La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Quand tu voudras, bien lentement Par la côte, par cabotage Par l’ancien chemin des douaniers Par l’amplitude des marées Par les degrés de solitude Par la force acquise de l’âge
Reviens, sonne ici, sonne bien Quand tu voudras, lentement, bien Comme j’ai moi-même sonné À ta porte un jour en novembre Sonne, ô ma morte, un soir de cendre À l’avenir et j’ouvrirai
Meurs ta beauté, belle éphémère Et avec toi ton diable aussi Violent, intense et sans merci Et qui tuait l’amour aussi Meurs donc où tu es sur la Terre Puis viens te mettre à ma merci
Moi, je vieillis, furieux de tout Comme collé à sa soupière Un graillon de vieille colère Mon instinct du jeu sans atout M’aura fait te chercher partout Retourner la vie, pierre à pierre
Toi, tu dérives dans ton âme Les soleils morts des galaxies Brûlent des souvenirs rassis D’anciens enthousiasmes de femmes Je les vois ces signaux de flammes Les nuits les portent vers ic
Ainsi, nous voilà très égaux Rapprochant nos mondes rivaux Comme deux bateaux si fantasques Deux passés coulés dans deux vasques Ou bien deux avenirs floués Et la porte que j’ai clouée Peut s’ouvrir sur une bourrasque
Mon Dieu, mon Dieu, cela ne s’éteint pas Toute ma forêt, je suis là qui brûle J’avais pris ce feu pour le crépuscule Je croyais mon cœur à son dernier pas. J’attendais toujours le jour d’être cendre Je lisais vieillir où brise l’osier Je guettais l’instant d’après le brasier J’écoutais le chant des cendres, descendre.
J’étais du couteau, de l’âge égorgé Je portais mes doigts où vivre me saigne Mesurant ainsi la fin de mon règne Le peu qu’il me reste et le rien que j’ai. Mais puisqu’il faut bien que douleur s’achève Parfois j’y prenais mon contentement Pariant sur l’ombre et sur le moment Où la porte ouvrant, déchire le rêve.
Mais j’ai beau vouloir en avoir fini Chercher dans ce corps l’alarme et l’alerte L’absence et la nuit, l’abîme et la perte J’en porte dans moi le profond déni. Il s’y lève un vent qui tient du prodige L’approche de toi qui me fait printemps Je n’ai jamais eu de ma vie autant Même entre tes bras, aujourd’hui vertige. Le souffrir d’aimer flamme perpétue En moi l’incendie étend ses ravages A rien n’a servi, ni le temps, ni l’âge Mon âme, mon âme, où m’entraînes-tu ? Où m’entraînes-tu ?
Entre bruit d’eau et vent debout le rocher sort la tête
pour s’offrir aux embruns plus loin que le nombril
Le repas tire à sa faim
le jeu des oiseaux-marins
Ma Mie
sortons un peu plus loin que le ballet du phare atteint
Ils suivront leur chemin d’un bord à l’autre de leurs rives
Laisse ta robe ici j’emporte pas mon chapeau, là où je tant vole on en aura pas besoin c’est pas malsain de dogme, l’ostensoir de tes seins dégage du brouillard, puis à la baie des anges marri na est absent
C’est Mon Echo et son rocher qui rallient
où l’aqua rit home marche sans palais dans la trace du Grand Fauve.
La main est le berger de l’ombre. L’ombre des mots. L’ombre de rien. Elle rassemble. Une île entre le visible et l’invisible. C’est par là qu’elle touche les morts, qu’elle les caresse et leur parle. Ils posent leur front glacé entre nos doigts. C’est la mémoire des outils, des courbatures. Des gestes vers la terre. Et l’on se surprend à tracer dans l’air des arabesques de semailles, à abattre des arbres de verre. A détourner des rivières muettes. La main sait tout Le mouvement du pain. Les poutres sur l’épaule. Conduire les troupeaux. Cueillir, toucher, ouvrir. Quand trop de lumière aveugle, la main couvre, incline et l’espace se referme. Est-ce la pierre qui a façonné la paume, la rivière, l’arbre? Est-ce le ciel, la montagne ou la crevasse ?
La main a les odeurs du monde en son ventre, elle ruisselle, elle pleure de toutes ses eaux, et les pluies gémissent entre ses doigts. Elle est une jeune fille sortie de l’eau du corps, du bleu liquide de la nuit. Elle embrasse le soleil au plus haut de ses lèvres. Et son rire gicle sur le dos des bêtes. Elle est l’autre côté. Elle connaît le début, la fin. Et pire.
La main hurle debout, quitte le sol, ses nœuds et ses grilles s’enchevêtrent. On entend encore son souffle dans le plus petit mot. Son halètement, ses peurs. Elle est le fruit d’un soupir. Un geste de l’âme vers le corps pour marquer une entente. Un rire sur le dos du monde qui se gratte. Une fête de première fois.
Elle est cette vieille idée sur le visage de Dieu pour raconter à l’homme comment lui-même s’est ouvert en deux.
La main nous console de tout ce sang séparé. Elle s’accouple sans cesse et sa robe rouge couche dans ses coutures la grâce violente des retrouvailles.
Elle est la très vieille mémoire du quatre pattes, terre sous le sexe, ciel sur le dos. Ce qui sans cesse nous bouscule entre le chien et le dieu.
Elle étrangle, elle arrache et dresse tous ses muscles à bâtir le corps qui n’est plus le corps.
Quand les mains frappent l’enfant, elles le tuent deux fois — une fois dans sa chair, une fois dans son âme. Le nouveau venu est au pays des morts. Il doit traverser sa vie avant de l’atteindre comme un voyageur aveugle. Égaré.
La main sèche les larmes quand sont venus les étour-neaux de nos douleurs et qu’ils nous crèvent les yeux jusqu’à les picorer. La main ferme les plaies. Comme A-t-elle retrouvé en son sang les cris, les mots rentrés du corps dans la lumière?
Le cheval au bord du sillon tire des pierres du logement pour le grain
De mes reins la résistance bande l’arc-en-ciel
Cathédrale en flèche
Niala-Loisobleu – 17 Jjuillet 2021
L’automne Et Puis…
L’automne va bientôt venir il commence à faire un peu froid… On vit bizarrement ce temps; le jeu de l’homme et de la femme se fait subtil et plus caché. Tes yeux sont tendresse un peu lasse;hier y brule comme un bon feu, tu vois je m’enchante de peu… L’arbre se défait sur la place. Comme le temps passe !
L’automne est tout près de venir avec ses soleils maladroits. On se dévorait au printemps; le feu de l’homme se désarme et l’oubli se donne couché. De l’artifice à la grimace on descend le chemin des dieux; quand je me penche sur tes yeux, dans ce miroir où je m’efface, je me dis que le temps passe.
L’automne n’a plus à venir ni dans tes yeux, ni dans mes doigts. L’automne, il est là pour longtemps. Le peu de l’homme qui s’enflamme
Les copains reprennent leur place… C’est comme ça que le temps passe…
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