RECRIER POUR QUITTER PANDEMIE 1


 

RECRIER POUR QUITTER PANDEMIE 1

 

 

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CES GOUTTES A LA SOIF INASSOUVIE

 

Le canal se borde et ne peuplier

un chaland chargé d’état d’âme se tire comme un batelier  au lé

sur la tête d’une armoire sans pharmacie, un vol d’oies sauvages appelle à s’y joindre.

Devant cet ocre qui court sur les hanches de la colline quelques pensées font devanture de chrysanthèmes autour d’un jardin d’enfants. A pigeon vole. La coulée verte se répand sous tes fesses devant le chien qui tient garde pendant que la main ligne de vie, un doigt dans l’encrier, un autre sur la palette, l’accordéon tord ses reins en pulsions fertiles le long de nos rues, sa courbe de parturiente met au monde un air respirable.

Les tâches qui te retiennent ne parviennent pas à mettre en marge un programme qui dérange, la mer devant la porte ne montre que l’étal exhibitionniste du port, richesses qui ne savent même rien d’autre que s’accrocher à quai, alors que notre pauvreté nous procure l’art de naviguer en pénétrable. Le sémaphore devant la côte sauvage nous guide nus sans que le froid ne nous sommes de retourner au show d’une vie pleine d’un quotidien ordinaire grouillant d’indifférence. Nous sommes tellement l’un de l’autre que la proximité ne peut user notre partage. A voir de loin rapproche comme ne peut savoir ce qui compresse de faux transport métropolitain.

Les planches de bois flotté ont noyé les cris inhumains du débit arboricole des scieries. La montagne téléféérique panoramise les baies fruitées  qui sentent la garrigue et le poil de l’animal qui y jouit, le corps encorné au mouvement éternel d’un levé de poussières.

Entends ce cri qui n’est que le rebond de la nuit des temps, nous sommes d’ailleurs…

 

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2018

ÉQUIPAGES


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ÉQUIPAGES

 

Dans un monde clos et clair
Sans océan ni rivières,
Une nef cherche la mer
De l’étrave qui résiste
Mal aux caresses de l’air,
Elle avance sur l’horreur

De demeurer immobile
Sans que sa voile fragile

En tire un peu de bonheur.

Ses flancs ne sont pas mouillés

Par l’eau saline impossible

Et les dauphins familiers

Lentement imaginés

Ne le prennent pas pour cible.

Son équipage figé
Attend le long de la lisse
Que l’océan se déclare
Et que l’heure soit propice.

Si l’on regarde de près
Chaque marin tour à tour
On voit d’année en année
Que chacun de ces visages,
Mieux que s’ils étaient de pierre,
Ne vieillit pas d’un seul jour.

Mais un navire identique

Vogue sur le
Pacifique

Avec de pareils marins,

Mais ils vivent, vont et viennent

Et chacun a son travail,

L’un monte au mât de misaine,

Un autre à la passerelle

Se penche sur le sextant

Et voici de vrais dauphins

Sous les yeux du
Capitaine

Parmi l’écume marine

Qui chante d’être elle-même.

Jules Supervielle

AU COEUR DE MON JARDIN


 

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AU COEUR DE MON JARDIN

 

Des musiques à la traverse portées par des voiles de toutes couleurs vont autour de l’appontement central

C’est chaud de l’intérieur, l’air que l’âge garde au point de départ

Vivant sorti de combien de batailles toujours en embuscades

L’Histoire redit les paroles  au présent sourd que je répète de plus en plus fort, plus le bout se rapproche

Maintenant que je sais où trouver

l’avion, l’auto, le bateau, le train restent à quai sans  savoir quand les voies DEPARTS rouvriront en gare

Alors puisqu’on dit que c’est Pâques je monte au ciel et m’envole des morts au coeur du jardin du vivant

 

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2020

 

CHANSON DU MOIS DE MAI


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CHANSON DU MOIS DE MAI

L’âne le roi et moi

Nous serons morts demain

L’âne de faim

Le roi d’ennui

Et moi d’amour

Un doigt de craie

Sur l’ardoise des jours

Trace nos noms

Et le vent dans les peupliers

Nous nomme

Ane
Roi
Homme

Soleil de
Chiffon noir

Déjà nos noms sont effacés

Eau fraîche des
Herbages

Sable des
Sabliers

Rose du
Rosier rouge

Chemin des Écoliers

L’âne le roi et moi

Nous serons morts demain

L’âne de faim

Le roi d’ennui

Et moi d’amour

Au mois de mai

La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier.

