BOITE A COULEURS


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BOITE A COULEURS

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Marronnier, carrousel d’oiseau

Boire le thé

avec des jeunes filles de qualité

Pactole,
Léthé

Extraire l’opium de la vie

Tirer le radium de l’esprit

Rotation des zones

Poésie, aliment complet

coup d’œil à l’atterrissage

Ah, mes petits lapins et mes petites chèvres

Mourir, ne plus être

dire qu’on ne peut rien contre ça

Décor violemment colorié

un ibis rouge dans le micocoulier

 

Paul Neuhuys

L’EVOLUTION


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L’EVOLUTION

Venues d’un plafond pariétal leurs mains se sont prises en gardant  de quoi écrire à partir de la braise

Ponctuant leur quotidien un fruit de grenade dégoupillé pousse au naturel

La lune danseuse, le feu ancestral un soir comme tous les autres, nus jusqu’à l’os les voilà évidant le grand arbre pour remonter de la source à l’estuaire

Ses feuilles écrites couvrent les maisons qu’il peint, leurs corps zébrés de traits de lumière qu’ils percent dans les points noirs, surtout ne pas contaminer la densité respiratoire comprise entre chacune de leurs étreintes

L’andalou collé au mur par le barbare congénère, déroule sa pompe sur les fleurs défiant la sécheresse d’une absence d’amour libre

le fond de ruche monte en alvéole

les serpents se sont enfuis à la conquête des paradis proposés par les sites de rencontre

les pierres peuvent-être soulevées pour bâtir la grande lanterne

ils ont dans leur temporel une forme d’éternité propre à s’adouber en un seul

Ils ont comme tout un chacun l’hérédité du concept et l’affrontent en richesse pas en ennemie

 

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2020

 

 

 

 

 

 

ROUX COULEMENTS


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ROUX COULEMENTS

Au moment prêt, où ça bouge

doucement de nouveau se pose

la feuille multiple

sur tout l’arbre

le rose à coeur jaune d’une fleur porteuse

l’accompagne

d’une grande coiffe blanche

Un oiseau sur les genoux

 la femme plume son ventre

puis couve

sous ses seins poires

et la pluie solaire

jute de fruit plein le vers

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2020

AU FEU !


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AU FEU!

J’enfonce les bras levés vers le centre de la
Terre
Mais je respire, j’ai toujours un sac de ciel sur la

tête
Même au fort des souterrains
Qui ne savent rien du jour.
Je m’écorche à des couches d’ossements
Qui voudraient me tatouer les jambes pour me

reconnaître un jour.
J’insulte un squelette d’iguanodon, en travers de

mon passage,
Mes paroles font grenaille sur la canaille de ses os
Et je cherche à lui tirer ses oreilles introuvables
Pour qu’il ne barre plus la route
Mille siècles après sa mort
Avec le vaisseau de son squelette qui lait nuit de

toutes parts.
Ma colère prend sur moi une avance circulaire,
Elle déblaie le terrain, canonne les profondeurs.
Je hume des formes humaines à de petites distances

Courtes, courtes.

J’y suis.

Il n’y a plus rien ici de grand ni de petit, de liquide

ni de solide,
De corporel ni d’incorporel;
Et l’on jette aussi bien au feu une rivière, où saute

un saumon, et qui traversait l’Amérique,
Qu’un brouillard sur la
Seine que franchissent les

orgues tumultueuses de
Notre-Dame.
Voici les hautes statues de marbre qui lèvent l’index

avant de mourir.
Un grand vent gauche, essoufflé, tourne sans trouver

une issue.
Que fait-il au fond de la
Terre?
Est-ce le vent des

suicidés?
Quel est mon chemin parmi ces milliers de chemins

qui se disputent à mes pieds
Un honneur que je devine?

Peut-on demander sa route à des hommes considérés comme morts
Et parlant avec un accent qui ressemble à celui

du silence.
Centre de la
Terre! je suis un homme vivant.
Ces empereurs, ces rois, ces premiers ministres, entendez-les qui me font leurs offres de service
Parce que je trafique à la surface avec les étoiles et

la lumière du jour.
J’ai le beau rôle avec les morts, les mortes et les

mortillons.
Je leur dis : «
Voyez-moi ce cœur,
Comme il bat dans ma poitrine et m’inonde de

chaleur!
Il me fait un toit de chaume où grésille le soleil.

Approchez-vous pour l’entendre.
Vous en avez eu

un pareil.
N’ayez pas peur.
Nous sommes ici dans l’intimité

infernale ».

Autour de moi, certains se poussent du coude,

Prétendent que j’ai l’éternité devant moi,

Que je puis bien rester une petite minute,

Que je ne serais pas là si je n’étais mort moi-même.

Pour toute réponse je repars

Puisqu’on m’attend toujours merveilleusement à

l’autre bout du monde.
Mon cœur bourdonne, c’est une montre dont les

aiguilles se hâtent comme les électrons
Et seul peut l’arrêter le regard de
Dieu quand il

pénètre dans le mécanisme.

Air pur, air des oiseaux, air bleu de la surface,
Voici
Jésus qui s’avance pour maçonner la voûte

du ciel.
La terre en passant frôle ses pieds avec les forêts les

plus douces.
Depuis deux mille ans il l’a quittée pour visiter

d’autres sphères,
Chaque
Terre s’imagine être son unique maîtresse
Et prépare des guirlandes nuptiales de martyrs.
Jésus réveille en passant des astres morts qu’il secoue,
Comme des soldats profondément endormis,
Et les astres de tourner religieusement dans le ciel
En suppliant le
Christ de tourner avec eux.
Mais lui repart, les pieds nus sur une aérienne
Judée,
Et nombreux restent les astres prosternés
Dans la sidérale poussière.

