COMME JE ME LEVE D’UNE RUE A L’AUTRE


COMME JE ME LEVE D’UNE RUE A L’AUTRE

A longer les bouquinistes, des pigeons venant aux miettes, certains jardins détiennent l’herbe la plus verte dans les voiturettes de quatre-saisons

Du bougnat un complet humanisme

donne aux blanchisseuses les mots crus d’un décolleté libéral

quant aux trottoirs rien n’y tapine qui rappellerait le maquereau au vain blanc

les lanternes rouges n’étant nullement soumises, on trouve au porche son libre-salut

La nacre de mon accordéon jubile quand son souffle s’étire en dansant de l’instrument

mes mains sur tes fesses épanouies de ma java-bleue de quatre-vingt-dix ans

Je suis parti d’Orsay encore gare, pour descendre en marche dans tous les marais-salants, ouvrir l’huître

quelque part aux débarcadères de l’Atlantique

et recevoir en fin ton vivant bouquet d’anémones.

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Niala-Loisobleu.

24 Janvier 2024

L’ODORAT RECONDUIT A LA BOUTONNIERE


L’ODORAT RECONDUIT

A LA BOUTONNIERE

Aux jours que la pluie marque

comme un soleil tiré de galeries profondément enfouies

l’anémone mue par ses vagues émerge

Bien que nu

je l’accroche à mon tétin gauche

en gardant du chien ce qu’il lèche

de sa langue dans la rosée matinale

où les seins se sont éclos.

C’est reinal

quoi qu’il advienne du retard de l’horloge…

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Niala- Loisobleu.

24 Janvier 2024

TRANSPLANTATION


SALLES DE CHÂTEAUBERNARD (Depuis mon Père, en bas, jusqu’à l’éclosion de l’Anémone)

TRANSPLANTATION

Au trempage Atlantique

il est une fleur du pauvre possédant plus que la prétentieuse Interflora se vante de distribuer

Mon père l’a toujours eue sur sa cheminée

Je l’arbore à mes couleurs pour ce Grand Pavois actuel comme bienvenue d’un estuaire de Seine à l’embouchure de Charente

Les chevaux en ligne s’aiment serrés dans leurs labours à la butée des étoiles

topless pour qu’au plus loin résonne

sur le dos des campagnes, la fonte de leurs deux cloches

autour de la clairière ombilicale de cette naissance !

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Niala-Loisobleu.

22 Janvier 2024

HENNISSEMENT


HENNISSEMENT

La mer ce jour rapprochée

roule son tambour en branle-bas comme pour dire nous y voilà

Le cheval bleu attelé à la vague poursuit sa course onirique

tel Ulysse croisant vers l’Île de sa Pénélope

Hennissant son embrun pour semer son sel

comme le St-Laurent garde Brouage embouchée

Le peintre debout sur la selle des vents

dépassant de son bleu, plus loin que l’au-delà

la brume du temps

de l’haleine de Jacqueline

Voilà une vie nouvelle au centre d’une absence généralisée

remplissant son grenier !

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Niala-Loisobleu.

15 Janvier 2024

RICOCHETS


LUCIEN FREUD

RICOCHETS

Vasistas du 5ème d’adolescence

ricoché

je me pose en toit

ma souche

yeux renversés sous la soupente

où tu marches dans la nudité du silence

Tous les oiseaux s’envolent du trapèze-volant de tes seins lourds

et au-dessus de mes traces de peinture

chacun sur sa rive, je ricoche rejoindre ton écriture

coïts ésotériques qui font jouir du rêve mystique

La fleur, les feuilles, l’odeur animale grimpent aux arbres

entité végétale d’un amour qui ne fane ni sa pulpe, ni son noyau

aux lacets du vent qui tourne

L’érosion est un phénomène de cohabitation qui lime

les marches dans un sens comme dans l’autre

chant des sphères calé sur les berges, l’eau qui coule navigue les pierres

je te regarde me voir

sans bouger la transparence du voile

en pleine ô d’heur prodigué par les aisselles

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Niala-Loisobleu.

14 Janvier 2024

PARALLELE ISTHME


JAN WIEGERS

PARALLELE ISTHME

Toute cette poussière et un chemin qui a perdu mes jambes

Voilà bien l’image d’un faux-bois

Que l’intacte beauté se refuse à reconnaître

Et moi

Vagabond couvert d’une naturelle pigmentation

Comme bien d’autres

J’ai sous l’écorce la même sève qui ne demande qu’à circuler librement

La lune est grosse

Il faut la laisser accoucher de son naturel

Sur ses draps froissés par le vent qui l’a roulé d’un flanc de la colline à l’autre

