La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
J’entends encore l’onde sensuelle De ta bouche sur la mienne
C’était si fort, c’était si beau La philosophie de ton souffle entre des mots
Les plumes volent encerclées par tes ondes Mes habits collent, faut que je m’inonde Mais je n’sais plus où donner du crâne Ça n’répond plus, j’attends la panne Comment t’atteindre?
Mais comment t’atteindre, onde sensuelle? Toi qui me donnes des ailes Pourrai-je te rendre, un jour, éternelle? Pour nous lier jusqu’au ciel
Oh-oh-oh Oh Oh-oh-oh Oh
Tes doubles sens si romantiques M’ont troublé, onde magique Y a-t-il un sens à ta venue? As-tu un nom? Moi non plus Mais comment t’atteindre? Ouais
Mais comment t’atteindre, onde sensuelle? Toi qui me donnes des ailes Pourrai-je te rendre, un jour, éternelle? Pour nous lier jusqu’au ciel
Oh-oh-oh Oh Oh-oh-oh Oh
Mais comment t’atteindre, onde sensuelle? Toi qui me donnes des ailes Comment t’atteindre, onde sensuelle? Toi qui me donnes des ailes
Rien que pour toi, racine, pour toi, cyclone fourvoyé dans cette strate du langage, le poète a favorisé I’épaississement limoneux du sommeil où tu té ramifies. Le livre dont il est l’otage et le garant, le livre incompulsé, le livre intermittent, tourne sans hâte sur ses gonds dans la terre, et chaque page à ton attouchement prend feu, et sa substance se confond avec, le surcroît de ta sève, avec le progrès de son sang.
Perfectibilité du vide, racine de l’amour. Cette équation, je l’ai vaincue avec un océan de terre ameublie par mon souffle.
CHAMPAGNE – JACQUES HIGELIN La nuit promet d’être belleCar voici qu’au fond du cielApparaît la lune rousseSaisi d’une sainte frousseTout le commun des mortelsCroit voir le diable à ses troussesValets volages et vulgairesOuvrez mon sarcophageEt vous, pages perversCourrez au cimetièrePrévenez de ma partMes amis nécrophagesQue ce soir, nous sommes attendus dans les marécagesVoici mon messageCauchemards, […]
Dans l’accroche du lierre la bête primitive tombe du masque toute idée stagnante
c’est grouillant en pensées comme en gestes
Dans l’atelier
une toile est déjà prête à opérer
J’irai chercher l’Homme où tout voile sa face
pour le rendre à la nature primordiale de l’Homme et de la FEMME
comme il n’existe pas de paroi
entre les peaux du battement des coeurs
Dressée la bête court au plafond sans perdre l’adhérence
Vois-tu des mains comme à dessein j’ai les yeux de couleurs arc-en-ciel sur tes positions consentantes et la cadence de ce battement de pied qui m’apporte l’inspiration hétérogène
Une nudité pure qui fait fuir les gens d’armes comme les voyeurs au moment où le lézard cédant la place, dévoile mon genre présentant les armes au premier soleil dans un rite intégral.
