
LAME JAUNE
Hache mal aspirée d’un alliage en coupe
fond de ris amer
Autour du totem
sacrifie le bon du soleil au creuset
Rendre la mer porteuse
dans son cri que le vent élève
Niala-Loisobleu – 7 Août 2020

Hache mal aspirée d’un alliage en coupe
fond de ris amer
Autour du totem
sacrifie le bon du soleil au creuset
Rendre la mer porteuse
dans son cri que le vent élève
Niala-Loisobleu – 7 Août 2020

En agonie d’herbe la fente défenestre
au matin glas-glas
La crémation est prévue au zénith
Sur son tertre en légo
Christ’In se monte à Rio
ce n’est qu’une grenouille de carnaval pilotée par un Judas
qui se gonfle comme un boeuf
Les saules en séchant leurs cheveux pour la préservation des larmes montrent humblement leur mépris pour l’étalage portant insulte
Le blé
Le pain
Le soleil
Le houblon
La bière
Le raisin
Le vin
La vie
Mais la sécheresse
La sable partout
Et l’eau nulle part
La guerre aussi
L’avion
Et la bombe
La mort
C’est finit
7 Aout 2019
Livre a venir
Bekaert Jacques
mon saut tient des flammes d’une légende, cheval ne saurait mentir. Dans la sécheresse d’une existence, peindre à l’allo utopique me garde seul en ligne – mais assez humide – pour ne me prendre que pour ce que je ne peux qu’être : le pauvre type, comme disait ma mère, qui fait tout comme ce qui lui vient de son père.
Abandonne le dressage, l’animal ô tari est le clown triste d’une fonte de banquise. Se tenir vivant jusqu’à s’amor vaut plus qu’une messe.
Niala-Loisobleu – 5 Août 2020
Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-deuxième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES RETRANCHÉES 3 . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/32″Les Retranchées 3″Niala Acrylique s/toile 73×60
Notre silence nous le ramasserons en nous
avec toutes les choses simples lianescentes
capables de nous faire pleurer
tu sais la justice soudain toute nue
ou l’ipomée pourpre entière à son calice
la vérité du fou avec ses promontoires de vallée
où naissent des chevelures et nous sommes si peu
à les voir encore moins à vouloir les peigner
qu’il nous faudra déhaler l’ombre des murs séculiers
je peindrai des volubilis à la limonite de mes doigts
toi tu mettras ta ferveur qui n’est que l’autre nom des fleurs
dans le scaphandre chaud de l’âpre juillet
pour que l’enfant-flûte sans trompette dans la véranda
qui navigue épelle à vif le grand sud de sa vie
et que nous tombions lourds et ravis
dans le bleu repos de son partage
Barbara Auzou.

Au bord du banc
l’herbe forte tire son épi forestier
d’un chant d’oiseau tombé de l’eau
où un ciel nu nage dans la cavité sans peur d’exister
Niala-Loisobleu – 4 Août 2020

