DES BRAS CROISES


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DES BRAS CROISES

 

Cette sérénité témoigne. Le brouillard glisse comme un large crachat masquant. Peut-être que le beau soleil pleuvra. Le vigile à qui j’ai dit bonjour aux courses ce matin n’avait pas l’air hostile dans son uniforme dissuasif

Qu’importe, la réaction pitoyable et parasitaire, j’ai la lumière par nos bras croisés

L’électricité saute, des arcs, la tension tire à vue

Branche-toi contre moi c’est du continu

Tiens je chante…

Niala-Loisobleu – 27 Avril 2020

 

 

VUE DE L’INTERIEUR


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VUE DE L’INTERIEUR

Monté au dernier étage l’ascenseur s’arrête, elle ne montre aucune surprise quand le cheval-liftier lui dit « NIVEAU A MUSIQUE – INSTRUMENTS A VENT ET VENTILATEURS »

Un papillon bleu, deux papillons bleus, trois et plus papillons bleus sortent du soufflet pulmonaire de la soliste

Quand deux d’entre eux l’attrapent par les yeux, elle se laisse décoller du sol, trouve le la et la gamme du rêve qui l’a suivi dans son sommeil

Cette lune la révèle à elle-même. Elle se souvient , c’était au plus jeune âge et sans comprendre pourquoi tout s’était brusquement envolé

La pièce  et son décor, tout ce qui la meuble, l’insupporte

Elle étouffe

Le ton en montant en elle écrase l’artificiel

La musique est belle, c’est la voix de son âme qui est revenue. Le poids fait place à la senteur du jardin qui l’habille de sang, la couleur de son pouls d’enfant…

Niala-Loisobleu – 27 Avril 2020

DE L’AUTRE CÔTE DU MUR


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DE L’AUTRE CÔTE DU MUR

A l’heure du ben, l’enfant entra dans l’eau. Dans ses mains il tenait son haveneau en marchant dans le sens de la crevette

Un soleil comme il y en a les jours où il pleuvra le lendemain – ni chaud pareil, ni accroché aussi haut à un cet endroit précis – la femme d’à côté avait son fils parti fendre du bois. Elle me fait ce grand sourire des gens qui donnent par nature sans attendre du retour

-Bonjour Alain, je viens tondre, on sort le mou ton

C’est ma première fois qu’une femme me donne ça

je penserai à dire dans la colonne des gens de coeur de la pandémie qu’elle a pas voulu que mon corps soit plus malade d’isolement des jambes et du dos dans l’effort ouvrier. Un devoir ignoré par les enfants

Chez l’oiseau, chaque geste d’amour est reçu pleine peau

Au silence vient s’armer la plus simple définition du bonheur

C’est fou

Alors il faut donner à voir

pas enfermer le besoin d’aimer

sous des prétextes qui n’avaient pas lieu d’être, sinon faire à côté

La clématite Barbara a grimpé d’un étage sans que ses nombreux boutons ne la retiennent. Du côté où elle est, elle respire l’haleine de Vincent qui cap à plein iris

Chambre d’échos des murs acoustiques comme en théâtre antique…

 

Niala-Loisobleu – 26 Avril 2020

DES NEFLES ET DES REINS


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DES NEFLES ET DES REINS

La voix du fossile en vibrant dans la pierre porte en mur son éternité

le laurier-rose en lèche le front de sa couronne

 l’arbre à nèfles qui porte ses fruits au blette de ses hivers
Le timbre de pierre lui, continue de donner à boire au cheval-jardin
inséparable de sa folie d’amour
comme pour montrer son absence d’entité….
Niala-Loisobleu – 26 Avril 2020

GAUGT…

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Caûgt avait deux jolis coqs dans son panier.

Il a quatre-vingts ans.
Il vit près des sentiers de
Saint-Boès qui sont désolés et sauvages.
Les bécassines y font luire leur plumage.
Caùgt m’a dit : salut!
Et dans le champ sauvage ma chienne essoufflée ramassait la bécassine tuée.
Caùgt m’a dit : j’ai connu vos parents qui sont morts.
J’ai quatre-vingts ans.
Mon fils avait pareille une chienne de chasse.
Et le coteau était noir, roux comme les bécasses.
Caùgt m’a dit : salut 1
Et vers le bois terrible je suis allé.
Caùgt me regardait partir.

