UN AUTRE SANG


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UN AUTRE SANG

Le corps des fleuves sommeille

Plus déserte que l’os

la branche s’est engourdie

Le cadavre de l’été a plombé son pelage
Nos mémoires dilapident le cadavre des humains

Indifférence des actes du ciel

Et de nos mondes couvant trop de plaies!

Morte morte terre
Sous l’aveugle neige un autre sang mûrit-il?

Je le savais jadis je le saurai plus loin

Sous sa gangue d’argile la vie toujours s’explore et se retaille
Vie.

 

Andrée Chedid

 

La balançoire en franchissant le semis a raciné un bond de géant

et poussée l’haleine à lice – ô mer veille – la  mue venimeuse en épuration

L’enfant mort-née par le manque jamais comblé, ne vit pas le geste de sorcière d’une image courant après sa réalité. Et succombant au charme s’étourdit

Morte morte terre

Regarde et demeure ta transplantation actuelle

La double-personnalité est le train qui masque toujours l’autre et recul.

 

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2020

 

LA REMONTRANCE


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LA REMONTRANCE

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L’apparence de la vie, mon masque ayant glissé, me manque. Devenue, à force de délicatesse, la stricte épure de ma race finie, je viens de là où va le vent, je
casse ta caresse… Ton bras ne tremble plus, mes incartades sont imperceptibles.

Dans cet exode où tant de regards ont douté, où tant de poings ne heurtent que l’enclos de jardins fuyants, je suis à tes côtés. Je te donne la force d’entrer dans
ta ville et l’orgueil de n’y point régner. C’est dans ma lumière que tu marches, c’est mon aile qui accroît le vent. Ma transparence est celle des monstres bénéfiques,
mon parfum celui de la rose d’après le déluge.

Jacques Dupin

POR UNA CABEZA


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POR UNA CABEZA

Glisse la durée des heures, j’ai mis Carlos Gardel dans la musique de l’ascenseur pour que le chevalet monte les étages. Le chien aurait senti que tu planterais des tomates qu’il n’aurait pas montré plus d’entrain à ton levé. Pour la sauce les nouilles attendront que l’eau bouille alors on les mangera dehors sur le bleu de la ronde. Corps à corps avec du gruyère, la boule accrochée dans le ciel pour refléter tes reins quand tu les arques. Tango c’est une de nos expressions taiseuses favorites tant ça laisse la parole au corps.  La musique de tes mots y fume mille et une nuits. Je trouve alors le chemin de la profondeur de tes yeux pour prendre l’air. La tête entre tes seins. Ton cou dans l’oreille. les mains pour les desseins. Le monde est assez loin pour nous laisser le barrio tranquille. On mangerait de la côte à la plancha puisque la danse est d’Argentine, pays où le taureau traverse en troupeaux. La tête se dresse sur le coeur en battant l’aile des tempes. Au bout du crayon elle se penche vers le pinceau, ou au couteau quand tu la joues Carmen. Il est dur à vivre ce monde, mais qu’il est beau avec sa gueule d’amour. Sa nature jardin  riche de saisons amoureuses au lit des eaux douces et salées. L’oiseau sur ton faîte nidifie. Il dira aux enfants de laisser les tambours et leur apprendra à faire des flûtiaux en sureau. En gardant toujours la tête attachée dans la folie sans sortir de l’aimé…

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2020

 

ABSOLUE PRÉSENCE


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ABSOLUE PRÉSENCE

 

Au plant où nous en sommes, écrier n’a pas d’incommune présence

La bête noire n’a rien d’hostile

Le fruit rouge est enfant du cœur

Et le fantastique ce jardin suspendu au chevalet que la plume arrose pour créer le type végétal-animal à visage d’homme …

Niala-Loisobleu – 14/05/20

PASSER OUTRE


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PASSER OUTRE

Agir par contre-pression

la montagne prise au col

Jules Verne m’inspire

tandis qu’Annibal m’indiffère, voire me repousse

l’un est passage l’autre occlusion

Rien dans la présence au énième degré ne montre signe d’absence

la trame est plus serrée

le baiser de la langue dure plus loin que le bavardage par cet élan pris du regard

aimer au point de coudre la troisième jambe aux pas des espaces franchis

sentir le faire se mettre en élastique à la ceinture du pouls

retenir en dedans

devenir le noyau

 

Niala-Loisobbleu – 14 Mai 2020

PUITS DE LUMIERE


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PUITS DE LUMIERE

En dressant sa tige sur la pointe du pied

l’herbe s’offre sans rien prendre

son organe visuel dirige ses narines au devoir naturel

Un pied passera  qui la foulera

bien plus que le roseau le lien d’amour vital qui l’habite prendra le dessus

La force d’amour est éternelle

elle crée d’un mouvement naturel l’étincelle au coeur des cendres

Il y a en elle une intelligence que la mort ignore…

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2020

VRAIES FRAGRANCES DU JOUR


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VRAIES FRAGRANCES DU JOUR

Allongeant ses jambes, l’arbre rentre ses fruits à l’intérieur

Elle dort ce jour

du seul besoin de le vivre dans un panier où sont réunis ses plus chers désirs

Des feuilles pourraient faire une tenue de fête

Le jus des agrumes sent la peinture

Si le courant pédale de la sorte, c’est à cause du moulin posé sur un chevalet de brindilles

Elle peut rêver

Aller jusqu’à s’assurer l’alliance

Les fifres brillent dans la bouche des nymphes et derrière le roseau le nénuphar attend l’hélicoptère animal du colibri

En accroche-coeur des mansardes suspendent la guirlande allumée par l’accordéon pour le mouvement gracieux de ses fesses

Je te sang au miroir de l’arbre, les joues rosies par l’image gardée dans tes yeux…

Niala-Loisobleu – 13 Mai 2020


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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide. Des yeux bleu ardent, bleu lanière. Un corps arqué sur le désespoir de son nom. Dehors le grand tumulte harassé des
étoiles contre le ciel semble ne plus s’ouvrir, ne plus suspendre l’issue de leur perfection qu’à cette véhémence brouillée de larmes puériles, qu’à ce
gémissement, qu’à ce silence.

Jacques Dupin

EN TOUT L’YEUX


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EN TOUT L’YEUX

Pour ce rendez-vous quel meilleur l’yeux

Je n’en peux choisir d’autre

que cette conclusion où tout ne fait qu’ouvrir

sans prononcer les mots

mais les graver comme un anniversaire

reste la pierre dans les pierres

clef-de-voûte

A l’heure où nos peaux se remplissent de taire de l’autre

voici le point bleu dans le vers qui pointe

C’est toi, Ma

Beau miroir…

Niala-Loisobleu – 13 Mai 2020