Catégorie : Barbara Auzou
DES BRAS CROISES

DES BRAS CROISES
Cette sérénité témoigne. Le brouillard glisse comme un large crachat masquant. Peut-être que le beau soleil pleuvra. Le vigile à qui j’ai dit bonjour aux courses ce matin n’avait pas l’air hostile dans son uniforme dissuasif
Qu’importe, la réaction pitoyable et parasitaire, j’ai la lumière par nos bras croisés
L’électricité saute, des arcs, la tension tire à vue
Branche-toi contre moi c’est du continu
Tiens je chante…
Niala-Loisobleu – 27 Avril 2020
VUE DE L’INTERIEUR

VUE DE L’INTERIEUR
Monté au dernier étage l’ascenseur s’arrête, elle ne montre aucune surprise quand le cheval-liftier lui dit « NIVEAU A MUSIQUE – INSTRUMENTS A VENT ET VENTILATEURS »
Un papillon bleu, deux papillons bleus, trois et plus papillons bleus sortent du soufflet pulmonaire de la soliste
Quand deux d’entre eux l’attrapent par les yeux, elle se laisse décoller du sol, trouve le la et la gamme du rêve qui l’a suivi dans son sommeil
Cette lune la révèle à elle-même. Elle se souvient , c’était au plus jeune âge et sans comprendre pourquoi tout s’était brusquement envolé
La pièce et son décor, tout ce qui la meuble, l’insupporte
Elle étouffe
Le ton en montant en elle écrase l’artificiel
La musique est belle, c’est la voix de son âme qui est revenue. Le poids fait place à la senteur du jardin qui l’habille de sang, la couleur de son pouls d’enfant…
Niala-Loisobleu – 27 Avril 2020
DE L’AUTRE CÔTE DU MUR
DE L’AUTRE CÔTE DU MUR
A l’heure du ben, l’enfant entra dans l’eau. Dans ses mains il tenait son haveneau en marchant dans le sens de la crevette
Un soleil comme il y en a les jours où il pleuvra le lendemain – ni chaud pareil, ni accroché aussi haut à un cet endroit précis – la femme d’à côté avait son fils parti fendre du bois. Elle me fait ce grand sourire des gens qui donnent par nature sans attendre du retour
-Bonjour Alain, je viens tondre, on sort le mou ton
C’est ma première fois qu’une femme me donne ça
je penserai à dire dans la colonne des gens de coeur de la pandémie qu’elle a pas voulu que mon corps soit plus malade d’isolement des jambes et du dos dans l’effort ouvrier. Un devoir ignoré par les enfants
Chez l’oiseau, chaque geste d’amour est reçu pleine peau
Au silence vient s’armer la plus simple définition du bonheur
C’est fou
Alors il faut donner à voir
pas enfermer le besoin d’aimer
sous des prétextes qui n’avaient pas lieu d’être, sinon faire à côté
La clématite Barbara a grimpé d’un étage sans que ses nombreux boutons ne la retiennent. Du côté où elle est, elle respire l’haleine de Vincent qui cap à plein iris
Chambre d’échos des murs acoustiques comme en théâtre antique…
Niala-Loisobleu – 26 Avril 2020
DES NEFLES ET DES REINS
DES NEFLES ET DES REINS
La voix du fossile en vibrant dans la pierre porte en mur son éternité
le laurier-rose en lèche le front de sa couronne
GAUGT…
Il a quatre-vingts ans.
Il vit près des sentiers de
Saint-Boès qui sont désolés et sauvages.
Les bécassines y font luire leur plumage.
Caùgt m’a dit : salut!
Et dans le champ sauvage ma chienne essoufflée ramassait la bécassine tuée.
Caùgt m’a dit : j’ai connu vos parents qui sont morts.
J’ai quatre-vingts ans.
Mon fils avait pareille une chienne de chasse.
Et le coteau était noir, roux comme les bécasses.
Caùgt m’a dit : salut 1
Et vers le bois terrible je suis allé.
Caùgt me regardait partir.
J’étais dans les touyas avec ma chienne douce,
et nous allions au bois d’argent, d’ombre et de mousse.
Et j’ai pensé à toi qui as la peau douce
comme un grain de raisin et une nèfle rousse.
Les éperviers aigus volaient sans avoir l’air de bouger.
La tête lourde des corbeaux comme un clou épais.
Les piverts volent comme des vagues, en courbées
et, droits, ils griffent l’écorce, cachant leurs plumes vertes.
Les ruisseaux après la pluie sont un peu jaunes
et, au printemps, au bord, il y a des anémones.
Le coteau est comme en sang noir et, du haut,
les montagnes nagent au ciel doux, simple et beau.
De l’autre côté des coteaux sont les villages
doux qui dorment au soleil comme des haches.
Là, il y a des tonnelles tristes au vieux jardin
où les poules grattent près des buis, des ricins.
La tonnelle en lauriers luisants est verte et noire.
Il y a un banc, au fond, en bois couleur de soir,
et qui est un peu humide, à cause de l’ombre,
même l’été quand le soleil est en bleu plomb.
Viens-y!
L’après-midi sera luisant.
Ta bouche
sur ma bouche nous nous tairons, et les cigales
cliqueront sur les roses en eau rose du
Bengale.
Nous nous aimerons tant que nous ne respirerons plus,
en nous pressant sur le banc noir et vermoulu,
aux pieds en bûches.
Puis nous reviendrons, le soir.
Les génisses douces tendront le cou vers toi, à l’abreuvoir.
Puis nous irons voir
Caùgt dont le nom me plaît
comme une flûte et comme des violettes,
Caûgt qui dit : salut! qui a quatre-vingts ans,
des joues rouges ridées, maigres, des yeux luisants,
qui regarde, méfiant, par les haies d’églantiers,
et qui porte de jolis coqs dans son panier.
Francis Jammes
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AUX VOLEES 9