Elle a maculé les rayures de cotonnade

Du ru de son ventre alpage

Ouvert à tous les passages de l’étoile de son berger

Laissant les brins de son gazon

En quête de myosotis se laisser faire des tresses

Pour tremper le rivage des muscs apportés par la marée montante

Et ne plus voir que la course du ciel

La nuque au coussin d’un nuage atterri

Tirer l’aiguille dans la dentelle des branches

Sous la jupe des feuilles

Pendant qu’à lever la voile au mas des oliviers

Cette double envolée de colombes

Dégrafe la cage du poitrail

D’une seule respiration

Sautant entre les cordes des talons frappant le sol

L’échine violoncelle

Âme grande ouverte aux râles de l’archet

Du m’aime ancestral cri

Qui fendit la gangue au triangle de la poésie

A porter au plus loin le fruit du noyau

Par l’intime poussée créatrice

rendant enfin mes pieds conformes à ma clef de sol

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Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2024

UN PONT MIS SUR LA RAVINE


UN PONT MIS SUR LA RAVINE

La musique de la rue passe à l’abordage du trottoir, laissant les vitrines en rade pour assoir l’accordéon sans sébile

Les rengaines bien gardées dans leurs étuis, la voix peut s’éclaicir sous le réverbère de l’aube interpellée

Une chanson d’amour pour te vêtir, Ma, et rien d’autre que ta nature, voilà de quoi t’attribuer le rôle de Muse sans attendre que tu approuves étant donné que se taire ne veux pas dire y être opposé

Quand les planches se mettent à trembler, je ne peux m’empêcher de ressentir que leur réaction est vivante par rapport à celles des bières sans houblon

Je disais hier à mon docteur, je vis sans que mon âge me freine, manquer des jambes et d’un oeil ne modifie pas plus la motivation du saut que l’évaluation des sentiments.

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Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2024

QUELQUE PART PLUS LOIN


QUELQUE PART PLUS LOIN

Du balcon au-dessus du sillage de soi

attraper la voie autre qui mène

au chant bleu de l’orgue des vents

La tranche de blanc fait clairière sur la crampe du noir en te dénudant

Ma

laissant pendre sur la rampe

ta robe pour épandre tes vers en liberté sur la langue coincée d’une tendance à la survivance

C’est un pas piqué sur la pointe d’une ballerine

un papillon aux mouvements circulaires déraidissant la lourdeur de langage

une éclosion de rose au départ d’un petit oiseau atterrissant sur ta dalle

avec tout au fond cette assurance d’avoir mis nos sentiments sous protection du boccage

dans les veines de cette inoubliable grange

J’ai l’ô tant dans ma boîte de couleur

Barbara

que j’y vois clair en ce seoir qui tombe…

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Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2024

UNE REPRISE CIRCONSTANCIEE


ROBERT DOISNEAU

UNE REPRISE CIRCONSTANCIEE

Les cris d’écoliers dans les cours 

(Lucien Massion / Philippe Bizais)-

Jacques Bertin

Les cris d’écoliers dans les cours
La pierre blanche au carrefour
Ce signe tracé dans le sable
L’étoile posée sur la table

Ce regard dans la foule hostile
Ce jardin doux des trèfles tendres
Ce printemps du mois de novembre
Cet été dans l’hiver civil

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

La nuit toute mouillée de roses
La soie des matins vénéneux
Ces îles blanches dans mes yeux
Et ce printemps des ecchymoses

Le soleil dans les rues barrées
Et la rhapsodie des marées
Ma part de pain ma part de rêve
Ce point d’aube au bord de ma lèvre

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

La déception que je vis lorsque je rencontre l’indifférence fondamentale au profit de l’intérêt seul, me ramène à cette chanson dans laquelle je me retrouve

Je suis malade de ça depuis que je suis au monde

mais n’ai jamais voulu en guérir

juste me soigner de n’en rien perdre

Voilà pourquoi je reprise…

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Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2024

ETOUFFEMENT VEGETAL


LUCIEN FREUD

ETOUFFEMENT VEGETAL

L’incompréhensible conquête des friches avale le plus petit espace d’air à sa naissance à la manière d’un Saturne mangeant ses enfants comme Goya l’a dénoncé

J’avance au coupe-coupe dans cet univers d’opposition que la vie m’a imposé, pour me séparer des idées noires et rejoindre l’espoir auquel je suis lié par affinité

De gigantesques tentacules surgissent en trouble-fête pour se fixer à la reconstruction

Je ne peux pas croire au Diable puisque je suis athée

Il ne peut donc s’agir que d’une action de cet absurde d’un nouveau genre dû au comportement actuel qui veut la culture du tout et son contraire

C’est strictement prégnant pour les jambes et le dos

et en période de froid réduisant au maximum la chaleur sentimentale ça verglace les routes

Je trouverai de quoi rallumer la lumière et le feu pour percer ce mal-blanc

trouvant pour la désinfection, l’anti-bio tique qui sauve le chien des sales bêtes…

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Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2024