
REGARDS CROISES
La ruelle cède à la face
ils sont dans le bonjour des yeux
au croisement des jambes
le sein du jour honoré
Niala-Loisobleu – 18 Avril 2020

La ruelle cède à la face
ils sont dans le bonjour des yeux
au croisement des jambes
le sein du jour honoré
Niala-Loisobleu – 18 Avril 2020
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Elle s’approche
m’enveloppe
me dit son désir de Méditerranée
Arrivent alors et reviennent les Autan-Occitan contés par le chien
C’est soleil en dessous des pierres et ombre au coeur de l’arbre
le serpent fuit sa peau
naturistes nous nous offrons à l’eau
éclaboussés par le rire de l’enfant
L’accent des guitares chaloupe tes hanches et me remue la godille…
Niala-Loisobleu – 17 Avril 2020
Dans le conte d’Abdallah de la terre et Abdallah de la mer, tiré des Mille et Une Nuits, un pauvre pêcheur s’efforce en vain depuis des jours d’attraper du poisson. Mais voilà qu’enfin, en réponse à ses prières de plus en plus désespérées, il sent quelque chose de lourd se prendre dans son filet. Il le remonte, tout joyeux, et se retrouve nez à nez avec un triton, qui lui demande de lui laisser la vie sauve et de lui donner des fruits et des légumes – il est difficile de s’en procurer sous la mer, explique la créature. En échange de quoi le triton promet de revenir avec une fastueuse récompense. Abdallah de la terre n’en croit pas un mot, mais le libère tout de même, par bonté d’âme.
Évidemment, nous sommes dans un conte de fées, et le triton tient parole : il émerge à nouveau des profondeurs en tendant vers son libérateur des paniers remplis de pierres précieuses (perles, coraux, chrysolites…). Et les échanges fructueux entre les deux personnages se poursuivent jusqu’à ce qu’Abdallah de la mer finisse par inviter son ami terrien à le suivre dans son monde. Il vit dans l’une des nombreuses et très belles cités marines, chacune ayant sa propre organisation sociale et sa propre culture. Le pêcheur objecte qu’il risque de se noyer. Mais le triton a tout prévu.
Il lui parle d’un onguent enchanté extrait d’un poisson monstrueux et terrifiant appelé dandane. « C’est le plus énorme de tous les poissons de la mer, tellement que, d’une seule bouchée, il avalerait sans se gêner ce que vous autres, les terriens, appelez un éléphant ou un chameau. » Le foie du dandane (dans certaines versions du conte, il s’agit de la graisse qui l’enveloppe) sécrète une huile aux vertus puissantes, « semblable à la graisse des vaches, et dont la couleur était jaune comme celle de l’or, et dont l’odeur était délicieuse absolument ». La substance est nécessaire pour permettre aux sirènes et aux tritons de survivre sous l’eau, mais ils ne peuvent pas la récolter sans l’aide des hommes. Le monstre est féroce, mortel et avide de chair (celle des habitants de la mer et des autres). Il a toutefois un talon d’Achille, ne pouvant supporter le son d’une voix humaine. Au moment où le grand poisson approchera, prêt à le dévorer, Abdallah de la terre doit pousser un cri. Le terrible dandane s’évanouira et mourra, permettant à Abdallah de la mer de recueillir la précieuse substance.
Tout se passe bien ainsi.
Une fois enduit de l’onguent magique de la tête aux pieds, Abdallah de la terre est entraîné par son compagnon dans un tour complet des cités sous-marines, où différents peuples et créatures cohabitent. Il découvre, stupéfait, que poissons et êtres humains y vivent en symbiose, puis est intégré par le Sultan de la mer à son cabinet de curiosités. Quand les filles sirènes du triton se moquent du pêcheur parce qu’il est « sans queue », Abdallah de la terre, vexé, souhaite rentrer chez lui pour manger autre chose que du poisson cru. Il est en outre choqué de voir ces créatures féminines aller et venir sous l’eau tête et poitrine nues, et exprimer leurs opinions sans réserve. C’est ainsi que l’homme décide de quitter le monde sous-marin.
