TRAIT POUR TRAIT


821c4b3c91bab4c4248065ae9bdd3dba

TRAIT POUR TRAIT

 

Dans le bois du crayon

sans pans

se dévoile

à l’assaut

pétale après pétale

la marguerite en delta

Allez savoir pourquoi je Mékong comme un échassier blanc

en buvant de la liqueur de serpent chez le conservateur des hypothèses de fréquentation…

 

Niala-Loisobleu – 23 Juillet 2020

L’EPOQUE 2020/29: AU GRÉ DES PINCEAUX


L’EPOQUE 2020/29: AU GRÉ DES PINCEAUX

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le vingt-neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : AU GRÉ DES PINCEAUX . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/ 29 « Au gré des pinceaux » Niala Acrylique s/toile 61×50

 

Je t’ai tout dit du blanc et du noir de la part égale

de joie et de chagrin en tout  godillant nous étions seule

rame cherchant le feu le calme après le feu entre les saules

et les sureaux et nous nous savions porteurs brefs d’un idéal

chemin fou au doigté de nos cailloux et de nos fugues

Ma part aimable ta part aimée contemplaient leur sereine démesure

au corps racinaire et sans couture un lacis de nerfs toujours

à engendrer des orages d’été violents et à bout de souffle

et le temps distraitement nous buvait comme je buvais

tes yeux de fièvre au vert allumé pour que la couleur en moi

ne cesse pas

Maintenant dis-moi que l’eau parvient à ses fins

qu’elle emporte avec elle les parfums de nos rêves

sans cesse à l ‘épreuve du couteau  et cette idée du beau

que l’on peut respirer et toucher comme l’esprit de la main

 

 

Barbara Auzou.

CECI N’EST PAS UN MASQUE


7b0f805d5d91c265e91ecceeb72b44a1

CECI N’EST PAS UN MASQUE

La plage qui reste au respect de l’autre

est nulle

pire qu’un club échangiste

on s’y transmet la bête noire

revoilou le Moyen-Âge où

Je te respire en renouvelant mes poils nasaux à ta crinière

c’est mon dessein

à moi Magritte !!!

Niala-Loisobleu – 23 Juillet 2020

Nataq – Richard Desjardins


Nataq
Richard Desjardins

J’ai roulé quatre cents milles
Sous un ciel fâché
Aux limites de la ville
Mon cœur a clenché
Les gros flashes apparaissent
Dans mon âme égarée
Les fantômes se dressent
À chaque pouce carré
Revenir d’exil
Comporte des risques
Comme rentrer une aiguille
Dans un vieux disque
Y’a eu ben du progrès
Ben d’l’asphalte, ainsi d’suite;
J’me demande qui je serais
Si j ‘tais resté icitte
Une peine imbuvable
À qui la faute?
J’étais juste pus capab
D’la voir avec un autre
Mais c’est tout oublié
Chu r’dev’nu un homme;
Le ti-cœur pomponné
S’en vient voir ses vieux chums
Salut les Apaches
Salut les crottés
Vous me trouvez le stash
Moi je paye le party
J’entends la fonderie qui rush;
Pour ceux qui l’savent pas
On y brûle la roche
Et des tonnes de bons gars
Les grandes cheminées
Éternelles…

 

JARDIN FLOTTANT


ernst-la-femme-100-tetes-01

 

JARDIN FLOTTANT

 

Bouée à la porte du rail

qui flotte sur les menthes alitées

son palmier chenale en faisant le gros dos

couleur de Ste-Phalle

long du long très long sain

Là à l’épaule du phare s’accroche mon lamparo

Ni qui, ni quoi, ni en der talle

pigeon vole

j’ai la main qui ligne à la paume au métronome d’une vie sans instruments

 

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2020

D’UNE SEULE BOUCHE


Quadri-ArmandSimon-ST-1947

 

D’UNE SEULE BOUCHE

 

Ce cri décadenassé de l’estuaire un soir mouliné à marées loin de Rance

seins malle ô

le corps serre délassé en danseuse

l’écaille et la plume, le velours et l’aimerie, le cristal de vers anneau

du noyau à la pulpe au moment, pendant et après

laisse déborder l’eau des nouilles, sommes de dents

Seul

le tant qui conte

se déshabille des circonstances défavorables à une nudité de peaux fumantes.