Quelle importance
Dit-elle
Que je parle
Que je me taise pour toujours
Le vent souffle vers le désert
Y aura-t-il même
Un palmier qui m’entende
J’appelle à moi le chant
Que le siècle blesse à mourir
Goutte à goutte je le recueille
Mais pour qui
Deuil et désir
J’erre parmi les noirs étangs
Eblouie
De si peu même du cri
Rauque de la grenouille
La jeunesse décomposée La terre couverte de plaies Hélas hélas où conduire mes pas Vole ma vie en éclats Et que la poésie se pare De tout ce que je
perds
La poésie fruit défendu Belladone mortelle Dans la débordante Mangeoire universelle
Ne riez pas
Ne condamnez pas si
Contre l’avance des concasseurs
Seule une tige nue
Persiste
Nous sommes les derniers Indiens
Nous sommes les Papous
Les fous les poux
D’un monde antédiluvien
Un oiseau mort depuis longtemps
Chante pour une étoile éteinte
Et plein de grands papillons d’août
Le jour se pend
Sous les beaux térébinthes
A tant de nuit à tant de nulle
Floraison
S’oppose avec douceur
La rose
Au fond des millénaires
C’est ici qu’ils vécurent moururent
Les yeux pleins de rêve
C’est ici qu’ils jouèrent mais d’une flûte
Si triste
Que notre cœur en fut à jamais Transpercé
Vigne heureuse penchée
Sur mes réveils si lourds
Par tous tes pampres retiens-moi
De glisser hors du jour
La nuit pourra venir
Souffler sur mes paupières
Le silence pourra tenir
En laisse tous mes airs
Mais pas avant
Que j’aie jeté aux quatre vents
Mon chant de mort
Et planté dans le front du temps
Mes banderilles d’or
Je suis poussière et cendre Disait le vieil homme
Oh ! l’immense clameur qui monte de Sodome Je suis poussière et cendre Mais j’implore je crie Pitié pour cette ville innombrable De morts
Moi qui savais des mots Pour enchanter la mort Et des secrets pour endormir
Les bêtes carnassières J’ai peur
De ces ombres qui lynchent ma raison Dans un grand bruit rond D’étoffes qu’on déchire
Laissez ah ! laissez-moi
Me perdre dans ce lac d’asphodèles Elles regardent dans les yeux Le ciel
Que m’emporte ce clair essaim Et la nuit viendra boire Dans ma main
C’était peut-être en rêve
Une pluie me tombait des yeux
Le cœur tremblant je descendais
Le chant de la rivière
Les âges me couvraient de leur feu
Et je passais légère
En des fonds somptueux
Quand je serai sous la mer
Compagne d’hippocampes et d’éternelles
Danses quand je serai
Dans les profonds jardins d’iris
Ne m’écrivez pas
Quelles questions sous tant de bleu
Ne se perdraient
Ne me demandez pas
Si j’exulte en ce lieu
Sur vos rivages ma réponse
Serait rejetée
Ne serait-ce mon cœur
Sang d’Arabie vase de Perse
Cette fleur
Illusion que le vent disperse
En mille moucherons moqueurs
Que peut contre la poésie tout ce fleuve de lave
Si dans le monde où nous sommes
Un chant fût-il éteint depuis longtemps
A un autre chant d’homme
Fût-il né dans mille ans
Correspond les oiseaux le savent
Et que peut contre les oiseaux
Transparents
L’hydre du temps
Le souffle noir des hyènes Sous le rossignolier
Mais les radieux Sont trop hauts
Passe le bel ici-bas
Passent les jours si longs
Blessure immonde
Je porte en moi comme le plomb
La mortelle contradiction
D’être et de n’être pas
Au monde
Les blessures comme le feu
Semblent finir par s’endormir
Tromperie
Dans leurs ventres laiteux
Elles roulent des incendies
Chaque matin
Livrée au feu et aux bêtes sauvages
Aux termites anthropophages
Qui me dévorent à grand bruit
Et me laissent en vie
Dans une mort sans fin
Si la seule innocence Etait au fond de l’invisible Dans le regard incorruptible De l’enfant mort à la naissance Où n’entreront jamais Que l’azur et la paix
Deux araignées géantes Se promènent dans mon cerveau Depuis le temps qu’elles tentent De l’étouffer dans leur réseau De fils atroces ne voient-elles Qu’en jouant des
oiseaux Brisent la toile de leurs ailes Rossignols d’ombre plus fidèles Que le sang sous la peau
Toi rossignol de mon triste été Prends possession de cette terre Que je vais quitter Dis à la rose et à l’ombellifère Qu’elles seront les plus fortes Rends grâce
pour l’absente A la glorieuse lumière Vis et chante Lorsque je serai morte
Bâtissez-moi un grand tombeau
Une haute fontaine
Je vous dis que rien n’est trop beau
Pour ton sommeil ô longue peine
De vivre que nulle eau
N’est assez pure pour atteindre
En moi le ciel profond
N’est assez fraîche pour éteindre
Ces soifs qui détruisent le corps
Ces feux qui brûleront
Les portes de la mort
J’avais reçu trois anneaux d’or
Le premier s’est noyé
Dans le cours du temps
Le deuxième une pie l’a volé
Pour son cou blanc
Le troisième coeur d’ellébore
Garde un secret
Qu’un seul regard en l’effleurant
Briserait
Suspendue au fil
Du lumineux été
La libellule
En gloire semble attester
Que vivre est une royauté
Fragile
Si j’étais le berger
De mes pensées de mes rêves obscurs
Je passerais le mur
Des nuits
J’irais conduire mon léger
Troupeau jusqu’à l’inaccessible source
Et nous boirions au long été
Perdu toute peur endormie à mes pieds
Chienne douce
Moi l’envolée
J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux
Moi l’écoulée
En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau
Je suis le chant qui s’en va tout seul Entre terre et ciel
Que je dorme statue
Pierre sauvage sous ton nom
Mycènes que mes veines tes rues
Mêlent leurs sangs de plomb
Ne serait-elle ta cruauté dorée
Plus douce à l’âme que ce temps damné
Chut écoutons les grillons heureux Flûter l’amour
Et sur un air solaire les troupeaux laineux Gagner la source où ronronne le jour
La beauté
Foulée aux pieds par ce siècle barbare
Avec ma sœur la lune
Qui peut les délivrer
Douleur douleur
Le cœur n’est plus
Qu’un cimetière d’astres éboulés
L’arbre en hiver
Se roule dans la douceur fourrée
Des étoiles
Tous ces flocons de neige une absence Infinie de pétales
Mais les fleurs de l’été ne serait-ce leur danse Inverse et royale
Laissez dormir les heures Le temps n’est plus à prendre La mort s’impatiente d’attendre Sous la pluie que je meure Chaque matin je suis cette ombre Qui se délivre d’elle-même Et
danse à la froide fontaine De son double à ses pieds
puis retombe
L’espace est mon jardin
La mer l’habite
Tout entière avec ses vents lointains
Les planètes lui rendent visite
La vie la mort
Egales jouent à la marelle
Et moi captive libre j’erre au bord
De longs jours parallèles
Je parle tout le jour
Avec les coquillages le corail blanc
De la mort et je joue
A me perdre dans les étangs
Pleins d’iris jaunes de grenouilles
Bulbeuses
Qui me reconnaîtrait Dans cette vase où grouillent Tous mes rêves défaits
Anne Perrier

