LE JARDIN MATINAL


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LE JARDIN MATINAL

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Viens, les heures d’amour dont furtives et rares…

Le jardin matinal est plein d’oiseaux bizarres.

Chère, je te convoie à ce royal festin.

Je ne veux pas jouir seule de ce matin.

L’aube heurte le ciel comme une porte close.

Viens boire la rosée au cœur blond de la rose.

Bois la rosée ainsi qu’une fraîche liqueur.

Mon cœur est une rose et je t’offre mon cœur…

L’aube a des tons de nacre et des reflets de perle.

La joie est simple et rien n’est aussi beau qu’un merle.

Savourons cette ardeur un peu triste et pleurons

De sentir la clarté première sur nos fronts.

Viens, ma très chère…
A l’est le ciel fardé chatoie,

L’herbe est douce aux pieds nus comme un tapis de soie…

Sans nous préoccuper de l’hostile destin,

Rendons grâces au ciel clément pour ce matin.

 

Renée Vivien

LLUVIA – FEDERICO GARCIA LORCA


LLUVIA – FEDERICO GARCIA LORCA

LLUVIA (Libro de Poemas, 1921)
Enero de 1919 (Granada)
La lluvia tiene un vago secreto de ternura,
algo de soñolencia resignada y amable,
una música humilde se despierta con ella
que hace vibrar el alma dormida del paisaje.

Es un besar azul que recibe la Tierra,
el mito primitivo que vuelve a realizarse.
El contacto ya frío de cielo y tierra viejos
con una mansedumbre de atardecer constante.

Es la aurora del fruto. La que nos trae las flores
y nos unge de espíritu santo de los mares.
La que derrama vida sobre las sementeras
y en el alma tristeza de lo que no se sabe.

La nostalgia terrible de una vida perdida,
el fatal sentimiento de haber nacido tarde,
o la ilusión inquieta de un mañana imposible
con la inquietud cercana del color de la carne.

El amor se despierta en el gris de su ritmo,
nuestro cielo interior tiene un triunfo de sangre,
pero nuestro optimismo se convierte en tristeza
al contemplar las gotas muertas en los cristales.

Y son las gotas: ojos de infinito que miran
al infinito blanco que les sirvió de madre.

Cada gota de lluvia tiembla en el cristal turbio
y le dejan divinas heridas de diamante.
Son poetas del agua que han visto y que meditan
lo que la muchedumbre de los ríos no sabe.
¡Oh lluvia silenciosa, sin tormentas ni vientos,
lluvia mansa y serena de esquila y luz suave,
lluvia buena y pacifica que eres la verdadera,
la que llorosa y triste sobre las cosas caes!

¡Oh lluvia franciscana que llevas a tus gotas
almas de fuentes claras y humildes manantiales!
Cuando sobre los campos desciendes lentamente
las rosas de mi pecho con tus sonidos abres.

El canto primitivo que dices al silencio
y la historia sonora que cuentas al ramaje
los comenta llorando mi corazón desierto
en un negro y profundo pentagrama sin clave.

Mi alma tiene tristeza de la lluvia serena,
tristeza resignada de cosa irrealizable,
tengo en el horizonte un lucero encendido
y el corazón me impide que corra a contemplarte.

¡Oh lluvia silenciosa que los árboles aman
y eres sobre el piano dulzura emocionante;
das al alma las mismas nieblas y resonancias
que pones en el alma dormida del paisaje!

MÁS POEMAS DE FEDERICO GARCÍA LORCA – BIOGRAFÍA
IMAGENES – OTROS AUTORES

La pluie a un vague secret de tendresse,
une somnolence résignée et aimable,
l’humble musique se réveille avec
qui fait vibrer l’âme endormie du paysage.

C’est un baiser bleu que la Terre reçoit,
le mythe primitif qui se réalise à nouveau.
Le contact déjà froid du vieux ciel et de la terre
avec une douceur de soirée constante.

C’est l’aube du fruit. Celui qui nous apporte les fleurs
et nous oint de l’esprit saint des mers.
Celui qui renverse la vie dans les champs
et dans l’âme la tristesse de ce qui n’est pas connu.

La terrible nostalgie d’une vie perdue,
le sentiment fatal d’être né tard,
ou l’illusion agitée d’un demain impossible
avec le souci étroit de la couleur de la viande.

L’amour se réveille dans le gris de son rythme,
notre ciel intérieur a un triomphe de sang,
mais notre optimisme se transforme en tristesse
en regardant les gouttes mortes sur le verre.

Et ce sont les gouttes: des yeux infinis qui regardent
le blanc infini qui leur servait de mère.

