PREMIER ESTRAN


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PREMIER ESTRAN

Accroché au pied du phare de la falaise

ton regard d’hier au soir

dressé sur la main qui tient

avec ses mèches qui chantent le sel de la première vague

Marais bleu de tous ses carreaux étendus au soleil

la plus belle fleur qui donne goût à vivre

Niala-Loisobleu – 9 Juin 2020

D’UN SEL COMPLICE


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D’UN SEL COMPLICE

Je remue ce fond de mer d’un vent à hisser la voile

ton verre débordant de soleil

et la ramure ancrée au chant d’oiseau

L’anse  prise d’un lascif abandon

courbe son buste  pour tremper devant le rocher

On ne voit plus la vieille maison de pêcheur qu’au fond de ce regard traversier laissé dans ton décolleté

un oiseau rouge au creux du ventre

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2020

ENTRE LA POIRE ET LE FROMAGE


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ENTRE LA POIRE ET LE FROMAGE

Un cheval attelé me passe du côté où on aurait pris un morceau pour faire l’Eve

c’est ça me voici debout

que d’images jardinières

c’est tout fleurs

au point que je m’en habille

pour être peau à peau

J’ai l’idée aquarelle

c’est doux, humide et métaphorique

Elle me lit

j’ai l’oreille dans sa coulée extérieure pulmonaire

l’importance de cette vie  dure borde le surhumain qui donne un relief contre la platitude de persuasions juvéniles d’absence d’acte

l’enfant embrasse la grandeur de ce qui l’entoure sans en abîmer l’intérieur

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2020

VIVE LE GAI ET TES R’OHHHH


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VIVE LE GAI ET TES R’OHHHH

Par le courant d’air installé naturellement dans les boutons du haut de ton corps sage

j’ai quitté la branche pour voir de plus près ton parfum matinal au confluent

A côté du néflier de devant qui fléchit sous le poids des fruits, tu portes haut un visage lavé de tous motifs de mécontentements

L’aube tenue dans le regard, ton visage tient, quelque soit l’heure sa promesse fondée sur le meilleur

Nous aurons subi tous les genres à causer malheur

Seulement aucune n’a pris naissance de nous

L’absolu n’aura jamais levé le pied, pour des nèfles on ira jamais gâcher nos larmes

Toi bord de mer et moi parent de Capitaine on a le pied marin a enfanter sans mène aux poses…

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2020

UN JOUR PARMI TANT


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UN JOUR PARMI TANT

Déluge de soleil
nous ne voyons rien mais voyons tout
Corps sans poids sol sans épaisseur
montons-nous ou descendons-nous ?

Ton corps est un diamant
où es-tu ?
Tu t’es perdu dans ton corps
Cette heure est un éclair immobile sans griffes
enfin nous sommes tous frères
nous pourrions nous dire bonsoir
même nous les Mexicains nous sommes heureux
et les étrangers aussi

Les automobiles ont la nostalgie de l’herbe
Marchent les tours

…………………le temps s’est arrêté
Deux yeux ne me quittent pas
c’est la mer sur les rochers couleur de colère
c’est la furie de juin et son manteau d’abeilles

Soleil lion du ciel
toi qui la regardes

…………. regarde-moi
Idole qui ne regarde personne
……………………………………regarde-nous
le ciel tourne et change et reste identique
où es-tu ?
Je suis seul face au soleil et aux gens
tu étais corps tu fus lumière tu n’es rien
Un jour je te rencontrerai dans un autre soleil

Tombe le soir
…………………………….grandissent les montagnes
nul ne lit les journaux
dans les bureaux jambes entrouvertes
les jeunes filles prennent le café en bavardant
J’ouvre mon bureau
………………………………..il est plein d’ailes vertes
il est rempli d’élytres jaunes
Les machines marchent toutes seules
tapent sans relâche la même ardente syllabe
La nuit guette derrière les gratte-ciel
c’est l’heure des étreintes cannibales
Nuit aux longs ongles
que de rage dans des regards remémorés !
Avant de s’en aller
le soleil embrase les présences

Octavio Paz, Salamandre [Salamandra], [traduction de l’espagnol par Jean-Claude Masson], dans Œuvres, édition établie, présentée et annotée par Jean-Claude Masson, Bibliothèque de la Pléiade, 2008, p. 235-236.

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RELEVE OCEAONOGRAPHIQUE


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RELEVE OCEAONOGRAPHIQUE

Le souffle chaud du tigre pose sa griffe sans savoir pourquoi mordre les chairs tendres que l’éléphant blanc n’écrase pas en passant entre les porcelaines d’un jour sans fleurs

Pourquoi l’échiquier glisse-t-il des mains du cornac sans retenir le fou ?

Certains jours ne portent pas bonheur comme il l’avaient dits

La tête disparue des épaules rompt les bras sous le poids de l’absence de franchise et le refus de se regarder

Sous le panama les seins passeront à travers l’indifférence en prenant le tronc du cerisier comme point d’amer

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2020

Mother Pink Floyd


Mother
Pink Floyd

Mère, pensez-vous qu’ils vont larguer la bombe?
Mother, do you think they’ll drop the bomb?
Mère, pensez-vous qu’ils aimeront cette chanson?
Mother, do you think they’ll like this song?
Mère, pensez-vous qu’ils vont essayer de me casser les couilles?
Mother, do you think they’ll try to break my balls?
Ooh, ah
Ooh, ah

Mère, dois-je construire le mur?
Mother, should I build the wall?

Mère, dois-je me présenter comme président?
Mother, should I run for President?

Mère, dois-je faire confiance au gouvernement?
Mother, should I trust the government?

Mère, vont-ils me mettre dans la ligne de tir?
Mother, will they put me in the firing line?