faire luire les arêtes des buissons et des navires
La ville aux longues aiguillées de fulgores
Monte jusqu’à se perdre
Le long d’une rampe de chansons qui tourne en vrille dans les rues désertes
Quand les marelles abandonnées se retournent l’une
après l’autre dans le ciel Tout au fond de l’entonnoir
Dans les fougères foulées du regard J’ai rendez-vous avec la dame du lac
Je sais qu’elle viendra
Comme si je m’étais endormi sous des fuchsias
C’est là
A la place de la suspension du dessous dans la maison des nuages
Une cage d’ascenseur aux parois de laquelle éclate par
touffes du linge de femme De plus en plus vert
A moi
A moi la fleur du grisou
Le ludion humain la roussette blanche
La grande devinette sacrée
Mieux qu’au fil de l’eau Ophélie au ballet des mouches
de mai Voici au reflet du fil à plomb celle qui est dans le
secret des taupes
Je vois la semelle de poussière de diamant je vois le paon blanc qui fait la roue derrière l’écran de la cheminée
Les femmes qu’on dessine à l’envers sont les seules qu’on n’ait jamais vues
Son sourire est fait pour l’expiation des plongeurs de
perles Aux poumons changés en coraux
C’est Méduse casquée dont le buste pivote lentement
dans la vitrine De profil je caresse ses seins aux pointes ailées
Ma voix ne lui parviendrait pas ce sont deux mondes Et même
Rien ne servirait de jeter dans sa tour une lettre toute ouverte aux angles de glu
On m’a passé les menottes étincelantes de Peter Ibbetson
Je suis un couvreur devenu fou
Qui arrache par plaques et finirai bien par jeter bas
tout le toit de la maison Pour mieux voir comme la trombe s’élève de la mer Pour me mêler à la bataille de fleurs Quand une cuisse déborde l’écrin et qu’entre en jeu la
pédale du danger
La belle invention
Pour remplacer le coucou l’horloge à escarpolette
Qui marque le temps suspendu
Pendeloque du lustre central de la terre
Mon sablier de roses
Toi qui ne remonteras pas à la surface
Toi qui me regardes sans me voir dans les jardins de
la provocation pure Toi qui m’envoies un baiser de la portière d’un train
L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort; le souffle et l’ombre de cette coalition, certaines fou, le surélèvent.
Notre amitié est le nuage blanc préféré du soleil.
Notre amitié est une écorce libre. Elle ne se détache pas des prouesses de notre cœur.
Où l’esprit ne déracine plus mais replante et soigne, je nais. Où commence l’enfance du peuple, j’aime.
xxe siècle : l’homme fut au plus bas. Les femmes s’éclairaient et se déplaçaient vite, sur un surplomb où seuls nos yeux avaient accès.
À une rose je me lie.
Nous sommes ingouvernables. Le seul maître qui nous soit propice, c’est l’Éclair, qui tantôt nous illumine et tantôt nous pourfend.
Éclair et rose, en nous, dans leur fugacité, pour nous accomplir, s’ajoutent.
Je suis d’herbe dans ta main, ma pyramide adolescente. Je t’aime sur tes mille fleurs refermées.
Prête au bourgeon, en lui laissant l’avenir, tout l’éclat de la fleur profonde. Ton dur second regard le peut. De la sorte, le gel ne le détruira pas.
Ne permettons pas qu’on nous enlève la part de la nature que nous renfermons. N’en perdons pas une éta-mine, n’en cédons pas un gravier d’eau.
Après le départ des moissonneurs, sur les plateaux de l’Ile-de-France, ce menu silex taillé qui sort de terre, à peine dans notre main, fait surgir de notre mémoire un noyau équivalent, noyau d’une aurore dont nous ne verrons pas, croyons-nous, l’altération ni la fin; seulement la rougeur sublime et le visage levé.
Leur crime : un enragé vouloir de nous apprendre à mépriser les dieux que nous avons en nous.
Ce sont les pessimistes que l’avenir élève. Ils voient de leur vivant l’objet de leur appréhension se réaliser. Pourtant la grappe, qui a suivi la moisson, au-dessus de son cep, boucle; et les enfants des saisons, qui ne sont pas selon l’ordinaire réunis, au plus vite affermissent le sable au bord de la vague. Cela, les pessimistes le perçoivent aussi.
Ah! le pouvoir de se lever autrement.
Dites, ce que nous sommes nous fera jaillir en bouquet?
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir? Mourir, c’est devenir, mais nulle part, vivant?
Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit.
Toucher de son ombre un fumier, tant notre flanc renferme de maux et notre cœur de pensées folles, se peut; mais avoir en soi un sacré.
Lorsque je rêve et que j’avance, lorsque je retiens l’ineffable, m’éveillant, je suis à genoux.