Coupe courte d’été des iris, la margelle du point de jaillissement ouvre sur la rémanence désaltérante d’un prochain éveil
La bordure en émail de Provence des vasques étage le parcours
pendant que les pierres en arrière-garde assurent la visibilité concentrée sur un point
Par l’ouverture de sa robe de chambre le vieux lierre montre qu’il peut toujours prétendre à conquête.
Niala-Loisobleu – 4 Août 2020
Voici une petite chose, trouvée pendant la période de confinement sur le compte Facebook de João Monge, le prolifique parolier, auteur de quantité de textes de chansons et de fados. La chanteuse, précise-t-il, est née en Allemagne et y a grandi. On peut supposer qu’elle s’est filmée chez elle, dans ce pays-là.
………
Suzana Pais • Barco azul. João Monge, paroles ; Reinaldo Varela, musique (Fado Meia-Noite, parfois attribué à Filipe Pinto).
Suzana Pais, chant, guitare.
Se alguma nuvem passasse
E fosse um barco no céu
Pedia que me levasse
Ao sonho que Deus me deuS’il passait un nuage,
Comme une barque dans le ciel,
Je lui demanderais de m’emporter
Vers ce rêve que Dieu m’a donné.É uma cidade lavada
Com casario em escadinha
Uma viela enfeitada
À minha espera à tardinhaC’est une ville blanche
Accrochée à ses collines
Une ruelle décorée
Qui m’attend dans le soir.Se alguma nuvem passasse
No imenso céu azul
Pedia que me levasse
Dentro de si para o SulS’il passait un nuage,
Dans le bleu immense du ciel,
Je lui demanderais qu’il m’emporte
Avec lui vers le Sud.O meu barquinho é o Fado
Sabe tudo o que eu desejo
Leva-me pra qualquer lado
Mas pára sempre no TejoLe Fado est cette barque
Qui connaît tous mes désirs
Qui m’emmène dans ses voyages
Mais toujours retourne au Tage.João Monge. Barco azul. João Monge. Barque bleue, trad. par L. & L. de Barco azul.
Source: Je pleure sans raison que je pourrai vous dire

