La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Le sang qu’on a tiré de ma veine ce matin ne portait plus la même analyse
L’arrivée des deux expos tire à ailes, hier en un nouvel aujourd’hui, en descendant ma chambre d’un étage dans une autre notion d’ascension
Des valises chaque étape tirera son souffle dans la chronologie rythmée par les calendes
devant c’est l’océan, une égale étendue d’eau où le sel se mesurera
puisque les distances changent de ton à la volonté des jambes
je vois partir la silhouette connue des gens
comme si la fonte de leur sculpture s’adaptait à la circonstance
avec leurs paroles mises à l’épreuve de la vérité
Que ferai-je de promesses à l’emporte-pièce dans un présent qui refuse d’attendre le Messie
Ce petit-déjeuner est chaud comme une viennoiserie tirée du four par la planche d’une boulange amenée à table auprès du jus de l’orange laissée à l’arbre
Les derniers prêcheurs sortis de la boîte de Pandor ont perdu ma confiance
gageons que quelque soit la durée du temps qui reste, la voie choisie sera en dehors des embouteillages des hypocrisies d’amour et des promesses de mariage corrompues.
mon cactus redéploie ma jambe dans l’esprit contraire aux défaites
Comme la rose sans l’épine ne pourrait prétendre à cette incomparable douceur, mon cactus mijote sa figue par l’utérus de la fleur
Ah, Marguerite
comme l’hymne des Beaux-Arts
ronfle gaillard, sans héroîsme, le tuba sorti sur la voie publique
Je laisse les calicots aux fourberies de la politique et me promets , entouré d’un rempart d’amour, de faire de cette exposition la première de mon entrée à mon Panthéon !!!
AU LONG DES RUES, LES ARBRES RACINERONT MON ETAT D’ESPRIT SANS L’OMBRE D’UN DOUTE
S’il était une foi qui fit beaucoup d’enfants et s’en trouva très heureuse
ce fut bien la mienne, dit le Peintre
en tenant son cheval par la bride cet après-midi du 21 Novembre 2023
La photo qu’avait prise son ami Alberto Muro dans l’Atelier du Duodénaire venait de rejoindre les services municipaux de communication, pour la confection de l’affiche destinée aux sucettes et abri-bus de la double exposition Niala en 2024 à Cognac et Châteaubernard
Le temps tenu à pleines-mains vibre éternellement
les feuilles mortes ça n’existe pas sur le persistant
la forêt humaine s’est étendue sans ravages
elle vient là passer le relais
une idée de poursuite, un besoin d’assurer, le développement du tronc
le train têtant aux traverses du rail, mis en gare avec ses voyageurs de plaisir
d’une longue traversée
Le long fleuve qui boit la mer la bouche ouverte prépare à l’étiage régulé, la boîte de peinture et le chevalet sur le pont de la prochaine aube …
PAYSAGE AUX ARBRES – NIALA 1974 – Oeuvre qui serait reproduite sur l’affiche des sucettes et abris-bus
INTRO A L’EXPO :
« CONCENTRATION AUTOUR D’UN HOMMAGE A NIALA«
Alain DENEFLE est né le 24 Novembre 1933 à Chelles (77) parce que sa mère se trouvait dans la maison de son père en cours de construction, à proximité des célèbres bords de Marne reflétant l’esprit de l’époque avec le cinéma et la peinture des Renoir
Fils de peintre c’est lourd de destinée comme si le statut amateur du géniteur porte à franchir la profession d’artiste
Ce père chaudronnier en avait tous les pouvoirs puisqu’ il s’éleva au rang de patron des Centres d’Apprentissage de France, en laissant à son fils le pouvoir de le remplacer dans le rôle d’artiste
Je dois tout à mon père, les Beaux-Arts et l’Ecole Estienne m’ayant formé à choisir de signer NIALA pou lui laisser le sien de Louis-Michel DENEFLE
Le pur Sagittaire que mon père à lâcher dans l’aventure picturale a su tirer à la base les facultés amoureuses de base pour galoper et sauter les obstacles hors des dérives de gloire
Il faut du temps pour ce faire,,,
Instruit des deux Charentes à 6 ans par ses soins, mon père et mon grand-père furent mobilisés dans l’Île d’Oléron en 39 alors que la famille y était en vacances
La lumière particulièrement exceptionnelle pour sa pureté nous y condusait régulèrement
Raison majeure qui lors de mon départ définitif de la capitale , aprés les bouleversements de 68, me conduisit à St-GEORGES-DE-DIDONNE, LA ROCHELLE, St-JEAN d’Y avant de poser mon sac à JARNOUZEAU
C’est là que la rencontre de JACQUELINE , Professeur d’Espagnol et grande lectrice, mit au monde cette autre vie dont tout homme rêve
Elle me fit Peintre-Professionnel
Commença un grand travail culturel sur Francisco de Goya avec l’Espagne, et La Casa de Goya de Bordeaux, qui mena à la rencontre avec Francis Hardy
Et à la création de LA SALAMANDRE , du COUVENT DES RECOLLETS, du SALON INTERNATIONAL DES VENDANGES DE COGNAC et de l’ATELIER DU DUODENAIRE
Je garde en vie cette nuit du 29 Octobre 1981 où accrochant les tableaux de ce qui allait être le premier SALON DES VENDANGES , j’appris le décès de Georges Bassens
Laissant l‘accrochage de côté, je réunis des boîtes de fusain et attaquait une fresque sur le mur du haut d’escalier que je terminais dans la nuit et qui fut plus tard mise au Patrimoine par Pauline Reverchon
