A LA CLARTE DES LAMPES


A LA CLARTE DES LAMPES

Une pluie présente et grise

égoutte ton mouvement corporel

comme un soleil-rémouleur

qui appelle à réaffuter la date-anniversaire

.

Je marche accroché à la queue du chat

le fil penché

sur l’heur à remettre

la voix à ne pas perdre

dans la quinte qui s’apprête à ajouter son temps

.

La croissance en chute, sans ralentir l’élan aux seins

laissant au récent blanchiment des mèches

tous les arômes de l’herbe en corps vivant

qu’une peinture ressort d’être demeurée fraîche

.

Pierres de lune

conduisant à la prochaine porte

attachées en anneau au dernier mot de la marguerite…

.

Niala-Loisobleu.

29 Octobre 2023

LA DERNIERE REPRESENTATION


LA DERNIERE REPRESENTATION

Les mains mises au bonheur des derniers jours

NIALA

broie comme au départ

son végétal et son minéral pigment

au pilon de son mortier

pour l’étaler au lin magistral de la Vie Universelle

en créant la

FONDATION NIALA

(Alain et Jacqueline)

.

Dans leur loge, les Epoques ne se maquillent pas

elles se préparent telles qu’elles

à entrer en scène en direct de leur provenance

attelées au même cheval

en une dernière représentation

DU 15 JANVIER AU 15 FEVRIER 2024

à CHATEAUBERNARD

et à une autre date à COGNAC

si la Ville en décide dans son Hotel-de-Ville

Autour de l’Atelier, des enfants jouent dans ma tête une longue histoire sans paroles, plus vide qu’un fruit sans noyau, qui refuse de mourir sans qu’on lui ait rendue-justice

Que serait une vie sans ses « hier à aujourd’hui » bien amarrée au remorqueur en son train de péniches qui va débarquer son contenu aux prochains demains ?

Niala-Loisobleu.

28 Octobre 2023

MES LIGNES DE LA MAIN


FEMME NUE ET MOUSQUETAIRE -PABLO PICASSO 1967

MES LIGNES DE LA MAIN

Ce 25 Octobre 23 à 17h15 ne tenant pas debout

je m’assieds face à tout ce que mon moi-intime vît

et me retrouve dans l’image développée du vieux toro

J’entends la trompette qui ouvre l’arène

il pleut, mais le soleil de ma tête est brillant comme un costume de torero

J’ai fait pas mal de choses dans mon existence

mais au bord d’en sortir

de voir le programme qui m’attend

je pourrais halluciner

Carole a vidé la petite véranda ce matin pour tout me faire vivre de plain-pied

quelle présence pour moi m’apporte cette femme généreuse

puis mon peintre Anthony changera la grande véranda en chambre et salle-d’eau

c’est du rêve qu’on touche à pleines mains des êtres comme ça

Marylène elle

elle me réserve les 3 salles de Chateaubernard du 15 Janvier au 15 Février 2024 pour l’expo retraçante qui annoncera la création de la FONDATION NIALA (Jacqueline et Alain Denèfle)

Tu vois plus la mesquinerie apparaître

la sorcière décroche le pendu

on est tout entier dans l’humanité vraie

de penser que tu es seul n’est plus possible

Merci Cécile, merci Patrice

S’y ajoutent les deux autres

plus des petits-enfants

je marche alors avec mes jambes

ça fait si longtemps que j’ai perdu le granit rose que je revois le sentier des Douaniers promener ses têtes dans le grondement des vagues

Pablo ça t’explique pourquoi je me sens Mousquetaire avec la Femme

.

Niala-Loisobleu.

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25 Octobre 2023

MON TEST AMANT


MON TEST AMANT

Déchaussé de jambes

je trempe au tronc du sel

un concept uniquement d’amour

les yeux remplis de cette étoile

avant de les fermer

La main à pétrir

cette chair de couleur vive

je termine pour autoriser la signature

de l’oeuvre accomplie

en laissant un jeune assurer la suite

mes enfants retrouvés…

.

