CELLE DE BAIN


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CELLE DE BAIN

 

Temps de dégoulinure qu’entre l’espace bouché et la fenêtre qu’on peut pas ouvrir, tout coule par terre. Je gare mon vélo entre les cuisses du cheval pour me joindre aux oiseaux friands de crottin. Les fleurs pompent, mais la couleur déteint. Sais-tu que je me disais en suivant les consignes de prévention contre le coronavirus, que si nous vidions les maisons au dehors on aurait plus besoin de nettoyer les rampes et les mains, j’aime quand tu ruisselles. Au point que je vis dans l’hamman qui a pris position de mes pensées, ça fait râler le chien parce qu’on lui a dit de ne pas plonger du premier quand il voit le canard sortir de la cuisine, à part ça l’impression nautique qui couvre le déplacement du mobilier ouvre au jeu d’une bataille navale singulière.  J’ai mis des glaces partout pour te multiplier sur mon palais. L’effet produit est tout simplement fantastique.

 

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2020

LE FAUVE DE MON SOMMEIL


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LE FAUVE DE MON SOMMEIL

 

Ouvrant les volets dans un ciel de merde, quand la pluie s’en ira-t-elle ?

Je me remis dans mon rêve de la nuit

entendis le feulement fauve que font ses fleurs en me grimpant selon le principe d’Archimède

chaudes et humides, des organes lacustres

Ah j’ai tardé au levé tant tu me tenais dans la partie de toi qui ne parle qu’émoi

C’est pas un soleil anémique

t’as les reins et l’argument du reste en airain

je me lèverai si je veux, laissez-moi choisir dans mon heur

Tu peux rester toi Henri

t’es ma grande fenêtre sauvage…

 

Niala-Loisobleu – 03/03/20

LA RAMBARDE CONTRE MON ACIDE


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LA RAMBARDE CONTRE MON ACIDE

 

Soudain sorti du vomissement d’un volcan en exercice, la coulée d’acide n’eut aucune compassion pour le regard en jardinage qui vivait en cocagne

Papillon aussi bien que carré de fraise furent ravagés

Le vert bocage roussit sous l’attaque lance-flamme du démon

Voyant venir l’instant fatidique

je te pris toute entière en travers pour me retenir et continuer mon métier de chercheur de bouquets

C’est même au flux de l’anémone pleureuse que je trouvai le moyen d’espérer

Henri m’a en corps sauvé

 

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2020

 

 

UN SAUT VERS ET ROUGE


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UN SAUT VERS ET ROUGE

Je me fis furet

-Vais t’aider me dit-elle

aller cour et m’happe ailes

Avisant la craie du tableau vert je cogne à la porte

-Entre et monte, suis dans l’escalier de la marelle, viens me mettre au ciel !!!

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2020

« L’Époque 2018 », de Barbara Auzou et Niala


« L’Époque 2018 »,

de Barbara Auzou et Niala

Publié par les Éditions Traversées, « L’Époque 2018 » (sous titré Les Mots Peints), de Barbara Auzou et Niala (alias Alain Denefle) comprend une suite de trois cycles, intitulés « L’Époque 2018 », « Autan Occitan » et « Notre Jardin bleu ».
Il m’arrive très rarement de lire des recueils de poésie dans lesquels illustrations et poèmes soient aussi inséparables. Je veux dire par là que pour se pénétrer de l’ambiance des textes publiés ici, il faut déjà observer attentivement les illustrations avant d’aller lire les poèmes correspondants.
Le poème n’est d’ailleurs pas le décalque fidèle de l’illustration (acryliques sur toiles ou contrecollés). Cependant, il est la traduction fidèle de son univers.
Le monde de « L’Époque 2018 » peut être qualifié d’onirique, de consubstantiel à la nature (couleur verte dominante), de sensuel (représentation de nombreux nus féminins), voire de mystique (élévation des personnages et des choses).
Dans « Autant occitan » et « Notre jardin bleu », les représentations sont moins humaines, tandis que le soleil et l’eau se mélangent davantage à la nature.
Il résulte de ces univers peints des poèmes visuels résolument lyriques, aux images volontiers baroques, mais qui ne sont pas dépourvus de mouvements, ce qui donne à ces textes leur puissance, et une respiration ample.
Le résultat est un recueil ambitieux qui a su retenir mon attention de lecteur, car, mine de rien, il s’y passe plein de choses.

Extrait de « L’Époque 2018 », de Barbara Auzou, « Notre jardin bleu 1 » :

« Au bout de la route franche
qu’on ne foule que de l’âme
sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste
se trouve un jardin bleu dont la hanche
tremble comme une mariée aux pieds nus
et qui s’émeut de la caresse
d’écume à ses cheveux et de la rondeur
de ses larmes quand le gant de lierre
qu’elle retourne la détrousse dodue
de ses solides trésors d’enfant
tressés sur les mystères
d’un rire innocent.

Les arbres déroulent leurs arbres au flanc
d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie
et la pensée que l’on existe maintenant
la fleur le sein le fruit en leur juste poids
les mousses de la douceur sur le velours de l’appui ?

