toile au contre vent d’une rancune étrangère au courant
Récitation
La vertu ce cornet des fortunes
Auditivement les vocations l’estime l’ambition
Rase les têtes confrontées
Plutôt s’armer
Contre le sycomore feuilleté et le couteau.
Dans son armure insensibilisée
Dans son armure qui ne résonne sans fausse honte
Qu’à partir du dernier baiser
Le pirate celui qui n’a pas de plume au bonnet
Celui qui provoque l’aboiement des corbeaux
Le pirate l’ennui l’ennemi des attentes sous la pluie
Le réveille-matin à maintien de religieuse
A contenance d’huile
Le réveille-matin qui fait des copeaux du dormeur
Et ne lui laisse que le temps de ne pas s’habiller.
Des semaines et des mois et des années de semailles Par des chemins qu’on ne touche même pas de la
canne Une cervelle sabotée par les germes de mauvaise
volonté
On ne pleure pas et si l’on ne pleure pas c’est que le feu
Gâche le plâtre qui maintient Je regard dans ses rives Dessèche tout passe par la porte animale s’affole.
Au delà du feu il n’y a pas la cendre Au delà de la cendre il y a Je feu.
Des éventaires écornés d’athlète mugissent sous la pluie
Ils réclament aux coquettes des rires tous les pavés du rire
Et des gourmettes de courtoisie pour enchaîner le poncif
La poussière fouille plus avant dans les poches
Mais elle n’arrivera qu’après la troue
Pour célébrer cette vertu qui n’est pas de moi.
Au delà du feu il n’y a pas la cendre Au delà de la cendre il y a le feu.
Paul Eluard
On est jamais éteint au coeur de ce qui a fait l’espoir durant ses batailles et affronter la vague au plus fort du rugissant. Laisser dépérir cette force est contraire à sa nature-propre, seulement toute plante abandonnée d’ô meurt en perdant toute résistance
Sur l’écran le vieux film passé ces derniers jours allume la morale véridique
Niala devant « LA LIAISON CONTINUE » qui est dans la Salle des Mariages de l’Hotel-de-Ville de Cognac, tout un symbole
Du Dire au Donné à Voir de Fait
La ville de Cognac en tant que lieu de création est pour moi de tout ce que j’ai pu dire, la source de l’acte qui s’est le plus donné à voir.
Tout a commencé en 1979 à partir de ma rencontre avec Francis Hardy, son Maire, décédé le 9 Mars 2021 à 97 ans.
Ce que nous avons construit ensemble, Salamandre, Récollets, Salon des Vendanges, Atelier du Duodénaire, pour ne parler que de certaines réalisations, m’attache à cet homme généreux, loyal et si compétent.
Demain je me mêlerai aux cognaçaises et cognaçais qui viendront lui rendre hommage en témoignage de remerciement pour la grandeur de son oeuvre en qualité de Maire, Député, et Conseiller-Général.
Une époque riche en tout.
Aujourd’hui la vie fait tout pour survivre.
L’exposition que je devais faire en Avril aux Récollets, vient d’être annulée par le Service Culturel, j’ai proposé de la renvoyer Juillet-Août (dernière et première semaine des mois concernés) de cette année.
Quelle Musique
j’ai l’âme qui me cherche les doigts, pour tenir l’espoir !
Je suis un grand seigneur au domaine du rêve le beau cercle vicieux qui devient un cerceau pour l’enfant dépouillé au cartable d’azur le bagnard endormi qui charme les oiseaux l’anachorète nu aiguisant des idées pour coudre le manteau de la femme damnée le critère parfait de l’indéterminé comme la plume au vent égratignant l’été le coucher du soleil sur les seins de Ninive le corsage échancré de la psychanalyse la côte du Gabon par un torride été la chandelle de cire près du litre de lait le serment arraché aux lèvres de la fièvre je suis un grand seigneur au domaine du rêve
Je suis un grand seigneur de l’osmose totale l’incombustible don de la source enchantée la fibre du bambou qui découvre le ciel la robe de silex abreuvé de patience le cil purifié d’une pauvre Marie le calligramme d’or de l’aveugle trahi l’échansin du futur pour la gourde du temps je suis le grand seigneur de l’ivresse d’antan
Je suis le grand seigneur d’une légende nue un gémeau allaité par la reine d’amour le truand de l’adieu sans esprit de retour
la clepsydre épuisée de mesurer
le temps la coupe de cristal et de hiérarchie par mon souci sur
Tes dents d’ivoire Instrument de plaisirs ou de torture ? Simple parure ou ultime promesse ? Offrande ou souffrance ? Gyrophare de tous les sourires ? Bouclier de tous les assauts ?
Tes dents gourmandes Qui croquent tout dans l’assiette Du filet de flétan à la darne de saumon Du T-Bone de bison à la bavette d’orignal Du coq au vin au civet de lièvre Du chateaubriand aux cuisses de grenouille
Tes dents acérées De louve, de tigresse, de lionne Prêtes pour l’attaque ou la défense De tes terres sacrées De ton territoire de chasse De ta progéniture et de ton intimité
Tes dents voraces Mordillent mes chairs nues Mes fesses dodues Mes cuisses velues Mes orteils menus Mon engin et mon obus
Tes dents cachées Derrière des lèvres pulpeuses Derrière la barrière de baisers Derrière une bouche vermeille Derrière un visage songeur Derrière un masque de grand bal
Tes dents polies Si souvent avec moult dentifrices Pepsodent ou Crest ? Colgate ou Close-Up ? Aquafresh ou Fluocaril ? Elmex ou Sensodyne ?
Tes dents éclatantes Menace et paravent à mes coups de gueule Portail et auvent à mes baisers fouisseurs Étendard et fleuron de ton visage d’ange En quête de conquête et de séduction En quête de capture et de trophée
Tes dents blanches Torturent mon esprit Troublent ma paix intérieure Trahissent mes faiblesses Narguent mes hésitations Se moquent de ma timidité
Tes dents ouvertes Dans un éclat de rire démoniaque Me lancent à la figure Cette phrase troublante Choquante Dévastatrice : « Mon cher, avez-vous une dent contre moi ? » Devant pareil affront Telles bravade et insulte Pas étonnant que j’aie pris Le mors aux dents !
DU JOUR QUE JE METS DANS LE SAL’HASARD POUR CONNAÎTRE
Fa d’Ô rêve au luminaire
les mots de caresses qui se dévêtent dans l’encrier, un oiseau noir qui fausse la signature d’un Van Gogh, c’est pas le bleuet des blés qui copule avec le coquelicot
sentir le battement de pieds du lapin en tenant le nez du chien au dessus du terrier
sans aller tirer la chasse
c’est ça ma folie mon truc à dire avec ma plume à poils
Quand je s’rais mort veut pas savoir oublier d’être aller chercher
le silence de la connaissance est l’allumeuse du savoir qui passe à laisser croire sans te faire bander de l’apprendre
Jour de merde à déborder
le soleil monte à chevalet
l’atelier-plumard de mes maternités qui me ramène sans cesse à Port-Royal sans la fumée des moyens de m’envoyer en l’air
Du sel et du peint près du soufre de mon test amant.
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