Archives du mot-clé – Gabrielle Althen



Archives du mot-clé – Gabrielle Althen

« Je voudrais le mot blanc d’un ciel absent qui laissât trace de demeure. Un mot qui fût le lit du jour et parvînt à la fête unanime du vent. Croisement de chances et de campagne, bourdonnement des boucles de ta tête, rosaces, rosaces en partance et applaudissement sous le pic impavide du gris de l’horizon, des mains battraient dans l’herbe parmi les arbres et la faux des grands jours, et la vertu émancipée roulerait jusques aux franges du moment. Foules prolixes et ciselées, royaume retourné, jeunesse sous l’or gris et pivot d’une aisance somptueuse, — aucun diamant n’est autre que la possession nue de l’esprit sur
le langage. »

Gabrielle Althen,

 Hiérarchies, Rougerie, 1988, p. 37.

QUAND DU VENTRE PLEUT DU FEU


QUAND DU VENTRE PLEUT DU FEU

La fraîcheur de l’écume et sa couleur contredisent le climat abdominal intérieur

qui rappelle une pub pour la qualité de ses lames de rasoir

Le grand albatros va-et-vient de l’hune à l’autre des vergues

Quand l’île rattrapera le temps perdu

le bateau de papier dépliera ses voiles

Sans doute y aura-t-il un cheval au débarras des lisiers pour le retour de la bonne algue.

Niala-Loisobleu – 9 Juin 2021

Because You Love Me – Kaz Hawkins


Because You Love Me – Kaz Hawkins

Ne m’attends pas
Don’t wait for me

Je ne pars pas parce que je ne peux pas partir
I’m not going ’cause I can’t leave

J’ai regardé pendant des années, ta force ta fierté
I watched for years, your strength your pride

Tu as tenu les portes, alors que la vie t’a dépassé
You held the doors, as life passed you by

La vie vient de passer à côté de toi
Life just passed you by

Maintenant, je peux dire, tu veux partir
Now, I can tell, you wanna go

Ne pense pas à moi parce que je ne peux pas y aller
Don’t think of me ’cause I can’t go

Tu dois prendre les hauts avec les bas
You gotta take the highs with the lows

Alors ne m’attends pas
So don’t wait for me

Je ne pars pas parce que je ne peux pas partir
I’m not going ’cause I can’t leave

Et ne, ne t’avise pas de dire non
And don’t, don’t you dare say no

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me soEmporte avec toi tout ce que tu as
Take with you all the things you have

Sois toi-même et ne sois pas triste
Just be yourself and don’t be sad

Il y a de plus grosses graines à semer
There’s bigger seeds to sow

Je serai à tes côtés à chaque étape du chemin
I’ll be beside you every step of the way

Je te soutiendrai quand tu t’égare
I’ll hold you up when you go astray

Ne t’inquiète pas, ça ira
Don’t worry, it’ll be okAlors ne, ne m’attends pas
So don’t, don’t wait for me

Je ne pars pas parce que je ne peux pas partir
I’m not going ’cause I can’t leave

Et ne, ne t’avise pas de dire non
And don’t, don’t you dare say no

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me soAlors ne, ne m’attends pas
So don’t, don’t wait for me

je ne vais pas
I’m not going

Je ne vais pas parce que je ne peux pas partir
I’m not not going ’cause I can’t leave

Et ne, ne, ne, ne, ne t’avise pas de dire non
And don’t, don’t, don’t, don’t you dare say no

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me soAlors ne, ne m’attends pas
So don’t, don’t wait for me

je ne vais pas, je ne vais pas
I’m not going, I’m not not going

Je ne vais pas, je ne peux pas partir
I’m not not going, I can’t leave

Et ne, ne, ne, ne, ne t’avise pas de dire non
And don’t, don’t, don’t, don’t you dare say no

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me so

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me so

Juste parce que tu m’aimes tellement
Just because you love me so

PORTE PLUMES


PORTE PLUMES

Je crie au vent

la droiture de ta diagonale

avec les demains appuyés au plus noueux du tronc

Et j’en chante ventriloque la saveur gardée sur la langue

Avec l’enfant qui dit non

je fais oui sans opiner

Tenons bon

Je roule à plus de 80

vie rage à la corde

armée à la fourche de mon lance-pierre

pour rester le voleur d’ô qu’on range pas en dehors des panières ibériques, en pinçant les herbes de rousses heurs du champ de ma guitare

Pour te voir danser comme la mer.

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2021

LE TIMBRE DU NEFLIER


LE TIMBRE DU NEFLIER

Une nuit coupée de voix blanche

Se tenir dans la coupure

L’enfant cherche cette amarre larguée

Il apprivoise l’inconnu de ses instincts, habité de la peur semblable à celle de sa mère

Le moindre bruit qui les loge en passagers clandestins d’un nouvel ô séant

Leurs yeux suivent la suite de l’histoire à partir de la dernière page

Au nouveau paragraphe

L’oiseau reste posé sur le timbre des cordes vocales, l’air de rassurer.