 

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2020

 

 

 

 

LES DEUX PARTIS


H4709-L83858640

 

LES DEUX PARTIS

 

La vie nous place inégalement de chaque côté de notre né

s’en mêlent les dogmes , les combinaisons sans scrupules, le hasard , la béatitude..

Le poids du jour est laid tellement il est beau

Marcel joue à la roulette russe sans entrer de bal

Maria vivra avec la mort de la Reine dans le pore de l’épée

Juste un peu d’air

de musique

sans excès

avec de la luminosité respirable sans hasard

et trouver plaisir au goût des choses

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2020

L’ESCALIER


L’ESCALIER

Juste avant d’fermer la porte
J’me d’mandais c’que j’oubliais
J’ai touché à toutes mes poches
Pour comprendre que c’qui m’manquait
C’était ni ma guitare
Ni un quelconque médicament
Pour soulager quelques souffrances
Ou pour faire passer le temps
Pis tout au long de l’escalier
Que j’ai descendu lentement
Parce que sans raison j’aurais r’monté
Parce que sans raison j’allais devant
J’étais tout à l’envers
Parce que c’qui m’manquait
C’t’ait par en-dedans
J’me sentais seul comme une rivière
Abandonnée par des enfants

Et pis le temps prenait son temps
Prenait le mien sur son chemin
Sans s’arrêter, sans m’oublier
Sans oublier de m’essouffler
Y a pas longtemps j’étais petit
Me voilà jeune mais plutôt grand
Assez pour voir que l’on vieillit
Même en amour, même au printemps
Alors voilà je me décris
Dans une drôle de position
Les yeux pochés et le bedon
La bière s’ra pas la solution
J’aimerais plutôt que cette chanson
Puisque c’est de ma vie qu’il est question
Finisse un soir dans ma maison
Sur un bel air d’accordéon

Pis les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchants
Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps
Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler
Au fond, ça peut faire tout c’qu’on leur apprend
Mais une belle fin à cette chanson
M’impose de dire c’que j’aurais dit
Si j’avais pas changé d’avis
Sur le pourquoi de mes ennuis
Ben oui, j’allais pour me sauver
Vous dire comment faut être indépendant
Des sentiments de ceux qu’on aime
Pour sauver l’monde et ses problèmes
Qu’il fallait surtout pas pleurer
Qu’à l’autre chanson j’m’étais trompé
Comme si l’amour pouvait m’empêcher
De donner mon temps aux pauvres gens
Mais les héros c’est pas gratis
Ça s’trompe jamais, c’t’indépendant
La gloire paye pour les sacrifices
Le pouvoir soulage leurs tourments

Mais oui, c’est vous qui auriez pleuré
Avec c’que j’aurais composé
C’est une manière de s’faire aimer
Quand ceux qu’on aime veulent pas marcher
J’les ai boudés, y ont pas mordu
J’les ai quittés, y ont pas bougé
J’me sus fait peur, j’me sus tordu
Quand j’ai compris chu r’venu

J’les ai boudés, y ont pas mordu
J’les ai quittés, y ont pas bougé
J’me sus fait peur, j’me sus tordu
Quand j’ai compris chu r’venu
Quand j’ai compris que j’faisais
Un très très grand détour
Pour aboutir seul dans un escalier
J’vous apprends rien quand j’dis
Qu’on est rien sans amour
Pour aider l’monde faut savoir être aimé
J’vous apprends rien quand j’dis
Qu’on est rien sans amour
Pour aider l’monde faut savoir être aimé

Paul Piché