Les contes de ce genre, qui invitent l’imagination à se représenter la vie des abysses, ont quelque chose de délicieusement absurde. La plupart des légendes qui ont trait aux monstres marins proposent le même merveilleux mélange de fantaisie et d’observation : on y retrouve des allusions aux baleines et aux précieuses substances tirées de leurs carcasses, à l’architecture intriquée des récifs coralliens, aux écosystèmes océaniques et au quotidien des pêcheurs de perles, le tout assorti de pures chimères. Plusieurs des cartes marines que Chet Van Duzer et Joseph Nigg (1) explorent dans leurs passionnants ouvrages représentent ainsi d’infortunés marins en train de bivouaquer sur un poisson gigantesque qu’ils ont pris pour une île : après avoir accosté, les matelots allument un feu pour préparer un repas, mais, dès que l’animal sent la chaleur des flammes, il se réveille et plonge au fond de la mer, entraînant avec lui les pique-niqueurs imprudents.
Ce récit édifiant était si populaire que l’on a donné un nom au monstre-île, inspiré par sa ressemblance avec une carapace de tortue : aspidoceleon. La scène figure dans nombre d’illustrations et de récits, dont le Roman d’Alexandre, le conte de Sindbad et la légende de saint Brendan. Le moine du Moyen Âge s’en sert comme d’une mise en garde : un goût excessif pour l’oisiveté et les plaisirs de ce monde risque de vous précipiter en enfer. Comme d’autres histoires de monstres, l’aspidoceleon évoque une possibilité effroyable (au point d’être comique) et contient un avertissement implicite ; mais il appartient surtout à la littérature du merveilleux – mirabilia, en latin, ou ajaib, comme dans les Mille et Une Nuits –, et ses auteurs visent d’abord à étonner et enchanter.
Il est toujours difficile d’assigner un statut exact aux monstres. Sont-ils réels ou fictifs ? Les cartographes prémodernes se dispensaient de répondre à cette question. Les deux Abdallah font écho à la théorie, déjà exposée par Pline dans son histoire naturelle, selon laquelle « toute forme de vie présente dans la nature possède un équivalent marin ». Beaucoup se sont laissé convaincre par cette hypothèse fantaisiste ; au XIIIe siècle, toutefois, Gervais de Tilbury (2), voyant que les êtres marins doivent être en mesure de nager, y ajouta une dimension d’hybridation : « Toutes les créatures qui vivent parmi nous, quelle qu’en soit la forme, ont un double, identique du nombril à la tête, qui vit parmi les poissons de la mer britannique. »
Les locutions « éléphant de mer », « lion de mer » ou « léopard de mer » reflètent toujours ce rêve de parallélisme harmonieux, mais les catalogues d’autrefois y ajoutaient toutes les autres espèces : serpents de mer, cochons de mer, lièvres de mer, sans oublier la sympathique souris de mer qui, selon Pline, aide les baleines à voir où elles vont en écartant les longs cils qui obstruent leur champ de vision.
Chet Van Duzer couvre avec compétence un vaste champ tandis que Joseph Nigg se consacre tout entier au chef-d’œuvre réalisé par Olaus Magnus entre 1527 et 1539, la Carta marina de la région de la mer Baltique. Les deux auteurs ont beau, dans leurs textes d’accompagnement, essayer de séparer la réalité de la fiction, les images ont une telle présence (cette qualité que les Grecs appelaient enargeia, pour désigner les représentations saisissantes au point d’en être quasiment hallucinatoires) que l’existence de tel ou tel monstre (baleine ou dragon) reste aussi plausible qu’improbable. Ajoutons que leur invraisemblance contribue au plaisir curieux que suscitent et entretiennent les récits en question.
Source BOOKS