Niala-Loisobleu.

24 Octobre 2023

NOUS MAINTIENDRONS LA SOURCE


NOUS MAINTIENDRONS LA SOURCE

A la ligne où les arbres perdent leurs feuilles

au bord de la douane

je choisis la contrebande à cette nouvelle-frontière

pour passer ce que mes rêves n’ont dérobé à personne

En jarres pleines de son derme à ELLE sans perdre un pétale et rester fort dans le deuil en escale d’une montée à dos d’éléphant vers la Ville Bleue

un marché flottant

un arbre où dort l’enfant mort-né

un temple qui s’étale au soleil-couchant

des chats qui sautent sur le pont de l’île aux bonzes pour aboutir

à la fondation Niala où les enfants viendront NOUS dire en espagnol :

L’Enfant Stanton

de

federico garcia lorca

Niala-Loisobleu.

23 Septembre 2023

– Do you like me ?
– Yes, and you ?
– Yes, yes.

Quand je suis seul
il me reste encore tes dix ans,
les trois chevaux aveugles,
tes quinze visages avec le visage du coup de caillou
et les petites fièvres glacées sur les feuilles du maïs.
Stanton, mon fils, Stanton.
À minuit le cancer sortait dans les couloirs
et parlait aux escargots vides des documents,
le très vif cancer plein de nuées et de thermomètres
avec son chaste désir de pomme pour que le piquent les rossignols.

Dans la maison où il n’y a pas de cancer
les murs blancs se brisent dans le délire de l’astronomie
et dans les étables les plus petites et sur les croix des forêts
brille de longues années la lueur de la brûlure.
Ma douleur saignait le long des après-midi
quand tes yeux étaient deux murs,
quand tes mains étaient deux pays
et mon corps rumeur de l’herbe.
Mon agonie cherchait son vêtement,
poussiéreuse, mordue par les chiens,
et tu l’accompagnas sans trembler
jusqu’à la porte de l’eau sombre.
O mon Stanton, idiot et beau parmi les animaux tout petits,
avec ta mère fracturée par les forgerons du village,
avec un frère sous les arcades,
un autre mangé par les fourmilières,
et le cancer sans barbelés, qui palpite dans les chambres !
Il y a des nourrices qui donnent aux enfants
des rivières de mousse et une amertume debout,
et quelques négresses montent aux étages pour distribuer un filtre de rat.
Car il est vrai que les gens
veulent jeter les colombes aux égouts
et je sais ce qu’espèrent ceux qui dans la rue
nous pressent soudain le bout des doigts.

Ton ignorance est une montagne de lions, Stanton.
Le jour où le cancer t’a fouetté,
t’a craché au dortoir où les hôtes moururent d’épidémie,
a ouvert sa rose brisée de vitres sèches et de mains molles
pour éclabousser de boue les pupilles de ceux qui naviguent,
tu as cherché dans l’herbe mon agonie,
mon agonie aux fleurs de terreur,
tandis que l’aigre cancer muet qui veut coucher avec toi
pulvérisait des paysages rouges sur les draps d’amertume,
et mettait sur les cercueils
des arbrisseaux d’acide borique.
Stanton, va-t’en à la forêt avec ses harpes juives,
va-t’en apprendre des paroles célestes
qui dorment aux troncs des arbres, dans les nuages, les tortues,
les iris sans sommeil et les eaux sans reflet,
afin d’apprendre, mon fils, ce que ton peuple oublie.
Quand commencera le tumulte de la guerre
je laisserai au bureau un morceau de fromage pour ton chien.
Tes dix seront les feuilles
sur l’épaule de mon petit jour.
Et moi, Stanton, moi seul, oublié,
tes visages fanés sur ma bouche,
je pénétrerai à grands cris les vertes statues de la Malaria.