J’étais dans les touyas avec ma chienne douce,

et nous allions au bois d’argent, d’ombre et de mousse.

Et j’ai pensé à toi qui as la peau douce

comme un grain de raisin et une nèfle rousse.

Les éperviers aigus volaient sans avoir l’air de bouger.

La tête lourde des corbeaux comme un clou épais.

Les piverts volent comme des vagues, en courbées

et, droits, ils griffent l’écorce, cachant leurs plumes vertes.

Les ruisseaux après la pluie sont un peu jaunes

et, au printemps, au bord, il y a des anémones.

Le coteau est comme en sang noir et, du haut,

les montagnes nagent au ciel doux, simple et beau.

De l’autre côté des coteaux sont les villages

doux qui dorment au soleil comme des haches.

Là, il y a des tonnelles tristes au vieux jardin

où les poules grattent près des buis, des ricins.

La tonnelle en lauriers luisants est verte et noire.

Il y a un banc, au fond, en bois couleur de soir,

et qui est un peu humide, à cause de l’ombre,

même l’été quand le soleil est en bleu plomb.

Viens-y!
L’après-midi sera luisant.
Ta bouche

sur ma bouche nous nous tairons, et les cigales

cliqueront sur les roses en eau rose du
Bengale.

Nous nous aimerons tant que nous ne respirerons plus,

en nous pressant sur le banc noir et vermoulu,

aux pieds en bûches.
Puis nous reviendrons, le soir.

Les génisses douces tendront le cou vers toi, à l’abreuvoir.

Puis nous irons voir
Caùgt dont le nom me plaît

comme une flûte et comme des violettes,

Caûgt qui dit : salut! qui a quatre-vingts ans,

des joues rouges ridées, maigres, des yeux luisants,

qui regarde, méfiant, par les haies d’églantiers,

et qui porte de jolis coqs dans son panier.

Francis Jammes

MA DERNIERE SURPRISE WORDPRESS ENCLIQUANT SUR MON LIEN….


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D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS


Artists Goli Mahallati Goli Mahallati Art Work

D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS

 

Ciel et ses seins

Ronde lumière

L’arc-en-ciel au spectre enfante blanc

 

Alors les barreaux ne peuvent garder Vincent muet

l’oiseau bleu

nidifie son ventre par la toile

 

Au bout des Alyscamps

la nécropole

ouvre la maison jaune

 

Ex-Voto: Je t’aime, tais-toi

se met en vitrine

comme un cri d’Arles

 

Niala-Loisobleu – 25 Avril 2020

 

 

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DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE


"REMEMBERING"

DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE

Dans le dos du nèflier le mur de pierres montées à la boue tient livre ouvert. Coiffé du palmier symbolique, il dresse un journal de bord au dressement de poil près.

De la fourmi déménageuse au lierre colonisateur, le regard d’un garenne de passage et encore un merle persifleur se sont inscrits, chacun dans son rôle. Il y eut un prunus majestueux dans l’ombre duquel les dames-élèves peignaient en papotant un moment d’évasion. Des enfants disparus aujourd’hui ont également mis leurs rires à la renversure de leurs boules

Par la grâce d’un soleil espéré, j’ai pu te conter en pâquerettes et herbe drue, fortement grasse. Le ronflement de la tondeuse s’étant accordé au bruit du moteur marin de ma pensée, le panama s’est vraiment cru au canal de passage. Petit-vitesse adoucit le bruit mécanique, tu parles à seins nus et robe vraiment courte en long dialogue. Les nouvelles d’ici-bas choisissent le ton . L’accord s’attache aux couleurs des façades comme  à la longueur des ponts au point large de l’estuaire. J’ai même entendu des élingues dirent des tempêtes dans un sourire redonné par la sécurité du quai

Il y eut sur la Chaume un reflet de toi en mésange bleue dans la vitrine pendant que je  chargeais les sacs de végétaux dans la voiture. De plus près je vis les liserons dans tes cheveux. L’envie d’aller m’asseoir dans mon fauteuil compléta le bien-être d’être ensemble à la fin du travail de jardin.

Un avion nous emportera très au-dessus du monde…

Niala-Loisobleu –  24 Avril 2020