Chaque goutte de pluie tremble sur le verre trouble
et ils laissent des plaies divines de diamant.
Ce sont des poètes de l’eau qui ont vu et médité
ce que la foule des fleuves ne sait pas.
Oh pluie silencieuse, sans tempêtes ni vents,
pluie douce et sereine de cisaillement et de lumière douce,
bonne et paisible pluie que tu es la vraie,
celui qui pleure et triste à propos des choses que vous tombez!

Oh pluie franciscaine que tu portes tes gouttes
les âmes des fontaines claires et des sources humbles!
Lorsque vous descendez lentement sur les champs
Les roses sur ma poitrine avec tes sons ouverts.

La chanson primitive que tu dis de faire taire
et l’histoire sonore que vous racontez à la branche
Mon cœur désert les commente pleurer
dans une portée noir sans clé.

Mon âme a la tristesse de la pluie sereine,
la tristesse se résignait à quelque chose d’inatteignable,
J’ai à l’horizon une étoile brillante
et mon cœur m’empêche de courir pour te voir.

Oh pluie silencieuse que les arbres adorent
et vous êtes sur la douceur excitante du piano;
vous donnez à l’âme les mêmes brumes et résonances
que tu mets dans l’âme endormie du paysage!

 

 

A LA RAMASSEE DES PAS


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A LA RAMASSEE DES PAS

Le caniveau que t’as allumé

est devenu une eau à carreaux de tabliers instruite par Maîtresse.

Du coup le vieux cheval au labour a du coeur comme il en ne démordait pas sans l’avoir rencontrer. On dirait du Laforgue. Ces arbres qui font les forêts à force de glander dans le respect du mystère. Et les clairières toutes en table-ronde c’est des receleuses de légendes, comme la magie du triangle qui fait ton genre .Avec la ouate de la chanson

Me souviens

et à présent ça fait assez loin

Il me semble voir la mer monter la garde, j’entends le cri de la brouette au venu de la criée

Les dunes et leurs vignes à piquette pour remplir les dames-jeanne, ça te dit quelque-chose ?

Moi ça me coque en traversées-maritimes, dans des foulards de fumées transatlantiques

T’as gagné

dorénavant je marche sur l’ô en statut-mécréant…

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2020

A LA SANTE DES HERBES FOLLES


Ingrid Tusell -

A LA SANTE DES HERBES FOLLES

 

 

Sur ce mur où sont dressées mes couleurs ta main redit les mots qui crient avant que le coq lève le rideau, Un bivouac au nu de ton corps entre herbes aromatiques et marinade, frit au départ de feu des souchots de vieilles vignes.

Ta peau n’est plus que cette écaille sauteuse de vagues entre mes paumes où elle roussit .Quand tu as franchi la limite des baignades j’abordai ton arrivée en pédalo les genoux sortis .Alors tes seins ont voulu se joindre au lâcher de ballons multicolore qui désirait prolonger la durée du jour.

En ce moment la douleur qui te tient le ventre pousse à jumeler nos litières, chevaux d’un autan tambourinant à ne tenir qu’une de mes maisons dans l’arbre.

il faudra mettre les oiseaux sur la barrière en tant que préposés à l’ouverture, la mer donne du pré-salé aux agneaux.

Ce fut à ce moment là que mes hallucinations portèrent remède.

Tu montas en équilibre sur le bois du bout du lit en chantant les montagnards sont là.

Sans te laisser gagner par la monotonie à la mode du chez-nous en place actuellement, je te vis passer un accord avec Ernesto plus décidé que jamais à lutter contre l’abus parental. La fièvre monta, mais rien à craindre de cette contagion là. Elle se soigne au contact…

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2020

D’ANCRE TENUE


 

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D’ANCRE TENUE

 

La taille imposante du Mékong est présente

Marguerite ouverte

un seul delta pour gîte

l’enfant possédera la blancheur de l’oiseau défiant la boue

l’air se veut léger dans la lourdeur climatique

Il manquait de dire sur son genre la double appartenance que nous lui léguons

tiens-le comme il te le rendra

une seule ficelle ventre à ventre cerf-volant

j’actionne vos pouls au rythme des aubes d’où jaillissent d’infinies sécrétions

les fleurs bleues d’un lin tressent la toile

 

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2020

 

 

L’EPOQUE 2020/9: LES EAUX FŒTALES


L’EPOQUE 2020/9: LES EAUX FŒTALES

 

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : EAUX FŒTALES  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

les eaux foetales

 

L’EPOQUE 2020/9 « EAUX FOETALES » Niala Acrylique s/toile 50×50

 

 

Les bêtes de nos songes

Longtemps jetées dans la lutte

Se sont humées comme on devine

Le musc embusqué derrière un bosquet

Chante la foret du sang que tout ronge

Chante l’oiseau de nos yeux désormais

Nous rêvons tellement mieux

Depuis que nous rêvons par la peau

Que des grappes d’enfants

Pourvus d’une belle intelligence

Le ventre vidé des pâtures marines

Glissent doucement sur la toile

Avec leur désir de tout dire

De tout aimer  Regarde-les

Ils ont cette démarche pure

De roses lentes rassurées

À la robe et au vin d’un remblai fauve

 

 

Barbara Auzou.