Federico Garcia Lorca

« RESTE TON JARDIN… » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65


« RESTE TON JARDIN… »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

On naît comme on est celui à faire

sans que le hasard y vienne poser ses cartes

Quand le bout fait sonner les alarmes et que coupe un réverbère

le quai loin d’entrer dans le noir s’amarre en pleine lumière à l’anneau principal

Les quartiers corporatifs traversés passent par le Boulevard du Crime , la Foire au Pain d’Epices sans lâcher le Zoo Humain, faisant varier la Voûte Etoilée

mais le soc que le cheval tire ne renie pas le sillon qu’il a choisi

il laboure sa Muse

Ainsi les semailles sont autant de fleurs pour la table du corps que de fruits et du sel à marais pour la traversée maritime

On s’habite aux quartiers chauds des Epoques

d’un bout du Monde à l’autre, sous les toits, dans le coeur des meules, en cressonnière, dans les arbres , sur le bout d’une tige, à la crête de l’embrun, sur la pente avec sa pierre à monter

Ce mois qui est en train de partir, t’a emporté après des hésitations et des espoirs personnels dénoncés sans le dire

Tout ça pour raconter qu’on était contraires l’un à l’autre

Comme je dis la vérité par mots-peints, ce matin j’ai poussé la porte qui retient les mensonges pour les évacuer

« Reste ton jardin… »

sans qu’il y manque ce après quoi on court quand on aime la vie et même quand on la quitte

Puis je suis tombé à mon tour…

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Niala-Loisobleu.

27 Août 2023

JOUR DE MERDE


JOUR DE MERDE

Entre l’hôpital, la radio, le hall d’accueil pour attendre

et les urgences où on te fait entrer la personne que tu te demandes où elle est et dans quel état, la matinée s’est déroulée

Et vous vous allez où et comment ?

C’est un beau pays la France

Gardez-vous y

Heureusement j’ai de vrais amis

parce que de mon côté enfants c’est l’absence générale…

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Niala-Loisobleu.

3 Avril 2023

L’ESPRIT DE POÉSIE PAR MICHEL DEGUY


L’ESPRIT DE POÉSIE

PAR

MICHEL DEGUY

Toute figure est figure de pensée… Une figure est celle du dieu de poésie Qui se glisse dans la forme de cette figure En ressemblant à s’y méprendre à cet hôte
qui l’accueille Pour y féconder Alcmène la poésie

L’esprit de poésie : un défieur de dieux qui invoque : « qu’est-ce que vous attendez ? ! » Cette durée ne peut pas durer ! Il faut que l’interminable soit ponctué
; qu’il y ait de l’interruption, du contour, de l’apparition, de la finition ! Venez. J’expose la peau ocellée d’Argus, une cotte de synonymes : Protée, montre-toi que je te
reconnaisse multiple, que je t’épèle à grande vitesse !

L’esprit de poésie compare l’ogre égarant ses enfants à la «forêt obscure» où Dante commençait par se perdre; il perd les «significations
admises», tout ce qui s’énonçait vite, ne demandait qu’à être identifié (et sans doute vaudrait-il mieux être égaré par une puissance que prendre
les devants par jeu, mais enfin il faut bien que quelqu’un commence) ; l’affaire ordinaire, le patent, l’envoyé loyal, le message escompté, il s’en impatiente ! Le trompeur
authentique, le déguisé, le fourbe de comédie, celui que le public a démasqué d’entrée de jeu ne lui suffit pas. Mais où est le dieu ? Dans les
tragédies, le dieu ? Celui qui est autre qu’on croit, non par férocité mais parce qu’on ne pourrait l’accueillir, l’excessif, qui éclipserait. Ou alors il y aurait deux
dissimulations, et la première, sympathique et remédiable, pour nous préparer à l’autre, « tragique » ? Celui qui est et n’est pas — ce qu’il est.