AUX VOLEES 9
Avalées les pluies
la mer peut mettre son sel
comme fleur à donner
goût aux jours…
Niala-Loisobleu – 25 Avril 2020
D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS

D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS
Ciel et ses seins
Ronde lumière
L’arc-en-ciel au spectre enfante blanc
Alors les barreaux ne peuvent garder Vincent muet
l’oiseau bleu
nidifie son ventre par la toile
Au bout des Alyscamps
la nécropole
ouvre la maison jaune
Ex-Voto: Je t’aime, tais-toi
se met en vitrine
comme un cri d’Arles
Niala-Loisobleu – 25 Avril 2020

BONJOUR ESPRIT
DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE

DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE
Dans le dos du nèflier le mur de pierres montées à la boue tient livre ouvert. Coiffé du palmier symbolique, il dresse un journal de bord au dressement de poil près.
De la fourmi déménageuse au lierre colonisateur, le regard d’un garenne de passage et encore un merle persifleur se sont inscrits, chacun dans son rôle. Il y eut un prunus majestueux dans l’ombre duquel les dames-élèves peignaient en papotant un moment d’évasion. Des enfants disparus aujourd’hui ont également mis leurs rires à la renversure de leurs boules
Par la grâce d’un soleil espéré, j’ai pu te conter en pâquerettes et herbe drue, fortement grasse. Le ronflement de la tondeuse s’étant accordé au bruit du moteur marin de ma pensée, le panama s’est vraiment cru au canal de passage. Petit-vitesse adoucit le bruit mécanique, tu parles à seins nus et robe vraiment courte en long dialogue. Les nouvelles d’ici-bas choisissent le ton . L’accord s’attache aux couleurs des façades comme à la longueur des ponts au point large de l’estuaire. J’ai même entendu des élingues dirent des tempêtes dans un sourire redonné par la sécurité du quai
Il y eut sur la Chaume un reflet de toi en mésange bleue dans la vitrine pendant que je chargeais les sacs de végétaux dans la voiture. De plus près je vis les liserons dans tes cheveux. L’envie d’aller m’asseoir dans mon fauteuil compléta le bien-être d’être ensemble à la fin du travail de jardin.
Un avion nous emportera très au-dessus du monde…
Niala-Loisobleu – 24 Avril 2020


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