POINT ROUGE


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POINT ROUGE

La peau d’un champ à gorge déployée

ciel renversé

à l’avalé

la mer dans un souhait de remonter

un nid sur l’île cachée derrière sa nudité

s’en peindre le corps

gros-sel genre paludier

Niala-Loisobleu – 26Mai 2020

NE ME DEMANDE PAS POURQUOI DANS CET INSTANT LA


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NE ME DEMANDE PAS POURQUOI DANS CET INSTANT LA

 

Un instant où les yeux viennent sur les

mains, les miennes, toute une vie passée

à ramasser pour vivre la nature , l’objet, le lieu, l’animal-homme

en simple curiosité de sentir leur histoire vivre

un caillou qu’on laisse parler

les yeux posés sur un morceau de bois

le rire d’un gosse qui traverse la rue depuis une fenêtre, entre du linge qui sèche, que le vent agite à suivre

Ce village de la guerre à l’abri de la mort brutale où l’enfant découvrira le rite de la veillée funèbre, les fibres présentes qui tiennent le mort vivant. Le gosse voit les caractères mettre le théâtre dans leurs habits démodés, un vieux costume de communion, une robe qui ne demande qu’à craquer aux coutures. La cérémonie traverse le temps

J’ai rejoint les chevaux au lavoir

Bas de côte, le ruisseau est venu là garder la fraîcheur

Lieu de jeux qui grandira ceux qui feront les prochains à venir là

Grandira est la question posée ?

Mes mains sont en mesure de dire

Elles ont le modelé pour témoin, puis le bruit de la vibration, l’entente du coulé, le sauté à pieds-joints ou celui de l’élan, la course car partout celle-là, sait se mettre en avant. En portant l’image, la musique sort. Dans la rue, sous le kiosque, un bal du samedi soir, sur le rocher ou elle s’écrase, portée par un vol d’oiseau

La tempête

joie et peine toujours main dans la main

Et dans ce mouvement perpétuel la couleur plein les doigts, fol espoir d’aimer et rien d’autre.

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2020

 

CHIEN GALEUX


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CHIEN GALEUX

 

-Putain que t’es beau, elle me dit

-C’est ma tête de trottoir qui m’avantage que j’lui réponds en me sautant la bretelle

Ce sacré soleil est à tremper le poil d’un irrépressible besoin de caniveau. Comme une sorte d’appel de Juin qui devance. C’est le chien qui  m’a conduit là avec sa confidence de ce matin. Un papillon bleu tour à tour avec un jaune, il jonglait de sa truffe en manque d’un besoin que je devinais.

Quand ils m’ont eu réparé le rétroviseur  par le feu de recul me suis mis à aller d’avant en arrière. Chien galeux qui se gratte, macadam qui prend son pied. Laissant le vide des devantures aux chercheurs d’hors du confinement, je me retrouvais aux pores par la pointe de l’embouchure

Grande marée

Odeur de large

plus loin que la serviette

la godille laissée à la grand-voile…

 

Niala-Loisobleu -25 Mai 2020

 

 

ESPÈRE ET TREMBLE


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ESPÈRE ET TREMBLE

Bien avant le printemps parfois une chaleur étrangement

lourde
S’élève vers le soir à la corne du bois sans feuilles ou près

de la rivière,
Et rôde entre les chemins creux où brûle un résidu de

soufre.
Halo des milliers d’yeux des milliers de troupeaux qui

remontèrent
Des fonds troubles du temps vers ce qui fut le tumultueux

avenir.
Espère et tremble : qui s’approche ou s’efface encore au

détour,
Couronné d’herbe rude et d’un éclat de bleu plus vif À mesure qu’en bas la nuit dissout les reflets, les réponses
A la question déployée en ton cœur comme un drapeau ?
Espère et tremble au souffle chaud qui rôde ; espère et

tremble.

 

Jacques Réda


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LA PROMESSE

C’est mieux lisible, d’écrire sur fond blanc la promesse de tenir ensemble, de se retenir de mourir,

en l’écrivant d’une seule main à deux

En dormant ta watermann m’a fait la nuit si bleue qu’en me réveillant ce matin j’ai pas eu besoin d’allumer ce lundi, pleine lumière dans la chambre

Bon Jour Ma

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2020

L’EPOQUE 2020/18: MARIE-VOLANTE


 

L’EPOQUE 2020/18: MARIE-VOLANTE

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le dix-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : MARIE-VOLANTE . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/18″Marie-Volante »NialaAcrylique 65×54


Nous avions une grande bataille
À livrer avec et contre nous
Ô Marie-Volante tant de choses
Avant de se dire se sont tues
Dans les puits condamnés de l’origine
Et les solitudes étreignaient des solitudes
Mais voilà que se dénoue ce cri silencieux
Qui mord et qu’en toi je devine
Lorsque tu es nue
Laisse donc là tes colères mes distractions
Tes habitudes il n’y a pas que des promesses de roses
Il y a des maisons dont le vivre est ascensionnel
Dans l’amour se caresse d’abord la gratitude
Le reste est lutte d’ailes jusqu’à épuisement
C’est assez pour s’éprendre et tu es belle du temps
Tissé de ma constante approbation
Tout là-haut tu règnes germe d’amande
Sur l’unique amandier
 
Barbara Auzou.

HABIT DE MUR


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HABIT DE MUR

Jasmin un parfum à bords des lèvres

traverse  la veine

entre les dents l’étoile blanche

se penche sur ton bassin grimpant

L’oiseau tapis

vole les bras tendus

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2020

DEMEURER BLANC, A CHEVAL


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DEMEURER BLANC, A CHEVAL

Au tout début il avait remarqué qu’en plein jour et où qu’il soit ce gros truc rond dans le ciel, possiblement capable de réduire, était toujours avec lui

Dans la rue, sur le long du quai, jusque sous le pont d’un gros marronnier ou d’un saute-rivière le rond blanc avec son visage dedans , pas de doute, lui clignait de l’oeil. Sorte de complicité qui plut  d’emblée à l’enfant

En montant le courrier que Marthe lui avait dit de répartir dans les étages il la voyait cette face de lune chaque fois qu’au palier intermédiaire il passait devant la fenêtre

Il s’arrêtait pour jouer du pied avec

Ou montait sur une marche d’étoile la rejoindre

C’est comme ça que longtemps après il sort toujours se taire pour bavarder au-dehors, vieux stratagème de pas causeux qui permet de regarder du côté où on dit que c’est pas pour les enfants

Quelle connerie

Cheval ça aide à passer inaperçu

Les hommes n’ont qu’un rapport étranger avec ceux qu’ils exploitent

Quand il allait aux Tuileries, des fois il croisait un détachement de la Garde Républicaine descendu de la Nation débourrer ses canassons jusqu’à l’Arc de Triomphe

il traversait leur crottin mine de rien et venait jouer avec ses copains du manège avant de s’abreuver au grand bassin

Il en a fait fait des voyages à te chercher, Ma

c’est vrai que la jeunesse ça l’a formé puisqu’il  est en corps là

Pour ce Dimanche de fin de pont, il va pouvoir profiter de ce qu’ils rentrent, pour se faire un coin de bocage. Il aimerait de l’églantine, de la planche à voile, des briques à vallées et beaucoup de menthe quand il entendra les aboiements de son copain noir. La Normandie sans les gîtes à parisiens mais avec plein de vaches, des pommiers et du Toi en chaume, ça lui remue l’aqueux

Son père au milieu d’un chant qu’il pousse à tue-tête, palette à la main…

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2020