Sous ton panama


Sous ton panama

j’ai bu têtue ta joie simple

toute occupée à me murmurer

à l’échelle des mots peu communs

que le temps immobile faisait monter

à mes yeux mordus de cils lourds

Sous ton panama

j’ai croqué les songes à vif

que tu me pelais pour maintenir

disais-tu à flot égal ce qui fuyait

et m’altérait le visage

Douce-amère disais-tu encore

la beauté survit au carnage

Et sur le plan des possibles

à carreaux blancs et rouges

tu étalais les fruits fraîchement

cueillis d’une saison revenue

et quelques branchages secoués

d’or et de rires

Barbara Auzou.

CE QUI TRACE TA VOIX


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CE QUI TRACE TA VOIX

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Ce qui trace ta voix

Dans ton silence désossé
C’est le chant de tant de voix
Qui animent ta bohème
Démultiplication
Avec le carré
De tes nerfs
Qui font la chair
De ton poème

Pendant que dort ton amour
Le clavier des lueurs
Joue dans le jour
Finissant
Comme pour tordre
Sa lumière

Ta vindicte aux étoiles invisibles
T’entraîne à toucher
Le lointain

Le hasard t’aspire

Et tu tends tes désirs
En offrande de veille
A l’innocente grâce
Qui te sourit
Aussitôt
Le soleil éteint

A la flamme de la bougie
Brûle ton long soupir …
Tu redresses ton souffle
Vers l’horizon feutré
Qui immole
Les ombres des humains
Et met à nu l’étranger
Assis sur la corde
De tes songes

Quelques embruns
De regards débordants
Viennent dépoussiérer
Ton propre ciel
Écumant

Et tu bâtis
Comme des insurrections
Aux yeux vifs d’amants
Où se souligne
L’attente
Comme un phare tendre
Qui plonge dans
Leurs paupières

Si la danse des voix
Cueille toutes les langues –
Elle accueille ta chance
D’éprouver l’art
Au pavois
De toutes couleurs

Un soupçon d’hiver
Rentre dans l’étreinte du hasard
Qui embrasse ta scène impromptue …
Tu les retrouve tes lunes
Au milieu des chemins
Où tu lances
Ta plume

Chaude est ta roche d’incertitudes
Où claquent et dansent
Les vagues immiscées
Dans ton cœur …
Elles sont
La pensée qui peuple tes songes
Elles sont cette dame
Qui roule ses pas
Contre tous
Les courants d’amertume

Et la terre – sous ce auvent –
Déploie un grand halo
Autour des désirs
Qui attendent …
Nous relevons même le ciel
Au-dessus des toits …
Nous lui avouons
Nos rêves
Et …
Il se teinte de tous les sourires

Le temps indistinct
En aura oublié son horloge …
Alors – gavé de présence –
Il nous renvoie aux
Feux des solitudes
Qui clament l’innocence
De plaisirs à atteindre
D’où se partagent
Les voix –
Malgré la distance
Qui les sépare –
Comme
En un seul silence
Interrompant le vide
De ta propre
Présence

 Alain Minod

 

 

SUINTEMENTS


SUINTEMENTS

Le temps poursuivi dans cette cavalcade que nous affectionnons à cru, nous sommes au bord de courir dans l’écume

La rivière est proche

les peupliers en ligne marquent l’obstacle à franchir après celui de l’helvète fouineuse qui en a été pour ses frais

Un groupe d’ânons se nourrit à sa maman sous l’oeil attendri d’une belle normande à l’écoute, oreilles collées sur les rails

Quand les anglais ont débarqué ici ont se les ait farci durant cent ans. C’est drôle mais ça me bat pas l’émotion de savoir que l’arène mère à paumé un rejeton et sa suite. Le monde est si pauvre qu’il lui faut des monarques pour sa tirelire

Je sue, tu sues, nous suons

Et jusqu’à les peaux greffées d’une m’aime brûlure. L’éperon émonde à sang. Ah oui, sans casaque tu gagnes à prendre le départ comme moi sans la bombe mais avec le panama

Quand j’aurai rentré le cheval à côté du vélo, j’irai changer les litières…

Niala-Loisobleu – 24 Avril 2020

L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


Voici ma contribution à ce numéro 13 de l’Epoque 2020: EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI

L’EPOQUE 2020/1’EX-VOTO : JE T’AIME; TAIS-TOI
Niala
Acrylique s/toile 81×65




Tais-toi
Je t’aime voici
L’ex-voto de la glace
Et du feu Vois
Comme tout s’attire
Et tout se repousse
Comme tout tremble
Malgré les innombrables
Manières d’exister
Comme tout tient ensemble
Voici mon improbable scène
La lune rousse étire son corps valeureux
Dans la vanité bue soupire
L’allégorie de tes seins
Tais-toi dans la forme même de l’écrire
Et dans le lien
Sur les sentiers de contre hallage
Passe la caravane de la beauté
Qui fleurit
Bleue l’utopie
De ceux qui se vouent
Au silence du langage
A la sereine violence de la vie

Barbara Auzou.