L’Histoire n’est que le revers de la tenue des maîtres. Aussi une terre d’effroi où chasse le lycaon et que racle la vipère. La détresse est dans le regard des sociétés humaines et du Temps, avec des victoires qui montent.
Luire et s’élancer – prompt couteau, lente étoile.
Dans l’éclatement de l’univers que nous éprouvons, prodige! les morceaux qui s’abattent sont vivants.
Ma toute terre, comme un oiseau changé en fruit dans un arbre éternel, je suis à toi.
Ce que vos hivers nous demandent, c’est d’enlever-dans les airs ce qui ne serait sans cela que limaille et souffre-douleur. Ce que vos hivers nous demandent, c’est de préluder pour vous à la saveur : une saveur égale à celle que chante sous sa rondeur ailée la civilisation du fruit.
Ce qui me console, lorsque je serai mort, c’est que je serai là — disloqué, hideux — pour me voir poème.
Il ne faut pas que ma lyre me devine, que mon vers se trouve ce que j’aurais pu écrire.
Le merveilleux chez cet être : toute source, en lui, donne le jour à un ruisseau. Avec le moindre de ses dons descend une averse de colombes.
Dans nos jardins se préparent des forêts.
Les oiseaux libres ne souffrent pas qu’on les regarde. Demeurons obscurs, renonçons à nous, près d’eux.
Dans l’attrait activé par cette nouvelle médiocrité que sont les influenceurs, l’étouffoir des compétences augmente son poids
Extrémisme d’une bêtise savamment cultivée qui peut conduire de l’anodin stupide et inculte au fascisme brûleur de livres et puis d’hommes
Je vomis pour me laver les tripes afin de garder ce que j’ai appris de la non-influence du savoir
Seul le laid fait étalage
La prétention ayant juste l’ignorance pour diplôme
Flore
beauté sauvage
humilité de la rosée que la pâquerette pointe au matin
les serres industrielles de Hollande et d’ailleurs atterrissent chaque jour sur ton ventre pour livrer leur absence de senteur
Perdre le discernement au profit de l’applaudissement systématique est la pire injure qu’un artiste rencontre, c’est faire affront à l’ART qui dénonce l’obscurantisme..
J’ai vu ses yeux Un bel étang de femme-saule perdue dans un espace étrange Le songe lointain des contrées et ses lèvres d’oiseau mouillées Si bien que du bout de mes doigts j’aurais voulu les essuyer
Comme au matin, une fontaine, son sourire d’enfant comblé Plus clair que l’infante Isabelle et plus vif qu’un jet d’hirondelles Que l’oriflamme du matin et le miroir d’une sirène Le page blond du printemps et l’alauda des mutinés
Est-il permis d’être aussi blonde à en rendre jaloux les blés De Beauce et de Brie rassemblés au bord du chemin de sa course ? Et je les entends murmurer que Dieu les a abandonnés Et moi, Dieu je lui en sais gré pour la beauté qu’il m’a donnée
Vivace comme un fil de anche si le vent lui a ordonné Ou si le vent l’a ordonné à la tendresse abandonnée Comme un bouquet d’herbes de rives, humide et tiède sans parler Humide qui me rend humide, les yeux entre rire et pleurer
Et sa joie à pleines dents blanches c’est Chartres au matin ressuscitée Naïve et farouche Gavroche, ma farouche avec le menton Ma naïve avec ses fredaines, ma fleur de neige et d’eau Mon clown-enfant, ma barbouillée, ma korrigane libérée Ma blonde enfant, ma tant aimée
Je vais apprendre à me taire, je vais apprendre à écouter Passer le vent entre ses lèvres et je vais devenir léger Je vais devenir léger Et puis de laiteuses tendresses, je vais apprendre à calmer ces craintes d’enfant effrayé Qui a peur du noir et appelle. Et je vais devenir berger
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.