Pierres qui marchent
vieille maison isolée
dernier feu de quand
où on se tord
vrillés comme pampres qui gonflent au soleil
Le caillou sorti des pédales et rein d’autre
qu’un trou toujours à ô t’heurs
Ta voix taisant les cigales d’une écriture loin des vaches et de leur train
et coutelé à m’aime la toile mes pâtes plus mots de les
tu me lis une cabane née de lointaine montagne dans la musique d’un ventre tenu sur tes épaules, j’écoute les yeux d’un battement de pouls, à l’intérieur de l’âtre le vent qui vient de la mer sale le fumet qui court la garrigue, pincement, émoi, des gitans passent, la chaîne des Pyrénées fait stéréo d’un côté à l’autre de la frontière,
oublions chaque moment de guerre…
Niala-Loisobleu – 14 Juillet 2018

Au coude à coude, alors que des intervalles tentent de franchir la ligne, doublons
Tes cheveux comme une queue-de-vache sont sortis par la glace ouverte, cartable fermé tu remplis tes devoirs, j’en frémis sur toute la page
Comment font-ils pour passer en avant-garde alors qu’un mépris les habite comme un hôtel de passe où l’on tire les yeux crevés sur l’instrumentiste
Ta tension reste au pouls des vagues, sel y compris, quand la mer monte
Le cormoran pique plus vite que le transalpin
Niala-Loisobleu – 17 Avril 2020

Le ciel est-il toujours au-dessus de l’arbre ?
Seul l’oiseau demeure égal à lui-même, il vole et le chien en sent lui venir des zèles…
Niala-Loisobleu – 17 Avril 2020
Après les Époques 2018 et 2019, voici le douzième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LE COQ BLEU . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

| L’EPOQUE 2020/12 « LE COQ BLEU » Niala Acrylique s/toile 81×65 |
Quelque chose nuit à l’allure
Et voudrait nous tirer par le calme du lit
Pour nous mettre dans un film d’aventures
Les sursauts d’une vie qui joue à cache-cache
Avec notre enthousiasme exigeant
J’ai remis au jardin Ma continuelle
Le coq bleu de nos balises
Sorti de mon chapeau l’oiseau jaune du printemps
Qui nous immunise contre les poumons insuffisants
À respirer d’un seul coup tout le ciel
Je redonnerai à l’enfant de notre déraison
Son droit naturel à s’établir ici l’hier
Dans l’aujourd’hui
À sa bouche l’hirondelle d’une chanson
Ombre et soleil un arbre à poèmes
En toute saison poussé
Sur notre orgueil insulaire
Barbara Auzou.

Ce ne fut pas un montage à vendre, juste ce léger mouvement qui ne se voit que parce qu’il reste sous l’écorce. Qu’il grince rien ne presse dit le tapis s’adressant au volet bleu. Les matins nous n’avons pas envie de les mettre à la boîte, le jour trouvé à ton oreille ne lobe rien en touche, il tâte comme on veut se sentir pénétré. Il n’y a plus dans les tubes la pureté du pigment, ce qui reste du végétal recule sous l’écrasement minéral porté par la chimie des temps modernes. On pourchasse l’odeur naturelle en lui faisant honte. Les bras montent les tatouages au cou comme il y a des années on a voulu briser le secret de la beauté des murs. En les faisant parler comme des provocateurs on montre que salir et casser préoccupe davantage que construire. Le monde des hommes a toujours été horrible. A chaque époque on a toujours privilégié le mal, cette nouvelle génération extrémiste s’inscrit comme une secte nuisible. La laideur est la cinquième colonne de tous les pouvoirs, son action fourbe et hypocrite entretient l’instruction du non-savoir. Une maison animée que du regroupement des étages, amène les messes dans la rue à réclamer des églises. Dogme, tu voiles à toutes vapeurs. Le fleuve affluente comme une bonne mer. Si on lui ligature les trompes c’est pour le bluff, on dirait les paroles de haine de la chanson d’amour au top du hit-parade des tireurs de ficelles. Je reste collé à tes aisselles, les chiens qui y sont suspendus n’ont pas de laisse. Même en noir quand tu les soulages ils rient aux éclats. Puis tu sais les expositions c’est une putain d’épreuve, je me rappelle il y a de ça très longtemps quand aux Voûtes du Port j’exposais à Royan, le nombre de têtes de crevettes qui jonchait le sol, permettait de compter les visiteurs.Ce que je resang de Toi ne regarde qu’émoi.
Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2018

Le jour vient, qui le cherche, fouille son vocabulaire, cherche sa racine ?
Tes lèvres harmonica m’en jouent bien davantage qu’un cours de terminale
En rien magistral
Une petite bête remonte ta cuisse
Arrivée au JE NOUS
elle commence à dire pour QUOI
sans besoin d’expliquer
Lui
il se déplace dedans, heureux tout simplement
Niala-Loisobleu – 16 Avril 2020

Le sol étend au loin la diagonale de nos montées
les pierres qui sortent de son dos tiennent en grande partie les pièces de la maison
L’étage de plain-pied s’ouvre sur l’émoi de la chambre en plaçant le lit de la rivière au centre
Un chant d’oiseau repris en duo
sème des essences pour la prochaine forêt
que borderont les pierres sèches choisies par de nombreux fossiles
Et au bas des marches la mer attrape le bois flotté pour finir le pont pendant ma sieste
Niala-Loisobleu – 16 Avril 2020
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