I Love You More You’ll Ever Know – Oli Brown


I Love You More You’ll Ever Know

Oli Brown

Si jamais je te quitte
If I ever leave youTu peux dire que je te l’ai dit
You can said I told you so

Et si jamais je te blesse
And if I ever hurt you

Tu sais que je me blesse aussi
You know I hurt my self as well

Est-ce un moyen pour un homme de continuer?
Is that any way for a man to carry on?

Pensez-vous que mon bien-aimé ne partira pas?
Do you think I won’t my loved one go?

Dit je t’aime
Said I love you

Plus vous saurez jamais
More you’ll ever know

Ooooh … Plus vous saurez jamais
Ooooh… More you’ll ever know

Quand je ne gagnais pas trop d’argent
When I wasn’t making to much money

Tu sais où est allé mon chèque de paie
You know where my paycheck went

Je te mets tout sur toi bébé
I put it all on to you baby

Et je ne dépense jamais un centime
And I never spend a red cent

Est-ce un moyen pour un homme de continuer?
Is that any way for a man to carry on?

Pensez-vous que je veux que mon être cher parte?
Do you think I want my loved one go?

Dit je t’aime
Said I love you

Plus vous saurez jamais
More you’ll ever know

Plus vous saurez jamais
More you’ll ever know

Je n’essaye pas d’être
I’m no trying to be

Tout type d’homme
Just any kind of man

Non je suis
No I am

PORTES A CROIRE


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PORTES A CROIRE

 

Contre les murs aveugles où la langue ne trouve que nitre

une mangue lave tout sel de pierre

Fenêtre ouverte du ventre qui appelle le chien du fusil à mordre

boyau naturel à cochonnaille

en brûlant les vaisseaux du clergé

avec les vestales et les décideurs de l’amour faut le faire que comme ça

Viens rossignol de mes amours, ouvrir l’adultère en remettant l’impuissant entre les mains du commissaire

tes cris sont portes à croire…

 

Niala-Loisobleu – 31 Juillet 2020

 

JOYCE MANSOUR


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JOYCE MANSOUR

« Même morte je reviendrai forniquer dans le monde » avait annoncé Joyce Mansour. La récente réédition de son œuvre complète a fait ressurgir la poétesse des abîmes de l’oubli. Cet ange noir née en Angleterre en 1928, élevée au Caire par les colons et championne de course à pied, n’avait rien pour devenir la madone du surréalisme, du sexe et de la mort réunis. D’une beauté sombre et exotique, elle est paradoxale, à la fois épouse et mère, indépendante et sensuelle, elle demeure inclassable.

La mort d’abord, s’empare d’elle dès son enfance pour ne plus jamais la lâcher. À quinze ans elle perd sa mère d’un cancer foudroyant et à dix-huit, son mari du même mal. Écorchée vive elle purgera sa souffrance dans la poésie. En 1949 elle épouse Samir Mansour et apprend le français, langue de ses poèmes, sa langue de déracinée. Quatre ans plus tard elle publie Cris qui fit scandale en Egypte mais frappe André Breton dans ses entrailles : « J’aime Madame, le parfum d’orchidée noire – ultra noire – de vos poèmes. » Se tisse alors une longue et sincère amitié avec le maître des surréalistes, mais Joyce ne s’enfermera pas dans la prison des clans. Ni muse, ni amante, ni disciple, ni soumise, elle est femme et avant tout poète.

L’égyptienne défie la norme, autant de la littérature que de la société. À mort les vers réguliers, la bienséance et les codes. Désordonnée et dénudée, sa poésie berce autant qu’elle surprend. Des draps froissés par l’amour jusqu’au tombeau glacé par la mort, de l’orgasme à la souffrance, dans un florilège de blasphèmes transcendants.

Les Cris (1953) ce sont aussi bien des cris de plaisir que des cris de terreur, les Déchirures (1955) déchiquettent les corps et les âmes pour en révéler toute leur incandescence et leur beauté, parfois macabre. Avec Mansour, on ne sait pas qui est le sujet. Si c’est elle, si c’est lui ou plutôt vous. C’est surtout un corps démembré, des larmes, du sang, de la sueur, du sperme, de la salive, bref des sensations. Aimer c’est avant tout manger l’autre, le dévorer qu’il soit mort ou vif. Peu de place pour les sentiments dans cette effluve d’étreintes, d’un réalisme provoquant qui démystifie le romantisme de l’amour.

Dans une langue brute, morcelée et acharnée, elle délivre le secret du désir des femmes, qui n’en reste pas moins insaisissable. Son absence de pudeur « marque une sorte de révolte, essentiellement féminine, contre le despotisme sexuel de l’homme, qui fait souvent de l’érotisme sa création exclusive ». (Alain Jouffroy)

Avec l’humour érotique de Sade et la sensuelle mélancolie de Baudelaire, la puissance et la violence des images brisent les tabous pour faire éclore une poésie transgressive volontairement indécente. Dans l’ Inventaire non exhaustif de l’indécent, elle écrit :

« Ce qui est indécent fait rougir

   Le sang à la tête

   Le choc en retour

   La fuite en avant

   Censure »

Censure ? Oubliée des éditeurs, ses recueils de poèmes se vendent désormais aux enchères. À croire que le mélange poésie, femme, sexe et mort ne fait pas recette. « Je cherche collectionneur de rêve pour échanges », glissa-t-elle un jour à son lecteur. Et nous, on veut bien échanger nos rêves avec les siens.