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2021

DU JARDIN DE LA TÊTE AU CORPS


DU JARDIN DE LA TÊTE AU CORPS

Combien rapprochés sont les pas

l’enfant qui choisit de rester au seuil

sait que la porte sent la peinture fraîche d’herbe coupée ce jour

Le cerisier tient bon et renforce

de façon à demeurer cette tige qui forme tronc

Quand la nuit tombera l’enfant sortira du cadre de ses repères pour venir d’un rêve au-devant des prochains

le tant parent reste sur et dans les voix nouvelles

L’oiseau jouit de toutes les cerises sans les garder pour lui seul.

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2021

QUITTER LA NORME.PAR JEAN CIPHAN (JEAN YVON CHAPIN)


QUITTER LA NORME PAR JEAN CIPHAN (JEAN YVON CHAPIN)

Quitter la norme.

Quitter la norme énorme et sèche,
Fouler le sentier vierge de la création,
Vagabonder au gré de l’imagination,
Respirer le bonheur !

Sublimer la peine en amour,
Le désespoir en délivrance…

Briser le miroir du confort,
Piétiner la quiétude du bien accompli,
Rogner les certitudes des gens établis,
Demeurer simple et fort !

Sublimer la peine en amour,
La solitude en espérance…

Hélas, sont vains ces vœux de fou !

Le fou n’a plus sa place :
La folie dérange, incommode,
Bouleverse les codes,
Les canons et les modes…

Ne serait-il fou que d’être autre,
Apôtre saoul d’amour sur les sentiers perdus,
Équilibriste seul, sur la corde tendue

Aux extrémités de laquelle
Tenaillent et cisaillent
Les tireurs de ficelle,
Les faiseurs de misère,
Les fomenteurs de guerre
Et les spéculateurs de mort ?

Gardons-nous de briser le subtil équilibre…

Si le fil se rompait,
Si s’effaçait le dernier port,
Si s’éloignait le dernier corridor,
Si s’effondrait le dernier pont jeté
Entre ciel et enfer au–dessus des abîmes,
Qui sait ce qu’il en adviendrait ?

Sans doute à tout jamais s’envolerait l’amour
Et fureur et folie atteindraient à leur tour
Les tireurs de ficelle !

Lors,
Ceux-ci,
Tombant de leur échelle,
Mêlant lames et traits,
Par malemort,
Dans leur folie
Produiraient l’ultime étincelle
Qui tout à néant réduirait !

Août 1986

Jean Ciphan


« Chemins d’ailleurs »Extrait de:  « Oser dire, poèmes et propos vagabonds » (Jean Ciphan)

DEBAL’ARTS – COGNAC JUIN 21


DEBAL’ARTS – COGNAC JUIN 21

Sous un soleil jouant avec un vent rameuteur de nuages, un Dimanche frais a montré le bout du nez du vaste changement qui s’opère en cette période de lâcher-prise de confinement qui se lance dans l’inconnu.

Le lieu est propice et s’est montré judicieux.

Fait principal à remarquer du matin jusqu’au soir les visiteurs n’ont pas cessé d’affluer, guidé par un automatisme collectif de présence d’abord manifesté pour eux-mêmes, mais initié par la manifestation.

Mouvement de foule que l’instinct animal guide, porteur pour la suite par ce qui sera ingéré.

Aussi les contacts qui ont pu émerger ont-ils eus une intensité particulière. J’ai eu cette émotion forte en retrouvant des gens auxquels je suis attaché par mon art, particulièrement par l’existence que j’y mène depuis longtemps.

. Certains s’étant déplacés depuis la Charente limousine pour me rencontrer, je ne les avais pas revus depuis 1984…

J’ai eu beaucoup de satisfaction au cours de cette manifestation, qui s’appuie sur un ressenti de volonté d’action culturelle à l’initiative de la Municipalité. L’éveil qui se manifeste avec des projets concrets, est d’un intérêt qui avait disparu depuis longtemps au plan culturel à Cognac. Pour ce qui touche à Débal’Arts, je suis heureux de remercier Nathalie Sauvaget, qui témoigne là de cette agréable impression créative.

Niala – 7 Juin 2021

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LE BEL ARBRE DE CE JOUR


LE BEL ARBRE DE CE JOUR

Des petits soleils pendus aux branches

j’effeuille la retenue dernière

et en fonce entre

dans l’estuaire

La fête est du chien

que l’oiseau chevauche à cru

DEBAL’ARTS

ce sera jusqu’au seoir avec toi

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2021