ACCOMPLISSEMENT SPIRITUEL


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ACCOMPLISSEMENT SPIRITUEL

Un soleil coiffe le jardin

Chapeau à plume garni du fruit voulu

Elle s’est offerte à la terre fendue

d’un claquement d’ailes

de l’eau au creux des paumes

avec de l’air à pleine haleine

Portant ses seins à nourrir en tenant son ventre à deux mains

pas comme une prière

comme un acte volontaire

Les yeux sans lâcher l’image d’une maternité en robe de mariée

laissant le cheval tirer les sillons pour seul cortège

larges ailes déployées l’accordéon mis dans l’arbre

au ramassage de la lumière debout

Du chien les oreilles en bordure du chemin

jusqu’au bout de la peau des caisses de résonance

horloges plus jamais disjointes la marée écume l’Esprit de suite

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2020

CE QUE DIT TON REGARD PUISANT DANS L’ARIDE


Expressive Color-Filled Portraits of Friends and Family by Hope Gangloff | Colossal

CE QUE DIT TON REGARD PUISANT DANS L’ARIDE

L’herbe comme une plage au bout du chant

les fourmis dans les jambes, quelques braises en miettes pour le bec de la salamandre

et à l’appui d’un irrépressible besoin l’élasticité de tes seins me faisant fronde pour une révolte contre se qui retient

Donner aux fleurs du fruitier la force de parvenir au panier

Contre la lame de l’étrave mettre la vague à franchir

Les îles aux oiseaux sont rondes à naître de nouveau comme la figue fraîche ne veut pas être réduite au mendiant

Qui parle de printemps tend ses fenêtres aux terrasses des cultures

Une maison sans sortir oui à condition d’adduction artésienne à ton puits et dans le m’aime panorama

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2020

POUR MIEUX AIMER A IRÈNE HAMO


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POUR MIEUX AIMER A IRÈNE HAMOIR

 

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place encore pour un duel désespéré

et pour la fuite éperdue d’une gazelle

dans les savanes du rêve

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place toujours pour une femme

prisonnière dans la cloche de cristal

qui sonne son temps d’être perdue

et d’être aimée

chaque fois que ses seins se mettent à luire

comme des cibles de phosphore

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place pour un lit de corail

toujours sanglant sous le baiser de l’œil

et pour un échafaud de papier rouge

il y a place encore

pour les corolles de la solitude

bouquet qui se fane dans un soleil d’arrière-saison

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place pour une statue aux vaincus

refusant de civiliser les vainqueurs

et pour une grande avenue de marbre noir

se perdant dans les sables de l’avenir

Il y a place encore pour un musée

qui n’ouvre que la nuit

avec ses fantômes assermentés qui trichent au poker

et des souris d’hôtel fuyant dans les galeries

en maillot noir

collant comme le vice

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place encore et toujours

pour un décor d’intempéries mentales

comme la pluie rouge d’angoisse

l’orage des prédestinations

pour un trou mutilé

faisant figure de symbole

et pour quelques reproductions légères

dans le goût triomphant du jour

Dans la beauté menacée

menaçante

il y a place pour un alibi d’épave

un cimetière de rire

pour un faux timbre-poste

un vrai clou un nénuphar

il y a place enfin et toujours

pour tous les cataclysmes naturels sexuels et sociaux

qui font un levain de révolte

de la sciure de cadavre

 

 

5 septembre 1941

 

Ai Chavêe

MARQUE-ETAGE


The Ugly Princess (c. 1902). Eleanor Fortescue Brickdale (English, 1871-1945).    Inspired by a poem by Charles Kingsley

MARQUE-ETAGE

 

 

Les toits frissonnent

Des fumées qui restent la chair a gardé le saur

Par où tu montes l’oiseau mesure l’altitude

Les pierres ont sucé le fer de lance des assauts

Par un soir de soleil couchant remplissant le compotier

J’ai vu l’arbre fruitier assembler le bois de lit de notre chambre

Au chevet sur la page ouverte vivent les branches de nos lunettes

Dans la carafe j’aime entendre le bruit du seau descendant au puits

Pendant que le livre d’images ramasse les fruit tombés

Niala-Loisobleu – 29 Mars 2020