Ooh, ah
Ooh, ah

Est-ce juste une perte de temps?
Is it just a waste of time?
Chut maintenant bébé, bébé, ne pleure pas
Hush now, baby, baby, don’t you cry

Maman va réaliser tous tes cauchemars
Mama’s gonna make all of your nightmares come true

Maman va mettre toutes ses peurs en toi
Mama’s gonna put all of her fears into you

Maman va te garder ici sous son aile
Mama’s gonna keep you right here under her wing

Elle ne te laissera pas voler, mais elle pourrait te laisser chanter
She won’t let you fly, but she might let you sing

Maman va garder bébé au chaud et au chaud
Mama’s gonna keep baby cozy and warm

Ooh bébé, ooh bébé, ooh bébé
Ooh baby, ooh baby, ooh baby

Bien sûr, maman va aider à construire le mur
Of course mama’s gonna help build the wall
Mère, pensez-vous qu’elle est assez bonne?
Mother, do you think she’s good enough?

Pour moi?
For me?

Mère, tu penses qu’elle est dangereuse
Mother, do you think she’s dangerous

Tome?
To me?

Mère, va-t-elle déchirer votre petit garçon?
Mother, will she tear your little boy apart?

Ooh, ah
Ooh, ah

Mère, va-t-elle me briser le cœur?
Mother, will she break my heart?
Chut maintenant bébé, bébé, ne pleure pas
Hush now, baby, baby, don’t you cry

Maman va vérifier toutes tes copines pour toi
Mama’s gonna check out all your girlfriends for you

Maman ne laisse personne sale passer
Mama won’t let anyone dirty get through

Maman va attendre jusqu’à ce que tu entres
Mama’s gonna wait up until you get in

Maman saura toujours où tu as été
Mama will always find out where you’ve been

Maman va garder bébé en bonne santé et propre
Mama’s gonna keep baby healthy and clean

Ooh bébé, ooh bébé, ooh bébé
Ooh baby, ooh baby, ooh baby

Tu seras toujours bébé pour moi
You’ll always be baby to me
Mère, fallait-il que ce soit si haut?
Mother, did it need to be so high?

 

Je suis un pair vierge de tous soupçons


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Je suis un pair vierge de tous soupçons

Par l’oreille gauche j’ose m’aventurer jusqu’à l’entrée de l’aisselle droite pour la vérification matinale des portiques mammaires. Rassuré je redescends par l’autre, à cette heure-ci la scène est vide, je ne compte pas les badauds qui s’haussent sur la pointe des pieds pour liker. Parmi eux il y en a un qui doit avoir une idée de rapport derrière la tête, il m’inventorie comme un inspecteur fiscal. Dans le froid qui règne le soleil fait luire la couleur des plumes, alors autant en faire profiter la journée dominicale. Je n’irai à la mer que par truchement de pensée. Mais j’ai les pieds assez propres pour être plus sincère que d’hypocrites souhaits. Je suis un pair vierge de tous soupçons…

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2020

 

LES OBSERVATEURS ET LES RÊVEURS


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LES OBSERVATEURS ET LES RÊVEURS

Avant de rejoindre les nomades

Les séducteurs allument les colonnes de pétrole

Pour dramatiser les récoltes

Demain commenceront les travaux poétiques

Précédés du cycle de la mort volontaire

Le règne de l’obscurité a coulé la raison le diamant dans la mine.

Mères éprises des mécènes du dernier soupir

Mères excessives

Toujours à creuser le cœur massif

Sur vous passera indéfiniment le frisson des fougères des cuisses

embaumées
On vous gagnera
Vous vous coucherez .

Seuls aux fenêtres des fleuves
Les grands visages éclairés
Rêvent qu’il n’y a rien de périssable
Dans leur paysage carnassier.

René Char

DES OUBLIETTES DE SA TÊTE


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DES OUBLIETTES DE SA TÊTE

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Des oubliettes de sa tête comme un diable de sa boite s’évade un fol acteur drapé de loques écarlates qui joue pour lui tout seul rideaux tirés bureaux fermés le
grand rôle de sa vie la
Destinée d’un déclassé

Et debout sur le trottoir

au promenoir de sa mémoire

il est l’unique spectateur

de son mélodrame cérébral et revendicateur

où la folie des splendeurs

brosse de prestigieux décors

Je n’ai jamais été qu’intermédiaire

mais quel intermédiaire j’étais

J’ai brisé les chaussures de rois très fatigués

pour le compte honoraire des plus grands des

bottiers
J’ai été ventriloque dans beaucoup de banquets pour des orateurs bègues aphones et réputés et j’ai mâché la viande de très vieux financiers et j’ai
cassé du sucre sur de très jolis dos au profit d’un bossu roi du
Trust des chameaux
Mais j’ai conduit toutes ces bêtes dans un si bel abreuvoir
Elles qui n’avaient jamais rien vu tout à coup se sont mises à voir tous les visages de l’eau sur les pierres du lavoir la gaieté d’un vivier et la joie d’un torrent la lune sur
la lagune et les flots sur les docks les digues et les dunes le calme d’un étang la danse d’un ruisseau la pluie dans un tonneau
Et nous sommes remontés à la source en passant par le trou d’une aiguille et en musique s’il vous plaît car c’était il faut le dire une aiguille de phono

Là nous avons trinqué oasis et mirage coupe de rouge et miroir d’eau et tout le monde était saoul

Mais en bas le grand
Monde

brusquement émondé

les quatre verres en l’air

le bec de gaz dans l’eau

est resté en carafe

la soif dans le gosier

moignons dans l’étrier

la tête contre le mur des lamentations

Nos chameaux sont partis jamais ne reviendront.

 

Jacques Prévert