Jacques Prévert

ECRIRE COMME A BOUT PORTANT


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ECRIRE COMME A BOUT PORTANT

La sale bête a beau jeu de se terrer dans son anonymat. Maintenant  je cherche à mon tour comment en sortir. Le coup du masque et des gants qu’on doit mettre et qu’on recommande d’enlever, ajouté à mes graves problèmes de connexion me monte au créneau

Anguillé en poisson pour entrer dans les trous, j’ai acheté au bon coin un futale auto-destructible

Il s’efface tout seul en arrivant à destination dès que son pli frôle la boîte-à-lettre du destinataire

le missile à tête-chercheuse part en chasse à la cible

Jojo ça me plaît bien comme petit-nom alors je m’ai fait mérou, un bon gros gentil, joueur, bon vivant amateur de lieux sauvages, avec mon panama je traverse à l’aise

Me voici arrivé à la vallée, le chien m’a vu en premier et se fait une Fête des Fous qui va bien dans notre Moyen-Âge actuel

Je vois clair d’un seul coup

la pandémie a pris naissance en Chine, et en sort pour établir son foyer en Europe

j’avais une dent pour le Marché Commun depuis le premier jour et pareil pour les fausses démocraties, alors si le totalitarisme en guérit faut que Macron ait le courage de reconnaître sa véritable identité en utilisant le 49.3 pour interdire toute sortie et fermer l’activité le temps de tout guérir, parce que notre système du cul entre deux chaises c’est inadmissible comme remède.

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2020

LANGUE DE SEL


Instagram photo by Alex Kanevsky • Jan 4, 2015 at 7:43 PM

LANGUE DE SEL

Seule à des kilomètres la maison sur la mer souffle un autre air au fond des yeux. La première vue rassemble les angles esquissés des passages clandestins de la frontière surveillée. Quand les palmiers sortent d’une trouée de bougainvilliers le potier redresse le col de son amphore pour tendre à la fraîcheur des heures épargnées aux troubles du confinement. L’ouïe tendue tente une sortie. Le brouillage d’une misérable connexion crécelle plus qu’un bruit désagréable. La chambre sent la montée du kidnapping d’affinités , trop de sandales abandonnées à la porte lui confèrent un côté Mecque. J’ai demandé à l’âne de remplir son autorisation de sortir du relevage des seaux à la noria. Qu’il nous conduise entre les villages blancs, les torils et le chant des fontaines au bord d’un quelconque quartier de lune. Je désire te lécher des flammes d’un feu sur la plage, en t’arrosant de grappes pressées et de fruits pulpeux. L’excitation rauque du pouls pris à témoin par les guitares assises contre les chiens au bord des roues du chemin. Un passage fendu entre les murs à se toucher les grilles aux fenêtres, toi pour patio voilà ce qui m’obsède à briser l’état d’enlisement. Ton profil pastèque entre les dents.

Niala- Loisobleu – 11 Avril 2020

TOUR


Blaise Cendrars

TOUR

1910

Castellamare

Je dînais d’une orange à l’ombre d’un oranger

Quand, tout à coup…

Ce n’était pas l’éruption du
Vésuve

Ce n’était pas le nuage de sauterelles, une des dix plaies

d’Egypte
Ni
Pompéi

Ce n’était pas les cris ressuscites des mastodontes géants
Ce n’était pas la
Trompette annoncée
Ni la grenouille de
Pierre
Brisset
Quand, tout à coup,
Feux
Chocs

Rebondissements

Étincelle des horizons simultanés
Mon sexe

O
Tour
Eiffel!
Je ne t’ai pas chaussée d’or
Je ne t’ai pas fait danser sur les dalles de cristal
Je ne t’ai pas vouée au
Python comme une vierge de
Carthage

Je ne t ai pas revêtue du péplum de la
Grèce

Je ne t ai jamais fait divaguer dans l’enceinte des menhirs

Je ne t ai pas nommée
Tige de
David ni
Bois de la

Croix
Lignum
Crucis

O
Tour
Eiffel
Feu d’artifice géant de l’Exposition
Universelle!

Sur le
Gange

A
Bénarès

Parmi les toupies onanistes des temples hindous

Et les cris colorés des multitudes de l’Orient

Tu te penches, gracieux
Palmier
I

C’est toi qui à l’époque légendaire du peuple hébreu

Confondis la langue des hommes

O
Babel!