Jésus, pourquoi te montrer si je ne crois pas encore?
Mon regard serait-il en avance sur mon âme?

Je ne suis pas homme à faire toujours les demandes

et les réponses!
Holà, muchachos!
J’entends crier des vivants dans

des arbres chevelus,
Ces vivants sont mes enfants, échappés radieux de

ma moelle!
Un cheval m’attend attaché à un eucalyptus des

pampas,
Il est temps que je rattrape son hennissement dans

l’air dur,

Dans l’air qui a ses rochers, mais je suis seul à les voir!

 

Jules Supervielle

CANTIQUE DU PRINTEMPS


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CANTIQUE DU PRINTEMPS

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Ce matin la rose Eclate comme le cri du coq Le silence des choses Partout se fend les vieux mots Ont fleuri sur toutes les collines L’eau prise au piège S’échappe et court divine
Entre les herbes vierges

Oh ! quel vent quel soleil

Dans la nuit renversa

Les ombres toucha le sommeil

Mit son doigt

Sur la source empourpra

La mort fit sauter la lumière

De pierre en pierre

Et comble de folie

Alluma l’incendie

Dans toutes les artères

Le ciel comme un grand oiseau

Vole nu

Le cœur prisonnier n’en peut plus

Et brise les barreaux

L’âme bourdonne dans la ruche

L’esprit monte et trébuche

Sur mille pensées mortes

Que le temps les emporte

Ce matin la vigne

Eclate au bord de la ravine

Va cœur d’hiver Longtemps pris dans les glaces Te souvient-il d’avoir souffert Les saisons passent Va l’heure est venue Aujourd’hui de courir A la rencontre de l’été Mais les
chemins de naguère Se sont perdus dans la lumière Est-ce mûrir est-ce mourir Cette douceur inconnue

Qui tombe des pommiers

O papillons de l’enfance

Ne touchez pas à l’ombre des pétales

Leur seule transparence

Me sépare de l’ineffable

Clarté

Ne me conduisez pas

Vers les fleuves d’été

Que faire de tout l’éclat

De juillet

Quand c’est la douce la

Douce éternité

Qui traverse le jour

Quand c’est l’amour

Pommiers pommiers et roses

O simples cerisiers

Quand c’est l’amour qui pose

A la ronde son pied

Limpide fontaine

L’heure de midi

Coule dans mes veines

Le ciel est pris

Comme une tourterelle

Endormez-vous parfums et chants

O rossignols de mon sang

Eteignez vos prunelles

Plus un bruit

Sous l’immense soleil

La bouche à l’oreille

A tout dit

Que vienne la moisson Que tombent les fruits mûrs Sous les arbres profonds Le temps saute le mur Rassemble les saisons Sonne la trompette royale J’écoute au loin la houle des vallons
Les grands troupeaux qui vont S’abreuver aux étoiles

O vigne ô fleur de lait

Ensorcelez l’abeille

Luzerne et serpolet

Pampres et treilles

Et vous gardiens du jour

Lumineux tournesols sans paupière

Ne laissez pas ne laissez pas l’amour

Repasser la rivière

Retenez-le couleur d’été

Couleur d’automne

Son pas résonne

Déjà comme un adieu l’éternité

Ferme les yeux mon cœur est-ce la fin

Du dimanche

Une pluie tombe des branches

Pétales pleurs

L’odeur du foin

Là-bas fait rêver les granges

Le temps meurt

Un ange

Mais d’où ? me prend la main

 

Anne Perrier

LE BISET BLEU



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LE BISET BLEU

 

Un silence à tenir la mer pour soi et prolonger l’intime pendant que les baveux dorment encore

La plage au sable neuf

sans trace de pas

Regarde en veille au trou du rocher, le biset découvre la première vague rincer l’horizon

Tout sent la peau partagée

pour un petit-déjeuner ça dresse les premières fleurs au-dessus d’un entre-deux avant la reprise

Les mauvaises nouvelles du journal n’ont pas franchi la radio, le phare les a balayé d’un dernier regard. Pendant cette trêve on peut croire que la nudité rend l’homme propre, l’enfant peut sourire du haut de son palier

Je t’apporte un printemps frais cueilli, prends-le et laisse tes mains t’en frotter toute entière pour que tu sentes l’herbe remuée la première

J’abois  à la joie

 

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2020

 

ROUSSES DECLINAISONS


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ROUSSES DECLINAISONS

Le ciseau découpe l’horizon du papier

à carreaux

la page des feuilles ouvre sa porte à l’oiseau

c’est ton tronc sur lequel tout le fruit porte

son spiral dessein

depuis hier le cerisier s’est offert une grande capeline blanche

les gouttes de chez toi abreuvent le pain sec pour calmer ma faim

ébroue-toi de toute la rondeur de tes reins

j’attends que l’herbe taillée détoure le chemin a emprunter

Niala-Loisobleu – 20 Mars 2020

PETITE FEMME EN BLANC


PETITE FEMME EN BLANC

 

PETITE FEMME EN BLANC

 

Perçant la frontière là-bas où la dune glisse

dos dodu en falaise

le miroir de sel rouille au soleil

Carreaux dans lesquels ton cône

se dresse en appel

Au vol des mouettes, je tends mon bec, le chenal qui sépare

suivi en trait d’union

Anse au panier

 

Niala-Loisobleu – 20 Mars 2020