DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS PAR MINOD ALAIN


DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS PAR MINOD ALAIN

Apprendre à fouetter les mots
Avec le soleil du silence
Pour leur lâcher la bride
Jusqu’à l’ombre
Du soi

Et…Dans la lumière de leurs galops
Tutoyer leurs éclats d’écume
Sans marchander l’amour
Qu’ils appellent
Du fond
D’un lointain habillé
Par nos songes

Au moindre tremblement des sens
A leur moindre dérive
Lancer la relève
Pour les abriter
Du battement
De l’oubli…

Là déroulés sur
Le tapis de l’accueil
Aucune trêve
Ne les abandonnera
Au chaos

Et pour les choses plaquées
Qui bruissent en notre
Cœur
Briquer notre langue
Avec la tendresse
En laissant
Soupirer
Nos pauvres nerfs

On les retrouve sans-cesse
Ces imbrications
Du sens
Avec
La trame
A chaque fois imprévue
Où se déploie
La chevauchée
Des mots

Ici : C’est à la fois
L’œil de l’astre royal
Appuyé sur le poids
De nos vies
A la fois l’écueil où se heurte
L’inconnue de nos résistances :
Le tumulte du travail :
Juste là dans
Les bris des plis
Doucement hésitants
Où s’aventure
L’avancée
Comme soufflée
Sur un chemin …

L’écueil ! Ne pas casser ses traces
Et enlacer en même temps
La plus vive des
Circulations…
Non pas celles qui courent
Dans la ville
Mais la plus fervente
Qui témoigne
A l’instant
Pour un futur
Sans-cesse inachevé…

Comme un soulèvement
Dans la marche zébrée
D’ombres pour
Des mots
Clairs
:
Celle où nous n’attendons
Que la voile quand elle
Se dresse sous
Le vent
:
La fin d’une époque transitoire
Où rugissait le futur
Sans autre brillant
Que la fuite
Du temps

Écueil ! Écueil ! C’est le temps
Qui passe dans la résistance
De l’instant
Pour
Une langue sans autre promesse
Que celle allant
Dans la grande allure
Des mots sortis de la gangue
De tout corps fixé
A des rapports
De forces
Pour
Entrer dans le jeu vif
Des chairs où vibre
La caresse du sens
Sur l’instant

Aucun galop des mots
Ne saurait usurper
La belle présence
Du silence
Rentré
Dans les veines
Et les artères
De l’humain :
Ce silence : témoin
De toutes les rumeurs
De l’amour

Alain Minod

« ATELIER BLEU »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE S/VERRE 40X50


« ATELIER BLEU »

NIALA 2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

Dans l’été qui se débine on entend déjà la cloche dans l’escalier

adieu galoches des sables chauds

bonjour cavalcades de l’informe présent

Pour le moral

te laisse

du coin de pinède et de son sel

la seule fenêtre

qui soit sans masque et sans passe

Du sucre d’iode

coquille ouverte

oiseau bleu

sur pont de bateau de papier

pour traverser à deux en solitaire

Bonne rentrée Ma !

Niala-Loisobleu

30 Août 2021

ANEMONES (Reprise)


         L’EPOQUE 2020/40 – « Anémones » – Niala – Acrylique s/toile 46×38 – Collection MMme Villard

ANEMONES (Reprise)

Je suis une île

Surgie pour te voir

Surgie pour m’éprendre

J’écarte une à une les branches de ton domaine

Jusqu’à tes yeux d’anémone

Fille du vent qu’on égraine il faut

Que tout argument s’envole de ce qui ne veut

Changer les choses et partout s’époumone

En vain et toi sous les rideaux de ton théâtre intime

Tu as de quoi débouter les roses de leur faconde

Creuset et vestale du terrible quitte ou double

D’où nous faisons parfois naître des oiseaux

De lumière tu me maintiens à distance idéale

Du duel et de la vaine béatitude

Fais de moi le locataire rude et légitime

La vérité première

De tout ce qui empêche le cœur de se fendre

Barbara Auzou.

LA RENTRÉE PAR JACQUES RÉDA


LA RENTRÉE PAR JACQUES RÉDA

L’air d’automne est si clair qu’au-dessus de la ville
On entend craquer les forêts d’Alsace et de
Lithuanie
Et passer des renards dont l’œil a la tendre sauvagerie
De ce ciel dénudé qui tremble au milieu de la rue.
Un barrage a cédé très haut dans les gorges du levant,
Libérant le bleu sans rumeur qui déborde les cheminées
Et, par la porte ouverte au cœur étouffant de septembre.
Voici le vent couleur d’averse du matin qui rentre
Avec son odeur de terrier, de bois mouillé, de gelée blanche,
Et sa stature d’autrefois dressée comme une promesse. •Je tends les bras dans ce retour de milliers d’ailes
Vers ce qui fut promis par la cloche aiguë du collège sous

le brouillard.
Vers les anges dépossédés qui guidèrent mes pas parmi

les bogues de l’allée,
Et la gloire d’octobre à genoux dans les feuilles mortes.