L’azur croît pour soutenir la lumière
des mains réciproques qui s’enroulent au hasard
saisonnier des moissons à venir.
Des greniers de la peau qui s’étonnent encore
de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires
et quelques boutons d’or. »

Si vous souhaitez en savoir plus sur « L’Époque 2018 » de Barbara Auzou et Niala, qui est vendu au prix de 20 €, rendez-vous sur le site de l’éditeur : http://traversees.wordpress.com/a-propos/

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DERNIER ETIAGE


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DERNIER ETIAGE

 

 

Fou, le vent va finir par se renverser lui-même et le niveau remontant, je pense qu’il boira la tasse

Pourtant assise dans son bac à bains, Elle montre une sérénité d’amoureuse à son oiseau-marin. Portée par ses bouées au sommet de la vague, elle voit les nouvelles passer sans être dérangée de ce qui fait son objet principal

Au sale temps qui couche tout et n’importe quoi sur papier journal, leur bateau plie le papier et se tient vertical …

 

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2020

L’EPOQUE 2020/5: LE POUVOIR DE L’OISEAU


L’EPOQUE 2020/5: LE POUVOIR DE L’OISEAU

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LE POUVOIR DE L’OISEAU  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2020/5 
Le Pouvoir de l(Oiseau
Niala
Acrylique s/toile 61×50

 

Dehors a les yeux tristes mon Amour

Il est étourdi par la nostalgie de tout

Et vit comme un agneau égorgé

Et pour que tu existes

Comme un dernier soleil sur ma bouche

Je t’ai habillée de branches de cerisier

Et de feuillages

J’ai convoqué l’oiseau  lui seul sait

Les rituels du passage  l’escalier

Qui mène aux prunelles de l’éternité

Il sait tes tramways  tes colonnes brisées

Et la plaie de tes mains que les plafonds rongent

Il y a des femmes qu’on veut dénuder de leur peau

D’autres avec lesquelles on bâtit des maisons

De pierres autrement charnues que des songes

Et je n’ai d’horizon que ce silence accru

Quand tu t’assois dans ta vie 

Et dans mon regard comme un cheval sauvage

 

Barbara Auzou

PAR ECHAPPEES DES FORTIFS


 

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PAR ECHAPPEES DES FORTIFS

 

Paris n’est pas en corps clos par sa ceinture verte

Les Maréchaux en revanche la tourne en boulevards comme une fille à soldats

C’est la faute de la grosse Bertha qui en cette année la canonne

Le bon Rousseau en rage derrière son octroi, obligé de contrôler le passage quand on est habité par un fabuleux voyage de concert avec un facteur Cheval, ça pue le côté étriqué d’un administratif concept

Et l’Epoque s’évade avant l’Exposition Coloniale aux goûts un tantinet esclavagistes. il faut glisser de l’exotisme dans les corsets et les faux-culs pour laisser l’authenticité des somptueuses touffes préservées lâcher le pouvoir de leur voyage

Aujourd’hui le tour opérator démolit le monde et le rasoir saccage les savanes fauves des grandes lionnes, quel sacrilège, je remonte ton grand fleuve cher Douanier au moment où il se pourrait que l’espace Shengen cadenasse

J’ai ton ombre dans la poche, avec le caillou, qui me taquine le vélo, ô Henri, et le reptile de mon calecif soulève le couvercle en se disant flûte, sortons-en…

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2020

SOUS LE REGARD DES ANEMONES


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SOUS LE REGARD DES ANEMONES

Dans l’entrée les parapluies sont repliés et la tenture de la portière tirée sur la porte palière coupe l’intrusion de tout oeil collé à la serrure. L’accès aux pièces de l’habitation passe sur l’amorti des tapis. Le long des murs les tableaux signalisent le parcours de décrassage sociétal, accentué par les carrefours emblématiques du tombé vestimentaire, plus on approche du salon et plus le linge laissé en cours de route parle sans ambages. Fautes de fessiers des chaises ont retenu une pièce de tissu, face au canapé qui garde un moulage de notre passage nous voici réunis en quatre mains

C’est ton rêve et le mien en une seule partition qui alanguit les anémones

Les champs repliés derrière les haies fleuries abritent la douceur des passereaux nichés en secret, un cheval monte la colline, l’herbe  a beaucoup poussée, elle remonte à la base des pommiers en diversifiant le blanc et noir des meuhs, de rousseur, d’ocres et roseurs de riches mamelles  lourdes de promesses. Sur la chaux des murs les trémières se détachent entre le colombage et sur le torchis, glissant leur sudiste atmosphère. c’est simple, la nature se confond en toute complicité. Quelque chose de Bovary passe par la chatière. Le chat franchit la ligne de ceinture en dressant ses moustaches. Comme un babillage d’enfant le chiffon rose de sa langue sourit, le vent en récupère l’heureuse opportunité. Il faut bien qu’il se mette du bon côté

Musique planante

le clavier ouvre les jambes

une marguerite en profite pour diffuser son pronostic

A la folie, passionnément répète-elle en boucle

Le chien peut courir après le papillon sans être dérangé …

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2020

SORTI DU NI


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SORTI DU NI

Guilleret

voyez comme il est

heureux

l’oiseau d’être sorti du ni

Ils se balancent les jumeaux

et le poil en devient bleu

ABSOLU…

Niala-Loisobleu – 29/02/20