Et quelque mille ans plus tard, c’est toi qui retombais en langues de feu sur les
Apôtres rassemblés dans ton église

En pleine mer tu es un mât

Et au
Pôle-Nord

Tu resplendis avec toute la magnificence de l’aurore boréale de ta télégraphie sans fil

Les lianes s’enchevêtrent aux eucalyptus

Et tu flottes, vieux tronc, sur le
Mississipi

Quand

Ta gueule s’ouvre

Et un caïman saisit la cuisse d’un nègre’

En
Europe tu es comme un gibet

(Je voudrais être la tour, pendre à la
Tour
Eiffel!)

Et quand le soleil se couche derrière toi

La tête de
Bonnot roule sous la guillotine

Au cœur de l’Afrique c’est toi qui cours

Girafe

Autruche

Boa

Equateur

Moussons

En
Australie tu as toujours été tabou

Tu es la gaffe que le capitaine
Cook employait pour diriget

son bateau d’aventuriers
O sonde céleste!

Pour le
Simultané
Delaunay, à qui je dédie ce poème,
Tu es le pinceau qu’il trempe dans la lumière

Gong tam-tam
Zanzibar bête de la jungle rayons-X

express bistouri symphonie
Tu es tout
Tour

Dieu antique
Bête moderne
Spectre solaire
Sujet de mon poème
Tour

Tour du monde
Tour en mouvement

Août 1913.

 

L’EPOQUE 2020/11: LE CAPITAINE


L’EPOQUE 2020/11: LE CAPITAINE

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le onzième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : LE CAPITAINE . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

 

le capitaine

 

L’EPOQUE 2020/11 « Le Capitaine » Niala Acrylique s/toile 46×38

 

 

De cabotages en cabotages

Nous rentrerons au port par la gauche

La barbe me mangera le visage

Je grignoterai le sel de tes années

Nous garderons la vague encore

Mais nous l’aurons domptée

Après l’addition des jours sans rien trouver

Après les tempêtes vêtues de robes à la poupe

Nous déposerons nos bleues veinules dans les sables

Comme un mal de mer rentré dans le pouls

Qui tremperait longtemps ses silences

Je pratiquerai la pêche au lamparo

Sur la mouette vive de ton dos

Et te coifferai d’étoupe

 

Nous nous serons trompés de siècle

Mais pas de maison

Nous voilà avec des cristaux de roche

Dans les poissons de nos paumes

 

Des oiseaux de mer s’élèvent de nos poumons

 

Barbara Auzou.

C’EST UNE PEINTURE QUI CHANTE


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C’EST UNE PEINTURE QUI CHANTE

Le noyau à venir apparaît au pistil, quand l’aile soulève la fleur au passage

en verte moquette d’un golfe maritime

C’est ton bruit hauban qui court derrière les mouettes

au ras des paniers ici et là à quai

lequel de tes flotteurs attirera la langouste hors de son fortin rocheux

j’ai vu la manta se déployer sur l’ombre de ta nage quand elle a traversé la transparence de l’élément liquide pour venir se poser sur le blanc du sable

Mon jardin naturiste promène mes pensées amoureuses bien au-delà de la barre de corail, mettant Matisse dans tes formes harmonieuses

C’est comme si sous le panama tu riais en disant: joue-moi bonneteau pour voir si tu me gagneras pour de bon

C’est une peinture qui chante

toile tendue au cerisier trapu et vaillant

C’est les paroles en frôlement de tes bretelles tombantes

la courte-échelle qui suit tes cuisses quand tu te penches

C’est le chien parfait cabot qui entre en scène le poil luisant prêt pour la tirade

Niala-Loisobleu – 10 Avril 2020

VOIR A PLEINES MAINS


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VOIR A PLEINES MAINS

J’ai fait un rêve de con finé

Plus rien n’étant faible, à commencer par la date de sortie

et libre-cours étant laissé à la fiction

sans pour autant virer catastrophe me suis dit que dévisser le phare des bases actuelles pour l’orienter vérité serait le plus opérant malgré le complet brouillard entourant tout

Impossible de savoir si on est guérissable, en revanche on peut espérer en évitant de jouer au transporteur

Nos moyens devenant impossibles à tenir , si on arrête de faire des promesses de menteurs on limitera la casse

Je me suis alors réveillé en sursaut et n’ai vu qu’hérésie dans ma vision,  déplacer les yeux pour se faire réaliste au toucher est parfaitement inutile, …on est totalement manchots,

 

Niala-Loisobleu – 10/04/20