Jacques Réda

SERAIT-IL DONC POSSIBLE ?


SERAIT-IL DONC POSSIBLE ?

Ce qui remue la forêt

tient la vague sur le déroulé

résiste au venin de la bête rampante

copie le roseau dans le vent

tient de l’EPOQUE mise au métier à tisser

guitares saisies des mains aux talons

pour dresser le cheval à bander son arc

flèche de cathédrale comme oiseau

indestructible pierre de la sérénité du sourire

OUI !

Niala-Loisobleu – 29 Août 2021

CRINIÈRE DE FIÈVRE PAR PAUL ELUARD


Paul Eluard

CRINIÈRE DE FIÈVRE

PAR

PAUL ELUARD

Un pavillon rampant
Qui s’avoue plus haut
Que l’inondation
Au pouce foudroyant

La rive est un poisson

De jeux de pièges

Pour affamer en faveur d’Origine

Les arbres debout sur leurs talons

La naine pleine de blé

Descend la pente sur un air absolu

Va s’affaler sur l’herbe
De l’hacienda en flammes
De désastre en désastre
Elle se vêt

D’un tissu de bien-être
D’images lumineuses

Charmé souris d’alcool

Et d’alcôve hiver en couleurs vivantes

Soleil que je peux embrasser.

Paul Eluard

LES CAILLOUX PLEIN LA POCHE


LES CAILLOUX PLEIN LA POCHE

Dégagée la route laisse roue-libre de choisir les tant d’arrêt sous les ramures propices

Gazouillis à plumes pour personnel de service

Un petit gravier qui chante avec la voix de Mireille

et donne ce coup sur les manivelles qui remonte de plus en plus ô le tissu du jour sur les cuisses

Dimanche pour signer le dessein pincelé de bleu de Ma…

Niala-Loisobleu – 29 Août 2021

ET AU MOMENT VENU


ET AU MOMENT VENU

Assez de soleil sur langue il lui dit ce qui n’apparaît que dans la salive du sang

Vastitude du fond où le silence ne peut mentir

A l’éclat de ses aréoles il reconnut la présence de la cressonnière et la nature originale de l’amour qui y demeure vert

La menthe et le citron firent fuir l’ouragan

Sous les caféiers pieds nus, le mojito mêle les grains rouges pacifiques aux guitares de la Baie des Cochons

Niala-Loisobleu – 28 Août 2021

ME REPRENDRE A JUSTE TITRE POUR SIGNER A MA FENÊTRE


ME REPRENDRE A JUSTE TITRE

POUR SIGNER A MA FENÊTRE

De cette saison qui s’achève sans avoir montré d’elle que d’hétéroclites images sans rapport autre qu’un penchant pour la mort, je me place face à la porte de l’automne. L’esprit tout enfoncé au symbole. Conscient d’un nécessaire changement de renaissance, non pour refaire le monde, mais en sauver la nature pour moi-même et revenir aux fondamentaux

Des Marguerite en brasse

et du vain répandu

Becker avance sa clairvoyance et délivre

LA DÉLIVRANCE ATTENDUE

La fenêtre est tendre comme un couteau

Le miroir est profond d’épaules noires

on voit des pieds nus sous le rideau

et la route est très loin dans le mur

la tête coupée

est sur le lit

Je me rappelle ou je rêve

que ton front est comme ces belles journées

où il n’y a pas un signe de mort

où la lumière se rassemble sur les sources

le pont monte de l’herbe

et fait une grande blessure au-dessus de l’eau

le dormeur est toujours couvert

de ses paupières collées

comme des fruits privés d’air

les ombres sortent et laissent longtemps

leurs tempes contre les murs.

Lucien Becker

Ainsi du dessin naîtra la peinture, chair fraîche de la couleur de soie qui racine l’arbre, du cheval qui va au labour sans regarder d’abord l’âge et de l’oiseau qui du vent aspire la poussée sans chercher de renfort

L’enfant du mordant de Marthe et de l’Art de Louis

qui joint les seins pleins aux creux des mains et poile pour empêcher l’appeau de s’exhiber

Des maisons sur le pore la mère pour horizon

sans masque
le fruit mis aux claies pour le goût d’apprendre à éradiquer l’intolérance dans tous ses exercices.

Niala- Loisobleu – 28 Août 2021