AUX VOLEES 7


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AUX VOLEES 7

Soleil normand qui dit oui, qui dit non

Sauf en bord de Manche

Le chien se gondole de cette folie climatique, la menthe n’est pas religieuse…

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2020

L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


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L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME,TAIS-TOI – NIALA – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

L’EPOQUE 2020/13

EX-VOTO:

JE T’AIME, TAIS-TOI

 

Le soleil joue à cache-cache et s’y compte jusqu’à sans

tout ce que vous voudrez à la seule exception de la poétesse

 

L’enfant rit

-Faut-être idiot pour croire qu’un arbre ça ne pousse que dans l’encombrement

Puis il rit

Ernesto l’a rejoint avec ses dominos à lui, son roulement à billes, son cheval à bascule et son tricycle, la table des 9 en tremble – elle a pas tort – l’oiseau s’est glissé pour testamenter

Présente dans le suiveur du soleil, elle est là à sa pêche tout en ô

fébrile, lascive, tendre, maternelle, amante, et pouls et pouls et pouls

racontent les seins en courant d’un bout à l’autre d’une maison, de ses arbres à fruits et surtout à soie

La mer dans son étendue fait drap

à proue

en sel

dunes dehors

sans palisses pour culotte

si nue que le panicaut est au ventre à chanter son chardon violet, un autre jour il sera giroflée avant d’une envie de lis de mer, l’endroit est d’une salinité élevée faut en appeler à la claire de l’ostréiculteur

Et l’euphorbe lui va s’emparer de l’intérieur des cuisses, son rival le liseron des dunes viendra compléter la Belle-Jardinière

le bouquet fera merveille en photosynthèse

Voilà les yeux grand écran

mon scoop, ma veillée bavarde pour un taiseux, le bois craque dans la cheminée ou guitare sur la plage, les cordes rauquent, les mains claquent, les talons frappent, le bougainvillier la gagne, la fontaine l’élève, les tapas périmètrent la place des vagues, c’est chaud

le bateau papier-musique orgue de Barbara attrape le vent pour s’exprimer

Chaud comme on reste

la mort peut venir elle ne pourra s’offrir cette vie

raison pour laquelle il me fallait dire seul le N°13, ma chance, puisqu’il couche le cheval contre ta peau, Ma

Que cette Lune nouvelle et pleine en Taureau accouche…

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2020

JE ME BALLADE EN S’AIMANT SEMAL ET BERTIN


JE ME BALLADE EN S’AIMANT SEMAL ET BERTIN

Les rues blanches par nuit noire montrent ce qui est avoir

Au sens pris par la barque dans la pleine-lune mise à bas

l’émoi et les autres sont ego

dans le chahut existentiel

Je tiens l’écoute de la baume et gouverne loft pour loft afin de passer la traversée au cap le plus près de mon choix

Hisse et ô…

 

Niala-Loisobleu -23 Avril 2020

 

La ballade du passant

 

Tes dents sont froides comme la neige
Enfoncées dans ma langue blessée
En allant de Marseille en Norvège
Qu’aurai-je fait d’autre que passer?
Je laisse la fenêtre entrouverte
Pour le chat et pour tous tes amis
Il y a du lait dans l’armoire verte
Et quelques tranches de pain de mie

Le bruit des trains est toujours le même
Quand il m’emmenait ici ou là
La bonne était toujours la prochaine
Désert de sel ou champ de lilas
Je te laisse un peu de ma salive
Mes lèvres sur ton ventre tremblant
Et plongé dans un seau de chaux vive
Mon coeur noué dans un mouchoir blanc

Tu sais le monde est partout le même
Certains bronzent quand les autres suent
Les uns mâchent des choux à la crème
Les autres du pain sans rien dessus
Faut-il serrer les poings et se battre
Pour tous ceux qui meurent en mai
Ou regarder les bûches dans l’âtre
Et chanter la tristesse d’aimer

Et tes dents froides comme la neige
Fondent très doucement pas pressées
Notre histoire fut belle mais n’ai-je
jamais rien fait d’autre que passer?
Tu finiras la chanson toi-même
Tu sais bien que mon temps est pesé
Voici l’air: il faut dire que je t’aime
Mais que je n’aurai fait que passer

Claude Semal

 

LE TEMPS DES GITANS


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LE TEMPS DES GITANS

Portée par les craies que ton imaginaire affûte tu piques le cuir des mégisseries de fleurs mi-sèches à dominante marguerite

Combien d’enfants es-tu à toi toute seule ?

Des milliers de cours de récrés où passent les marronniers en train de bois et des convois de bateaux en papier poussés par les sarbacanes d’une victoire indienne ou les lance-pierres d’une fronde entretenue

Un chien au mufle mouillé, des balles que le vent jongle au cirque que les roulottes transportent. Sauvage voyage. Steppes profondes. Sous la yourte les femmes sentent la bête que les hommes gardent en liberté

Asiate ascendance creusée de rides profondes

la peau sourit en permanence

Tu es une balançoire prête au portique d’un père à qui la voix manque, bêtise de camp braie, hihane l’âne en tournant la noria pas la page

La boîte de cubes s’essaierait bien dans l’accrochage d’un village si le puzzle veut bien se taire

Un feu a été allumé sur la plage pour le bain de minuit

à l’abri des guitares gitanes et de leurs chiens de toutes races, nus, nous entrons dans l’eau au milieu des poules.

Le soir est tombé, l’autre réunion tend ses bras et ouvre les jambes pour disparaître dans les yeux du ciel, on a entendu les trois coups du brigadier monter jusqu’au poulailler

le silence se fait d’actes de vie…

Niala-Loisobleu – 20 Avril 2020

RECRIER POUR QUITTER PANDEMIE 8


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RECRIER POUR QUITTER PANDEMIE 8

Conte d’un poète barbu, René Depestre

 

Dans le jour qui s’infiltre entre ses boucles

sous la narine cherchant la piste

flair du terrier

la pensée langue doucement la fente d’un large sourire

où bat le pouls d’un bon jour…

 

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2018