Puis à cause de la crue de 82 : ATELIER DU DUODENAIRE et enfin celle de 94 : LE JARDIN DE NIALA à BOUTIERS-St-TROJAN
La vie prise sous l’oeil humaniste-poétique est d’une richesse que les efforts qu’elle met à faire pour que ça n’existe pas ne fade pas la couleur Niala c’est du bleu-intégral qui a raciné en Charentes durant 61 années productives
Jacqueline m’y a poussé
Le 13 Juillet 2023 aux termes de sa maladie elle est décédée, sans sortir de la maison où je sortirai un jour la rejoindre,,,
Mon fils Patrice et son épouse Cécile nourrissent une ambition de création de FONDATION NIALA où nous serions engagés Jacqueline et moi dans notre poursuite culturelle
Je souhaite qu’ils réussissent
L’Evènement qui se prépare sera l’hommage le plus haut qui nous aura été rendu
Les Villes de Cognac et Châteaubernard s’unissent en une double exposition rétrospective qui se tiendra
du 15 Janvier au 15 Février 2024
à L’HÔTEL DE VILLE DE COGNAC
DANS LES TROIS SALLES MUNICIPALES ET LA MEDIATHEQUE DE CHÂTEAUBERNARD
le grand-hall n’arrête pas de modifier l’inconnue limite
J’ai du mal à m’extraire du chant des oiseaux
un labyrinthe avale le nom des essences
jusqu’à la porte de la chambre
J’entre
sens ma gorge se serrer
l’appareil photographique de mes yeux part en rafales
chercher ce qui transpire d’une vie qui reste encore
Elle a accès en partie à ce que nous ignorions jusqu’à il n’y a pas une heure
l’air me manque, je sens une opposition qui m’est faite par désir de m’évincer, ce calme qui laisse dissimuler sa peur est visible par la douleur du mal, quelle petitesse cette volonté d’amour de dernière minute d’êtres qui ignoraient qu’elle leur avait donné jour, alors que 39 ans de partage n’avaient rien écorné entre nous par les refus, les enguelades, bien trop axés sur l’accord de l’art de faire vivre
Pour la première fois on nous sépare
Voila le temps qui avance
aujourd’hui ce que j’ai peint est moins que jamais pour plaire
j’ai donné corps à la dernière image
ce cri qu’elle a poussé en descendant l’allée du jardin, serrant ma main, pour être mise dans l’ambulance l’emmenant mourir
Elle est mon jardin, fertile, dans ce monde où tout est faux, à commencer par la façon d’aimer des Hommes, mon soleil persistant , vrai sans esbroufe, ma peinture majuscule, qui ne se cache pas pour dire Infiniment…
Cadaques se cire les moustaches entre les rochers de la Costa Brava
pendant qu’à Paris, Grindel combat sa douleur en trempant sa plume dans l’espoir d’un amour sauvé des eaux.
Un gamin s’est égaré du voyage scolaire
Jackie
ratisse les Ramblas sous l’oeil du mime blanc
Je suis là à regarder les dégâts tempête à la suite de l’autre en me demandant comment je peux peindre en pareil état
Être peintre ça ressemble à faire enseignant, on a passé une vie ensemble à courser des mômes à l’oignon sans qu’un brin de reconnaissance sorte d’une réunion de parents
Jackie comment c’est là où tu t’elèves au gré des vents ?
Je sais pas ce qui restera ici quand le cheval noir viendra me charger sur son dos
Tout déménage sans savoir où aller
On trouve maintenant plus de ses arbres chez les voisins que dans les forêts et de bateaux sur les routes que de tuiles sur les toits
Jackie
Ton jardin tourne la tête dans tous les sens, il demande partout si quelqu’un t’a vu, je pense que seuls les oiseaux profiteront du non-élagage, en sachant toujours où se trouve le cerisier dans cette foison végétale…
La mode à l’orage s’installe et les après-midi à cinq heures laissent sans savoir
Lorca n’en fut-il pas victime ?
Lui, qui comme Jacqueline fut de ceux a avoir choisi la Ligne Rouge, celle des Justes
Aujourd’hui le fascisme ressort comme une envie de massacrer du Juif avec le Hammas et nous entrons dans une telle dépression morale, qu’on ne sait plus si l’amour aura le pouvoir et surtout l’envie de sortir de son chaos
Les marées sont folles, les vents tournent à l’envers, d’Est en Ouest, on tue l’enfant sans le moindre sentiment de culpabilité
Je n’ai pas d’interdit pour la corrida, elle m’est plus acceptable que cette élimination, elle appartient à une culture, ce qui n’est pas mon sentiment pour la guerre même si elle colle à l’homme depuis le premier jour
Alors dans ce que j’écris actuellement et avant d’aller voir plus loin où être mort est une règle, je veux garder le symbole de la vie partout où il est et aimer sans rien soustraire…
Encore retourné par la tempête d’hier soir, le petit jardin me parle sans dire au condamné, tout va bien, tu vas t’en sortir
Qu’ai-je à faire de l’aumône ? On sent bien la vérité aller d’un bout à l’autre de soi
Il ne porte pas trace des coups du soir, c’est dans la journée qu’il allait d’un côté du carré de la toile à l’autre, confiant, bonhomme, bien que tout autour le vent et la pluie redoublaient
Reste qu’une question était bien là dans son inspiration prémonitoire, alors cet après-midi il finira par donner sa réponse…
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