Virginie

Extrait :

« Les vices des hommes

Sont mon domaine

Leurs plaies mes doux gâteaux

J’aime mâcher leurs viles pensées

Car leur laideur fait ma beauté. »

« J’aime couler ma haine dans l’entonnoir

De l’amant

Dépecer son pénis à la hache

Parler toute la nuit »,

« Funéraire comme une attente à vie »

« Aucun homme avec moi ne place son pied

Sur la pente calcinée de la haine »,

« Le désir du désir sans fin »

LIGNES DE FEU


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LIGNES DE FEU

 

Sur ce versant de la montagne

ce qui grimpe  étale sans marées

aussi le vent fou des raisins se saoule sans modération

de vallon en vallon

L’accent mis sur tout rebondit comme un sein qu’on a voulu laisser libre

toro  qui sans des dits

gratte le sol à portée…

 

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2020

VIBRATO INTERIEUR


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VIBRATO INTERIEUR

 

Corridor jardin seuil atelier

les peaux de lin tendent un regard attentif sur le mouvement d’un couple de pigeons

inspiration toute en courbe

juste une ligne droite  pour reposoir

tout le fût de l’arbre lui est en saccades au tempo de la parade animale.

 

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2020

DANS LE VAL ROSE


Jacques Chessex

 

 

DANS LE VAL ROSE

 

Un jour je regardais dans le val rose
J’allais de ton cœur rose à ton regard
Je respirais une odeur de jasmin et de nard
Dans la faille noire où l’on suppose

toujours un peu la mort plus tard

Un jour je regardais dans le creux rose
Buvant le lait des ombres

mangeant le nard
J’allais dans ta nuit rose et noire
Au creux de la montagne
Et de l’éblouissement de la cime où l’on suppose toujours un peu la mort si fine

Un jour je buvais à la source blanche
Dans l’obscurité d’une vallée
JJ y avait une odeur de jasmin sur les pentes
Une étable était ouverte avant la nuit
Le temps passait

Le
Temps sans temps (CME, )

Cristina de Sousa • Meu amor (poème de Florbela Espanca)


Cristina de Sousa • Meu amor (poème de Florbela Espanca)

………
De ti somente um nome sei, Amor.
É pouco, é muito pouco e é bastante
Para que esta paixão doida e constante
Dia após dia cresça com vigor!
De toi je ne connais qu’un nom : Amour.
C’est peu, très peu, et c’est assez
Pour que cette passion folle et constante
Prenne vigueur de jour en jour !
Como de um sonho vago e sem fervor
Nasce uma paixão assim tão inquietante!
Meu doido coração triste e amante
Como tu buscas o ideal na dor!
Comme d’un rêve vague et sans ferveur
Peut naître une passion troublante !
Mon cœur égaré, triste et fou d’amour,
Comme tu cherches l’idéal dans la douleur !
Isto era só quimera, fantasia,
Mágoa de sonho que se esvai num dia,
Perfume leve dum rosal do céu…
Tout cela n’était que chimère, extravagance,
Tristesse que laisse au matin le rêve évanoui,
Léger parfum d’un rosier céleste…
Paixão ardente, louca isto é agora,
Vulcão que vai crescendo hora por hora…
Ó meu amor, que imenso amor o meu!
À présent tout ceci est passion ardente et folle
Volcan qui grandit d’heure en heure…
Ô mon amour, quel immense amour que le mien !

Florbela Espanca (1894-1930). Meu amor.
.
Florbela Espanca (1894-1930). Mon amour, trad. par L. & L. de Meu amor.
NB : Dans le fado, les strophes 2 et 3 sont inversées.

 

Source: https://jepleuresansraison.com/2020/07/29/cristina-de-sousa-%e2%80%a2-meu-amor-poeme-de-florbela-espanca/

 

 

 

L’EPOQUE 2020/31: LES RETRANCHÉES 2


L’EPOQUE 2020/31: LES RETRANCHÉES 2

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-et-unième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES RETRANCHÉES 2 . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

les retranchees 2

 

 

 

Nous aurons des pinceaux et des ailes

des doigts humides au bord de savoir

et toutes fenêtres dehors nos clairières

se réjouiront de l’opacité lourde de rires

des bougainvilliers croissant comme l’espoir

sur le bleu écaillé de nos volets 

sur les grappes des pierres vivantes

Et moi je caresserai ce long désir d’un être total

venu tout seul parmi les ovations du printemps

sur le masque tendre et dur de ton visage changeant

Dans les grands oracles verts je te garderai

transparente

et retranchée

 

 

Barbara Auzou.

ENTRE TIEN EMOI 126


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ENTRE TIEN EMOI 126

 

Une Méditerranée dans le vers, des villages blancs  en boutonnière, de l’âne gourmand qui se tape la noria à la régalade, un pintore pas de Cadaquès, des arènes à la cinco de la tarde

Anémone

cette fleur que les vagues profitent à bercer en absence de ton maillot

Carmen encornant l’officier d’un cigare te redonne l’accent des passes dans la suppressions des tournantes, Halimi, reste, le boulot est loin d’être fini

Comment une aussi belle chose que la TERRE peut se faire marcher dessus par des hommes arborant leur matricule

La voici la caresse du vent, tu me souffles

en corps des mots fous

j’ai rentré les frontières dans une autre envie de vivre sans masque

Bien sûr il faudra en passer par là, pourtant s’il faut sortir je voudrais que ce soit par l’Entrée des Artistes…

Niala-Loisobleu – 29 Juillet 2020