Et les dieux ont appris aux hommes par les arts à recevoir, à pouvoir recevoir, toute chose comme un dieu, pour ce qu’elle est en étant autre (en excès, en
à-côté), autre que ce que c’est qui la comporte, dans quoi elle vient; en étant comme cela qui s’annonce, c’est-à-dire irréductible à cela qu’elle paraît
: masqué par son apparaître, par son être-vrai même. L’artiste apprend à ménager, d’un rapport indirect, le « dieu inconnu » en tout. Le dieu est ce qui
remplit la forme humaine, parfois trop humble comme Déméter, en retrait dans le visible, pour suggérer l’inégalité de la visibilité à l’être, la «
différence de l’être et de l’étant » ?

Ainsi est-ce l’épreuve par tout : reconnaître le dieu. Il s’agit de ce qui excéderait la vie dans la vie, le dieu amour, « promis à tous », en tout cas à toi,
à toi, à toi… C’est ton tour. Et si tu ne l’accueilles pas en quelque mode, tant pis pour toi, « tu auras vécu en vain ».

Même la comédie murmure «c’est votre affaire», de le reconnaître dans ce valet, ce double, cette erreur, cette coquette. Il n’est pas réservé aux Princes de
la tragédie ; il ne s’agit pas que de mourir.

Michel Deguy

JE T’AI BIEN EN NOTE


NIALA

JE T’AI BIEN EN NOTE

Là du bout de tes doigts

rien ne me gratte de ces histoires de réforme

je tiens la seule couleur qui garde ma raison de vivre

et du bout des miens j’en soupèse chacune de tes formes

dans le carnet

Tu vieillis

quel bonheur de te voir écrire de ce sang qui me fait peindre

Emoi aussi !

.

Niala-Loisobleu.

1er Avril 2023

« Carnet »

Il y a beaucoup de morts dans le journal d’hier
Et beaucoup de misère mais partout
Beaucoup de gens qui restent indifférents
Le lendemain tout semble déjà moins grave

Je ne voudrais pas que tu vieillisses trop vite
Avant que nous ayons eu le temps de nous arrêter
Et de nous dire : nous sommes heureux
Que nous nous regardions encore une fois
Dans le miroir amoureux des sourires
Que je te trouve belle encore une fois
Je veux encore du temps pour offrir
Ton corps aux regards de passage
Gens de passage prenez cette femme
Possédez-la un jour elle ne sera plus rien
Montre-toi nue danse pour eux
Possédez-la qu’elle demeure
Et demeure l’empreinte de ses doigts dans le sol

Je sens maintenant que tout va un peu plus vite
Pourtant nous avons juste trente ans
Je m’arrête et je te regarde
Ai-je assez profité de toi?
J’arrête le monde et je regarde
Car il est plus que temps aujourd’hui de vivre
Je cherche à écrire de plus en plus simplement
Je me préoccupe moins des rimes et des rythmes
Car il est plus que temps aujourd’hui de vivre
De repousser la porte que quelqu’un ferme sur nous inéluctablement

Dans le journal d’hier beaucoup de morts
Et puis partout beaucoup de gens indifférents
Nous sommes peu nombreux à veiller
Nous tenons la lampe allumée
Nous repoussons de toutes nos forces le sommeil
Et la lampe nous fait les yeux brillants

Nous tenons la lampe allumée
Nous ne vieillissons pas

Jacques Bertin

Tant qu’à y être en corps..


Je

TANT QU’A Y ÊTRE EN CORPS..

Puisque la durée se compte aux caprices des mesures, j’aurais tort de ne pas peindre le côté floral me venant de tes rivages, Ma charnelle présente

Le musc que ma boîte de couleurs possède suffit à lui seul à donner le sens qui donne à vivre

Tes seins tombent à pic pour me redresser

Tu es le seul estran au ria toujours là, me rappelle la voix du phare…

Niala-Loisobleu.

1er Avril 2023