De l’eau de fleurs
Ce caillou qui rit
La côte qui tige
Quelque chose qui reste ouvert

Niala-Loisobleu – 3 Août 2020

Dans son vol l’oiseau-pêcheur remonte loin la rivière
au murmure des feuilles
dans l’attente de la refonte
du concept climatique assaut de glace
Niala-Loisobleu – 3 Août 2020

Pendant qu’un philosophe assure
Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés,
Un autre philosophe jure
Qu’ils ne nous ont jamais trompés.
Tous les deux ont raison; et la philosophie
Dit vrai quand elle dit que lès sens tromperont
Tant que sur leur rapport les hommes jugeront;
Mais aussi, si l’on rectifie
L’image de l’objet sur son éloignement,
Sur le milieu qui l’environne.
Sur l’organe et sur l’instrument,
Les sens ne tromperont personne.
La
Nature ordonna ces choses sagement :
J’en dirai quelque jour les raisons amplement.
J’aperçois le soleil : quelle en est la figure?
Ici-bas ce grand corps n’a que trois pieds de tour;
Mais si je le voyois là-haut dans son séjour,
Que seroit-ce à mes yeux que l’œil de la
Nature?
Sa distance me fait juger de sa grandeur;
Sur l’angle et les côtés ma main la détermine.
L’ignorant le croit plat : j’épaissis sa rondeur;
Je le rends immobile, et la terre chemine.
Bref, je démens mes yeux en toute sa machine :
Ce sens ne me nuit point par son illusion.
Mon âme, en toute occasion.
Développe le vrai caché sous l’apparence;
Je ne suis point d’intelligence
Avecquè mes regards, peut-être un peu trop prompts,
Ni mon oreille, lente à m’apporter les sons.
Quand l’eau courbe un bàion, ma raison le redresse :
La raison décide en maîtresse.
Mes yeux, moyennant ce secours,
Ne me trompent jamais, en me mentant toujours.
Si je crois leur rapport, erreur assez commune,
Une tête de femme est au corps de la lune.
Y peut-elle être?
Non.
D’où vient donc cet objet?
Quelques lieux inégaux font de loin cet effet.
Montueusc en des lieux, en d’autres aplanie.
L’ombre avec la lumière y peui tracer souvent
Un homme, un bœuf, un éléphant.
Naguère l’Angleterre ‘y vit chose pareille.
La lunette placée, un animal nouveau
Parut dans cet astre si beau;
Et chacun de crier merveille.
Il étoit arrivé là-haut un changement
Qui présageoit sans doute un grand événement.
Savoit-on si la guerre entre tant de puissances
N’en étoit point l’effet?
Le
Monarque accourut :
Il favorise en roi ces hautes connoissances.
Le monstre dans la lune à son tour lui parut
C’étoit une souris cachée enire les verres :
Dans la lunette étoit la source de ces guerres.
On en rit.
Peuple heureux! quand pourront les
François
Se donner, comme vous, entiers à ces emplois?
Mars nous fait recueillir d’amples moissons de gloire :
C’est à nos ennemis de craindre les combats,
A nous de les chercher, certains que la
Victoire,
Amante de
Louis, suivra partout ses pas.
Ses lauriers nous rendront célèbres dans l’histoire.
Même les
Filles de
Mémoire
Ne nous ont point quittés; nous goûtons des plaisirs :
La paix fait nos souhaits et non point nos soupirs.
Charles en sait jouir : il sauroit dans la guerre
Signaler sa valeur, et mener l’Angleterre
A ces jeux qu’en repos elle voit aujourd’hui.
Cependant, s’il pouvoit apaiser la querelle.
Que d’encens! est-il rien de plus digne de lui?
La carrière d’Auguste a-t-elle été moins belle
Que les fameux exploits du premier des
Césars?
O peuple trop heureux! quand la paix viendra-t-elle
Nous rendre, comme vous, tout entiers aux beaux-arts?
Jules Laforgue
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